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AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2202389

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2202389

vendredi 5 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2202389
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation6ème Chambre
Avocat requérantSCP MEJEAN - PEREZ-COUFFE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 10 mai et le 9 novembre 2022, Mme A B, représentée par Me Perez-Couffe, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 15 mars 2022 par laquelle la commune de Salses-le-Château a rejeté sa réclamation préalable d'indemnisation ;

2°) de condamner la commune de Salses-le-Chateau à lui verser la somme totale de 12 261,35 euros au titre de la réparation des préjudices subis, somme assortie des intérêts de retard au taux légal à compter de la date de réception de la réclamation préalable ainsi que de la capitalisation des intérêts ;

3°) de rejeter la demande de la commune de Salses-le-Château présenté sur le fondement des dispositions de l'article R. 741-12 du code de justice administrative ;

4°) de mettre à la charge de la commune de Salses-le-Château la somme de 3 000 euros à verser à son conseil au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, sous réserve du renoncement à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat en application de l'article 37 de la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

Elle soutient que :

Sur les fautes :

- en refusant de lui verser l'intégralité de l'indemnité de fin de contrat à laquelle elle a droit, la commune a commis une faute ;

- en lui proposant tardivement le renouvellement de son contrat et en communiquant à l'Unedic que le motif de la rupture du contrat de travail était celui d'une rupture anticipée émanant de l'agent, la commune a également eu un comportement fautif.

Sur les préjudices :

- elle est en droit de percevoir l'indemnité de fin de contrat à hauteur d'une somme de l 348,37 euros, alors qu'elle n'a perçu que la somme de 1 007, 49 euros ;

- elle a subi un préjudice lié à l'absence de versement d'allocations d'assurance chômage à hauteur d'un montant total brut de 8 920,47 euros ;

- elle a également subi un préjudice moral qui peut être fixé à la somme de 3 000 euros.

Sur les conclusions reconventionnelles de la commune :

- les conclusions présentées en application de l'article R. 741-12 du code de justice administrative, qui constitue un pouvoir propre du juge, sont irrecevables.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 11 octobre 2022 et le 24 mai 2023, la commune de Salses-le-Château, représenté par l'association d'avocats à responsabilité professionnelle individuelle (AARPI) BLC Avocats, conclut au rejet de la requête et demande au tribunal de mettre à la charge de la requérante une amende au titre des dispositions de l'article R. 741-12 du code de justice administrative et la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- faute d'avoir présenté une demande préalable pour réclamer la somme de 8 920,47 euros relative à l'allocation d'assurance chômage et d'un préjudice moral à hauteur de 3 000 euros, les conclusions à fin d'indemnisation de ces deux préjudices sont irrecevables ;

- au surplus, aucune faute ne peut être retenue à son encontre et aucun préjudice n'est établi.

Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 8 juin 2022.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- le code général de la fonction publique ;

- le code du travail ;

- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;

- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;

- le décret n°88-145 du 15 février 1988 ;

- le décret n° 2020-741 du 16 juin 2020 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendu au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Teuly-Desportes ;

- les conclusions de M. Lafay, rapporteur public ;

- et les observations de Me Lerat représentant la commune de de Salses-le-Château.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B a été recrutée, le 15 avril 2021, par la commune de Salses-le-Château, en qualité d'adjointe administrative territoriale non titulaire, pour exercer les fonctions d'agent de surveillance de la voie publique pour la période du 19 avril au 31 décembre 2021 et n'a pas donné suite à la proposition de renouvellement de son contrat qui lui a été adressée le 21 décembre 2021. Estimant que la commune, par une proposition tardive de renouvellement et une absence de versement de la prime de précarité, a commis des fautes, Mme B, après avoir présenté, le 15 mars 2022, une réclamation préalable d'indemnisation, doit être regardée comme sollicitant la mise en jeu de la responsabilité de la commune et la réparation de ses préjudices.

Sur la fin de non-recevoir opposée en défense :

2. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. / Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle. / (). "

3. La décision par laquelle l'administration rejette une réclamation tendant à la réparation des conséquences dommageables d'un fait qui lui est imputé lie le contentieux indemnitaire à l'égard du demandeur pour l'ensemble des dommages causés par ce fait générateur, quels que soient les chefs de préjudice auxquels se rattachent les dommages invoqués par la victime et que sa réclamation ait ou non spécifié les chefs de préjudice en question.

