mardi 6 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2202793 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Vice-Président ENCONTRE |
| Avocat requérant | RUFFEL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 30 mai 2022, M. B A, représenté par Me Ruffel, demande au tribunal :
1°) d'annuler les décisions du 7 octobre 2021 et du 7 janvier 2022 par lesquelles le président du conseil départemental de l'Hérault a refusé de renouveler son contrat jeune majeur ;
2°) d'enjoindre au président du conseil départemental de l'Hérault de poursuivre sa prise en charge dans le cadre d'un contrat jeune majeur et, subsidiairement, de procéder au réexamen de sa demande ;
3) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros au titre des dispositions des articles 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- il appartient à l'administration de justifier de la compétence du signataire des décisions attaquées ;
- ces décisions méconnaissent les dispositions de l'article L. 111-2 du code de l'action sociale et des familles ;
- elles sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 22 septembre 2022, le département de l'Hérault conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens invoqués ne sont pas fondés.
Par une décision du 30 mars 2022, M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Une note en délibéré a été présentée le 23 mai 2023 pour M. A.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Encontre, vice-présidente, pour statuer sur les litiges visés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le rapporteur public a été dispensé, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Encontre,
- les observations de Me Barbaroux, représentant M. A.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, ressortissant sénégalais, né le 6 septembre 2002, est entré en France en mars 2018. Par ordonnance de placement provisoire du procureur de la République près le tribunal de grande instance de Nice du 30 mars 2018, il a été confié à l'aide sociale à l'enfance de l'Hérault. Un jugement en assistance éducative du 25 avril 2018 du juge des enfants près la cour d'appel de Montpellier a confirmé son placement à l'aide sociale à l'enfance durant sa minorité et jusqu'au 6 septembre 2020, date de sa majorité. Par la suite, M. A a bénéficié de deux contrats d'accueil provisoire jeune majeur du 6 septembre 2020 au 5 septembre 2021, puis du 6 septembre au 5 octobre 2021. Le 7 octobre 2021, le département de l'Hérault a informé M. A que son contrat jeune majeur ne serait pas renouvelé et que sa prise en charge prenait fin le 5 octobre 2021, décision confirmée le 7 janvier 2022 à la suite du recours administratif préalable obligatoire formé par l'intéressé le 6 décembre 2021. Par la présente requête, M. A doit être regardé comme demandant l'annulation de la décision du 7 janvier 2022 qui, compte tenu du caractère obligatoire du recours qu'il a exercé contre la décision du 7 octobre 2021, s'est substituée à cette dernière.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 221-1 du code de l'action sociale et des familles : " Le service de l'aide sociale à l'enfance est un service non personnalisé du département chargé des missions suivantes : / 1° Apporter un soutien matériel, éducatif et psychologique tant aux mineurs et à leur famille ou à tout détenteur de l'autorité parentale, confrontés à des difficultés risquant de mettre en danger la santé, la sécurité, la moralité de ces mineurs ou de compromettre gravement leur éducation ou leur développement physique, affectif, intellectuel et social, qu'aux mineurs émancipés et majeurs de moins de vingt et un ans confrontés à des difficultés familiales, sociales et éducatives susceptibles de compromettre gravement leur équilibre () ". Aux termes de l'article L. 222-5 du même code, dans sa rédaction issue de la loi n° 2022-140 du 7 février 2022 relative à la protection des enfants, sont pris en charge par le service de l'aide sociale à l'enfance sur décision du président du conseil départemental : " () : 5° Les majeurs âgés de moins de vingt et un ans et les mineurs émancipés qui ne bénéficient pas de ressources ou d'un soutien familial suffisants, lorsqu'ils ont été confiés à l'aide sociale à l'enfance avant leur majorité, y compris lorsqu'ils ne bénéficient plus d'aucune prise en charge par l'aide sociale à l'enfance au moment de la décision mentionnée au premier alinéa du présent article ".
