jeudi 9 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2203172 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | AVALLONE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 20 juin 2022 et 11 octobre 2022, Mme C et M. A B, représentés par Me Avallone, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 27 janvier 2022 par lequel le maire de la commune de Mauguio a délivré un permis de construire à la SARL Terres du Soleil Promotion, en vue de la construction d'un bâtiment de 6 logements et de 3 commerces, ensemble la décision de rejet de leur recours gracieux en date du 29 avril 2022 ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Mauguio une somme de 3 600 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- le dossier de demande de permis de construire méconnaît l'article R.431-10 du code de l'urbanisme en ce qu'il ne permet pas d'apprécier l'insertion du projet par rapport aux constructions voisines ni ne contient de photographie du terrain d'assiette dans son environnement proche ;
- le permis de démolir antérieur n'est pas annexé, et font défaut le plan de masse des constructions à démolir et un document photographique faisant apparaitre le bâtiment destiné à être démoli en méconnaissance de l'article R.431-21 du code de l'urbanisme ;
- il n'est pas conforme à l'article 13 du règlement du PLU du fait de la superficie très limitée des espaces verts de pleine terre et de l'incapacité des arbres plantés en jardinières, situées en étage, à contribuer à limiter l'imperméabilisation des sols ;
- le calcul du traitement des eaux pluviales, qui soustrait à tort les surfaces antérieurement imperméabilisées par des constructions qui seront démolies, n'est pas conforme à l'exigence fixée par l'article III des règles générales du Plan de prévention du risque inondation (PPRi) de l'Etang de l'Or ;
- le projet qui présente une covisibilité avec le château des comptes de Melgueuil et les jardins de la Motte, éléments du patrimoine historique, méconnaît l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme et des articles 11 et AU11du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Mauguio.
Par un mémoire en défense, enregistré le 29 septembre 2022, la société Terres du Soleil Promotion, représentée par la SELARL d'avocats Valette-Berthelsen, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de Mme et M. B une somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens soulevés par Mme et M. B ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 22 décembre 2022, la commune de Mauguio représentée par la SCP Coulombie, Gras, Cretin, Becquevort, Rosier, Soland conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de Mme et M. B une somme de 2 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- à défaut de faire la preuve des notifications effectuées en application de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme, la requête est irrecevable ;
- les requérants ne démontrent pas leur intérêt à agir ;
- les moyens soulevés par Mme et M. B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Crampe,
- les conclusions de M. Goursaud, rapporteur public,
- et les observations de Me Valette, représentant la société Terre du Soleil Promotion.
Considérant ce qui suit :
1. Par arrêté du 27 janvier 2022, le maire de la commune de Mauguio a délivré à la SARL Terres du Soleil Promotion un permis de construire un bâtiment de 6 logements et de 3 commerces sur un terrain sis 217 boulevard de la Démocratie, en secteur 1UA2 du plan local d'urbanisme. Mme et M. B ont formé un recours gracieux rejeté par décision du 29 avril 2022. Par leur requête, ils demandent l'annulation du permis de construire délivré le 27 janvier 2022 ainsi que de la décision de rejet de leur recours gracieux en date du 29 avril 2022.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend également : () c) Un document graphique permettant d'apprécier l'insertion du projet de construction par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages, son impact visuel ainsi que le traitement des accès et du terrain ; d) Deux documents photographiques permettant de situer le terrain respectivement dans l'environnement proche et, sauf si le demandeur justifie qu'aucune photographie de loin n'est possible, dans le paysage lointain. Les points et les angles des prises de vue sont reportés sur le plan de situation et le plan de masse. ".
