mardi 19 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2203350 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | BAZIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 29 juin 2022, M. A, en sa qualité de représentant légal de B et Ramiz, ses deux enfants mineurs, représenté D, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l'exécution de la décision par laquelle l'office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a implicitement rejeté le recours gracieux formé contre la décision du 27 octobre 2021 refusant le bénéfice des conditions matérielles d'accueil pour ses deux plus jeunes enfants ;
3°) d'enjoindre à l'OFII de lui accorder le bénéfice des conditions matérielles d'accueil pour ses deux plus jeunes enfants, dans un délai de quinze jours à compter de la décision à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'OFII la somme de 1 800 euros à verser à son conseil, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 sous réserve que son conseil renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat au titre de la mission d'aide juridictionnelle.
Il soutient que :
- il y a urgence à prononcer la suspension de l'exécution de la décision de rejet en litige dès lors que les droits ouverts pour seulement deux enfants sont insuffisants pour sa famille, qui en comporte quatre et qui a accumulé des impayés ; en outre, la famille, malgré la présence de quatre enfants, se trouve toujours dans un hébergement d'urgence ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité d'une telle décision de refus dès lors qu'elle méconnaît les dispositions des articles L. 551-15 et L. 552-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qu'elle est entachée d'une erreur de droit, d'une erreur d'appréciation et qu'elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant.
Par un mémoire en défense, enregistré le 18 juillet 2022, le directeur de l'OFII conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la requête est irrecevable dès lors que la décision dont la suspension est sollicitée est antérieure à la reconnaissance de la protection subsidiaire, le 2 avril 2021, pour l'ensemble de la famille ;
- la condition d'urgence n'est pas établie dès lors que le requérant, à l'instar de toute sa famille, bénéficie de la protection subsidiaire depuis le 2 avril 2021, décision notifiée le 7 avril suivant ;
- au surplus, aucun moyen de la requête n'est propre à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision dont la suspension est sollicitée.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 23 mai 2022.
Vu :
- les pièces du dossier ;
- la requête n 2203323, enregistrée le 28 juin 2022, par laquelle M. A demande l'annulation de la décision contestée.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal administratif de Montpellier a désigné Mme Teuly-Desportes, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme E ;
- et les observations de Me Bazin représentant M. A ;
- l'OFII n'étant ni présent ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. et Mme A, ressortissants syriens, sont entrés en France, selon leurs déclarations, en février 2015, accompagnés de leurs deux premiers enfants nés en 2009 et 2013. Ils ont déposé des demandes d'asile qui ont été rejetées, le 29 juin 2016, pour irrecevabilité par l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides, décisions confirmées, le 10 octobre 2017, par la Cour nationale du droit d'asile. En mai 2017 et août 2019, deux autres enfants du couple, B et Ramiz, sont nés. M. et Mme A ont déposé, pour le compte de leurs deux plus jeunes enfants, une demande d'asile le 5 mars 2020. Par une décision du même jour, l'OFII a refusé de leur accorder les conditions matérielles d'accueil. Par jugement rendu le 7 octobre 2021, le tribunal a, d'une part, annulé la décision du 5 mars 2020 refusant d'accorder les conditions matérielles d'accueil et la décision implicite rejetant le recours gracieux formé le 16 avril 2020 et a, d'autre part, enjoint à l'OFII de procéder au réexamen de la situation de M. et Mme A dans le délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement. Dans le cadre du réexamen de la demande, le directeur de l'OFII a, le 27 octobre 2021, refusé à nouveau d'accorder les conditions matérielles sollicitées. Le 27 décembre 2021, un recours administratif a été formé contre la décision du 27 octobre 2021 et un refus implicite est né, le 27 février 2022, du silence gardé par l'autorité administrative pendant deux mois. M. A, en sa qualité de représentant légal, sollicite la suspension de cette dernière décision.
2. Aux termes de l'article L. 551-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les conditions matérielles d'accueil du demandeur d'asile sont proposées à chaque demandeur d'asile par l'Office français de l'immigration et de l'intégration après l'enregistrement de sa demande par l'autorité administrative compétente.". L'article L. 551-15 du même code prévoit, par ailleurs, que le bénéfice des conditions matérielles d'accueil peut être refusé, notamment, " 3° Il présente une demande de réexamen de sa demande d'asile ; () ".
3. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". Selon de l'article L. 522-1 du même code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ".
4. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte-tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.
5. Il résulte de l'instruction que M. A, son épouse et ses quatre enfants, qui bénéficient d'un hébergement, ont obtenu la protection subsidiaire, par une décision de l'office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) du 2 avril 2021, notifiée le 7 avril suivant, soit depuis plus d'un an à la date d'introduction de la requête, et perçoivent, selon les écritures présentées, des prestations d'aide sociale et ne peuvent depuis lors prétendre à des conditions matérielles réservées aux demandeurs d'asile. Dans ces conditions, l'urgence ne peut, en conséquence, être retenue, et ce, d'autant que le requérant ne peut utilement invoquer, pour la justifier, la circonstance qu'il serait, avec sa femme, endetté à hauteur d'une somme de 4 287 euros au seul motif de l'insuffisance des conditions matérielles d'accueil dont ils ont bénéficié.
6. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la recevabilité de la requête, ni d'examiner s'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée, que les conclusions de la requête présentées par M. A sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, y compris les conclusions aux fins d'injonction et celles présentées en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, doivent être rejetées.
DECIDE
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C A, à l'Office français de l'immigration et de l'intégration et à Me Bazin.
Fait à Montpellier, le 19 juillet 2022.
La juge des référés,
D. E
La greffière,
M-A. Barthélémy
La République mande et ordonne au ministre de l'Intérieur et des Outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 19 juillet 2022.
La greffière,
M-A. Barthélémy
N°2203350
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026