mercredi 13 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2202600 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | MOULIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 19 mai 2022, M. C A, représenté par Me Moulin, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 29 novembre 2021 par lequel le préfet de l'Hérault lui a refusé l'admission au séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de 30 jours et a fixé le pays de destination ;
2°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer un titre de séjour temporaire portant la mention vie privée et familiale ou, à minima, de réexaminer sa situation, dans un délai de deux mois suivant la notification du jugement, tout en lui délivrant, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 440 euros à verser à son conseil en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ce règlement emportant renonciation à l'indemnité versée au titre de l'aide juridictionnelle.
Il soutient que :
- les décisions portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire sont entachées :
. d'un vice de procédure, faute pour le collège des médecins de l'OFII de s'être prononcé sur les points a, b c et d, tels que visés par l'article 6 de l'arrêté du 27 décembre 2016 relatif aux conditions d'établissement et de transmission des certificats médicaux, rapports médicaux et avis médicaux ;
. d'une erreur d'appréciation de sa situation médicale au regard des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il est établi qu'un retour forcé dans son pays d'origine risque d'avoir des conséquences d'une exceptionnelle gravité sur son état psychique ;
. d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle au regard des conditions prévues pour l'admission exceptionnelle au séjour visée à l'article l. 435-1 du même code ;
- la décision fixant le pays de destination :
. méconnaît l'article 513-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qui prévoit qu'un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires à l'article 3 de la convention européenne des droits de l'homme.
Par un mémoire en défense, enregistré le 20 juin 2022, le préfet de l'Hérault, conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
M. A été admis le 19 avril 2022 au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et son décret d'application n° 91-1266 du 19 décembre 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Souteyrand, président-rapporteur,
- et les observations de Me Moulin pour le requérant.
Considérant ce qui suit :
1. M. C A, ressortissant libérien né le 22 juin 1963, qui est entré, le 23 décembre 2016 en France, s'est vu définitivement refuser le 1er octobre 2018 l'asile, a déposé le 13 juillet 2021 une demande d'admission au séjour en qualité d'étranger malade. Par l'arrêté du 29 novembre 2021, dont M. A demande l'annulation, le préfet de l'Hérault, a refusé de l'admettre au séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français sous 30 jours à compter de la notification de l'arrêté et a fixé le pays de destination.
Sur les conclusions d'annulation :
En ce qui concerne le refus de séjour et l'obligation de quitter le territoire :
2. Aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat. Sous réserve de l'accord de l'étranger et dans le respect des règles de déontologie médicale, les médecins de l'office peuvent demander aux professionnels de santé qui en disposent les informations médicales nécessaires à l'accomplissement de cette mission. Les médecins de l'office accomplissent cette mission dans le respect des orientations générales fixées par le ministre chargé de la santé. Si le collège de médecins estime dans son avis que les conditions précitées sont réunies, l'autorité administrative ne peut refuser la délivrance du titre de séjour que par une décision spécialement motivée () " et aux termes de l'article R. 425-11 : " Pour l'application de l'article L. 425-9, le préfet délivre la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " au vu d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. L'avis est émis dans les conditions fixées par arrêté du ministre chargé de l'immigration et du ministre chargé de la santé au vu, d'une part, d'un rapport médical établi par un médecin de l'office et, d'autre part, des informations disponibles sur les possibilités de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays d'origine de l'intéressé. ".
3. Pour l'application des dispositions précitées, la partie qui justifie d'un avis du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) venant au soutien de ses dires doit être regardée comme apportant des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence ou l'absence d'un état de santé de nature à justifier la délivrance ou le refus d'un titre de séjour et dans ce cas, il appartient à l'autre partie, dans le respect des règles relatives au secret médical, de produire tous éléments permettant d'apprécier l'état de santé de l'étranger et, le cas échéant, la possibilité pour celui-ci de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays de renvoi. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si l'état de santé d'un étranger justifie la délivrance d'un titre de séjour dans les conditions ci-dessus rappelées, se détermine au vu de ces échanges contradictoires et, en cas de doute, il lui appartient de compléter ces échanges en ordonnant toute mesure d'instruction utile.
4. Pour refuser, sur le fondement des dispositions précitées du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le titre de séjour à M. A, le préfet de l'Hérault s'est fondé sur l'avis émis, le 8 novembre 2021, par le collège des médecins de l'OFII, selon lequel son état de santé ne nécessite pas une prise en charge médicale dont le défaut peut entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité, et que son état de santé lui permet de voyager sans risque vers son pays d'origine.
5. En premier lieu, il ressort de l'avis du collège des médecins de l'OFII que le moyen tiré du vice de procédure doit être écarté en tant qu'il manque en fait.
6. En deuxième lieu, l'attestation en date du 27 décembre 2021 du médecin psychiatre hospitalier, qui suit M. A, selon laquelle il présente un trouble de l'adaptation avec anxiété et idées noires, réactionnel à son exil et à la précarité de ses conditions de vie alors qu'il a dû fuir son pays craignant pour sa vie et qu'il accepte un traitement dont il dit ne pouvoir bénéficier dans son pays, ne permet pas de combattre utilement l'avis précité du collège des médecins de l'OFII. Par suite, le moyen tiré de l'erreur d'appréciation de sa situation médicale au regard des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.
7. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Lorsqu'elle envisage de refuser la demande d'admission exceptionnelle au séjour formée par un étranger qui justifie par tout moyen résider habituellement en France depuis plus de dix ans, l'autorité administrative est tenue de soumettre cette demande pour avis à la commission du titre de séjour prévue à l'article L. 432-14. ".
8. M. A, entré en France en 2016, à l'âge de 53 ans, qui s'est vu définitivement débouté en octobre 2018 de sa demande d'asile, s'est depuis lors irrégulièrement maintenu sur le territoire. Il ressort des pièces du dossier que l'intéressé n'établit ni d'un état de santé de nature à justifier la délivrance d'un titre de séjour, ni d'une insertion sociale ou familiale en France de nature à établir qu'en refusant, par la décision en litige l'admission, à titre exceptionnel, au séjour de M. A, le préfet de l'Hérault a commis une erreur manifeste d'appréciation.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
9. Aux termes de l'article L. 513-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " () Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ", aux termes desquelles " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou des traitements inhumains ou dégradants ".
10. Si M. A fait valoir que son orientation sexuelle est de nature à établir qu'il encourrait des risques actuels et certains en cas de retour au Libéria, pays dont il a la nationalité et où il a vécu jusqu'à l'âge de 53 ans, il ne l'établit pas, alors qu'au surplus, il n'a pas présenté une nouvelle d'admission à l'asile sur ce fondement, qu'il n'avait pas fait valoir initialement en 2016 devant l'OFPRA et la CNDA. Par suite, les moyens tirés de l'erreur de droit et de l'erreur d'appréciation et de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, dont serait entachée la décision fixant le pays de destination, doivent être écartés.
11. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de M. A tendant à l'annulation de l'arrêté du préfet de l'Hérault doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles tendant à l'application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1 : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. C A, au préfet de l'Hérault et à Me Moulin.
Délibéré après l'audience du 30 juin 2022, à laquelle siégeaient :
M. Souteyrand, président,
M. Rousseau, premier conseiller,
M. Huchot, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 juillet 2022.
Le président-rapporteur,
E. Souteyrand
L'assesseur le plus ancien,
M. B La greffière,
M-A. Barthélémy
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne, ou à tous huissiers de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier le 13 juillet 2022.
La greffière,
M-A. Barthélémy
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026