3. La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.
4. Il ressort des pièces du dossier que le dossier de demande de permis de construire comprend des vues numérotées PC 06, 07 et 08 ainsi que des vues d'insertion ayant permis à l'autorité administrative d'apprécier l'insertion du projet par rapport aux constructions avoisinantes, aucune disposition législative et réglementaire n'imposant par ailleurs que ces dernières soient toutes représentées.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 431-1 du code de l'urbanisme : " Lorsque les travaux projetés nécessitent la démolition de bâtiments soumis au régime du permis de démolir, la demande de permis de construire ou d'aménager doit : a) Soit être accompagnée de la justification du dépôt de la demande de permis de démolir ; b) Soit porter à la fois sur la démolition et sur la construction ou l'aménagement. ".
6. Il ressort des pièces du dossier que les travaux projetés ne peuvent être regardés comme nécessitant la démolition de bâtiments au sens de ces dispositions, dès lors qu'il a été accordé un permis de démolir par arrêté du 25 novembre 2020, et que l'arrêté en litige emporte seulement permis de construire.
7. En troisième lieu, d'une part, aux termes de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si les constructions, par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou l'aspect extérieur des bâtiments ou ouvrages à édifier ou à modifier, sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales. ".
8. Si les constructions projetées portent atteinte aux paysages naturels avoisinants, l'autorité administrative compétente peut refuser de délivrer le permis de construire sollicité ou l'assortir de prescriptions spéciales. Pour rechercher l'existence d'une atteinte à un paysage naturel de nature à fonder le refus de permis de construire ou les prescriptions spéciales accompagnant la délivrance de ce permis, il lui appartient d'apprécier, dans un premier temps, la qualité du site naturel sur lequel la construction est projetée et d'évaluer, dans un second temps, l'impact que cette construction, compte tenu de sa nature et de ses effets, pourrait avoir sur le site. Les dispositions de cet article excluent qu'il soit procédé, dans le second temps du raisonnement, pour apprécier la légalité des permis de construire délivrés, à une balance d'intérêts divers en présence, autres que ceux visés à l'ancien art. R. 111-27 du code de l'urbanisme.
9. D'autre part, aux termes de l'article 11 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Mauguio : " () Par leur situation, leur architecture, leur dimension ou leur aspect extérieur, les constructions à édifier ou à modifier ne doivent pas porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales. Un soin particulier doit être apporté à l'aspect et à la composition architecturale de la construction du côté où elle est la plus perceptible depuis l'espace public. ".
10. Enfin, l'article 1AU11 de ce règlement impose, pour garantir le caractère urbain et l'identité patrimoniale du centre-ancien de Mauguio, le respect de prescriptions relatives aux matériaux à mettre en œuvre en toiture et en façade, aux proportions et dimensions, aux ouvertures, à la pente de toitures, traditionnellement employés par l'architecture locale. Cet article demande une simplicité de volumes et silhouettes s'accordant avec les volumes environnant et s'insérant dans l'ensemble existant et le mouvement général des groupements anciens. Pour les constructions nouvelles, ce même article décline des prescriptions parmi lesquelles, notamment, l'harmonisation du gabarit avec celui du bâti ancien et l'exigence de volumes et hauteurs qui ne se singularisent pas par rapport aux bâtiments mitoyens et environnants.
11. Il ressort des pièces du dossier que le projet, situé en secteur 1AU2 du plan local d'urbanisme, correspondant à la périphérie du centre ancien, a reçu un avis favorable de la part de l'architecte des bâtiments de France. Ce dernier a retenu que le projet était susceptible, en l'état, de porter des atteintes à la conservation ou à la mise en valeur des monuments historiques, le château des comtes de Melgueil et la motte féodale et le jardin de la Motte et leurs abords, mais qu'il pouvait y être remédié au moyen de prescriptions qu'il énumère. Ces prescriptions ont été reprises à l'article 2 du permis de construire. Il ne ressort pas des pièces du dossier que ces prescriptions seraient insuffisantes à assurer le respect des dispositions précitées. En outre, il ressort des pièces du dossier que si le projet se situe en périphérie du centre ancien dont il est séparé par un boulevard de ceinture, le secteur comprend déjà d'autres immeubles d'architecture moderne et de volumétrie équivalente. Dans ces conditions, les moyens tirés de la méconnaissance par le projet des dispositions des articles 11 et 1AU11 du règlement du plan local d'urbanisme et de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme doivent être écartés.
