mardi 26 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2203387 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | magistrat ROUSSEAU |
| Avocat requérant | BAUTES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des pièces enregistrées le 28 juin et 25 juillet 2022, M. A D, représenté par Me B, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite de rejet née le 2 mai 2022 par laquelle la commission de médiation du département de l'Hérault a refusé de reconnaître le caractère prioritaire et urgent de sa demande de logement social, présentée en application des dispositions du II de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation ;
2°) d'enjoindre à la commission de médiation du département de l'Hérault de reconnaître le caractère prioritaire et urgent de sa demande de logement dans un délai de 15 jours suivant la notification du jugement, subsidiairement, de lui enjoindre de procéder à un nouvel examen de sa demande dans le même délai ;
3°) mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 800 euros à verser à son conseil en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 en contrepartie d'une renonciation à l'aide juridictionnelle.
Il soutient que :
- faute pour la commission de médiation de démontrer la régularité de sa composition conformément aux dispositions des articles L.441-2-3 I et R. 441-13 du code de la construction et de l'habitation, la décision litigieuse est entachée d'un vice de procédure ;
- la décision litigieuse est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il est handicapé, que le studio qu'il occupe avec son épouse est impropre à l'habitation et présentant un caractère insalubre, dangereux et qu'il est en situation de sur-occupation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 7 février 2023, le préfet de l'Hérault conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens invoqués ne sont pas fondés.
M. D a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle partielle par une décision du 8 juin 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le décret n° 2002-120 du 30 janvier 2002 ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Rousseau, premier conseiller pour statuer sur les litiges mentionnés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative selon la procédure prévue par cet article.
Le magistrat désigné a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Rousseau, premier conseiller ;
- les observations de Me Balestié, substituant Mme B, représentant M. D et de Mme C, représentant le préfet de l'Hérault.
La clôture de l'instruction a été prononcée, en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative, après appel de l'affaire à l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Le 2 février 2022, M. A D a saisi la commission de médiation du département de l'Hérault afin que sa demande de logement social, enregistrée sous le n° 2022-034-000215, soit reconnue urgente et prioritaire. La commission a implicitement rejeté sa demande par une décision du 2 mai 2022. Une demande de pièces complémentaires lui a été adressée le 7 juin 2022 pour transmission au secrétariat avant le 22 juin 2022. N'y ayant pas répondu, M. D a été informé, par un courrier du 30 juin 2022, du passage de son dossier considéré incomplet devant la commission de médiation avant le 31 juillet 2022. A l'issue de la séance du 5 juillet 2022 la commission de médiation a rejeté le recours de M. D. Dans le cadre de la présente instance, M. D demande d'annuler la décision implicite de rejet née le 2 mai 2022 par laquelle la commission de médiation du département de l'Hérault a refusé de reconnaître le caractère prioritaire et urgent de sa demande de logement social.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Le préfet de l'Hérault, en défense, justifie par les pièces qu'il produit de la régularité de la composition de la commission. Dès lors, le moyen tiré du vice de procédure quant à l'irrégularité de sa composition ne peut qu'être écarté.
3. Aux termes de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation : " II. La commission de médiation peut être saisie par toute personne qui, satisfaisant aux conditions réglementaires d'accès à un logement locatif social, n'a reçu aucune proposition adaptée en réponse à sa demande de logement dans le délai fixé en application de l'article L. 441-1-4. Elle peut être saisie sans condition de délai lorsque le demandeur, de bonne foi, est dépourvu de logement, menacé d'expulsion sans relogement, hébergé ou logé temporairement dans un établissement ou un logement de transition, un logement-foyer ou une résidence hôtelière à vocation sociale, logé dans des locaux impropres à l'habitation ou présentant un caractère insalubre ou dangereux. Elle peut également être saisie, sans condition de délai, lorsque le demandeur est logé dans des locaux manifestement sur-occupés ou ne présentant pas le caractère d'un logement décent, s'il a au moins un enfant mineur, s'il présente un handicap au sens de l'article L. 114 du code de l'action sociale et des familles ou s'il a au moins une personne à charge présentant un tel handicap (). Dans un délai fixé par décret, la commission de médiation désigne les demandeurs qu'elle reconnaît prioritaires et auxquels un logement doit être attribué en urgence. Elle détermine pour chaque demandeur, en tenant compte de ses besoins et de ses capacités, les caractéristiques de ce logement. Elle notifie par écrit au demandeur sa décision qui doit être motivée () ". Aux termes de l'article R. 441-14-1 du même code : " La commission, saisie sur le fondement du II ou du III de l'article L. 441-2-3, se prononce sur le caractère prioritaire de la demande et sur l'urgence qu'il y a à attribuer au demandeur un logement ou à l'accueillir dans une structure d'hébergement, en tenant compte des démarches précédemment effectuées. Peuvent être désignées par la commission comme prioritaires et devant être logées d'urgence en application du II de l'article L 441-2-3 les personnes de bonne foi qui satisfont aux conditions réglementaires d'accès au logement social et qui se trouvent dans l'une des situations suivantes : - ne pas avoir reçu de proposition adaptée à leur demande dans le délai fixé en application de l'article L. 441-1-4 ; - être dépourvues de logement. Le cas échéant, la commission apprécie la situation du demandeur logé ou hébergé par ses ascendants en tenant notamment compte de son degré d'autonomie, de son âge, de sa situation familiale et des conditions de fait de la cohabitation portées à sa connaissance ; () ". Aux termes de l'article R. 822-25 du même code : " Le logement au titre duquel le droit à l'aide personnelle au logement est ouvert doit présenter une surface habitable globale au moins égale à neuf mètres carrés pour une personne seule, seize mètres carrés pour un ménage sans enfant ou deux personnes, augmentée de neuf mètres carrés par personne en plus, dans la limite de soixante-dix mètres carrés pour huit personnes et plus. "
4. Il résulte de ces dispositions que, pour être désigné comme prioritaire et devant se voir attribuer d'urgence un logement social, le demandeur doit être de bonne foi, satisfaire aux conditions réglementaires d'accès au logement social et justifier qu'il se trouve dans une des situations prévues au II de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitat et qu'il satisfait à un des critères définis à l'article R. 441-14-1 de ce code. L'appartenance à l'une des catégories mentionnées par les dispositions précitées ne suffit pas à elle seule à rendre éligible une demande de logement. Il faut également que la situation du demandeur présente un caractère d'urgence sur lequel la commission de médiation dispose d'un large pouvoir d'appréciation.
