lundi 4 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2202330 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | ROSE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 6 mai et 15 juin 2022, M. A se disant Slim D, représenté par Me Rosé, doit être regardé comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler, pour excès de pouvoir, l'arrêté du préfet de l'Hérault du 5 mai 2022 portant obligation de quitter le territoire français sans délai, assortie d'une interdiction de retour d'une durée de deux ans ;
2°) de condamner l'Etat aux entiers dépens ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- l'arrêté émane d'une autorité incompétente en l'absence de délégation de signature accordée à son signataire ;
- la décision énonçant l'obligation de quitter le territoire français est insuffisamment motivée ;
- dès lors qu'il est père d'enfants français mineurs et qu'il contribue à leur entretien et à leur éducation, il ne peut faire l'objet d'une obligation de quitter le territoire français, en application des dispositions du 5° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- l'obligation de quitter le territoire français a été prise en méconnaissance des stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;
- le préfet n'a pas procédé à un examen de sa situation au regard des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- l'obligation de quitter le territoire français porte une atteinte à son droit au respect de sa vie privée et familiale disproportionnée aux buts poursuivis, en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le préfet a commis une erreur de droit en s'estimant tenu de ne pas lui accorder un délai de départ volontaire ;
- le préfet a commis une erreur manifeste d'appréciation en prononçant une interdiction de retour d'une durée de deux ans, qui est en l'espèce disproportionnée ;
- la décision portant interdiction de retour porte une atteinte à son droit au respect de sa vie privée et familiale disproportionnée aux buts poursuivis, en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la décision portant interdiction de retour a été prise sans tenir compte de l'intérêt supérieur de ses enfants mineurs, en méconnaissance des stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 1er et 17 juin 2022, le préfet de l'Hérault conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
M. D a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du 25 mai 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale des droits de l'enfant ;
- l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. E ;
- et les observations de Me Rosé, représentant M. D.
Considérant ce qui suit :
1. Le requérant, ressortissant tunisien, se disant Slim D né le 6 janvier 1989, serait entré en France en 2010 selon ses déclarations. Il demande l'annulation, pour excès de pouvoir, de l'arrêté du préfet de l'Hérault du 5 mai 2022 portant obligation de quitter le territoire français sans délai, assortie d'une interdiction de retour d'une durée de deux ans.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne le moyen commun aux décisions contestées :
2. Par un arrêté n° 2022.03.DRCL.0174 du 16 mars 2022, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture, le préfet de l'Hérault a accordé à Mme F C, chef de la section éloignement, une délégation à l'effet de signer, en cas d'absence ou d'empêchement de Mme B G, chef du bureau de l'asile, du contentieux et de l'éloignement, " tout arrêté ayant trait à une mesure d'éloignement concernant les étrangers séjournant irrégulièrement sur le territoire français ". Il ne ressort pas des pièces du dossier que Mme G n'aurait pas été absente ou empêchée le 5 mai 2022. Cette délégation de signature habilitait ainsi Mme C à signer l'arrêté portant obligation de quitter le territoire français pris à l'encontre de M. D.
En ce qui concerne la légalité de l'obligation de quitter le territoire français :
3. En premier lieu, l'arrêté contesté fait référence aux dispositions des 1° et 5° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont il est fait application et mentionne, notamment, que le requérant ne justifie pas d'une entrée régulière sur le territoire français et, qu'ayant été condamné par jugement du tribunal judiciaire de Montpellier du 20 février 2022 à une peine d'emprisonnement de quatre mois pour des faits de " prise du nom d'un tiers pouvant déterminer des poursuites pénales contre lui " et d' " usage illicite de stupéfiants, détention non autorisée de stupéfiants ", son comportement constitue une menace à l'encontre d'un intérêt fondamental de la société française. En outre, le préfet a relevé que si l'intéressé déclare être père de deux enfants de nationalité française, il ne justifie pas contribuer à leur entretien et à leur éducation. L'arrêté énonce ainsi les éléments pertinents de la situation personnelle du requérant, par des mentions qui ne présentent pas un caractère stéréotypé. Ces indications ont permis au requérant de comprendre et de contester l'arrêté du préfet de l'Hérault du 5 mai 2022. Cet arrêté est ainsi suffisamment motivé en droit et en fait.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français :/ () 5° L'étranger qui est père ou mère d'un enfant français mineur résidant en France, à condition qu'il établisse contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant dans les conditions prévues par l'article 371-2 du code civil depuis la naissance de celui-ci ou depuis au moins deux ans ;/ () ".
5. Si le requérant, se disant Slim D, soutient être père de deux enfants de nationalité française, nés le 5 février 2020 et en novembre 2021, il ne le justifie pas de manière probante en produisant un extrait d'acte de naissance concernant l'enfant Waël D, né le 5 février 2020, ayant un père prénommé Omar. En tout état de cause, le requérant se borne à alléguer que ses enfants lui rendent visite au parloir du centre pénitentiaire où il est incarcéré depuis le 20 février 2022, sans apporter d'éléments permettant d'établir qu'à la date de l'arrêté attaqué, il contribuait effectivement, à proportion de ses ressources, à l'entretien et à l'éducation de ses enfants depuis au moins deux ans. Dès lors, il n'est pas fondé à soutenir qu'il ne pouvait faire l'objet d'une obligation de quitter le territoire français en application des dispositions précitées du 5° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
6. En troisième lieu, aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant du 26 janvier 1990 : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ". Il résulte de ces stipulations, qui peuvent être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir, que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant. Elles sont applicables non seulement aux décisions qui ont pour objet de régler la situation personnelle d'enfants mineurs mais aussi à celles qui ont pour effet d'affecter, de manière suffisamment directe et certaine, leur situation.