4. Par lettre du 12 janvier 2022, le conseil de Mme B a sollicité l'indemnisation des préjudices causés par la cessation du contrat à durée déterminée conclu avec la commune de Salses-le-Château pour la période du 19 avril au 31 décembre 2021. Par lettre du 15 mars 2022, la commune a refusé de lui verser une indemnité supplémentaire. La requérante est donc, en tout état de cause, recevable, contrairement à ce que soutient la commune, à invoquer, dans le délai de recours contentieux, d'autres chefs de préjudices que ceux initialement présentés dans sa réclamation en lien avec le fait dommageable.

Sur le bien-fondé des conclusions à fin d'indemnisation :

En ce qui concerne la faute tirée du non-respect de l'obligation d'information de l'intention de renouveler son contrat :

5. En premier lieu, aux termes de l'article 3 de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, désormais repris à l'article L. 311-1 du code général de la fonction publique : " Sauf dérogation prévue par une disposition législative, les emplois civils permanents () des communes et de leurs établissements publics à caractère administratif sont () occupés soit par des fonctionnaires régis par le présent code () ". En outre, aux termes de l'article 3-1 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale, repris à l'article L. 332-13 du même code : " Par dérogation au principe énoncé à l'article 3, pour répondre à des besoins temporaires, des agents contractuels territoriaux peuvent occuper des emplois permanents des collectivités et établissements mentionnés à l'article L. 4 pour assurer le remplacement d'agents publics territoriaux : 1° Autorisés à exercer leurs fonctions à temps partiel ; 2° Indisponibles en raison : a) D'un détachement de courte durée, d'une disponibilité de courte durée prononcée d'office, de droit ou sur demande pour raisons familiales, d'un détachement pour l'accomplissement d'un stage ou d'une période de scolarité préalable à la titularisation dans un corps ou un cadre d'emplois de fonctionnaires ou pour suivre un cycle de préparation à un concours donnant accès à un corps ou un cadre d'emplois ; b) D'un congé régulièrement accordé en application du présent code ou de tout autre congé régulièrement octroyé en application des dispositions réglementaires applicables aux agents contractuels territoriaux. Le contrat est conclu pour une durée déterminée. Il peut prendre effet avant le départ de l'agent faisant l'objet du remplacement. Le contrat peut être renouvelé par décision expresse, dans la limite de la durée de l'absence de l'agent public territorial à remplacer. ".

6. Selon l'article 38-1 du décret du 15 février 1988 relatif aux agents contractuels de la fonction publique territoriale : " I.- Lorsqu'un agent contractuel a été engagé pour une durée déterminée susceptible d'être renouvelée en application des dispositions législatives ou réglementaires qui lui sont applicables, l'autorité territoriale lui notifie son intention de renouveler ou non l'engagement au plus tard : -un mois avant le terme de l'engagement pour l'agent recruté pour une durée égale ou supérieure à six mois et inférieure à deux ans ; (). "

7. Si la méconnaissance de ce délai est sans incidence sur la légalité de la décision de ne pas renouveler le contrat de l'agent, cette illégalité constitue en revanche une faute susceptible d'engager la responsabilité de la commune, pour autant qu'il en soit résulté un préjudice direct et certain.

8. En application des dispositions de l'article 38-11 du décret du 15 février 1988 citées au point 6, la commune de Salses-le-Château, qui avait conclu avec Mme B un contrat d'une durée de huit mois, aurait dû lui notifier son intention de renouveler son contrat, au plus tard, le 1er décembre 2021. Or, la commune a informé la requérante de son intention d'y procéder par un courrier du 21 décembre 2021. Dans ces conditions, la commune, qui ne saurait utilement invoquer, au regard de la lettre de ces dispositions, la circonstance que l'intéressée aurait reçu une information orale en ce sens au cours d'un entretien avec la direction générale des services, au " mois de novembre 2021 ", sans autre précision, les a méconnues.

9. Toutefois, il appartient à Mme B, qui demande l'indemnisation du préjudice qu'elle aurait subi du fait de cette irrégularité, d'établir l'existence d'un lien de causalité direct et certain entre ce préjudice et cette faute. Or, en se bornant à soutenir que cette information tardive lui aurait causé un préjudice financier, alors qu'elle a perçu son traitement jusqu'au 31 décembre 2021, qu'elle s'était vu proposer un renouvellement de contrat pour une durée de trois mois et qu'elle a, en définitive, préféré conclure, le 25 janvier 2022, un contrat avec la commune du Soler pour une durée de trois mois à compter du 1er mars 2022, n'établit pas que la méconnaissance du respect du délai de prévenance lui aurait causé un quelconque préjudice financier, l'attestation selon laquelle elle s'est inscrite, le 27 janvier 2022, à la mission locale jeunes D pour obtenir des aides financières étant insuffisante à établir un préjudice en lien direct et certain avec l'illégalité ainsi retenue.

