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AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2202225

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2202225

mardi 27 juin 2023

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2202225
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation5ème Chambre
Avocat requérantSELARL MAILLOT AVOCATS & ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés les 6 janvier 2022, 22 juillet 2022, 31 août 2022 et 31 janvier 2023, Mme C B, représentée par la SELARL Maillot Avocats et Associés, demande au tribunal :

1°) à titre principal de la décharger de la somme de 149 159,25 euros correspondant à la créance dont l'association foncière urbaine autorisée (AFUA) Les Jardins de Sérignan se prévaut à son encontre ;

2°) à titre subsidiaire d'annuler le titre exécutoire émis à son encontre le 1er décembre 2021 par l'AFUA Les Jardins de Sérignan ;

3°) en tout état de cause de mettre à la charge de l'AFUA Les Jardins de Sérignan la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- le fin de non-recevoir pour tardiveté sera écartée dès lors que le titre exécutoire n'a pas été envoyé à la bonne adresse ;

- la créance est prescrite ;

- le titre exécutoire a été émis en méconnaissance des modalités d'établissement des redevances (article 31 de l'ordonnance du 1er juillet 2004-articles 26 et 51 du décret du 3 mai 2006) compte tenu de l'absence d'établissement annuel des redevances syndicales et au motif que la redevance mise à sa charge est sans rapport avec les missions syndicales d'une AFUA ;

- les modalités de répartition des redevances ne prennent pas en considération l'intérêt de chaque propriété à l'exécution des missions syndicales (eu égard à leur caractère forfaitaire et à la prise en compte du seul critère de la superficie des propriétés constructibles) ;

- les bases de répartition sont contraires aux dispositions statutaires de l'AFUA ;

- il y a rupture d'égalité de traitement entre les membres de l'AFUA quant à l'exigibilité de la participation complémentaire de 32 euros le m2 de terrain constructible ;

- le titre exécutoire est irrégulier en la forme ;

- l'AFUA a engagé une procédure d'expropriation à l'encontre de l'indivision A au motif qu'elle conteste le montant des participations d'investissement mises à sa charge pour une indemnité d'expropriation qui lui sera défavorable ; elle conteste le montant de la participation mise à sa charge comme excédant le coût de la viabilisation de ses terrains ce qu'il appartient au tribunal de vérifier.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 21 juin et 25 août 2022, l'AFUA Les Jardins de Sérignan, représentée par la SCP d'avocats CGCB et Associés, conclut au rejet de la requête et à la condamnation de Mme B à lui verser la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la requête est tardive dès lors que le titre exécutoire a été notifié à Mme B par lettre recommandée avec accusé de réception le 8 décembre 2021 ;

- les moyens invoqués ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de l'urbanisme ;

- l'ordonnance n° 2004-632 du 1er juillet 2004 ;

- le décret n° 2006-504 du 3 mai 2006 ;

- le décret n°2012-1246 du 7 novembre 2012 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Couégnat,

- les conclusions de Mme Lorriaux, rapporteure publique,

- les observations de Me Raynal, représentant Mme B,

- et les observations de Me Crétin, représentant l'AFUA Les Jardins de Sérignan.

Une note en délibéré, présentée pour Mme B, a été enregistrée le 15 juin 2023.

Considérant ce qui suit :

1. Le 1er décembre 2021, l'association urbaine foncière autorisée (AFUA) Les Jardins de Sérignan a émis un titre exécutoire d'un montant de 149 159,25 euros à l'encontre de Mme B pour l'indivision B/A, ayant pour objet " appel participation en application de la délibération du 8-09-2014-ZN 1-détails ci-joint ". Le 3 mars 2022, le comptable public a adressé à Mme B une lettre de relance. Par la présente requête, Mme B demande à titre principal la décharge du paiement de cette somme et à titre subsidiaire l'annulation du titre exécutoire.