12. En quatrième lieu, aux termes de l'article 13 du règlement du PLU : " " Les espaces libres correspondent à la superficie du terrain non occupée par les constructions. Au sein des espaces libres, le règlement distingue : - les espaces verts en pleine terre qui correspondent aux espaces verts plantés et aux jardins, - les autres espaces libres (terrasses et dallages de plain-pied non significativement surélevée par rapport au terrain naturel, chemins d'accès perméables ou non, stationnements non couverts). Dans les zones urbaines et à urbaniser, l'ensemble des espaces libres doit faire l'objet d'un traitement paysager à dominante végétale. Afin de limiter l'imperméabilisation des sols et de préserver le cadre paysager de l'agglomération, il est imposé de laisser un minimum d'espaces libres en pleine terre et végétalisés. Dans la mesure du possible, les plantations existantes doivent être maintenues ou remplacées par des plantations équivalentes. Pour les aires de stationnement, il est imposé la plantation d'un arbre de moyen développement minimum par tranche de 4 places. " ".
13. Il ressort des pièces du dossier, d'une part, que le projet prévoit 239,10 m2 d'espaces libres dont 23,60 m2 d'espaces de pleine terre. En l'absence de fixation par le règlement d'une superficie précise, le projet respecte l'obligation de prévoir " un minimum " d'espace libre en pleine terre et végétalisé. D'autre part, le projet prévoit 212,50 m2 destinés au stationnement doté de dalles " Evergreen " qui sont perméables aux eaux pluviales, dotés d'un arbre par tranche de quatre places ainsi qu'il est indiqué dans la notice architecturale. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 13 du règlement du Plan local d'urbanisme manque en fait.
14. En dernier lieu, Mme et M. B ne peuvent utilement invoquer les dispositions du point 3 du règlement du PPRi de l'Etang de l'or relatives à la maîtrise des eaux pluviales dès lors que ces dispositions conditionnent la mise en œuvre de mesures compensatoires suffisantes pour permettre une rétention des eaux pluviales dans la proportion de 100 litres / m² imperméabilisé à " toute opération d'urbanisation nouvelle entrant dans le cadre de la loi sur l'eau ", ce qui n'est pas le cas en l'espèce..
15. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur les fins de non-recevoir opposée en défense, que Mme et M. B ne sont pas fondés à demander l'annulation de l'arrêté du 27 janvier 2022 par lequel le maire de la commune de Mauguio a délivré un permis de construire à la SARL Terres du Soleil Promotion en vue de la construction d'un bâtiment de 6 logements et de 3 commerces, ni de la décision de rejet de leur recours gracieux en date du 29 avril 2022.
Sur les frais liés au litige :
16. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Mauguio, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par Mme et M. B, au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens.
17. Il y a lieu en revanche, dans les circonstances de l'espèce, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de Mme et M. B une somme de 750 euros au titre des frais non compris dans les dépens exposés respectivement par la commune de Mauguio et par la société Terres du Soleil Promotion.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme et M. B est rejetée.
Article 2 : Mme et M. B verseront à respectivement à la commune de Mauguio et à la société Terres du Soleil Promotion une somme de 750 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme C et M. A B, à la commune de Mauguio et à la société Terres du Soleil Promotion.
Délibéré après l'audience du 19 octobre 2923, à laquelle siégeaient :
Mme Corneloup, présidente,
Mme Couegnat, première conseillère,
Mme Crampe, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 novembre 2023.
La rapporteure
S. Crampe La présidente,
F. Corneloup
La greffière,
M. D
La République mande et ordonne au ministre de la cohésion des territoires et des relations avec les collectivités territoriales en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 9 novembre 2023.
La greffière,
M. D
2
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026