lundi 18 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2202756 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | PANFILI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 26 mai 2022, Mme B C, représentée par Me Panfili, demande au tribunal :
1°) d'annuler, pour excès de pouvoir, la décision du 20 avril 2022 par laquelle le directeur des ressources humaines et des affaires médicales des Hôpitaux du Bassin de Thau reconnaît l'imputabilité au service de l'accident survenu le 17 février 2020, en tant qu'il ne reconnait pas l'imputabilité à cet accident des soins et arrêt de travail pour la période du 17 mars 2020 au 15 juin 2020 ;
2°) d'enjoindre aux Hôpitaux du Bassin de Thau de la placer rétroactivement en arrêt de travail imputable au service du 17 mars au 15 juin 2020, de régulariser son traitement et primes de service pour les 90 jours compris entre ces dates et de prendre en charge les dépenses de soins ;
3°) de condamner les Hôpitaux du Bassin de Thau à lui verser une indemnité de 1 500 euros, en réparation des préjudices moral et économique résultant de l'illégalité fautive ;
4°) de mettre à la charge des Hôpitaux du Bassin de Thau une somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision est insuffisamment motivée, en ce qu'elle n'évoque pas l'expertise du Dr A du 16 février 2021 ;
- la décision est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur d'appréciation de sa situation ;
- l'illégalité fautive est à l'origine d'un préjudice évalué à 1 500 euros.
Par un mémoire en défense, enregistré le 12 septembre 2022, les Hôpitaux du Bassin de Thau, représentés par la SCP Vinsonneau-Paliès Noy Gauer et Associés, concluent au rejet de la requête.
Ils soutiennent que :
Sur la demande d'annulation de la décision du 20 avril 2022 :
- les moyens soulevés par Mme C ne sont pas fondés ;
Sur les conclusions en indemnisation :
- à titre principal : les conclusions sont irrecevables, en l'absence de demande préalable ;
- à titre subsidiaire : sa responsabilité n'est pas engagée, en l'absence de faute et de préjudice établi.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code général de la fonction publique ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n°86-633 du 9 janvier 1986 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Pater, rapporteure ;
- les conclusions de Mme Villemejeanne, rapporteure publique ;
- et les observations de Me Constans représentant les Hôpitaux du Bassin de Thau.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C, née le 5 février 1964, aide-soignante principale exerçant à l'établissement d'hébergement pour personnes âgées (Ephad) de Marseillan, a été victime d'un accident le 17 février 2020 reconnu imputable au service par une décision du 20 avril 2022 du directeur des ressources humaines et des affaires médicales des Hôpitaux du Bassin de Thau dont dépend l'Ephad. Par la présente requête, Mme C demande au tribunal d'annuler ladite décision en tant qu'elle ne reconnait pas l'imputabilité à cet accident des soins et arrêt de travail pour la période du 17 mars 2020 au 15 juin 2020 et d'enjoindre à l'établissement d'en tirer les conséquences en termes de rémunération et de dépenses de soins. Elle demande également le versement d'une somme de 1 500 euros en réparation du préjudice résultant de cette illégalité fautive.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Les dispositions de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires ne sont donc entrées en vigueur, en tant qu'elles s'appliquent à la fonction publique hospitalière, qu'à la date d'entrée en vigueur, le 16 mai 2020, du décret du 13 mai 2020 relatif au congé pour invalidité temporaire imputable au service dans la fonction publique hospitalière, décret par lequel le pouvoir réglementaire a pris les dispositions réglementaires nécessaires pour cette fonction publique et dont l'intervention était, au demeurant, prévue, sous forme de décret en Conseil d'Etat, par le VI de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 résultant de l'article 10 de l'ordonnance du 19 janvier 2017. Il en résulte que les dispositions de l'article 41 de la loi du 9 janvier 1986 dans leur rédaction antérieure à celle résultant de l'ordonnance du 19 janvier 2017 sont demeurées applicables jusqu'à l'entrée en vigueur du décret du 13 mai 2020.
3. Dès lors que les droits des agents en matière d'accident de service et de maladie professionnelle sont réputés constitués à la date à laquelle l'accident est intervenu ou la maladie a été diagnostiquée, la situation de Mme C, dont les pathologies ont été diagnostiquées avant le 16 mai 2020 était exclusivement régie par les dispositions de l'article 41 de la loi du 9 janvier 1986 dans leur rédaction antérieure à celle résultant de l'ordonnance du 19 janvier 2017.
4. Aux termes de l'article 41 de la loi du 9 janvier 1986 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique hospitalière, dans sa rédaction applicable à l'espèce : " Le fonctionnaire en activité a droit : () 2° A des congés de maladie dont la durée totale peut atteindre un an pendant une période de douze mois consécutifs en cas de maladie dûment constatée mettant l'intéressé dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions. () / Toutefois, si la maladie provient de l'une des causes exceptionnelles prévues à l'article L. 27 du code des pensions civiles et militaires de retraite, à l'exception des blessures ou des maladies contractées ou aggravées en service, le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement jusqu'à ce qu'il soit en état de reprendre son service ou jusqu'à sa mise à la retraite. Il a droit, en outre, au remboursement des honoraires médicaux et des frais directement entraînés par la maladie ou l'accident. ".