7. D'une part, ainsi qu'il l'a été exposé au point 5, le requérant n'établit pas de manière probante être le père de l'enfant Waël. D'autre part et en tout état de cause, dès lors qu'il n'établit pas contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de Waël, le préfet de l'Hérault ne peut être regardé comme ayant méconnu l'intérêt supérieur de l'enfant en l'obligeant à quitter le territoire français.
8. En quatrième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ". Pour l'application de ces stipulations, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France doit apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine.
9. Le requérant ne justifie pas avoir créé une cellule familiale en France ni entretenir des relations étroites avec l'enfant Waël, dont il n'établit pas être le père. Les pièces du dossier ne permettent pas d'établir l'ancienneté de son séjour en France depuis l'année 2010, comme il le soutient. En revanche, il est constant que M. D s'est maintenu irrégulièrement sur le territoire national en dépit de l'obligation de quitter le territoire français prise à son encontre par un arrêté du préfet de l'Hérault du 11 novembre 2017, dont la légalité a été confirmée par un jugement n° 1705334 du tribunal administratif de Montpellier du 16 novembre 2017. Il a été condamné par jugement du tribunal judiciaire de Montpellier du 20 février 2022 à une peine d'emprisonnement de quatre mois pour des faits de " prise du nom d'un tiers pouvant déterminer des poursuites pénales contre lui " et d' " usage illicite de stupéfiants, détention non autorisée de stupéfiants ". Eu égard à la gravité de ces faits, qui étaient récents, sa présence en France représente une menace pour l'ordre public. Dès lors, dans les circonstances de l'espèce, le préfet n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts poursuivis. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
10. En cinquième lieu, dès lors que l'arrêté contesté n'a pas pour objet de refuser la délivrance d'un titre de séjour et que le préfet de l'Hérault n'était pas saisi d'une demande d'admission exceptionnelle au séjour de la part du requérant, le moyen, tiré de ce que sa situation n'a pas été examinée au regard des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, est inopérant.
En ce qui concerne la légalité de la décision refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire :
11. Aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants :/ ()
3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ". Aux termes de l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants :/ 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ;/ ()/ 4° L'étranger a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français ;/ 5° L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement ; / () 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il a refusé de communiquer les renseignements permettant d'établir son identité ou sa situation au regard du droit de circulation et de séjour ou a communiqué des renseignements inexacts () ".
12. Il est constant que le requérant, entré irrégulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour. Lors d'un entretien effectué le 28 avril 2022 avec les agents de la direction interdépartementale de la police aux frontières de Montpellier, il a explicitement déclaré son intention de ne pas vouloir quitter le territoire français. En outre, il est constant qu'il s'est soustrait à l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français prise à son encontre le 11 novembre 2017. Enfin il ressort des pièces du dossier qu'il est démuni de documents d'identité ou de voyage et qu'il a été pénalement condamné pour avoir pris le nom d'un tiers. Ainsi le risque que le requérant se soustraie à l'obligation de quitter le territoire français est établi. Ces circonstances étaient de nature à justifier le refus d'octroi d'un délai de départ volontaire. Il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet de l'Hérault se serait estimé en situation de compétence liée pour prendre cette décision.
En ce qui concerne la légalité de l'interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans :
13. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. ". Selon l'article L. 612-10 du même code, pour fixer la durée de l'interdiction de retour, " l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français ".
14. Le requérant ne se prévaut d'aucun motif humanitaire de nature à justifier qu'aucune interdiction de retour ne soit prononcée à son encontre. L'ancienneté de sa présence sur le territoire national n'est pas établie et il ne justifie pas de la réalité d'une cellule familiale en France. Il s'est soustrait à l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français prise à son encontre le 11 novembre 2017. Ainsi qu'il l'a été exposé au point 9, sa présence en France représente une menace pour l'ordre public. L'ensemble des circonstances propres à sa situation personnelle est de nature à justifier légalement dans son principe et sa durée la décision d'interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans, qui n'est pas en l'espèce disproportionnée.
15. Eu égard aux éléments relatifs à sa situation personnelle et familiale exposés aux points 7 et 9, les moyens, tirés de ce que la décision d'interdiction de retour pendant une durée de deux ans a été prise en méconnaissance des stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant et de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, doivent être écartés.
16. Il résulte de tout ce qui précède que M. A se disant Slim D n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du préfet de l'Hérault du 5 mai 2022.
Sur les frais liés au litige :
17. D'une part, aux termes de l'article R. 761-1 du code de justice administrative : " Les dépens comprennent les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'Etat./ Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties./ L'Etat peut être condamné aux dépens. ".
18. En l'absence de dépens, au sens des dispositions de l'article R. 761-1 du code de justice administrative, dans la présente instance, les conclusions de M. D tendant à ce que ceux-ci soient mis à la charge de l'Etat ne peuvent qu'être rejetées.
19. D'autre part, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas partie perdante dans la présente instance, une somme quelconque au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
DECIDE :
Article 1er : La requête de M. A se disant Slim D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A se disant Slim D, au préfet de l'Hérault et à Me Rosé.
Délibéré après l'audience du 20 juin 2022, à laquelle siégeaient :
- M. Besle, présidente,
- M. Verguet, premier conseiller,
- Mme Teuly-Desportes, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 juillet 2022.
Le rapporteur,
Signé :
H. ELe président,
Signé :
D. Besle
Le greffier,
Signé :
S. Sangaré
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 5 juillet 2022.
Le greffier,
S. Sangarésa
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026