jeudi 29 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2202199 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | magistrat COUEGNAT |
| Avocat requérant | PONS-SERRADEIL MATHIEU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 29 avril 2022 et 10 janvier 2024, M. A B, représenté par Me Pons-Serradeil, demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision du 25 octobre 2021 par laquelle le directeur de la caisse d'allocations familiales des Pyrénées-Orientales a rejeté son recours formé contre sa décision du 14 janvier 2021 lui notifiant un trop-perçu d'aide personnalisée au logement pour la période de janvier 2019 à octobre 2020 ;
2°) de prononcer la décharge de la somme réclamée par la caisse d'allocations familiales ;
3°) à titre subsidiaire, d'enjoindre au directeur de la caisse d'allocations familiales de prononcer la remise gracieuse de sa dette ;
4°) de condamner la caisse d'allocations familiales à verser, sur le fondement des dispositions de l'article 37 de la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, à son conseil, la somme de 1 500 euros.
Il soutient que :
- en l'absence de production d'une délégation de signature régulière, la décision est entachée d'un vice d'incompétence ;
- elle est insuffisamment motivée en l'absence de réponses aux justifications apportées dans son recours gracieux ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors que son logement au Perthus est bien sa résidence principale (article L. 351-2 du code de la construction et de l'habitation) ;
- aucune fausse déclaration ou manœuvre frauduleuse ne peut être retenue à son encontre et il est toujours en situation de précarité de sorte qu'il est dans l'incapacité de rembourser une telle somme.
Par un mémoire en défense, enregistré le 19 octobre 2023, la caisse d'allocations familiales des Pyrénées-Orientales conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
- les moyens invoqués ne sont pas fondés ;
- l'indu résultant d'une fausse déclaration, aucune remise de dette ne peut être accordée au requérant.
Par une décision du 4 mars 2022, M. B a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de la sécurité sociale ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Couégnat, première conseillère, pour statuer sur le litige en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le rapporteur public a été dispensé, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience en application de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Couégnat a été entendu au cours de l'audience publique à laquelle les parties n'étaient ni présentes ni représentées.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. A la suite d'un contrôle de sa situation, dont il a résulté que M. B n'avait pas déclaré des séjours à l'étranger, le directeur de la caisse d'allocations familiales des Pyrénées-Orientales lui a notifié le 14 février 2021 un indu global de 22 181,44 euros, dont l'indu en litige, au titre de l'aide personnalisée au logement pour la période de janvier 2019 à octobre 2020. Par un courrier du 28 janvier 2021 M. B a saisi la commission de recours amiable de la caisse d'une contestation de cet indu. Par une décision du 25 octobre 2021, le directeur de la caisse d'allocations familiales, statuant après avis de la commission, a rejeté le recours de M. B. Par la présente requête, M. B demande l'annulation de cette décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : () 8° Rejettent un recours administratif dont la présentation est obligatoire préalablement à tout recours contentieux en application d'une disposition législative ou réglementaire. ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ". Aux termes de l'article R. 825-1 du code de la construction et de l'habitation : " L'introduction d'un recours contentieux dirigé contre des décisions prises par un organisme payeur en matière d'aides personnelles au logement et de primes de déménagement est subordonnée à l'exercice préalable d'un recours administratif auprès de la commission de recours amiable prévue à l'article R. 142-1 du code de la sécurité sociale constituée auprès du conseil d'administration de l'organisme auteur de la décision contestée. () ".
3. Les décisions par lesquelles l'autorité compétente statue sur le recours administratif d'une personne qui conteste le bien-fondé d'un paiement indu d'aides personnelles au logement doivent être motivées en application des dispositions combinées des articles cités au point précédent. De telles décisions doivent ainsi comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement et, à ce titre, doivent notamment indiquer, soit directement dans les mentions de la décision soit par référence à la décision initiale, la nature de la prestation et le montant des sommes réclamées ainsi que le motif et la période sur laquelle porte la récupération. L'autorité compétente n'est en revanche pas tenue de faire figurer dans ces décisions les éléments servant au calcul du montant de l'indu.
4. Il résulte de l'instruction que la décision contestée doit être regardée comme s'appropriant les motifs de l'avis de la commission qui lui est annexé. Si cet avis indique que l'indu en litige concerne l'aide personnalisée au logement perçue pour la période de janvier 2019 à octobre 2020, procède à un rappel des faits et de la procédure de contrôle ayant conduit à la notification de l'indu et mentionne que celui-ci résulte du non-respect de la condition de résidence en France, indiquant avec précision les dates des séjours à l'étranger retenues et les textes applicables, il n'indique à aucun moment le montant de l'indu d'aide personnalisée au logement en litige, ce que d'ailleurs le courrier du 14 janvier 2021 de notification d'indu produit par la caisse d'allocations familiales ne précisait pas davantage, dès lors qu'il n'indiquait que l'indu global. La décision du 25 octobre 2021 du directeur de la caisse d'allocations familiales est donc insuffisamment motivée.
5. Par suite, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens, la décision du 25 octobre 2021 du directeur de la caisse d'allocations familiales des Pyrénées-Orientales doit être annulée.
Sur les conclusions à fin de décharge :
6. En l'absence de conclusions dirigées contre un titre exécutoire qui aurait été émis à l'encontre du requérant, celui-ci n'est pas fondé à demander la décharge de l'obligation de payer l'indu d'aide personnalisée au logement en litige. Compte tenu du motif d'annulation retenu, tenant exclusivement à la motivation de l'acte, il est d'ailleurs loisible à l'administration, si elle s'y croit fondée et si, en particulier, aucune règle de prescription n'y fait obstacle, de reprendre régulièrement et dans le respect de l'autorité de la chose jugée, sous le contrôle du juge, une nouvelle décision.
Sur les frais liés au litige :
7. M. B a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Toutefois, il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce de faire droit aux conclusions présentées relatives aux frais du litige.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 25 octobre 2021 du directeur de la caisse d'allocations familiales des Pyrénées-Orientales est annulée.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à la caisse d'allocations familiales des Pyrénées-Orientales et à Me Pons-Serradeil.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 février 2024.
La magistrate désignée,
M. Couégnat
La greffière,
M. C
La République mande et ordonne à la ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
Montpellier le 29 février 2024
La greffière,
M. C 00
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026