Sur les conclusions à fin d'annulation et de décharge :

En ce qui concerne la prescription :

2. Par délibération du 8 septembre 2014, le conseil syndical de l'AFUA Les Jardins de Sérignan a arrêté les bases de répartition des dépenses de l'AFUA à 50,07 euros le m2 de terrain constructible. Le titre exécutoire contesté a pour objet de recouvrer l'augmentation ainsi décidée de 32,07 euros par m2 de la participation d'investissement. Il résulte du contenu du mémoire explicatif produit par l'AFUA en défense, dont il n'est pas sérieusement contesté qu'il a été établi par le syndicat dans le cadre de la procédure réglementaire conduisant à cette délibération, que le comité syndical a décidé de ne réclamer la participation d'investissement qu'au fur et à mesure de l'avancement des travaux d'aménagement. Si ce mémoire explicatif évoque par ailleurs la nécessité que les propriétaires reprennent le paiement des participations d'investissement sans délai, il n'en résulte aucune contradiction avec cette modalité d'appel de la participation d'investissement complémentaire, dès lors qu'il s'agit uniquement de justifier que soit réclamé rapidement le paiement du reliquat non payé de cotisations déjà appelées, à savoir une participation de 3,50 euros le m2 et les participations de fonctionnement. En outre, si cette modalité du recouvrement n'est pas reprise dans la délibération du 8 septembre 2014, elle est mentionnée dans plusieurs délibérations publiées sur le site de l'AFUA, accessibles aux parties comme au juge, notamment un procès-verbal d'assemblée générale extraordinaire du 17 octobre 2014, qui justifie la nécessité d'un aménagement progressif du périmètre, et un procès-verbal d'assemblée générale du 8 décembre 2016. Elle est expliquée également dans le " vadémécum du constructeur " élaboré par l'AFUA et publié sur son site en 2017 et dont il n'est pas contesté qu'il est notifié aux propriétaires concernés au lancement de chaque séquence d'aménagement. Dans ces conditions, Mme B n'est pas fondée à soutenir que le délai de la prescription quinquennale prévue à l'article 2224 du code civil aurait commencé à courir à la date de la délibération du 8 septembre 2014.

3. Si Mme B soutient que sa parcelle relèverait de la séquence 1 pour laquelle les travaux d'aménagement avaient démarré en 2014, elle n'apporte aucun élément de nature à l'établir, alors que l'AFUA la décrit comme relevant de la séquence 3 dont l'aménagement a été lancé en avril 2018, ce qui figure également sur le titre exécutoire. Si elle fait valoir que l'AFUA avait émis des précédents titres exécutoires en 2015, il ne résulte pas de l'instruction que ces titres, dont le tribunal avait été saisi par la requérante et qui portait sur les montants respectifs de 1 733 euros, 8 060,14 euros et 8 060,15 euros concernaient la participation en litige. En tout état de cause, compte tenu de l'interruption du délai de prescription qui résulte des actions contentieuses entreprises par Mme B et de la date des ordonnances rendues par le tribunal, le nouveau délai de prescription qui aurait couru n'était pas expiré à la date d'édiction du titre contesté.

4. Il résulte de tout ce qui précède que l'exception de prescription invoquée par Mme B doit être écartée.

En ce qui concerne les modalités d'établissement des redevances et leur lien avec les missions syndicales :

5. D'une part, aux termes de l'article L. 322-1 du code de l'urbanisme : " Les associations foncières urbaines sont des associations syndicales régies par les dispositions de l'ordonnance n° 2004-632 du 1er juillet 2004 relative aux associations syndicales de propriétaires ainsi que par celles de la présente section, constituées entre propriétaires intéressés pour l'exécution des travaux et opérations énumérés à l'article L. 322-2. ". Aux termes de cet article L. 322-2 du code de l'urbanisme : "Peuvent faire l'objet d'une association foncière urbaine : 1° Le remembrement de parcelles et la modification corrélative de l'assiette des droits de propriété, des charges et des servitudes y attachées, ainsi que la réalisation des travaux d'équipement et d'aménagement nécessaires ; 2° Le groupement de parcelles en vue, soit d'en conférer l'usage à un tiers, notamment par bail à construction, soit d'en faire apport ou d'en faire la vente à un établissement public ou société de construction ou d'aménagement. / Chacun des membres de l'association peut choisir d'être payé, en tout ou en partie, en espèces ou par remise d'un ou plusieurs immeubles ou fractions d'immeubles, lorsque les règles applicables à l'organisme constructeur ou aménageur ne s'y opposent pas ; 3° La construction, l'entretien et la gestion d'ouvrages d'intérêt collectif tels que voirie, aires de stationnement, et garages enterrés ou non, chauffage collectif, espaces verts plantés ou non, installations de jeux, de repos ou d'agrément ; () ".

