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AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2202914

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2202914

mardi 14 mars 2023

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2202914
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation6ème Chambre
Avocat requérantMARGALL, D'ALBENAS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 8 juin 2022, des pièces et un mémoire en réplique enregistrés les 23 juin et 27 octobre 2022, M. et Mme A, représentés par la SCP Bouyssou et Associés, demandent au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté n° PC 011 136 21 3 0010 du 22 avril 2022 par lequel le maire de Fanjeaux a délivré à la commune un permis de construire valant autorisation de travaux ;

2°) de condamner la commune de Fanjeaux à leur verser la somme de 2 500 euros au titre l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- ils ont intérêt à agir dès lors qu'ils sont propriétaires d'une maison d'habitation dans laquelle ils résident, située à proximité immédiate du projet, et que le changement de destination du bâtiment implanté devant la façade de leur maison en commerce va nécessairement affecter les conditions d'occupation, d'utilisation et de jouissance de leur bien ;

- le dossier de demande de permis de construire est incomplet au regard des dispositions de l'article R. 431-4 du code de l'urbanisme en ce qu'il ne précise pas la destination future du local existant, qu'il ne comporte pas de plan des façades, de plan de la modification de la toiture et de plan en coupe de la construction et que le plan de masse ne mentionne pas les réseaux et les modalités de raccordement du projet ; la seule mention sur le plan de masse " raccordement aux réseau AEP, EU/EV, ELEC, TELECOM " ne permet ni de savoir si le local est déjà raccordé ou s'il s'agit de raccordements futurs ni où ces raccordements sont censés être réalisés ; le local n'était pas raccordé au réseau électrique à la date à laquelle le permis de construire a été sollicité et accordé ;

- les prescriptions relatives à la conformité d'un établissement recevant du public et aux règlementations relatives à l'accessibilité et à la sécurité de tels établissements ne sont assorties d'aucune motivation ;

- le maire n'a pas été habilité par le conseil municipal pour déposer la demande de permis de construire ;

- le dossier est incomplet en tant qu'il porte sur une autorisation de travaux puisque les aménagements nécessaires à l'accessibilité des personnes à mobilité réduite n'y sont pas mentionnés, que le type de l'activité qui sera exercée dans le local n'est pas renseigné et que l'effectif public déclaré ne correspond pas à l'activité de restauration sur place et à emporter, de type N, qui est envisagée ;

- le permis de construire accordé ne respecte pas les dispositions de l'article UB1 du plan local d'urbanisme (PLU) en ce que l'arrêté ne précise pas la destination future autorisée pour le bâtiment considéré ;

- il ne respecte pas les dispositions de l'article UB6 du PLU dès lors que l'accès des personnes à mobilité réduite au projet est conditionné à la réalisation d'un équipement public qui n'est pas programmé ;

- il ne respecte pas les dispositions de l'article UB7 du PLU relatives à la desserte par les réseaux d'eau potable, d'électricité, de téléphone et d'eaux usées ;

- il ne respecte pas les dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme en termes de sécurité dès lors que le projet sera de nature à entraîner un surcroît de circulation et des besoins de stationnement de proximité accrus, ainsi qu'un nombre important d'arrêts de courte durée impliquant de nombreuses rotations de véhicules, voire des arrêts sur la voie publique qui est une route départementale supportant un trafic significatif ;

- le permis de construire est illégal en tant qu'il vaut autorisation de travaux, en raison du non-respect des obligations en termes d'accessibilité du local.

Par un mémoire en défense enregistré le 27 septembre 2022, la commune de Fanjeaux, représentée par Me D'Albenas, conclut au rejet de la requête et demande que la somme de 2 500 euros soit mise à la charge des requérants au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que les moyens invoqués par les requérants ne sont pas fondés.

Par un courrier du 17 janvier 2023, le tribunal a, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, informé les parties qu'il était susceptible de surseoir à statuer sur le fondement de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme.