En ce qui concerne la faute tirée de l'illégalité du motif de cessation de contrat à durée déterminée retenu par la commune et transmis à Pôle emploi :

10. Aux termes de l'article L. 5422-1 du code du travail : " Ont droit à l'allocation d'assurance les travailleurs aptes au travail et recherchant un emploi qui satisfont à des conditions d'âge et d'activité antérieure, et dont : 1° Soit la privation d'emploi est involontaire, ou assimilée à une privation involontaire par les accords relatifs à l'assurance chômage mentionnés à l'article L. 5422-20 ;. ". Aux termes de l'article L. 5424-1 du même code : " Ont droit à une allocation d'assurance dans les conditions prévues aux articles L. 5422-2 et L. 5422-3 : ()2° Les agents non titulaires des collectivités territoriales () ". Selon l'article L. 5424-2 de ce code : " Les employeurs mentionnés à l'article L. 5424-1 assurent la charge et la gestion de l'allocation d'assurance. Ceux-ci peuvent, par convention conclue avec Pôle emploi, pour le compte de l'organisme mentionné à l'article L. 5427-1, lui confier cette gestion ".

11. D'une part, selon l'article 38-1 du décret du 15 février 1988 relatif aux agents contractuels de la fonction publique territoriale : " Lorsqu'il est proposé de renouveler le contrat, l'agent contractuel dispose d'un délai de huit jours pour faire connaître, le cas échéant, son acceptation. L'autorité territoriale informe l'agent des conséquences de son silence. En cas de non-réponse dans le délai prévu, l'intéressé est présumé renoncer à son emploi. "

12. D'autre part, l'agent public contractuel qui refuse le renouvellement de son contrat de travail, ainsi que le prévoit également le décret du 16 juin 2020 relatif au régime particulier d'assurance chômage applicable à certains agents publics et salariés du secteur public ne peut être regardé comme involontairement privé d'emploi, à moins que ce refus soit fondé sur un motif légitime. Un tel motif peut être lié notamment à des considérations d'ordre personnel ou au fait que le contrat a été modifié de façon substantielle sans justification de l'employeur.

13. En admettant même que l'hypothèse de rupture anticipée d'un contrat à durée déterminée à l'initiative de l'agent, figurant dans l'attestation d'employeur adressée à Pôle emploi, ne corresponde pas, en droit public, " au refus de renouvellement de contrat à durée déterminée pour un motif non légitime ", la seule circonstance que la commune ait coché cette case en lieu et place de celle liée à un autre motif de cessation de contrat en s'abstenant d'indiquer " motif non légitime ", Mme B, qui n'est, en tout état de cause, nullement recevable à invoquer les dispositions de l'article 2 de la convention du 14 avril 2017 relative à l'assurance chômage, abrogé par l'article 4 du décret du 26 juillet 2019, ne justifie d'aucun préjudice en lien direct et certain avec cette information dès lors qu'il est constant qu'elle s'est abstenue de répondre à la proposition de renouvellement de son contrat, adressée le 21 décembre 2021 et reçue le lendemain, et n'a invoqué aucun motif à un tel refus ni devant son employeur ni au cours de la présente instance. Dans ces conditions, elle doit être regardée comme ayant refusé, sans motif légitime, un tel renouvellement, circonstance qui fait obstacle au versement de l'allocation assurantielle dite de retour à l'emploi. En conséquence, elle n'est nullement fondée à en solliciter le versement.

En ce qui concerne la faute tirée d'un versement erroné de l'indemnité de fin de contrat :

14. Aux termes de l'article 136 de la loi du 26 janvier 1984 portant statut de la fonction publique territoriale alors applicable : " Un décret en Conseil d'Etat () prévoit, pour les contrats conclus en application du 1° du I de l'article 3 et des articles 3-1,3-2 et 3-3, les conditions d'application relatives à une indemnité de fin de contrat lorsque ces contrats, le cas échéant renouvelés, sont d'une durée inférieure ou égale à un an et lorsque la rémunération brute globale prévue dans ces contrats est inférieure à un plafond qu'il fixe. Ces dispositions ne sont pas applicables lorsque, au terme du contrat ou de cette durée, les agents sont nommés stagiaires ou élèves à l'issue de la réussite à un concours ou bénéficient du renouvellement de leur contrat ou de la conclusion d'un nouveau contrat, à durée déterminée ou indéterminée, au sein de la fonction publique territoriale ". Aux termes de l'article 39-1-1 du décret du 15 février 1988, dont les dispositions sont applicables aux contrats conclus à compter du 1er janvier 2021 : " I.- L'indemnité de fin de contrat () n'est due que lorsque le contrat est exécuté jusqu'à son terme. Elle n'est pas due si l'agent refuse la conclusion d'un contrat de travail à durée indéterminée pour occuper le même emploi ou un emploi similaire auprès du même employeur, assorti d'une rémunération au moins équivalente. Le montant de rémunération brute globale au-delà duquel cette indemnité n'est pas attribuée est fixé à deux fois le montant brut du salaire minimum interprofessionnel de croissance (). / II.- Le montant de l'indemnité de fin de contrat est fixé à 10 % de la rémunération brute globale perçue par l'agent au titre de son contrat et, le cas échéant, de ses renouvellements. / L'indemnité est versée au plus tard un mois après le terme du contrat ".