6. D'autre part, aux termes du II de l'article 31 de l'ordonnance du 1er juillet 2004 : " Les redevances syndicales sont établies annuellement et réparties entre les membres en fonction des bases de répartition des dépenses déterminées par le syndicat. Ces bases tiennent compte de l'intérêt de chaque propriété à l'exécution des missions de l'association. / Des redevances syndicales spéciales sont établies pour toutes les dépenses relatives à l'exécution financière des jugements et transactions. ". Aux termes de l'article 26 du décret du 3 mai 2006 : " Le syndicat délibère notamment sur : () d) Le rôle des redevances syndicales et les bases de répartition des dépenses entre les membres de l'association prévues au II de l'article 31 de l'ordonnance du 1er juillet 2004 susvisée ;() ". Aux termes de l'article 51 du même décret : " Lors de sa première réunion et de toute modification ultérieure, le syndicat élabore un projet de bases de répartition des dépenses entre les membres de l'association, accompagné d'un tableau faisant état pour chaque membre de la proportion suivant laquelle il contribue et d'un mémoire explicatif indiquant les éléments de ses calculs et assorti le cas échéant d'un plan de classement des propriétés en fonction de leur intérêt à l'exécution des missions de l'association et d'un tableau faisant connaître la valeur attribuée à chaque classe. / Un exemplaire du projet et de ses annexes et un registre destiné à recevoir les observations des membres de l'association sont déposés pendant quinze jours au siège de l'association. Ce dépôt est annoncé par affichage dans chacune des communes sur le territoire desquelles s'étend le périmètre de l'association ou publication dans un journal d'annonces légales du département siège de l'association, ou par tout autre moyen de publicité au choix du syndicat. / A l'expiration de ce délai, le syndicat examine les observations des membres de l'association. Il arrête ensuite les bases de répartition des dépenses. Cette délibération est notifiée aux membres de l'association par le président. Il résulte de ces dispositions que les redevances syndicales, qui ont pour objet d'assurer la répartition entre les propriétaires, membres de l'association, des dépenses que celle-ci assume conformément à ses missions, essentiellement constituées par des frais de réalisation de travaux ou d'ouvrages et d'entretien de ceux-ci, doivent être établies annuellement et réparties en prenant en considération l'intérêt de chaque propriété à l'exécution de ces missions ".

7. Il est constant que depuis la délibération du 8 septembre 2014 il n'est plus demandé aux membres de l'AFUA une participation annuelle de fonctionnement mais une participation d'investissement " unique " dont elle a porté le montant total à 50,07 euros le m2 de terrain et dont le recouvrement de la partie complémentaire de 32,07 euros est prévu en un ou deux versements au fur et à mesure de l'avancement prévu par séquence de l'aménagement de la zone. Si les redevances ne sont ainsi pas établies annuellement en méconnaissance de l'article 31 de l'ordonnance du 1er juillet 2004, il ne résulte pas de l'instruction, compte tenu de l'objet de l'association, qui ne porte pas sur la gestion d'un équipement commun avec des charges annuelles régulières et de l'intérêt pour les propriétaires que présente la détermination ainsi arrêtée du montant qui leur sera réclamé, que les membres de l'AFUA auraient pour ce motif été privés d'une garantie. Le moyen tiré de l'absence d'établissement annuel des redevances doit donc être écarté.

