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AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2202086

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2202086

vendredi 30 décembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2202086
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Formation3ème chambre
Avocat requérantDE ARANJO

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires complémentaires, enregistrés les 25 avril 2022, 24 mai 2022 et 10 octobre 2022, M. B A, représenté par Me De Aranjo, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision résultant du silence gardé par le préfet de l'Hérault sur la demande de titre de séjour formée le 26 octobre 2021 ;

2°) d'annuler la décision du 17 janvier 2022 par laquelle le préfet de l'Hérault l'a obligé à quitter le territoire français ;

3°) d'enjoindre au préfet de l'Hérault de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour avec autorisation de travailler ;

4°) d'enjoindre au préfet de l'Hérault de réexaminer sa demande dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

5)° de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 500 euros à verser à son conseil en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et des articles 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve par ce dernier de renoncer à percevoir la part contributive de l'Etat.

Il soutient que :

- il remplissait les conditions de l'article L. 423-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et aurait dû se voir délivrer un titre de séjour en qualité de conjoint de français ;

- il a justifié de son visa long séjour auprès des services préfectoraux ;

- le refus de séjour est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des conséquences sur sa vie personnelle.

Par un mémoire en défense, enregistré le 25 novembre 2022, le préfet de l'Hérault conclut au rejet de la requête :

Il fait valoir que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties de l'audience publique.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Bayada, première conseillère,

- et les observations de Me De Aranjo, représentant M. A.

Considérant ce qui suit :

1. M. B A, ressortissant marocain né le 28 décembre 1988, déclare être entré en France le 4 juillet 2019. Après avoir épousé une ressortissante française le 18 septembre 2021, il a sollicité la délivrance d'un titre de séjour en qualité de conjoint de français le 26 octobre 2021. Par sa requête, M. A demande l'annulation de la décision implicite de rejet résultant selon lui du silence gardé par les services préfectoraux sur sa demande. Par un arrêté du 17 janvier 2022, le préfet de l'Hérault a refusé de l'admettre au séjour et lui a fait obligation de quitter le territoire français.

2. En premier lieu, si M. A, dans le dernier état de ses écritures, demande l'annulation de ces deux décisions, les conclusions de la requête dirigées contre la décision implicite de rejet née du silence gardée par la préfecture de l'Hérault sur la demande de titre de séjour présentée par M. A le 26 octobre 2021, doivent être regardées comme uniquement dirigées contre l'arrêté du 17 janvier 2022 qui s'y est substitué et par lequel le préfet a expressément rejeté cette demande et a, en outre pris une mesure d'éloignement à l'encontre de l'intéressé.

3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 423-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger marié avec un ressortissant français, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" d'une durée d'un an lorsque les conditions suivantes sont réunies : / 1° La communauté de vie n'a pas cessé depuis le mariage ; / 2° Le conjoint a conservé la nationalité française ; / 3° Lorsque le mariage a été célébré à l'étranger, il a été transcrit préalablement sur les registres de l'état civil français. ". Aux termes de l'article L. 423-2 du code précité : " L'étranger, entré régulièrement et marié en France avec un ressortissant français avec lequel il justifie d'une vie commune et effective de six mois en France, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable ". Aux termes de l'article L. 412-2 du même code : " Sous réserve des engagements internationaux de la France et des exceptions prévues aux articles L. 412-2 et L. 412-3, la première délivrance d'une carte de séjour temporaire ou d'une carte de séjour pluriannuelle est subordonnée à la production par l'étranger du visa de long séjour mentionné aux 1° ou 2° de l'article L. 411-1 ". Aux termes de l'article L. 312-3 du même code : " Le visa de long séjour est délivré de plein droit au conjoint de ressortissant français. Il ne peut être refusé qu'en cas de fraude, d'annulation du mariage ou de menace à l'ordre public ".

4. Pour refuser de délivrer à M. A une carte de séjour temporaire en qualité de conjoint d'une ressortissante française, le préfet de l'Hérault a considéré que l'intéressé ne justifiait pas d'une entrée régulière en France. M. A soutient que le préfet de l'Hérault n'a pas tenu compte du visa Schengen dont il était titulaire et fait valoir qu'il est entré régulièrement sur le territoire français. Le requérant produit une copie du visa Schengen dont il était titulaire valable du 7 mars 2019 au 2 septembre 2019 sur lequel figure un tampon d'entrée en Espagne en date du 1er mai 2019. Cependant, ce document ne démontre pas qu'il serait entré en France avant l'expiration dudit visa. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'erreur de fait qui entacherait le refus de titre de séjour en qualité de conjoint de français, au regard de sa détention d'un visa court séjour, doit être écarté. Dès lors, le requérant ne justifie pas être en situation d'obtenir de plein droit une carte de séjour temporaire en qualité de conjoint de Français en application de l'article L. 423-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

6. En troisième lieu, M. A se prévaut de sa durée de présence en France depuis le 1er mai 2019 et des liens privés et familiaux qu'il entretient sur le territoire français, notamment depuis son mariage avec une ressortissante française le 18 septembre 2021. Toutefois, le mariage est très récent à la date de la décision litigieuse et le requérant, par les pièces qu'il produit, composées d'une facture ENI aux deux noms à compter du 16 avril 2021 et de nombreuses attestations, lesquelles font mention du caractère sincère de leur union, n'apporte pas d'éléments suffisants permettant d'établir l'ancienneté et la stabilité de leur relation avant ce mariage. Le requérant, qui s'est maintenu en situation irrégulière, ne justifie, par ailleurs, d'aucune intégration sociale ou professionnelle particulière en France. Par suite, le moyen tiré de ce que le préfet de l'Hérault aurait commis une erreur manifeste d'appréciation au regard de sa situation personnelle en refusant de lui délivrer un titre de séjour doit être écarté.

7. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 17 janvier 2022 pris par le préfet à son encontre. Par voie de conséquence, doivent être rejetées les conclusions du requérant aux fins d'injonction et d'astreinte et celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

DECIDE :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet de l'Hérault.

Délibéré après l'audience du 16 décembre 2022, à laquelle siégeaient :

- M. Gayrard, président,

- Mme Bayada, première conseillère,

- Mme Gavalda, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 décembre 2022.

La rapporteure,

A. Bayada Le président,

J.P. Gayrard

La greffière,

I. Laffargue

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Montpellier, le 30 décembre 202La greffière,

I. Laffargue

N°222086

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