Des observations ont été présentées par Me Izembard, pour M. et Mme A, le 7 février 2023 en réponse à cette information.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code de la construction et de l'habitation ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Rousseau, premier conseiller,

- les conclusions de M. Lafay, rapporteur public,

- et les observations de Me Chatron, représentant la commune de Fanjeaux.

Considérant ce qui suit :

1. Par arrêté n° PC 011 136 21 3 0010 du 22 avril 2022, le maire de la commune de Fanjeaux a délivré, après avis de l'architecte des bâtiments de France et de la sous-commission départementale d'accessibilité, un permis de construire en vue du changement de destination d'un local de 17 m² appartenant à la commune, ayant servi en dernier lieu d'abri-bus, en vue de sa location pour un usage commercial, avec révision de la toiture et création d'une ouverture, situé sur la parcelle cadastrée section A n°85, sise route de Mirepoix, le local étant livré par le maître d'œuvre non aménagé et une autorisation devant être sollicitée par le futur exploitant avant l'ouverture au public en ce qui concerne l'aménagement intérieur de l'établissement recevant du public de 5ème catégorie, avec un public accueilli limité à 6 personnes. Par la présente requête, M. et Mme A, propriétaires d'une maison d'habitation située au voisinage immédiat du projet, sollicitent l'annulation de ce permis de construire.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Aux termes de l'article L. 2122-22 du code général des collectivités territoriales : " Le maire peut, en outre, par délégation du conseil municipal, être chargé, en tout ou partie, et pour la durée de son mandat : () 27° De procéder, dans les limites fixées par le conseil municipal, au dépôt des demandes d'autorisations d'urbanisme relatives à la démolition, à la transformation ou à l'édification des biens municipaux ; () ".

3. Lorsqu'un projet de construction est un projet qui émane de la municipalité elle-même, le conseil municipal doit être appelé à délibérer sur l'autorisation qui devra être donnée au maire pour déposer la demande de permis de construire au nom de la commune. En l'espèce, le maire de la commune de Fanjeaux a déposé une demande de permis de construire pour un projet de changement de destination du local situé sur la parcelle cadastrée section A n° 85, propriété de la commune, anciennement à usage de station-service puis d'abri-bus, en commerce, avec modification de la toiture et création d'une ouverture. Or, il ne ressort pas des pièces du dossier que le conseil municipal de Fanjeaux aurait autorisé le maire à déposer le permis de construire litigieux. Par suite, le moyen tiré de ce que le maire ne pouvait régulièrement déposer la demande de permis de construire en l'absence d'autorisation du conseil municipal doit être accueilli.

4. Aux termes de l'article L. 424-3 du code de l'urbanisme : " Lorsque la décision rejette la demande ou s'oppose à la déclaration préalable, elle doit être motivée. Cette motivation doit indiquer l'intégralité des motifs justifiant la décision de rejet ou d'opposition, notamment l'ensemble des absences de conformité des travaux aux dispositions législatives et réglementaires mentionnées à l'article L. 421-6. Il en est de même lorsqu'elle est assortie de prescriptions, oppose un sursis à statuer ou comporte une dérogation ou une adaptation mineure aux règles d'urbanisme applicables. La motivation n'est pas nécessaire lorsque la dérogation est accordée en application des 1° à 6° de l'article L. 152-6 ".

5. L'arrêté de permis de construire attaqué comporte une série de huit prescriptions dont la motivation résulte de leur contenu même.