8. Il résulte de l'article 3 de ses statuts que l'AFUA Les Jardins de Sérignan a pour objet : " () 1) le remembrement partiel des parcelles indispensables à l'aménagement de toute zone en vue de son urbanisation et viabilisation ainsi que la réalisation des travaux d'équipement et d'aménagement nécessaires, 2) la construction, l'entretien et la gestion d'ouvrages d'intérêts collectifs tels que voiries, aire de stationnement et garage enterrés ou non, chauffage, espaces verts, plantés ou non, installation de jeux, de repos ou d'agrément ainsi que toutes les opérations de travaux, démolitions et constructions de tous ordres s'y rattachant directement ou indirectement. 3) La vente des biens appartenant à l'AFUA et plus généralement toutes aliénations, emprunts, acquisitions, dations ou échanges nécessaires à l'aménagement de la zone ". L'objet de l'AFUA apparaît ainsi conforme aux dispositions citées au point 5, même si le point 2 inclut les opérations se rattachant " indirectement " aux éléments cités. Si la requérante affirme par référence à une " lecture croisée " de cet objet statutaire et des missions confiées à l'AFUA par la commune que les missions syndicales de l'AFUA ne se confondent pas avec celles d'un aménageur, elle n'assortit pas son argument de précisions suffisantes pour permettre au tribunal d'en apprécier le bien-fondé. Elle n'établit pas que les dépenses qu'elle évoque seraient étrangères aux missions syndicales de l'AFUA. Par conséquent la requérante n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que la participation contestée met à sa charge des dépenses étrangères aux missions de l'association.

En ce qui concerne les modalités de répartition des redevances :

9. Il résulte de l'instruction que la répartition des dépenses, déterminée par la délibération du conseil syndical de l'AFUA les Jardins de Sérignan du 8 septembre 2014, a été faite sur la base du nombre de m2 de terrain constructible de chaque propriété et non d'un " forfait " comme le soutient à tort la requérante. Eu égard à l'objet de l'association qui est de remembrer et d'aménager les terrains inclus dans son périmètre et de restituer à chaque propriétaire un terrain constructible au prorata de ses apports, il ne résulte pas de l'instruction qu'en décidant de répartir l'ensemble des dépenses ayant concouru à cet objectif au prorata des m2 de terrain constructible de chaque propriétaire, le conseil syndical aurait arrêté des bases de répartition sans prendre en considération l'intérêt à l'exécution de ses missions de chaque propriété, lesdites propriétés pouvant être regardées comme bénéficiant de l'ensemble des aménagements réalisés, quelle qu'ait été leur situation de départ.

10. Compte tenu de cette clé de répartition, la réalisation d'un " plan de classement des propriétés en fonction de leur intérêt à l'exécution des missions de l'association et d'un tableau faisant connaître la valeur attribuée à chaque classe " que l'article 51 du décret du 3 mai 2006 ne prévoit que " le cas échéant " n'était d'aucune utilité. Dans ces conditions, et alors qu'il ne résulte pas de l'article 31 des statuts de l'AFUA qu'il exigerait une répartition différente selon la situation géographique des propriétés dans la zone aménagée et que le coefficient d'occupation des sols a été supprimé antérieurement à l'approbation de la délibération du 8 septembre 2014, le moyen tiré de ce que les bases de répartition adoptées ne respecteraient pas l'article 31 des statuts de l'AFUA doit également être écarté.

En ce qui concerne le moyen tiré de la rupture d'égalité entre les propriétaires :

11. Dès lors que la société par actions simplifiée Les Jardins de Sérignan a acquis des terrains partiellement aménagés (réseaux primaires) par l'AFUA et obtenu des permis d'aménager, prenant en charge les aménagements secondaires, elle ne se trouvait pas dans la même situation que les propriétaires adhérents initiaux qui, en fonction de leur apport et après participation d'investissement, se sont vus ou se verront remettre un terrain immédiatement constructible. La circonstance qu'elle ne se soit pas vue réclamer la participation complémentaire d'investissement ne permet pas de considérer qu'il y aurait eu rupture d'égalité entre les propriétaires. Le moyen tiré de la rupture d'égalité doit donc être écarté.