5. En l'espèce, l'accident du 17 février 2020 survenu à l'occasion d'un transfert de patient a provoqué un blocage douloureux aigu lombaire s'accompagnant d'une irradiation au membre inférieur droit. Le certificat médical initial fait état d'une " sciatique droite ". Mme C a été en arrêt de travail jusqu'au 15 juin 2020, date à laquelle elle a été déclarée apte à reprendre le service par le médecin du travail. La commission de réforme dans sa séance du 29 mars 2022 a rendu un avis favorable à la reconnaissance de l'imputabilité au service des arrêt de travail et soins jusqu'au 15 juin 2020. Par la décision attaquée, l'administration, reprenant les termes d'une expertise faite à sa demande par le Dr D, médecin agréé, retient pour date de consolidation le 17 mars 2020 et l'absence d'imputabilité des arrêts de travail et soins postérieurs à cette date.
6. Il ressort des pièces du dossier, en particulier d'un rapport d'expertise du 16 février 2021 du Dr A, rhumatologue, diligenté à la demande de Mme C, que si un scanner pratiqué le 14 mai 2020 a révélé des discopathies étagées démontrant un état dégénératif préexistant, les douleurs qui ont suivi l'accident avec lombalgie jusqu'à la date du 15 juin 2020 nécessitant des arrêts de travail et soins, sont en lien direct avec l'accident et que celui-ci doit être considéré guéri à la date du 15 juin 2020. En défense, l'établissement Hôpitaux du bassin de Thau se borne à faire valoir que cette expertise est non contradictoire et éloignée d'un an de l'accident. Toutefois, d'une part, ces deux caractéristiques ne sont pas à elles seules de nature à retirer toute crédibilité aux conclusions de l'expertise. D'autre part, la décision attaquée n'est justifiée que par l'expertise du médecin agrée, le Dr D, elle-même réalisée dix mois après l'accident, dont les conclusions produites au dossier ne sont aucunement étayées sur le choix de la date du 17 mars 2020 et la nature non imputable de l'arrêt de travail et des soins poursuivis jusqu'au 15 juin 2010. Dans ces conditions, en retenant pour date de consolidation le 17 mars 2020 et l'absence d'imputabilité au service des arrêts et soins postérieurs jusqu'au 15 juin 2020, l'établissement Hôpitaux du bassin de Thau a entaché la décision du 20 avril 2022 d'une erreur d'appréciation.
7. Par suite, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens, la décision du 20 avril 2022 doit être annulée.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
8. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. / () ".
9. Eu égard au motif d'annulation retenu, l'exécution du présent jugement implique que le directeur des Hôpitaux du bassin de Thau reconnaisse l'imputabilité au service des arrêts de travail, des honoraires médicaux et des frais directement entraînés par l'accident compris entre le 17 mars et le 15 juin 2020. Elle implique également la régularisation de la situation administrative et financière de Mme C dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement.
Sur les conclusions indemnitaires :
10. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle. ".
11. Si Mme C sollicite la condamnation des Hôpitaux du bassin de Thau à lui verser la somme de 1 500 euros au titre des préjudices économique et moral subi, sa demande, présentée directement devant le tribunal, n'est pas recevable, à défaut de demande préalable auprès de l'administration liant le contentieux. Les conclusions indemnitaires présentées par Mme C devront donc être rejetées pour être irrecevables.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
12. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge des Hôpitaux du Bassin de Thau une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par Mme C et non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1er : La décision du 20 avril 2022 du directeur des ressources humaines et des affaires médicales des Hôpitaux du Bassin de Thau est annulée, en tant qu'elle ne reconnait pas imputable au service les arrêts de travail et soins du 17 mars au 15 juin 2020 à l'accident de service du 17 février 2020.
Article 2 : Il est enjoint au directeur des Hôpitaux du Bassin de Thau de reconnaitre l'imputabilité au service des arrêts de travail, honoraires médicaux et frais directement entraînés par l'accident du 17 février 2020, durant la période comprise entre le 17 mars et le 15 juin 2020 et de régulariser la situation administrative de Mme C.
Article 3 : Les Hôpitaux du Bassin de Thau verseront à Mme C une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C et aux Hôpitaux du Bassin de Thau.
Délibéré après l'audience publique du 4 mars 2024, à laquelle siégeaient :
M. Rabaté, président,
Mme Pater, première conseillère,
Mme Viallet, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 mars 2024.
La rapporteure,
B. Pater
Le président,
V. Rabaté
Le greffier,
F. Balicki
La République mande et ordonne au ministre délégué chargé de la santé et de la prévention, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier le 19 mars 2024.
Le greffier,
F. Balicki
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N° 1901371
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N° 1901371
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026