mercredi 13 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2202602 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | BAUTES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 19 mai 2022, M. B A, représenté par Me Bautes, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 22 février 2022 par lequel le préfet de l'Hérault lui a retiré son titre de séjour portant la mention " travailleur saisonnier ", a refusé de lui délivrer un titre de séjour, par changement de statut, et l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de 30 jours ;
2°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer un titre de séjour temporaire ou, à minima, de réexaminer sa situation dans un délai de 15 jours suivant la notification du jugement, si besoin sous astreinte ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 800 euros à verser à son conseil en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ce règlement emportant renonciation à l'indemnité versée au titre de l'aide juridictionnelle.
Il soutient que :
- la décision portant refus de titre de séjour :
. est insuffisamment motivée, à défaut de mentionner sa demande de changement de statut en qualité de " salarié ", ainsi que la présence en France de ses pères et mère, ainsi que de sa sœur, tous en situation régulière ;
. alors qu'il dispose d'un projet de contrat de travail en CDI, en se bornant à lui opposer l'absence de visa de long séjour, le préfet a méconnu les dispositions de l'article 3 de l'accord franco-marocain ;
. eu égard au fait qu'il a travaillé de mars à octobre 2021 comme ouvrier agricole, le préfet a commis une erreur manifeste d'appréciation dans l'appréciation de son admission au séjour, à titre exceptionnel, sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
. la présence en France de ses pères et mère, ainsi que de sa sœur, tous en situation régulière, permet de justifier qu'il y a établi sa vie privée et familiale, le préfet a ainsi méconnu l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français :
. est illégale par voie d'exception d'illégalité de la décision lui refusant le titre de séjour ;
. méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 20 juin 2022, le préfet de l'Hérault, conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
M. A été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 22 avril 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et son décret d'application n° 91-1266 du 19 décembre 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Souteyrand, président-rapporteur,
- et les observations de Me Misslin pour le requérant.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, ressortissant marocain né le 1er janvier 1993, qui est entré régulièrement en France le 29 juillet 2020, muni d'un visa " travailleur saisonnier " valable jusqu'au 19 octobre 2020, et a obtenu le 4 novembre 2020 du préfet du Vaucluse un titre de séjour pluriannuel portant la mention " travailleur saisonnier " valable jusqu'au 14 août 2023, conteste l'arrêté du 22 février 2022 du préfet de l'Hérault en tant qu'il a refusé de lui délivrer un titre portant la mention " salarié " et lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de 30 jours à compter de la notification de l'arrêté et a fixé le pays de destination.
Sur les conclusions d'annulation :
En ce qui concerne le refus de séjour :
2. En premier lieu, la décision par laquelle le préfet de l'Hérault a retiré le titre de séjour délivré le 4 novembre 2020 à M. A, et rejeté sa demande d'admission au séjour en tant que " salarié ", comporte les circonstances de fait et les motifs de droit sur lesquels elle se fonde. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article 3 de l'accord franco-marocain : " Les ressortissants marocains désireux d'exercer une activité professionnelle salariée en France, pour une durée d'un an au minimum, et qui ne relèvent pas des dispositions de l'article 1er du présent Accord, reçoivent, après le contrôle médical d'usage et sur présentation d'un contrat de travail visé par les autorités compétentes, un titre de séjour valable un an renouvelable et portant la mention " salarié " éventuellement assortie de restrictions géographiques ou professionnelles. Après trois ans de séjour continu en France, les ressortissants marocains visés à l'alinéa précédent pourront obtenir un titre de séjour de dix ans. Il est statué sur leur demande en tenant compte des conditions d'exercice de leurs activités professionnelles et de leurs moyens d'existence. Les dispositions du deuxième alinéa de l'article 1er sont applicables pour le renouvellement du titre de séjour après dix ans. ". M. A n'étant pas détenteur d'un visa de long séjour ne peut utilement se prévaloir des stipulations précitées à l'appui de ses conclusions dirigées contre le refus de lui délivrer un titre de séjour portant la mention salarié.
4. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Lorsqu'elle envisage de refuser la demande d'admission exceptionnelle au séjour formée par un étranger qui justifie par tout moyen résider habituellement en France depuis plus de dix ans, l'autorité administrative est tenue de soumettre cette demande pour avis à la commission du titre de séjour prévue à l'article L. 432-14. ".
5. Il est constant que M. A, qui n'est entré régulièrement qu'en juillet 2020 en France, muni d'un visa " travailleur saisonnier " valable jusqu'au 19 octobre 2020, a obtenu le 4 novembre 2020 du préfet du Vaucluse un titre de séjour pluriannuel portant la mention " travailleur saisonnier " valable jusqu'au 14 août 2023, justifie avoir travaillé huit mois en cette qualité. Et, l'intéressé se prévaut en outre de la présence de son père, sa mère et sa sœur, tous en situation régulière en France. Toutefois, ces seules circonstances ne permettent pas d'établir qu'en refusant, par la décision du 1er mars 2022 en litige l'admission, à titre exceptionnel, au séjour de M. A, le préfet de l'Hérault a commis une erreur manifeste d'appréciation.
6. En dernier lieu, aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales :
" 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
7. Ainsi qu'il l'a été dit au point 5, l'entrée en juillet 2020 en France de M. A est récente à la date de la décision lui refusant l'admission au séjour dont il demande l'annulation. En outre, l'intéressé ne conteste pas le retrait du titre de séjour, portant la mention " travailleur saisonnier " valable jusqu'au 14 août 2023, qui lui a été délivré le 4 novembre 2020 par le préfet du Vaucluse. S'il se prévaut d'une promesse d'embauche en qualité de salarié et de la présence de son père, sa mère et sa sœur, tous en situation régulière en France, il est célibataire, sans charge de famille et n'est pas dépourvu de tout lien familial au Maroc où, lui-même, a vécu jusqu'à l'âge de 27 ans. Ainsi, compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce, la décision contestée, qui ne porte pas au droit de l'intéressé au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée par rapport aux buts qu'elle vise, ne méconnaît pas les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
8. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que M. A n'établissant pas que la décision de refus de titre de séjour est illégale, l'illégalité de cette décision, soulevée, par la voie de l'exception, à l'appui des conclusions dirigées contre la décision portant obligation de quitter le territoire français, doit ainsi être écartée.
9. En second lieu, compte tenu de ce qui a été dit au point 7, en obligeant M. A à quitter le territoire français, le préfet de l'Hérault n'a pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
10. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation de la requête doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
11. Le présent jugement n'impliquant aucune mesure d'exécution, les conclusions du requérant à fin d'injonction doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
12. Les dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, comme les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante, quelque somme que ce soit au titre des frais liés au litige.
D E C I D E :
Article 1 : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. B A, au préfet de l'Hérault et à Me Bautes.
Délibéré après l'audience du 30 juin 2022, à laquelle siégeaient :
M. Souteyrand, président,
M. Rousseau, premier conseiller,
M. Huchot, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 juillet 2022.
Le président-rapporteur,
E. Souteyrand
L'assesseur le plus ancien,
M. C La greffière,
M-A. Barthélémy
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne, ou à tous huissiers de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier le 13 juillet 2022.
La greffière,
M-A. Barthélémy
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026