vendredi 26 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2202551 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | BETROM |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 17 mai 2022, M. C A, représenté par Me Betrom, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du ministre de la justice du 1er mars 2022 en tant qu'il a refusé de reconnaitre les arrêts et les soins sur le plan psychiatrique au titre de l'accident de service ;
2°) d'enjoindre à l'Etat de reconnaitre sa symptomatologie psychiatrique comme imputable à l'accident du 6 mars 2019 et de reconnaitre les arrêts de travail à ce titre ;
3°) de mettre à la charge du ministre de la justice une somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que l'arrêté attaqué viole la loi et est entaché d'erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 février 2024, le ministre de la justice conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B,
- et les conclusions de Mme Delon, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, surveillant pénitentiaire, a été victime le 6 mars 2019 sur son lieu de travail, à la maison d'arrêt de Villeneuve les Maguelone, d'une tendinopathie rompue de la coiffe du rotateur de l'épaule gauche. Par arrêté du 5 juin 2019, cet accident a été reconnu imputable au service. Par l'arrêté du 1er mars 2022 le directeur interrégional des services pénitentiaires (le DSSP) de Toulouse a refusé de reconnaître la symptomatologie psychiatrique associée comme imputable à l'accident du 6 mars 2019 en considérant que les arrêts de travail et les soins psychiatriques relèvent de la maladie ordinaire. Par la présente requête, il demande l'annulation de l'arrêté du 1er mars 2022 en tant qu'il refuse d'imputer à son accident de service initial ses troubles psychiatriques.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes du II de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 : " Est présumé imputable au service tout accident survenu à un fonctionnaire, quelle qu'en soit la cause, dans le temps et le lieu du service, dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice par le fonctionnaire de ses fonctions ou d'une activité qui en constitue le prolongement normal, en l'absence de faute personnelle ou de toute autre circonstance particulière détachant l'accident du service ".
3. Il résulte de ces dispositions que le droit de conserver l'intégralité du traitement est soumis à la condition que la maladie mettant l'intéressé dans l'impossibilité d'accomplir son service soit en lien direct, mais non nécessairement exclusif, avec un accident survenu dans l'exercice ou à l'occasion de ses fonctions.
4. Il est constant que M. A a été victime, alors qu'il exerçait les fonctions de surveillant au centre pénitentiaire de Villeneuve-lès-Maguelone, d'un accident le 6 mars 2019 qui a été reconnu imputable au service par arrêté du 5 juin 2019. Il a alors été hospitalisé et a subi une chirurgie de la coiffe de rotateurs de son épaule gauche. Il a depuis lors été arrêté sans discontinuité. Par l'arrêté du 1er mars 2022, le DSSP a fixé la date de consolidation de l'état de santé résultant de l'accident de service au 21 octobre 2020 avec un taux d'IPP de 8% et a précisé que les arrêts et les soins sur le plan psychiatrique étaient à prendre au titre de la maladie ordinaire.
5. Toutefois, il ressort des expertises médicales produites que tant le docteur D. psychiatre, que l'expert judicaire, ont considéré que le syndrome post-traumatique dont souffre M. A est en lien avec l'accident de service du 6 mars 2019. Alors que M. A n'a pas repris le service depuis son accident, et que le ministre ne conteste pas utilement que sa décompensation psychique résulte, même de manière non exclusive, de l'accident de service, M. A est fondé à soutenir que l'administration a commis une erreur d'appréciation en refusant de prendre en charge les soins et arrêts psychiatriques postérieurement à la date de consolidation de son état de santé au titre de l'accident de service initial et ce, malgré l'avis défavorable du 16 février 2021 de la commission de réforme.
6. Il résulte de ce qui précède que M. A est fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 1er mars 2022 en tant que le ministre de la justice a refusé de reconnaitre ses arrêts et les soins sur le plan psychiatrique imputables à son accident de service du 6 mars 2019.
Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :
7. Eu égard au motif d'annulation retenu, le présent jugement implique que le ministre de la justice reconnaisse que les arrêts et soins liés à la pathologie psychiatrique de M. A sont imputables au service. Il y a lieu de lui enjoindre de procéder à cette reconnaissance dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais liés au litige :
8. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par M. A sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 1er mars 2022 du ministre de la justice est annulé en tant qu'il refuse l'imputabilité au service de la symptomatologie psychiatrique de M. A.
Article 2 : Il est enjoint au ministre de la justice de reconnaitre l'imputabilité au service des soins et arrêts liés à sa symptomatologie psychiatrique dans un délai de deux mois suivant la notification du présent jugement.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et au ministre de la justice.
Délibéré après l'audience du 12 avril 2024, à laquelle siégeaient :
M. Jean-Philippe Gayrard, président,
Mme Isabelle Pastor, première conseillère,
Mme Marion Bossi, première conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 avril 2024.
La rapporteure,
I. BLe président,
JP. Gayrard
La greffière,
B. Flaesch
La République mande et ordonne au ministre de la justice en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 26 avril 2024
La greffière,
B. Flaesch.
2
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026