jeudi 5 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2203116 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | BRUNEL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 16 juin 2022 et 2 mars 2023, M. I B, Mme O D, M. F E, Mme N E, M. A H, Mme K H, Mme M L, M. C G, représentés par Me Brunel, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 22 décembre 2021 par lequel le maire de la commune de Montpellier a délivré un permis d'aménager à la SNC Pinville Demain en vue de l'aménagement de 6 lots à bâtir, ensemble la décision implicite de rejet de leur recours gracieux formé le 22 février 2022 ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Montpellier, une somme de 3 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- le dossier de demande de permis d'aménager est incomplet, car :
* Le plan de situation ne permet ni de déterminer la zone dans laquelle se situe le projet, ni les servitudes qui affectent le terrain d'assiette ;
* La notice ne permet pas d'apprécier l'implantation ni l'insertion du projet au sein des habitations alentours ;
* Les travaux à réaliser ne sont pas explicités ;
* il n'est pas fait mention, à propos des constructions existantes et clôtures, de ce qui sera conservé, modifié ou supprimé ni de leur traitement ou celui des végétations et aménagements situés en limite de terrain ;
* le parti d'aménagement exposé pourrait sans peine être contrarié par les dispositions du projet de règlement et rien ne garantit que les projections telles que proposées et présentées seront effectivement respectées ;
* le plan de l'état actuel omet certains arbres existants et ne fait pas figurer le tracé et les modalités de raccordement aux équipements publics ;
* le plan de composition n'est pas coté dans les trois dimensions ; il omet les plantations maintenues ou créées ;
* les plans de coupe ne font pas apparaître toutes les côtes du terrain naturel ni ne permet de comprendre si des excavations seront nécessaires ; la coupe transversale PA 05-2 n'est pas reportée sur une autre pièce et sans cote elle est inutile ;
* le projet ne permet pas de faire apparaître les terrassements réalisés qui auraient pu fonder un refus sur le fondement de l'article R.111-27 du code de l'urbanisme ;
* les photographies relatives à l'environnement proche et lointain du projet ne permettent pas de connaître l'aspect du terrain d'implantation ni de son environnement et on ignore leur lieu et angle de prise de vue ;
* le document graphique représentant des hypothèses d'implantation des bâtiments ne permet pas d'apprécier l'effet du projet par rapport aux constructions avoisinantes et paysages ;
- l'augmentation du trafic routier et de la pollution atmosphérique et sonore générés par le projet ainsi que l'étroitesse des voies font que celui-ci présente une atteinte à la sécurité publique au sens de l'article R.111-2 du code de l'urbanisme ; du fait de l'inadaptation des voies d'accès, il méconnaît l'article 3 de la zone 2U1 ;
- le dossier n'a pas permis de s'assurer que les accès présenteront les caractéristiques exigées par le règlement et d'être situés en retrait de l'alignement sur une distance d'au moins 5 mètres et d'avoir une pente n'excédant pas 5% ;
- le dossier de demande ne permet pas de s'assurer que le projet respecte des prescriptions relatives au nombre de place de stationnement imposées par le règlement en son article 12,9), en l'absence d'éléments de calcul ou de prescriptions ;
- le projet ne respecte par les OAP du secteur du plateau de la Pompignane " Balcons de Pinville " et méconnaît l'article L. 152-1 du code de l'urbanisme.
Par un mémoire enregistré le 4 août 2022, la société Pinville Demain, représentée par la SCP d'avocats SVA, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de M. B une somme de 2 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable en ce qui concerne Madame O D, Monsieur F E, Madame N E et Madame K H ;
- les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 16 décembre 2022, la commune de Montpellier, représentée par la SCP CGCB Avocats et Associés, conclut au rejet de la requête, à défaut à l'application des dispositions des articles L. 600-5 ou L. 600-5-1 du code de l'urbanisme et à ce que soit mise à la charge de M. B et autres une somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable, pour tardiveté, en tant qu'elle est présentée par Mmes O D, N E et K H et par Mr F E ;
- les moyens soulevés par M. B et autres ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Crampe,
- les conclusions de M. Goursaud, rapporteur public,
- et les observations de Me Jacquinet, représentant les requérants, de Me Geoffret, représentant la commune de Montpellier et de Me Monflier, représentant la société Pinville Demain.
