jeudi 26 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2202443 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | SELARL VALETTE-BERTHELSEN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 13 mai 2022 et le 5 juillet 2022, M. D E, représenté par la SCP Blanquer Croizier Charpy, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 11 mars 2022 par laquelle le maire de la commune de Boujan-sur-Libron a décidé de préempter la parcelle cadastrée section AM n°8 au titre des espaces naturels sensibles ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Boujan-sur-Libron la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que la décision :
- a été prise par une autorité incompétente dès lors que le conseil municipal est titulaire du droit de préemption ;
- méconnaît l'article L. 113-8 du code de l'urbanisme en ce que la parcelle préemptée n'est pas un espace naturel sensible, mais seulement une parcelle agricole sans intérêt écologique.
Par un mémoire en défense, enregistré le 6 juin 2022, la commune de Boujan-sur-Libron, représentée par la Selarl Valette Berthelsen conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 1 500 euros soit mise à la charge de M. E au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Les parties ont été informées le 13 juin 2024, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de la méconnaissance du champ d'application des articles L. 215-1 et suivants du code de l'urbanisme et tiré de l'incompétence matérielle, dès lors que le droit de préemption prévu à ces articles n'est plus applicable dans les zones de préemption créées par les préfets au titre de la législation sur les périmètres sensibles avant l'entrée en vigueur de la loi du 18 juillet 1985, sauf à ce que le département les ait incluses dans les zones de préemption qu'il a lui-même créées au titre des espaces naturels sensibles (CE, avis contentieux, 29 juillet 2020, n° 439801) et que le Conseil Constitutionnel, dans sa décision n° 2023-1071 QPC du 24 novembre 2023, a déclaré contraires à la Constitution les dispositions du II de l'article 233 de la loi n° 2024-1104 du 22 août 2021 portant validation législative des décisions de préemption prises dans les zones créées par les préfets au titre de la législation sur les périmètres sensibles.
Des observations au moyen d'ordre public présentées par la commune de Boujan-sur-Libron ont été enregistrées le 17 juin 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A ;
- les conclusions de M. Goursaud, rapporteur public ;
- les observations de Me Valette, représentant la commune de Boujan-sur-Libron.
Considérant ce qui suit :
1. M. E est propriétaire d'une parcelle cadastrée section AM n°8 sur le territoire de la commune de Boujan-sur-Libron au lieu de Rec Del Sauze. Par une déclaration d'intention d'aliéner, le notaire chargé de la vente a informé le département de l'Hérault de la vente de cette parcelle au prix de 6 000 euros. Le département de l'Hérault a renoncé à l'exercice de son droit de préemption le 11 janvier 2022 et par une décision du 11 mars 2022, le maire de la commune de Boujan-Sur-Libron, se substituant au département, a décidé d'exercer son droit de préemption. Par sa requête, M. E demande l'annulation de cette décision du 11 mars 2022.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, par une délibération du 25 mai 2020, le conseil municipal de la commune de Boujan-Sur-Libron a délégué au maire de la commune les droits de préemption prévus par le code de l'urbanisme. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence doit être écarté.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 113-8 du code de l'urbanisme : " Le département est compétent pour élaborer et mettre en œuvre une politique de protection, de gestion et d'ouverture au public des espaces naturels sensibles, boisés ou non, destinée à préserver la qualité des sites, des paysages, des milieux naturels et des champs naturels d'expansion des crues et d'assurer la sauvegarde des habitats naturels selon les principes posés à l'article L. 101-2 ". Aux termes de l'article L. 215-21 du même code : " Les terrains acquis en application des dispositions du présent chapitre sont aménagés pour être ouverts au public, sauf exception justifiée par la fragilité du milieu naturel. Cet aménagement est compatible avec la sauvegarde des sites, des paysages et des milieux naturels. A l'exception des terrains relevant du régime forestier, tout ou partie