6. Les dispositions de l'article UB7 du règlement du PLU de la commune de Fanjeaux relatives à la desserte par les réseaux disposent, s'agissant de l'eau potable, que " Tout projet qui requiert un usage en eau pour l'alimentation humaine ou animale doit être raccordé au réseau public de distribution et desservi par une conduite de caractéristiques suffisantes ", s'agissant de l'électricité et du téléphone, que" Dans les secteurs ou les réseaux sont enfouis, le raccordement devra être effectué en souterrain. Dans les secteurs ou le raccordement en souterrain au réseau public n'est pas possible, le raccordement en aérien sera possible. Dans ce cas, ils devront être installés de façon à être le plus possible intégré à l'architecture des bâtiments support ou le moins visible possible ", s'agissant de l'assainissement des eaux pluviales, pour les terrains d'une superficie inférieure à 1 hectare, que " Les aménagements réalisés doivent garantir l'écoulement sans stagnation des eaux pluviales vers un exutoire désigné par les services compétents, soit dans le réseau collecteur lorsqu'il existe, soit vers un exutoire naturel " et, s'agissant de l'assainissement des eaux usées, que " Le raccordement au réseau public d'assainissement est obligatoire lorsqu'il existe et qu'il est techniquement réalisable. A défaut, un dispositif d'assainissement autonome, conforme à la réglementation en vigueur, sera exigé ".

7. La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.

8. L'article R. 431-9 du code de l'urbanisme prévoit que " Le projet architectural comprend également un plan de masse des constructions à édifier ou à modifier coté dans les trois dimensions. Ce plan de masse fait apparaître les travaux extérieurs aux constructions, les plantations maintenues, supprimées ou créées et le cas échéant les constructions existantes dont le maintien est prévu. Il indique également le cas échéant les modalités selon lesquelles les bâtiments ou ouvrages seront raccordés aux réseaux publics ou, à défaut d'équipements publics, les équipements privés prévus, notamment pour l'alimentation en eau et l'assainissement. () ".

9. La demande de permis de construire a pour objet le changement d'affectation d'un local existant en local à louer. Il est précisé dans la notice que ce local a été successivement une station-service et un arrêt de bus. Si les requérants soutiennent que le dossier demande de permis de construire ne comporte pas de représentation des modalités de raccordement aux réseaux publics, il ressort des pièces du dossier que cette circonstance n'a pas été de nature à empêcher l'autorité administrative d'apprécier exactement la situation de la construction projetée dès lors que le terrain d'assiette se situe en zone U du PLU qui délimite les secteurs déjà urbanisés et les secteurs où les équipements publics existants ou en cours de réalisation ont une capacité suffisante pour desservir les constructions à implanter et que le secteur Ub dans lequel il s'insère correspond aux extensions anciennes de faubourgs de Fanjeaux, avec un habitat dense et est inclus dans le zonage d'assainissement collectif. Au demeurant, le plan de masse du projet autorisé mentionne les modalités de raccordement de la construction existante aux différents réseaux. En outre, le maire a émis un avis sur les équipements desservant le terrain d'assiette en précisant qu'il est desservi par une voirie publique suffisante, par les réseaux d'eau, d'assainissement, de gaz et d'électricité dans de bonnes conditions. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées doit être écarté.

10. Contrairement à ce que soutiennent les requérants, le dossier de demande de permis de construire renseigne au cadre 5.5 de l'imprimé Cerfa " destination des constructions et tableau des surfaces " une surface créée de 17 m² à destination de commerce. Le cadre 1.2.3 de la déclaration des éléments nécessaires au calcul des impositions pour les demandes de permis de construire mentionne la création d'un commerce de détail dont la surface de vente est inférieure à 400 m² ainsi qu'une surface créée de 17 m². Les requérants ne sont donc pas fondés à soutenir que le dossier de demande de permis de construire serait incomplet quant à l'indication de la construction.

11. Au vu de ce qui vient d'être dit au point qui précède, le projet autorisé est au nombre des constructions admises dans la zone UB dont l'article 1 relatif aux destinations et sous destinations admet notamment les constructions à usage de commerce et activité de service. Le moyen tiré de ce que l'arrêté attaqué ne précise pas la destination future autorisée pour le bâtiment considéré doit être écarté comme manquant en fait.