Considérant ce qui suit :
1. Par arrêté du 22 décembre 2021, le maire de Montpellier a délivré à la société " Pinville Demain " un permis d'aménager six lots à bâtir pour une surface de plancher de 23 000 m2 sur les parcelles cadastrées section RR 0045, 0082, 0097, 0101 et 0113, situées en zone 2U1-19w du plan local d'urbanisme de la commune de Montpellier, lieu-dit " Les Hauts de Jausserand ", dans le quartier de la Pompignane. La demande tendant au retrait de cette autorisation formée le 22 février 2022 par les requérants, réceptionnée en mairie le 25 février 2022, a été implicitement rejetée. Par leur requête, les requérants demandent l'annulation du permis d'aménager du 22 décembre 2021 ainsi que du refus tacite opposé à leur demande de retrait de cet acte.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, la circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.
3. Si les requérants se prévalent de l'incomplétude du dossier de demande de permis d'aménager, c'est sans indiquer quelle règle de droit relative à la composition de ce dernier serait méconnue. A supposer qu'ils aient entendu se prévaloir de ce que sa composition ne serait pas conforme aux exigences fixées aux articles R. 441-1 à R. 441-8-3 du code de l'urbanisme, et que ce dossier de demande de permis d'aménager n'aurait pas permis à l'autorité administrative d'apprécier sa conformité à la règlementation applicable, d'une part, la pièce du permis d'aménager PA01 est un plan de situation qui permet de situer le projet dans la commune, et le numéro de parcelles y est porté conformément au b) de l'article R. 441-1 du code de l'urbanisme. Aucune disposition législative ou règlementaire n'impose au pétitionnaire d'indiquer dans quelle zone du plan local d'urbanisme est situé son projet, laquelle est au demeurant précisée au point 5 de la notice.
4. D'autre part, la notice décrit l'état initial du terrain et de ses abords, et elle est assortie d'une vue aérienne ainsi que d'un plan de l'état existant permettant de voir les constructions alentours ainsi que les plantations présentes sur le terrain, la situation à l'échelle du quartier étant même représentée ; les caractéristiques du voisinage ainsi que les partis retenus y sont décrits et il n'apparaît pas que l'autorité administrative n'aurait pu apprécier les éléments énoncés par l'article R. 441-3 du code de l'urbanisme. Les photographies rapprochées de la notice et des autres plans permettent d'apprécier l'environnement proche et lointain ainsi que l'insertion future des constructions dans le quartier, qui a ce stade n'avaient de surcroît pas à être représentées dès lors qu'il s'agit seulement d'un permis d'aménager et non d'un permis de construire.
5. Ensuite, le dossier de demande d'aménager comprend un " programme des travaux " complété des plans de la voirie, des plans des réseaux secs et humides et d'un plan de synthèse des raccordements. Valant permis de démolir, il comprend un plan de masse des démolitions mais aussi un plan comprenant les hypothèses d'implantation des futurs bâtiments ainsi que des voieries qui les desserviront en lien avec les exigences de l'OAP du secteur et il a largement permis d'apprécier la composition d'ensemble du projet. A défaut de prévoir de quelconques travaux de clôture, il ne précise rien à leur égard. L'ensemble des documents composant le dossier de demande de permis d'aménager permet par ailleurs d'apprécier le traitement des abords.
6. En outre, s'agissant des espaces verts, un plan de l'état initial du terrain et une vue aérienne sont présents au dossier et la pièce PA03 est un plan de l'état actuel qui recense individuellement les arbres présents sur la parcelle. Le plan de masse inséré sous le paragraphe " parti d'aménagement " de la notice représente, sur la même photographie aérienne utilisée pour représenter l'état initial, les plantations maintenues et celles ajoutées et il a permis, par comparaison avec la même photographie aérienne, de vérifier la conformité du projet à la réglementation applicable. Le programme des travaux précise qu'un traitement paysager des espaces verts sera réalisé par l'aménageur qui devra réaliser les plantations après validation des services de Montpellier Méditerranée Métropole concernant les essences et la hauteur des plantations méditerranéennes. L'arrêté de permis d'aménager comprend en outre des prescriptions sur ce point impliquant pour le pétitionnaire d'inclure dans son programme de travaux, en liaison avec la Direction Paysage et Biodiversité de la ville, la protection du patrimoine existant, et de soumettre les options en matière de végétalisation à leur approbation par ce service qui devra être présent à la réception des travaux.