15. D'une part, ainsi qu'il a été dit au point 13, le refus de Mme B porte sur un contrat à durée déterminée et non sur un contrat à durée indéterminée. Il suit de là que, contrairement à ce que soutient la commune de Salses-le-Château, l'agent non-titulaire avait droit, en application des dispositions de l'article 39-1 du décret du 15 janvier 1988 citées au point précédent, à l'indemnité de fin de contrat.

16. D'autre part, il est constant que la commune de Salses-le-Château a versé la somme la somme de 1 007, 49 euros certes au mois de 24 février 2022. Toutefois, Mme B en conteste le montant, dans le dernier état de ses écritures et soutient qu'elle aurait dû percevoir la somme de 1 348,37 euros et qu'en omettant de lui verser une somme de 340,88 euros, la commune de B a commis une faute.

17. Il résulte de l'instruction et notamment des fiches de traitement produites que le montant total brut de la rémunération de la requérante sur la durée de son contrat est égal à la somme de 13 483, 73 euros de sorte qu'elle est fondée à soutenir qu'elle aurait dû percevoir la somme de 1 348, 37 euros. Il suit de là que la commune de Salses-le-Château, qui se borne, sans autre précision, à indiquer que la requérante n'a pas pris ses congés payés, doit être condamnée à lui verser la somme complémentaire de 340, 88 euros correspondant à l'erreur ainsi commise.

18. Il résulte de ce qui précède, que Mme B est seulement fondée à obtenir la somme de 340, 88 euros.

Sur les intérêts et leur capitalisation :

19. Mme B a droit aux intérêts au taux légal à compter du 26 janvier 2021, date de réception par la commune de Salses-le-Château de sa réclamation préalable.

20. Par ailleurs, Mme B a demandé la capitalisation des intérêts le 10 mai 2022, date de l'enregistrement de sa requête, et a donc également droit à la capitalisation de ces intérêts à compter du 26 janvier 2022, date à laquelle les intérêts étaient dus pour une année entière, puis à chaque échéance annuelle à compter de cette date.

Sur les conclusions présentées en application de l'article R. 741-12 du code de justice administrative :

En ce qui concerne la fin de non-recevoir opposée par Mme B :

21. Aux termes de l'article R. 741-12 du code de justice administrative : " Le juge peut infliger à l'auteur d'une requête qu'il estime abusive une amende dont le montant ne peut excéder 10 000 euros ".

22. La faculté prévue par cette disposition constituant un pouvoir propre du juge, la demande présentée par la commune de Salses-le-Château, dans son mémoire en défense, tendant à ce que Mme B soit condamnée à une telle amende est, ainsi que le fait valoir à bon droit Mme B, irrecevable. En conséquence, les conclusions présentées par la commune seront rejetées pour ce motif.

Sur les frais liés au litige :

23. D'une part, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Salses-les-Château, qui n'est pas la partie perdante pour l'essentiel, la somme demandée au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. D'autre part, il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la requérante la somme sollicitée, sur ce même fondement, par la commune de Salses-les-Château.

D E C I D E :

Article 1er : La commune de Salses-les-Château est condamnée à verser à Mme B la somme de 340,88 euros résultant de l'erreur dans la détermination de l'indemnité de fin de fonction. Cette somme sera majorée des intérêts au taux légal à compter du 26 janvier 2021. Les intérêts échus à la date du 26 janvier 2022, puis à chaque échéance annuelle à compter de cette date, seront capitalisés à chacune de ces dates pour produire eux-mêmes intérêts.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : Les conclusions présentées par commune de Salses-le-Château en application des articles R. 741-12 et L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à la commune de Salses-le-Château.

Délibéré à l'issue de l'audience du 19 mars 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Encontre, présidente,

Mme Teuly-Desportes, première conseillère.

M. Rousseau, premier conseiller,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 avril 2024.

La rapporteure,

D. Teuly-Desportes

La greffière,

C. Arce

La présidente,

S. Encontre

La République mande et ordonne au préfet D, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme

Montpellier, le 8 avril 2024,

La greffière,

C. Arce

No 2202389

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