12. L'article R. 431-10 du code précité dispose que " Le projet architectural comprend également : a) Le plan des façades et des toitures ; lorsque le projet a pour effet de modifier les façades ou les toitures d'un bâtiment existant, ce plan fait apparaître l'état initial et l'état futur ; b] Un plan en coupe précisant l'implantation de la construction par rapport au profil du terrain ; lorsque les travaux ont pour effet de modifier le profil du terrain, ce plan fait apparaître l'état initial et l'état futur ; () ".

13. Les requérants reprochent au dossier de demande de permis de construire de ne comporter aucun plan des façades ni plan de toiture alors même que le projet engendre une modification de cette dernière. Le dossier comporte toutefois un plan de masse, un plan des façades, un ensemble de photographies de l'insertion du projet dans son environnement et un plan intérieur. Ces plans sont complétées par les indications contenues dans la notice sur l'état initial du terrain et de ses abords qui précisent que le bâtiment présente trois façades sur le domaine public et est accolé à un autre bâtiment sur sa quatrième façade, qu'il se compose d'une pièce unique en rez-de-chaussée et d'un comble non accessible, que la façade Est est percée au rez-de-chaussée d'une porte centrale et de deux fenêtres latérales, qu'il n'y a pas de menuiseries et que la façade Nord est percée d'un portail central. Si les requérants font valoir que le projet prévoit une modification de la toiture, la notice indique cependant que la toiture sera inchangée et qu'une simple révision sera effectuée.

14. L'article UB 6 du règlement du PLU dispose que : " 6.1 Règle générale. Tout projet doit être desservi par une voie publique ou privée : - correspondant au besoin des constructions ou des aménagements envisagés ; - adaptée à la circulation ou l'utilisation des engins de lutte contre l'incendie ; - accessible aux personnes à mobilité réduite. Lorsque le terrain est riverain de deux ou plusieurs voies publiques, l'accès sur celle des voies qui présenterait une gêne ou un risque pour la circulation peut être interdit. 6.2 Cas particuliers. Tout accès direct sur une route départementale sera interdit si le terrain à desservir peut avoir un accès sur une autre voie. Après consultation du Conseil Départemental, des aménagements nécessaires à la sécurité pourront être exigés en préalable à la délivrance d'une autorisation d'urbanisme. Il s'agit notamment des aménagements permettant de regrouper les accès ou de faciliter la visibilité. ". Si les requérants soutiennent que le projet autorisé ne respecte pas les dispositions précitées dès lors que l'accès des personnes à mobilité réduite au projet est conditionné à la réalisation d'un équipement public qui n'est pas programmé, un tel moyen ne peut qu'être écarté comme inopérant dès lors que l'accès à l'intérieur du bâtiment n'a pas vocation à être régi par ces dispositions mais par celles du code de la construction et de l'habitation.