7. Enfin, le plan intitulé " plan espace public issu de SA3M ", qui sert de fond de plan au plan des voieries et réseaux, présente les cotes altimétriques de l'intégralité du terrain naturel et il a permis à l'autorité administrative de vérifier la conformité du projet à cet égard. La circonstance que ce plan ne serait pas coté dans les trois dimensions, dès lors que le projet ne prévoit pas à ce stade la construction des volumes d'aucune construction, est sans incidence, alors que le plan de masse qui représente les démolitions est, pour sa part, coté en trois dimensions. La circonstance que les plans de coupe qui représentent des hypothèses d'implantation d'immeubles que le permis d'aménager n'a pas vocation à autoriser, ne seraient pas reportés sur le plan de masse est sans incidence dès lors que les profils de terrain qui y sont représentés peuvent être recoupés avec le plan topographique coté qui a servi de fond de carte. Il ne ressort au demeurant pas des pièces du dossier que le projet nécessite des excavations ou terrassements, ni que l'absence de report de la vue PA5.2 sur un plan de masse s'oppose à ce que l'autorité administrative soit mise en mesure d'apprécier la conformité des aménagements projetés à la réglementation applicable, en particulier celle issue de l'article R. 441-4 du code de l'urbanisme.
8. ll résulte de ce qui précède que le moyen tiré de l'incomplétude du dossier de demande de permis d'aménager, pris en ses différentes branches, doit être écarté.
9. En deuxième lieu, l'article L.152-1 du code de l'urbanisme dispose que : " L'exécution par toute personne publique ou privée de tous travaux, constructions, aménagements, plantations, affouillements ou exhaussements des sols, et ouverture d'installations classées appartenant aux catégories déterminées dans le plan sont conformes au règlement et à ses documents graphiques. / Ces travaux ou opérations sont, en outre, compatibles, lorsqu'elles existent, avec les orientations d'aménagement et de programmation. ". Une autorisation d'urbanisme ne peut être légalement délivrée si les travaux qu'elle prévoit sont incompatibles avec les orientations d'aménagement et de programmation (OAP) d'un plan local d'urbanisme (PLU) et, en particulier, en contrarient les objectifs.
10. D'une part, il ressort des pièces du dossier que le projet en litige est inclus au sein de l'OAP de la Pompignane dans le secteur " Pinville Nord ", destiné à la création d'un secteur de logements au nord du plateau, le long de la rue de Salaison, par le réaménagement de surfaces affectées précédemment à des parcs de stationnement. Les requérants ne sauraient donc utilement invoquer les principes issus de l'OAP du secteur " Balcons de Pinville ".
11. D'autre part, le parti d'aménagement du secteur tel qu'exposé au sein de l'OAP de la Pompignane du secteur " Pinville Nord " envisage " Une surface de plancher répartie selon un programme mixte composé de logements collectifs regroupés en immeubles de hauteur variées, avec des émergences régulières et de locaux d'activités professionnelles venant renforcer le pôle d'emplois du plateau de la Pompignane. Quelques surfaces affectées au commerce de proximité viendront également renforcer ponctuellement l'animation des espaces publics et l'urbanité du plateau ; ". La réalisation des six immeubles que le permis d'aménager en litige est destiné à permettre ne contrarie dès lors pas les objectifs de cette OAP.
