lundi 18 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2202894 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | OUDDIZ-NAKACHE |
Vu la procédure suivante :
Par un jugement n° 2202724 du 8 juin 2022, le magistrat désigné du tribunal a renvoyé à une formation collégiale du tribunal les conclusions de la requête de M. A B tendant, d'une part, à l'annulation de la décision du préfet de l'Aude du 24 mai 2022 portant refus de séjour et, d'autre part, les conclusions accessoires à fin d'injonction de délivrance d'un titre de séjour ou de réexamen de sa demande après avoir préalablement saisi pour avis la commission du titre de séjour et, dans l'attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler.
Par une requête, enregistrée le 25 mai 2022, M. B, représenté par Me Ouddiz-Nakache, demande au tribunal :
1°) d'annuler, pour excès de pouvoir, l'arrêté du préfet de l'Aude du 24 mai 2022 portant refus de séjour, assorti d'une obligation de quitter le territoire français sans délai ;
2°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ou, subsidiairement, de procéder au réexamen de sa situation et de le munir d'une autorisation provisoire de séjour dans l'attente de ce réexamen, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- les décisions portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français sont insuffisamment motivées ;
- le préfet n'a pas procédé à un examen réel et sérieux de sa situation personnelle et professionnelle ;
- le préfet a méconnu les stipulations de l'accord franco-algérien en refusant de lui délivrer un titre de séjour ;
- le refus de lui délivrer un titre de séjour porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale, en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et des dispositions du 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, reprises à l'article L. 423-23 actuellement en vigueur ;
- le refus de lui délivrer un titre de séjour est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile relatives à l'admission exceptionnelle au séjour, reprises à l'article L. 435-1 actuellement en vigueur ;
- l'obligation de quitter le territoire français porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale, en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le préfet a commis une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de l'obligation de quitter le territoire français sur sa situation personnelle.
Par un mémoire en défense, enregistré le 2 juin 2022, le préfet de l'Aude conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme C ;
- et les observations de Me Ouddiz-Nakache, représentant M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant marocain, né le 25 mars 1993, entré irrégulièrement sur le territoire français, en mai 2019 selon ses déclarations, a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français sans délai avec interdiction de retour d'une durée de deux ans, le 8 janvier 2020, et d'une obligation de quitter le territoire sans délai, le 13 mars 2021, dont la légalité a été confirmée par le magistrat désigné du tribunal, le 26 avril 2021. Puis, il a présenté une demande d'admission au séjour, en qualité de conjoint de français, qui a été rejetée par l'arrêté du préfet de l'Aude du 24 mai 2022 assorti d'une obligation de quitter le territoire français sans délai. M. B a saisi le tribunal d'une requête tendant à l'annulation de cet arrêté. Par jugement du 8 juin 2022, le magistrat désigné par le président du tribunal a rejeté les conclusions de M. B dirigées contre l'obligation de quitter le territoire français et renvoyé le surplus des conclusions à une formation collégiale. Il y a lieu en conséquence, par le présent jugement, de statuer sur les conclusions tendant à l'annulation du refus de titre de séjour, ainsi que sur celles aux fins d'injonction.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, l'arrêté attaqué vise les textes dont il fait application, notamment l'article L. 423-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers, mentionne les faits relatifs à la situation personnelle et administrative de M. B et indique avec précision les raisons pour lesquelles le préfet de l'Aude a refusé de lui délivrer un titre de séjour en qualité de conjoint de français. Ces éléments ont permis au requérant de contester utilement cette décision. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation du refus de titre de séjour manque en fait et doit, pour ce motif, être écarté. En outre, il ressort de cette motivation que le préfet de l'Aude s'est bien livré à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l'intéressé, qui sollicitait le renouvellement de son titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " en qualité de conjoint de français.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 423-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, entré régulièrement et marié en France avec un ressortissant français avec lequel il justifie d'une vie commune et effective de six mois en France, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable ".
