jeudi 22 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2202946 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | RUFFEL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 10 juin 2022 M. B A, représenté par Me Ruffel, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 4 janvier 2022 par lequel le préfet de l'Hérault lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour et l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours ;
2°) d'enjoindre au préfet de l'Hérault de lui délivrer un titre de séjour " vie privée et familiale ", " salarié " ou " étudiant " ou à défaut de réexaminer sa situation et dans ces deux hypothèses d'assortir l'injonction d'une astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 2 000 euros à verser à son conseil au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et des articles 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- l'arrêté est entaché d'incompétence ;
- il est entaché d'erreurs de fait ou d'inexactitudes matérielles dès lors que le préfet mentionne que sa mère réside dans son pays d'origine alors qu'elle est décédée ;
- il est entaché d'erreur de droit en méconnaissance de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que le préfet ne peut lui opposer l'absence d'ordonnance de placement par le juge ;
- il est entaché d'erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; ses parents sont décédés, il est en deuxième année de CAP " menuisier fabricant " au sein de l'établissement régional enseignement adapté Jean-Jacques Rousseau sis à Montpellier ; il est investi en tant que bénévole dans une structure culturelle ;
- il est entaché d'erreur manifeste d'appréciation au regard des articles L. 435-1 et L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
Par un mémoire en défense, enregistré le 25 juillet 2022, le préfet de l'Hérault conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 11 mai 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention franco-sénégalaise du 1er août 1995 relative à la circulation et au séjour des personnes ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Pastor, première conseillère,
- et les observations de Me Barbaroux, représentant M. A.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant sénégalais né le 3 mars 2002, arrivé en France en juillet 2019, a sollicité le 8 mars 2021 son admission au séjour sur le fondement de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par jugement du 15 octobre 2021, le tribunal administratif a annulé l'arrêté du 19 mars 2021 par lequel le préfet de l'Hérault avait rejeté cette demande et l'avait obligé à quitter le territoire national et a enjoint au préfet de procéder au réexamen de sa demande. Dans le cadre de ce réexamen, le préfet a pris un arrêté du 4 janvier 2022, aux termes duquel il refuse à nouveau l'admission au séjour de M. A sur ce fondement et l'oblige à quitter le territoire national. Par la présente requête, M. A demande l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 453-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " A titre exceptionnel, l'étranger qui a été confié à l'aide sociale à l'enfance "ou à un tiers digne de confiance" entre l'âge de seize ans et l'âge de dix-huit ans et qui justifie suivre depuis au moins six mois une formation destinée à lui apporter une qualification professionnelle peut, dans l'année qui suit son dix-huitième anniversaire, se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "salarié" ou "travailleur temporaire", sous réserve du caractère réel et sérieux du suivi de cette formation, de la nature de ses liens avec sa famille restée dans le pays d'origine et de l'avis de la structure d'accueil ".
3. En premier lieu, il résulte de l'arrêté en litige que pour refuser l'admission au séjour de M. A sur le fondement de ces dispositions, le préfet de l'Hérault a estimé qu'il ne pouvait y prétendre en l'absence d'ordonnance de placement par le juge. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que par décision du 5 mars 2020 le président du conseil départemental de l'Hérault a pris en charge M. A au sein de la direction Enfance et famille dans le cadre de l'accueil provisoire d'urgence. Alors que les dispositions précitées n'exigent pas d'ordonnance de placement, mais une prise en charge par le service d'aide sociale, M. A est fondé à soutenir que le préfet de l'Hérault ne pouvait, sans erreur de droit, refuser d'examiner sa demande sur ce fondement pour ce motif.
4. En second lieu, le préfet de l'Hérault a, également, sur ce fondement, opposé à M. A la conservation de liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. En particulier, il fait valoir que c'est la mère de l'intéressé, que ce dernier dit être décédée en 2015, qui serait à l'origine de démarches pour l'obtention de son certificat de nationalité sénégalaise en 2020. Toutefois, alors que M. A le conteste, cette seule circonstance, à la supposer même établie, ne permettait pas au préfet d'en déduire qu'il ne pouvait pas prétendre à la délivrance d'un titre sur le fondement des dispositions précitées. La seule circonstance que l'intéressé ait de la famille qui réside toujours dans le pays d'origine ne fait pas obstacle à la délivrance d'un titre sur ce fondement. Par suite, M. A, qui produit le rapport de l'association l'Avitarelle qui relate ses propos quant à la violence de son père à l'origine de profonds désaccords et mal-être familiaux, est également fondé à demander l'annulation de ce deuxième motif.
5. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que M. A est fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 4 janvier 2022.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
6. Il convient, sur le fondement de l'article L. 911-2 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet de l'Hérault de réexaminer la demande de séjour de M. A, dans un délai de deux mois, sans qu'il soit utile de prononcer aussi une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
7. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros à verser à Me Ruffel, sur le fondement des articles 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, sous réserve que cet avocat renonce à la part contributive de l'Etat à l'aide juridique.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 4 janvier 2022 du préfet de l'Hérault est annulé.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de l'Hérault de réexaminer la demande de séjour de M. A, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera une somme de 1 200 euros à Me Ruffel, dans les conditions prévues au point 7 du présent jugement.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, au préfet de l'Hérault et à Me Ruffel.
Délibéré après l'audience du 8 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Lison Rigaud, présidente,
Mme Isabelle Pastor, première conseillère,
M. François Goursaud, premier conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 septembre 2022.
La rapporteure,
I. Pastor
La présidente,
L. Rigaud La greffière,
A. Junon
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 22 septembre 2022.
La greffière,
A. Junon
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026