12. Par ailleurs, s'agissant des " voiries et espaces publics ", traités au point 4.1 de l'OAP, il est prévu " la réalisation de voiries secondaires qui viennent se raccorder sur les axes structurants préexistants (rues de Pinville, de Salaison, de la Vieille Poste, principalement). Ces voiries sont dimensionnées pour intégrer des stationnements, des pistes cyclables et de larges trottoirs ainsi, pour la rue de la Vieille Poste, que la possibilité d'accueillir un transport en commun performant. / Des voies secondaires et tertiaires sont créées, pour certaines par la Collectivité ou son aménageur, d'autres par les aménageurs privés, afin de desservir l'intérieur des opérations. Les voies secondaires sont reliées aux axes constitués par les voiries primaires. Ces rues seront aménagées de façon à accueillir du stationnement, les circulations deux roues, les piétons et les plantations. "
13. Il ne ressort pas de ces objectifs qui sont éclairés par un plan du secteur que chacune des voieries secondaires créées par les aménageurs devrait comprendre toutes les fonctionnalités énumérées. Les requérants ne sont donc pas fondés à soutenir que les voiries internes à l'aménagement en litige seraient illégales pour ne pas satisfaire simultanément à tous ces usages (stationnement, circulation des deux roues, des piétons et plantations.).
14. Aux termes du plan de l'OAP Plateau de la Pompignane, le terrain d'assiette est concerné par un " espace de renouvellement de l'urbanisation " et par des voiries secondaires circulables et/ou piétonnes ainsi qu'une promenade paysagère avec retrait sur deux de ses limites. L'OAP envisage, s'agissant des " voiries et espaces publics ", la création de " voiries secondaires circulables et/ou piétonnes ", lesquelles visent, d'une part, la création d'un axe " nord /sud " entre la rue de Salaison et une rue dite " Ruth Bader Ginsburg " non encore créée et, d'autre part, la création d'un axe " Est-Ouest " entre la rue de Pinville et une voie à créer identifiée sur le même plan comme la " Rue Dora Schaul ". Il ressort du plan de découpage parcellaire inclus dans la notice sous le paragraphe consacré au projet d'aménagement que le projet inclut, conformément à l'OAP, une rue Yvonne Le Trac, reliant la rue de Pinville à la rue Dora Schaul décrite comme " cheminement dédié aux modes actifs ", représentant un cheminement piéton. S'ajoute une voie nommée rue Elise Baudou, désignée comme " voie partagée ", reliant la rue de Salaison à la rue Yvonne Le Trac.
15. Il résulte de tout ce qui précède que les voieries et plus globalement le permis d'aménager en litige n'est pas incompatible avec les objectifs de l'OAP Plateau de la Pompignane.
16. En troisième lieu, d'une part, aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le permis de construire peut être refusé ou n'être accordé que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si les constructions, par leur situation ou leurs dimensions, sont de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique. ". D'autre part, l'article 3 du règlement de zone du plan local d'urbanisme de la commune de Montpellier prévoit que : " Les accès doivent être adaptés à l'opération et aménagés de façon à apporter la moindre gêne à la circulation publique () Les caractéristiques des accès doivent permettre de satisfaire aux règles minimales de desserte : défense contre l'incendie, protection civile, brancardage, ordures ménagères " () Les accès doivent présenter au débouché sur la rue et en retrait de l'alignement sur une distance d'au moins 5 mètres une pente n'excédant pas 5 %. ".
17. Par ailleurs, il résulte des dispositions du code de l'urbanisme que les lotissements, qui constituent des opérations d'aménagement ayant pour but l'implantation de constructions, doivent respecter les règles tendant à la maîtrise de l'occupation des sols édictées par le code de l'urbanisme ou les documents locaux d'urbanisme, même s'ils n'ont pour objet ou pour effet, à un stade où il n'existe pas encore de projet concret de construction, que de permettre le détachement d'un lot d'une unité foncière. Il appartient, en conséquence, à l'autorité compétente de refuser le permis d'aménager sollicité ou de s'opposer à la déclaration préalable notamment lorsque, compte tenu de ses caractéristiques telles qu'elles ressortent des pièces du dossier qui lui est soumis, un projet de lotissement permet l'implantation de constructions dont la compatibilité avec les règles d'urbanisme ne pourra être ultérieurement assurée lors de la délivrance des autorisations d'urbanisme requises.
