mercredi 13 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2202254 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | RUFFEL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 4 mai 2022, M. B A, représenté par Me Ruffel, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 27 septembre 2021 par lequel le préfet de l'Hérault a rejeté sa demande de titre de séjour et lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de 30 jours ;
2°) d'enjoindre, à titre principal, au préfet de l'Hérault de lui délivrer une carte de séjour mention " vie privée et familiale " ou " salarié " sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la décision à intervenir ou, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa situation et, dans l'attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans un délai de huit jours ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 2 000 euros à verser à Me Ruffel au titre des articles 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991 en contrepartie d'une renonciation à la perception de la contribution de l'Etat.
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué est entaché d'un vice d'incompétence compte tenu d'une délégation de signature trop générale ;
- le refus de titre de séjour est entaché d'une erreur de fait au regard de l'article L. 423-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il établit la communauté de vie avec son épouse, de nationalité française, et qu'il justifie d'une entrée régulière en France ;
- la décision méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il justifie d'une vie commune depuis son mariage et qu'un enfant de nationalité française est né le 27 février 2022 ;
- le préfet a commis une erreur de droit en exigeant la détention d'un visa de long séjour et en excluant de faire usage du pouvoir de régularisation qui est le sien sans procéder à un examen complet de sa situation et sans examiner sa demande d'autorisation de travail ;
- la naissance, le 27 février 2022, de son fils, de nationalité française, fait obstacle à l'exécution de l'obligation qui lui est faite de quitter le territoire français dès lors qu'il remplit les conditions pour se voir délivrer de plein droit un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " sur le fondement de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par un mémoire en défense, enregistré le 8 juin 2022, le préfet de l'Hérault conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
M. A a été admis a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du 12 avril 2022.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir entendu au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Chabert, président,
- et les observations de Me Brulé, représentant M. A.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant marocain, né le 24 mai 1979, a sollicité le 24 août 2021 auprès des services de la préfecture de l'Hérault la délivrance d'un titre de séjour en qualité de conjoint d'une ressortissante française ou de salarié. Par un arrêté du 27 septembre 2021, le préfet de l'Hérault a refusé de faire droit à cette demande et a obligé l'intéressé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours. Par la présente requête, M. A demande l'annulation de cet arrêté.
2. En premier lieu, l'arrêté attaqué a été signé par M. Thierry Laurent, secrétaire général de la préfecture en vertu d'une délégation qui lui a été consentie à cet effet par l'arrêté du préfet de l'Hérault n° 2021-I-809 du 19 juillet 2021, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture. Cet arrêté lui donne délégation à l'effet de signer tous actes, arrêtés, décisions et circulaires relevant des attributions de l'Etat dans le département de l'Hérault et notamment en ce qui concerne les affaires intéressant plusieurs services départementaux des administrations civiles de l'Etat, à l'exception des réquisitions prises en application de la loi du 11 juillet 1938 relative à l'organisation générale de la nation pour temps de guerre et de la réquisition des comptables publics. Compte tenu des exceptions qu'elle prévoit, cette délégation n'est pas d'une portée trop générale. Par suite, le moyen tiré du vice d'incompétence de l'auteur de l'acte doit être écarté.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 412-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Sous réserve des engagements internationaux de la France et des exceptions prévues aux articles L. 412-2 et L. 412-3, la première délivrance d'une carte de séjour temporaire ou d'une carte de séjour pluriannuelle est subordonnée à la production par l'étranger du visa de long séjour mentionné aux 1° ou 2° de l'article L. 411-1. ". Aux termes de l'article L. 423-2 du même code : " L'étranger, ne vivant pas en état de polygamie, entré régulièrement et marié en France avec un ressortissant français avec lequel il justifie d'une vie commune et effective de six mois en France, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. ".