3. D'une part, il résulte des dispositions précitées de l'article L. 222-5 du code de l'action sociale et des familles que, depuis l'entrée en vigueur du I de l'article 10 de la loi du 7 février 2022 relative à la protection des enfants, qui a modifié cet article sur ce point, les jeunes majeurs de moins de vingt-et-un ans ayant été pris en charge par le service de l'aide sociale à l'enfance d'un département avant leur majorité bénéficient d'un droit à une nouvelle prise en charge par ce service, lorsqu'ils ne disposent pas de ressources ou d'un soutien familial suffisants.
4. D'autre part, lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant une prise en charge par le service de l'aide sociale à l'enfance, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner la situation de l'intéressé, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction. Au vu de ces éléments, il lui appartient d'annuler, s'il y a lieu, cette décision en accueillant lui-même la demande de l'intéressé s'il apparaît, à la date à laquelle il statue, qu'un défaut de prise en charge conduirait à une méconnaissance des dispositions du code de l'action sociale et des familles relatives à la protection de l'enfance et en renvoyant l'intéressé devant l'administration afin qu'elle précise les modalités de cette prise en charge sur la base des motifs de son jugement.
5. En l'espèce, il résulte de l'instruction que M. A, né le 6 septembre 2002 et arrivé en France en mars 2018, a été confié, par décision du juge des enfants du 25 avril 2018, à l'aide sociale à l'enfance du département de l'Hérault jusqu'à sa majorité. Le département de l'Hérault qui, ainsi qu'il a été dit, a pris en charge M. A au titre de l'aide sociale à l'enfance jusqu'à sa majorité est, dès lors qu'il n'est pas sérieusement contesté que le requérant ne bénéficie d'aucun soutien familial ni d'aucune ressource ni d'aucune solution d'hébergement stable, légalement tenu de poursuivre cette prise en charge. Si le département fait valoir que M. A fait l'objet d'une enquête sur son identité, diligentée par le procureur de la République, qui est toujours en cours, et qu'il dispose déjà du certificat d'aptitude professionnelle réparation de carrosserie, ainsi que d'une mention complémentaire en peinture en carrosserie, de telles considérations, qui pouvaient être prises en compte dans le cadre du large pouvoir d'appréciation dont disposait auparavant le président du conseil départemental pour accorder ou maintenir la prise en charge d'un jeune majeur, ne sauraient, pour l'application des dispositions du 5° de l'article L. 222-5 du code de l'action sociale et des familles issues de la loi du 7 février 2022, justifier la décision refusant sa prise en charge par l'aide sociale à l'enfance. Par suite, à la date du présent jugement, M. A, est fondé à soutenir que la décision par laquelle le président du conseil départemental de l'Hérault a refusé de le prendre en charge en qualité de jeune majeur méconnaît les dispositions précitées du 5° de l'article L. 222-5 du code de l'action sociale et des familles.
6. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens de la requête, que M. A est fondé à demander l'annulation de la décision lui refusant une prise en charge en qualité de jeune majeur.
Sur les conclusions à fin d'injonction sous astreinte :
7. Eu égard à ses motifs, l'exécution du présent jugement implique nécessairement que M. A soit pris en charge en qualité de jeune majeur jusqu'à ce qu'il atteigne l'âge de vingt-et-un ans. Il y a lieu, dès lors, d'enjoindre au département de l'Hérault de prendre en charge M. A en qualité de jeune majeur et de lui proposer un contrat adapté à sa situation, dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement, sans qu'il soit nécessaire d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
8. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions de la requête présentées au titre des articles 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 7 janvier 2022 par laquelle le président du conseil départemental de l'Hérault a refusé de renouveler le contrat jeune majeur de M. A est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au département de l'Hérault de prendre en charge M. A en qualité de jeune majeur jusqu'à l'âge de 21 ans et de lui proposer un contrat adapté à sa situation, dans un délai deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, au département de l'Hérault et à Me Ruffel.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 juin 2023.
La magistrate désignée,
S. Encontre La greffière,
L. Rocher
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 6 juin 2023,
La greffière,
L. Rocher lr
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026