18. D'une part, le dossier de demande de permis d'aménager comprend également une étude d'impact " renouvellement urbain du quartier de la Pompignane ", basée sur l'impact des projets portés par le pétitionnaire, parmi lesquels le projet en litige, dont il résulte que le réseau viaire a été repensé pour limiter les risques d'engorgement du réseau existant de voiries, que la création d'une voie nouvelle parallèle à rue de Pinville a été décidée en vue de soulager cette dernière et de répartir le trafic sur les deux voies, et qu'une autre voie nouvelle est destinée à fluidifier le trafic, avec un impact positif sur le réseau viaire. Le projet en litige contribue à compléter le maillage secondaire par l'adjonction de cheminements piétons. Le projet s'insérant au sein d'une opération de renouvellement urbain à l'échelle du quartier qui incluera des transports en commun et le développement des mobilités dites actives, auxquelles le projet contribue par son cheminement piéton ou partagé et l'aménageur par le biais de la convention urbaine partenariale, il ne ressort aucunement des pièces du dossier que le trafic supplémentaire généré induira un risque pour la sécurité publique au sens de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme.
19. D'autre part, alors même que les rues existantes et à créer présenteraient une bande de roulement réduite à 5 mètres, ou, comme admis en réplique par les requérants, de 5,50 et 6,50 mètres, et que les entrées ou sorties des immeubles impliqueront parfois de couper l'une des voieries secondaires ou primaires du secteur, il ne ressort pas des pièces du dossier une dangerosité particulière des futurs accès. Celui situé rue Elise Baudou, destiné au trafic concernant les bâtiments des lots A et B permet le stockage des véhicules avant leur insertion sur la rue de Salaison, au demeurant rectiligne et n'offre aucun problème de visibilité. La rue Dora Schaul, compte tenu de sa programmation dans le cadre de la convention de partenariat urbain signée le 2 juillet 2020, présente un caractère suffisamment certain à la date de délivrance du permis, dans son principe comme dans son échéance de réalisation et il ne ressort pas des pièces du dossier que sa conformité avec les règles d'urbanisme fixées par l'article 3 du règlement du PLU, dont le règlement du lotissement reprend les exigences, ne pourra être ultérieurement assurée, tant s'agissant des voieries et accès qu'en ce qui concerne la localisation des points de collecte des ordures ménagères. Il est en outre indiqué au programme des travaux que la voirie permet l'accès à tous les lots aux véhicules et au service de protection contre l'incendie.
20. S'il ressort des pièces du dossier une augmentation générale des pollutions inférieure à 20 % par rapport à la situation de référence majoritairement près de l'avenue de Pinville Nord, cette circonstance ne permet pas de considérer que la pollution générée par le nouveau trafic induit un risque pour la sécurité publique au sens de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme.
21. Enfin, Il ne ressort pas des pièces du dossier que la conformité des constructions avec les règles d'urbanisme fixées par l'article 12 du règlement du PLU en matière de stationnement ne pourra être ultérieurement assurée lors de la délivrance des autorisations d'urbanisme requises.
22. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée en défense, que M. B et autres ne sont pas fondés à demander l'annulation de l'arrêté du 22 décembre 2021 par lequel le maire de la commune de Montpellier a délivré un permis d'aménager à la SNC Pinville Demain ni de la décision implicite de rejet de leur recours gracieux.
Sur les frais liés au litige :
23. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Montpellier, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par les requérants, au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens.
24. Il y a lieu en revanche, dans les circonstances de l'espèce, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de M. B et autres, au titre des frais non compris dans les dépens, une somme de 1500 euros à verser respectivement à la commune de Montpellier et à la société Pinville Demain.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B et autres est rejetée.
Article 2 : M. B et autres verseront respectivement une somme de 1500 euros à la commune de Montpellier et à la société Pinville Demain au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B, à la commune de Montpellier et à la société en nom collectif Pinville Demain.
Délibéré après l'audience du 21 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Corneloup, présidente,
Mme Couegnat, première conseillère,
Mme Crampe, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 octobre 2023.
La rapporteure
S. Crampe La présidente,
F. Corneloup
La greffière,
M. J
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 5 octobre 2023.
La greffière,
M. J
2
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026