15. Aux termes de l'article L. 111-7 du code de la construction et de l'habitation : " Les dispositions architecturales, les aménagements et équipements intérieurs et extérieurs des locaux d'habitation, qu'ils soient la propriété de personnes privées ou publiques, des établissements recevant du public, des installations ouvertes au public et des lieux de travail doivent être tels que ces locaux et installations soient accessibles à tous, et notamment aux personnes handicapées, quel que soit le type de handicap, notamment physique, sensoriel, cognitif, mental ou psychique, dans les cas et selon les conditions déterminés aux articles L. 111-7-1 à L. 111-7-11. Ces dispositions ne sont pas obligatoires pour les propriétaires construisant ou améliorant un logement pour leur propre usage ". Les articles L. 111-7-1, L. 111-7-2 et L. 111-7-3 du même code définissent les règles générales d'accessibilité applicables respectivement aux bâtiments ou parties de bâtiments nouveaux, aux bâtiments ou parties de bâtiments d'habitation existants et aux établissements recevant du public situés dans un cadre bâti existant. Aux termes de l'article L. 111-7-4 du même code : " Un décret en Conseil d'Etat définit les conditions dans lesquelles, à l'issue de l'achèvement des travaux prévus aux articles L. 111-7-1, L. 111-7-2 et L. 111-7-3 et soumis à permis de construire, le maître d'ouvrage doit fournir à l'autorité qui a délivré ce permis un document attestant de la prise en compte des règles concernant l'accessibilité. Cette attestation est établie par un contrôleur technique visé à l'article L. 111-23 ou par une personne physique ou morale satisfaisant à des critères de compétence et d'indépendance déterminés par ce même décret. Ces dispositions ne s'appliquent pas pour les propriétaires construisant ou améliorant leur logement pour leur propre usage ". Aux termes de l'article L. 111-8 du même code : " Les travaux qui conduisent à la création, l'aménagement ou la modification d'un établissement recevant du public ne peuvent être exécutés qu'après autorisation délivrée par l'autorité administrative qui vérifie leur conformité aux règles prévues aux articles L. 111-7, L. 123-1 et L. 123-2. Lorsque ces travaux sont soumis à permis de construire, celui-ci tient lieu de cette autorisation dès lors que sa délivrance a fait l'objet d'un accord de l'autorité administrative compétente mentionnée à l'alinéa précédent. Toutefois, lorsque l'aménagement intérieur d'un établissement recevant du public ou d'une partie de celui-ci n'est pas connu lors du dépôt d'une demande de permis de construire, le permis de construire indique qu'une autorisation complémentaire au titre de l'article L. 111-8 du code de la construction et de l'habitation devra être demandée et obtenue en ce qui concerne l'aménagement intérieur du bâtiment ou de la partie de bâtiment concernée avant son ouverture au public ".

16. Lorsque les travaux concernent un établissement recevant du public, la demande est accompagnée, en trois exemplaires, d'un dossier permettant de vérifier la conformité du projet avec les règles d'accessibilité aux personnes handicapées, comprenant les pièces mentionnées aux articles R. 111-19-18 et R. 111-19-19 du code de la construction et de l'habitation et un dossier permettant de vérifier la conformité du projet avec les règles de sécurité, comprenant les pièces mentionnées à l'article R. 123-22 du même code. L'imprimé Cerfa de demande de permis de construire répond à cette exigence dès lors, d'une part, qu'en application de l'article R. 431-30 a) du code de l'urbanisme est joint le dossier spécifique permettant de vérifier la conformité du projet avec les règles d'accessibilité aux personnes handicapées prévues aux articles R. 111-19-17 a) du code de la construction et de l'habitation, d'autre part, en vertu du b) de l'article R. 431-30, le dossier spécifique permettant de vérifier la conformité du projet avec les règles de sécurité prévues par l'article R. 111-19-17 b) du code de la construction et de l'habitation. Dans l'hypothèse où, comme en l'espèce, l'aménagement intérieur de locaux constitutifs d'un établissement recevant du public, qui nécessite une autorisation spécifique au titre de l'article L. 111-8 du code de la construction et de l'habitation, n'est pas connu lors du dépôt de la demande de permis de construire, l'autorité compétente, dont la décision ne saurait tenir lieu sur ce point de l'autorisation prévue par le code de la construction et de l'habitation, ne peut légalement délivrer le permis sans mentionner expressément l'obligation de demander et d'obtenir une autorisation complémentaire avant l'ouverture au public, et ce alors même que le contenu du dossier de demande de permis de construire témoignerait de la connaissance, par le pétitionnaire, de cette obligation. Le permis de construire en litige, pris au visa de l'arrêté du 8 décembre 2014 fixant les dispositions relatives à l'accessibilité aux personnes handicapées des établissements recevant du public situés dans un cadre bâti existant et des installations existantes ouvertes au public et de l'avis favorable de la sous-commission départementale d'accessibilité dans sa séance du 22 mars 2022, est assorti d'un certain nombre de prescriptions destinées à assurer la conformité du projet aux règles d'accessibilité des locaux aux personnes à mobilité réduite en prévoyant que les aménagements extérieurs sur le domaine public devront permettre la mise en place d'un accès pérenne à la porte d'entrée façade Nord sans ressaut, différence de niveaux et avec un pourcentage de pente réglementaire, que le pétitionnaire est tenu de respecter les obligations vis-à-vis des exigences règlementaires en matière d'accessibilité et d'autorisation d'urbanisme et engage sa responsabilité en cas de mauvaise application de la loi, que l'établissement devra être conforme aux dispositions de l'arrêté du 22 juin 1990 modifié portant approbation de dispositions complétant le règlement de sécurité contre les risques d'incendie et de panique dans les établissements recevant du public dont les principales dispositions sont reprises en annexe à l'arrêté, qu'à l'issue des travaux, le maître d'ouvrage devra informer le maire de Fanjeaux de l'achèvement des travaux et de l'ouverture au public de son établissement et devra faire établir, par un organisme de contrôle agréé une attestation constatant que les travaux réalisés respectent les règles d'accessibilité applicables. Dans ces conditions, le moyen tiré de ce que le permis de construire est illégal en tant qu'il vaut autorisation de travaux, en raison du non-respect des obligations en termes d'accessibilité du local doit être écarté.

17. Aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de Prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations. ".

18. Les requérants soutiennent que le projet autorisé ne respecte pas les dispositions précitées dès lors que le projet sera de nature à entraîner un surcroît de circulation et des besoins de stationnement de proximité accrus, ainsi qu'un nombre important d'arrêts de courte durée impliquant de nombreuses rotations de véhicules, voire des arrêts sur la voie publique qui est une route départementale comportant un trafic significatif. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que le projet, de faible dimension, classé en 5ème catégorie des établissements recevant du public et n'étant susceptible que d'accueillir six personnes, dispose dans le proche environnement de places de stationnement le long de la route départementale 119 et de deux parkings publics. Par suite, le moyen tiré de l'atteinte à la sécurité publique que présenterait le projet n'est pas fondé et doit être écarté.

19. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que le seul moyen fondé est tiré de l'incompétence du maire pour déposer la demande de permis de construire, en l'absence de délibération du conseil municipal l'habilitant à présenter une telle demande.

Sur les conséquences de l'illégalité relevée :

20. Aux termes de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme : " () le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager ou contre une décision de non-opposition à déclaration préalable estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice entraînant l'illégalité de cet acte est susceptible d'être régularisé, sursoit à statuer, après avoir invité les parties à présenter leurs observations, jusqu'à l'expiration du délai qu'il fixe pour cette régularisation, même après l'achèvement des travaux. Si une mesure de régularisation est notifiée dans ce délai au juge, celui-ci statue après avoir invité les parties à présenter leurs observations. Le refus par le juge de faire droit à une demande de sursis à statuer est motivé. ".

21. Le seul vice retenu par le présent jugement au point 3 est susceptible d'être régularisé par l'intervention d'une délibération du conseil municipal autorisant le maire à présenter la demande de permis de construire. Par suite, il y a lieu de surseoir à statuer sur la présente requête pendant un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, jusqu'à ce que la commune de Fanjeaux ait transmis au tribunal la délibération susmentionnée, autorisant le maire à présenter la demande de permis de construire.

D E C I D E

Article 1er : Il est sursis à statuer sur la requête de M. et Mme A pendant un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement pour permettre la transmission au Tribunal d'une délibération du conseil municipal de Fanjeaux autorisant le maire à présenter la demande de permis de construire.

Article 2 : Tous droits et moyens des parties, sur lesquels il n'a pas été statué par le présent jugement, sont réservés jusqu'à la fin de l'instance.

Article 3 : La présente décision sera notifiée à M. et Mme A et à la commune de Fanjeaux.

Délibéré après l'audience du 21 février 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Encontre, présidente,

Mme Teuly-Desportes, première conseillère,

M. Rousseau, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 mars 2023.

Le rapporteur,

M. B

La présidente,

S. ENCONTRE La greffière,

C. ARCE

La République mande et ordonne au préfet de l'Aude en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Montpellier, le 14 mars 2023

La greffière,

C. ARCE

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