En ce qui concerne le moyen tiré de la régularité formelle du titre exécutoire :

12. Aux termes de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration, applicable aux décisions prises par l'AFUA qui est, conformément à l'article 2 de l'ordonnance du 1er juillet 2004, un établissement public à caractère administratif : " Toute décision prise par une administration comporte la signature de son auteur ainsi que la mention, en caractères lisibles, du prénom, du nom et de la qualité de celui-ci. () ". Aux termes de l'article 54 du décret du 3 mai 2006 : " L'ordonnateur émet le titre de recettes dont une ampliation est adressée aux redevables de l'association syndicale autorisée et vaut avis des sommes à payer. / Les titres de recettes émis par l'ordonnateur sont exécutoires de plein droit en application de l'article L. 252 A du livre des procédures fiscales. La signature de l'ordonnateur est portée sur le bordereau récapitulatif des titres de recettes, à l'exclusion des titres de recettes eux-mêmes. () ".

13. Le titre exécutoire en litige, produit par l'AFUA à la présente instance, mentionne en objet la nature de la créance en faisant explicitement référence à la délibération du 8 septembre 2014 et est accompagné de deux fiches détaillant les modalités de calcul de la créance. Le titre comporte également la désignation précise et complète du débiteur avec son adresse, le montant de la somme due ainsi que son imputation budgétaire et comptable. Les nom, prénom et qualité de l'ordonnateur y sont précisés ainsi que la date d'émission du titre et son caractère exécutoire. Dans ces conditions, et alors que la requérante n'allègue pas que la mention d'intérêts exigibles aurait dû y figurer, le moyen tiré de l'irrégularité formelle du titre exécutoire, qui n'a pas été complété ni précisé à la suite de la communication du titre, ne peut qu'être écarté.

En ce qui concerne les autres moyens :

14. Si Mme B justifie de l'ouverture d'une enquête parcellaire concernant sa parcelle, cette circonstance est sans incidence sur la régularité du titre exécutoire contesté. Si elle affirme que l'indivision n'aurait jamais été redevable d'un montant de taxe d'aménagement aussi élevé que le montant total des redevances que l'AFUA lui réclame, elle n'assortit cette affirmation d'aucune précision et elle n'est pas fondée à soutenir qu'il appartiendrait au tribunal d'opérer un tel contrôle. En outre, elle ne peut utilement se prévaloir de l'arrêt qu'elle cite du Conseil d'Etat relatif au contrôle de la majoration de la part communale ou intercommunale de la taxe d'aménagement prévue par l'article L. 332-15 du code de l'urbanisme qui ne s'applique pas à la redevance en litige.

15. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée par le défendeur, que les conclusions de Mme B tendant à la décharge du paiement de la somme de 149 159,25 euros et à l'annulation du titre exécutoire émis le 1er décembre 2021 par l'AFUA Les Jardins de Sérignan doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

16. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'AFUA Les Jardins de Sérignan qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que Mme B demande au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme B le versement à l'AFUA Les Jardins de Sérignan de la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : Mme B versera à l'association foncière urbaine autorisée Les Jardins de Sérignan la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B et à l'association foncière urbaine autorisée Les Jardins de Sérignan.

Copie en sera adressée à la direction départementale des finances publiques de l'Hérault.

Délibéré après l'audience du 13 juin 2023, à laquelle siégeaient :

M. Jérôme Charvin, président,

M. Hervé Verguet, premier conseiller,

Mme Michelle Couégnat, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 juin 2023

La rapporteure,

M. Couégnat

Le président,

J. Charvin

La greffière,

L. Salsmann

La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Montpellier, le 27 juin 2023

La greffière,

L. Salsmann

Ls

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