4. Pour refuser de faire droit à la demande de délivrance d'un titre de séjour présentée par M. B en sa qualité de conjoint d'une ressortissante française, le préfet de l'Aude s'est fondé sur le motif tiré de l'irrégularité de son entrée sur le territoire français, circonstance qui n'est pas utilement critiquée par le requérant.
5. En troisième lieu, lorsqu'il est saisi d'une demande de délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de l'une des dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet n'est pas tenu, en l'absence de dispositions expresses en ce sens, d'examiner d'office si l'intéressé peut prétendre à une autorisation de séjour sur le fondement d'une autre disposition de ce code, même s'il lui est toujours loisible de le faire à titre gracieux, notamment en vue de régulariser la situation de l'intéressé. Lorsque le préfet recherche d'office si l'étranger peut bénéficier d'un titre de séjour sur un ou plusieurs autres fondements possibles, l'intéressé peut alors se prévaloir à l'encontre de la décision de rejet de sa demande de titre de séjour de la méconnaissance des dispositions au regard desquelles le préfet a également fait porter son examen.
6. M. B, qui n'établit pas avoir présenté une demande sur un autre fondement que l'article L. 423-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ne peut utilement invoquer les dispositions relatives à l'admission exceptionnelle au séjour prévue par l'article L. 435-1 de ce code, dès lors que le préfet de l'Aude n'était pas tenu d'examiner d'office une possibilité de régularisation à ce titre.
7. En quatrième lieu, compte tenu de sa nationalité, il ne peut utilement invoquer les stipulations de l'accord franco-algérien. En admettant qu'il ait entendu invoquer les stipulations de l'accord franco-marocain relatives à un titre de séjour en qualité de salarié, elles ne constituent nullement le fondement de la demande et ne peuvent davantage être utilement invoquées.
8. En dernier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale ". Pour l'application de ces stipulations, l'étranger, qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France, doit apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine.
9. Si M. B est entré irrégulièrement en France, en mai 2019 selon ses déclarations, après avoir vécu jusqu'à l'âge de 26 ans au Maroc. Il s'est maintenu irrégulièrement sur le territoire français en dépit des arrêtés préfectoraux des 8 janvier 2020 et 13 mars 2021 prononçant à son encontre une obligation de quitter le territoire français assortie d'une interdiction de retour. Il ne ressort pas des pièces du dossier que la fermeture des frontières, notamment aériennes, avec le Maroc, aurait rendu impossible l'exécution de ces mesures d'éloignement. Son mariage avec une ressortissante française, célébré le 5 mars 2022, comme le début de sa relation avec cette dernière en juillet 2021, sont très récents à la date de l'arrêté contesté. Dans ces conditions, compte tenu notamment de la durée et des conditions de son séjour en France, le refus de titre de séjour n'a pas porté au droit de M. B au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts poursuivis, la seule détention d'une promesse d'embauche, établie le 15 mars 2022, en qualité d'ouvrier, ne saurait établir la méconnaissance des stipulations ainsi invoquées. Pour les mêmes motifs, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit être écarté.
10. Il résulte de ce qui précède que les conclusions présentées par M. B tendant à l'annulation du refus de titre de séjour en litige doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction sous astreinte :
11. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation, n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions tendant à la délivrance du titre de séjour sollicité, ou au réexamen de la situation du requérant doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
12. Les dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, comme celles de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, une quelconque somme au bénéfice de M. B au titre des frais liés au litige.
DECIDE :
Article 1er : Les conclusions sur lesquelles il n'a pas été expressément statué par le jugement n° 202724 du 8 juin 2022 sont rejetées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet de l'Aude.
Délibéré à l'issue de l'audience du le 4 juillet 2022, à laquelle siégeaient :
M. Besle, président,
M. Verguet, premier conseiller,
Mme Teuly-Desportes, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 juillet 2022.
La rapporteure,
D. C
Le greffier,
F. Balicki
Le président,
D. Besle
La République mande et ordonne au préfet de l'Aude en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme
Montpellier, le 19 juillet 2022.
Le greffier,
F. Balicki
N°2202894fb
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026