4. D'une part, pour refuser de délivrer à M. A une carte de séjour temporaire en qualité de conjoint d'une ressortissante française, le préfet de l'Hérault a considéré qu'il ne justifiait pas d'une entrée régulière en France. M. A soutient qu'il est entré régulièrement sur le territoire français et produit un passeport sur lequel figure un tampon d'entrée en Espagne en date du 25 avril 2013 date à laquelle son visa de court séjour était toujours valide. Cependant, ce document ne démontre pas qu'il serait arrivé le même jour en France alors que la première pièce pouvant démontrer sa présence sur le territoire français est datée du 21 mai 2013, onze jours après l'expiration dudit visa. L'attestation sur l'honneur qu'il produit ne constitue pas une preuve de son entrée régulière en France. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'erreur de fait qui entacherait le refus de titre de séjour en qualité de conjoint de français, au regard de son entrée régulière en France, doit être écarté et le requérant ne justifie pas être en situation d'obtenir de plein droit une carte de séjour temporaire en qualité de conjoint de Français en application de l'article L. 423-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
5. D'autre part, il ressort des pièces du dossier que M. A a sollicité son admission au séjour notamment en qualité de salarié. Si le préfet de l'Hérault a relevé à bon droit que l'intéressé ne disposait pas du visa long séjour prévu par l'article L. 412-1 pour la délivrance d'un titre de séjour " salarié " sur le fondement de l'accord franco-marocain, l'autorité administrative a également examiné la demande d'admission exceptionnelle au séjour en cette même qualité en relevant qu'en produisant une promesse d'embauche à un poste de climaticien, il ne justifiait pas de motifs exceptionnels d'admission au séjour. Par suite, les moyens tirés de l'erreur de droit dont serait entaché l'arrêté en litige pour avoir opposé l'absence de visa de long séjour et du défaut d'examen réel et complet de sa situation professionnelle doivent être écartés.
6. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
7. M. A soutient que le centre de ses intérêts privés et familiaux se situe en France auprès de son épouse enceinte à la date de la décision, ressortissante française, qu'il s'est intégré sur le territoire français, qu'il dispose également d'une promesse d'embauche et qu'il est présent en France depuis 2013. Toutefois, il ne justifie ni une présence habituelle et continue depuis son arrivée ni une intégration particulière sur le territoire français. S'il est marié depuis le 27 février 2021 à une ressortissante française, les pièces qu'il produit, un contrat de location aux deux noms et un contrat d'un fournisseur d'énergie, ne datent que d'août 2021, quelques jours seulement avant le dépôt de sa demande de titre de séjour. Dans ces conditions, le requérant ne peut se prévaloir, à la date de l'arrêté attaqué, d'une communauté de vie ancienne et stable sur le territoire français. Ainsi, eu égard aux conditions de son séjour en France et au caractère récent de son mariage, l'arrêté en litige n'a pas porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale au regard des objectifs poursuivis par cette mesure et n'a donc pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
8. En quatrième lieu, pour les mêmes motifs que ceux qui viennent d'être exposés, il ne ressort d'aucune des pièces du dossier que l'arrêté aurait sur la situation personnelle et familiale du requérant des conséquences d'une gravité exceptionnelle. Par suite, le moyen tiré de l'erreur manifeste dont serait entaché cet arrêté dans l'appréciation de la situation du requérant doit être écarté.
9. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui est père ou mère d'un enfant français mineur résidant en France et qui établit contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant dans les conditions prévues par l'article 371-2 du code civil, depuis la naissance de celui-ci ou depuis au moins deux ans, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. ".
10. Alors que la légalité de la mesure d'éloignement prononcée à l'encontre de M. A doit être appréciée à la date de son édiction, le requérant ne peut utilement se prévaloir des dispositions précitées de l'article L. 423-7 dès lors qu'il n'était pas, à cette date, père d'un enfant français.
11. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 27 septembre 2021 du préfet de l'Hérault lui refusant l'admission au séjour et l'obligeant à quitter le territoire français. Par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte et celles présentées au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 doivent également être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, au préfet de l'Hérault et à Me Ruffel.
Délibéré après l'audience du 30 juin 2022, à laquelle siégeaient :
M. Denis Chabert, président,
Mme Delphine Teuly-Desportes, première conseillère,
M. François Goursaud, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 juillet 2022.
Le Président-rapporteur,
D. Chabert
L'assesseur le plus ancien,
D. Teuly-Desportes
La greffière,
A. Junon
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 13 juillet 2022.
La greffière,
A. Junon
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026