5. Si M. D fait valoir qu'il n'a reçu aucune proposition de logement dans un délai anormalement long, il ressort du recours amiable qu'il n'a pas renseigné cette circonstance dans le formulaire qu'il a adressé à la commission de médiation. En outre, il ressort des pièces du dossier, en particulier du système national d'enregistrement des demandes de logement social, que la dernière demande de logement social de M. D a été déposée le 18 mai 2021, modifiée le 29 avril 2022 puis radiée au 19 juin 2022 pour cause de non-renouvellement. Par suite, le requérant n'est pas dans le cas où il n'a pas reçu de proposition de logement dans le délai anormalement long de 36 mois.
6. M. D qui présente un taux d'incapacité entre 50 et 79% et bénéficie à ce titre d'une carte mobilité inclusion en raison d'une station pénible debout soutient que le studio qu'il occupe avec son épouse, exigu, présente un caractère indécent et insalubre, compte tenu de la présence de nombreuses traces de moisissure et d'humidité dans la pièce principale ainsi que dans la salle de bain alors qu'il souffre d'asthme sévère. M. D ne fournit toutefois aucun élément permettant d'apprécier si la surface du logement occupé est inférieure aux surfaces mentionnées à l'article R. 822-25 du code de la construction et de l'habitation et il n'est nullement démontré que le logement serait inadapté à sa situation de handicap. S'il fait valoir l'indécence du logement compte tenu de la présence de moisissures et l'absence de cuisine, aucune pièce complémentaire, demandée dans le cadre de l'instruction de son recours en vue de vérifier les désordres évoqués dans le logement, n'a été fournie par le requérant et ce dernier ne fournit aucun rapport technique des services d'hygiène démontrant l'insalubrité du logement que les photos produites au dossier ne sauraient à elles seules attester. Si M. D estime que les problèmes d'humidité du logement induit des conséquences sur sa santé, il n'en demeure pas moins qu'en vertu de la procédure de droit commun, il incombe au propriétaire d'effectuer les travaux nécessaires à la résorption de l'indécence du logement et en cas d'inaction de ce dernier, dans le cadre de la même procédure de droit commun, il appartient au requérant de saisir le tribunal judiciaire.
7. Enfin, sans que cela ne soit contesté, l'épouse du requérant, de nationalité marocaine, ne justifie pas de la régularité de son séjour par la production d'une carte de séjour temporaire en qualité de conjointe de français de sorte que M. D ne satisfait pas à l'exigence prévue par les articles R. 300-1 et R. 300-2 du code de la construction et de l'habitation de la régularité du séjour pour l'ensemble des personnes composant le foyer au titre de l'accès au logement social.
8. Compte tenu de ce qui vient d'être exposé ci-dessus, la commission de médiation de l'Hérault a pu, sans commettre d'erreur d'appréciation, ni erreur manifeste, estimer que la situation de M. D ne revêtait pas un caractère prioritaire et urgent au sens des dispositions précitées des articles L. 441-2-3 et R. 414-14-1 du code de la construction et de l'habitation.
9. Il résulte de ce qui précède que M. D n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision implicite attaquée.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
10. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation de M. D, n'appelle aucune mesure d'exécution au sens des dispositions des articles L. 911-1 et suivants du code de justice administrative. Dès lors, les conclusions à fin d'injonction de la requête doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
11. Les dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas à l'instance la partie perdante, la somme réclamée sur le fondement de ces dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. D est rejetée.
Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. A D, au ministre délégué auprès du ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, chargé de la ville et du logement et à Me B.
Copie en sera adressée au préfet de l'Hérault.
Décision rendue publique par mise à disposition au greffe le 26 septembre 2023.
Le magistrat désigné,
M. ROUSSEAULa greffière,
L. ROCHER
La République mande et ordonne au ministre délégué auprès du ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, chargé de la ville et du logement en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 26 septembre 2023
La greffière,
L. ROCHER
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026