d'un terrain acquis et conservé pour mettre en œuvre la politique prévue à l'article L. 113-8 peut être incorporé dans le domaine public de la personne publique propriétaire par décision de son organe délibérant. La personne publique propriétaire est responsable de la gestion des terrains acquis. Elle s'engage à les préserver, à les aménager et à les entretenir dans l'intérêt du public. Elle peut éventuellement confier la gestion des espaces aménagés à une personne publique ou privée y ayant vocation. Seuls des équipements légers d'accueil du public ou nécessaires à la gestion courante des terrains ou à leur mise en valeur à des fins culturelles ou scientifiques peuvent être admis sur les terrains acquis en application des dispositions du présent chapitre, à l'exclusion de tout mode d'occupation du sol de nature à compromettre la conservation ou la protection de ces terrains en tant qu'espaces naturels. Les terrains acquis en application du présent chapitre font l'objet d'un plan de gestion ". Il résulte de la combinaison de ces dispositions que les décisions de préemption qu'elles prévoient doivent être justifiées à la fois par la protection des espaces naturels sensibles et par l'ouverture ultérieure de ces espaces au public, sous réserve que la fragilité du milieu naturel ou des impératifs de sécurité n'y fassent pas obstacle. Toutefois, la collectivité titulaire du droit de préemption n'a pas à justifier de la réalité d'un projet d'aménagement à la date à laquelle elle exerce ce droit.
4. Il est constant que la parcelle en litige est située dans la zone de préemption du périmètre sensible du canton de Béziers 2 créée par un arrêté préfectoral du 16 juin 1983. Si le rapport de présentation de la préemption de la parcelle AM n°8 indique dans des termes généraux qu'elle s'inscrit dans le secteur Rec Del Sauze présentant une mosaïque d'espèces végétales typiques des climats méditerranéens et que le valeur paysagère du site est renforcée par sa diversité écologique qui contribue au maintien de la biodiversité, il ressort toutefois des pièces du dossier, et de ce même rapport de présentation, que s'agissant spécifiquement de cette parcelle d'environ 3 200 m2, l'objectif principal de cette préemption est de poursuivre et d'étendre les jardins et vergers partagés déjà présents sur les deux parcelles contiguës, au nord et au sud, afin de satisfaire les demandes des usagers et de " conserver cette parcelle en espace agricole ". Or, un tel objectif n'a pas pour finalité de protéger un espace naturel sensible au sens des dispositions précitées et est de nature, au contraire, à altérer la biodiversité répertoriée par SINP et Nature France sur le secteur " Rec Del Sauze ". Par suite, M. E est fondé à soutenir que le maire de la commune de Boujan-sur-Libron a fait une inexacte application de l'article L. 113-8 code de l'urbanisme et à demander l'annulation de la décision du 11 mars 2022 par laquelle le maire de la commune de Boujan-Sur-Libron, se substituant au département, a décidé d'exercer son droit de préemption.
Sur les frais liés au litige :
5. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que M. E, qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse à la commune de Boujan-sur-Libron la somme qu'elle réclame au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. En revanche, dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de la commune de Boujan-sur-Libron le versement à M. E d'une somme de 1 500 euros sur le fondement de ces mêmes dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 11 mars 2022 par laquelle le maire de la commune de Boujan-sur-Libron a décidé de préempter la parcelle cadastrée section AM n°8 au titre des espaces naturels sensibles est annulée.
Article 2 : La commune de Boujan-sur-Libron versera la somme de 1 500 euros à M. E au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La présente décision sera notifiée à M. D E, à M. F B et à la commune de Boujan-sur-Libron.
Délibéré après l'audience du 12 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Fabienne Corneloup, présidente,
Mme Michelle Couégnat, première conseillère,
M. Nicolas Huchot, premier conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 septembre 2024.
Le rapporteur,
N. A
La présidente,
F. CorneloupLa greffière,
M. C
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier le 26 septembre 2024,
La greffière,
M. C
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026