mercredi 28 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2203406 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | CYRIELLE BONOMO FAY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 1er juillet 2022, Mme A B épouse C, représentée par Me Bonomo-Fay, demande au tribunal :
1°) l'annulation de l'arrêté du 20 mai 2022 pris par le préfet de l'Hérault portant refus de séjour, obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de destination ;
2°) d'enjoindre au préfet de l'Hérault de l'admettre au séjour au titre de sa vie privée et familiale ou en qualité d'étranger malade ou de procéder au réexamen de sa demande, dans un délai d'un mois à compter du jugement à intervenir sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros, le cas échéant à verser à son conseil en cas d'admission à l'aide juridictionnelle, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et des articles 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Elle soutient que :
- le préfet n'a pas pleinement examiné sa demande et a commis une erreur de fait eu égard à ses attaches familiales en France et aux informations médicales qu'elle a transmises ;
- la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de son état de santé ;
- la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle et familiale.
Par un mémoire en défense, enregistré le 19 août 2022, le préfet de l'Hérault conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par Mme B épouse C ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer ses conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Lesimple, première conseillère, a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Par arrêté du 20 mai 2022 le préfet de l'Hérault a refusé de délivrer à Mme B épouse C, ressortissante marocaine née le 31 mars 1973, un titre de séjour et a prononcé à son encontre une obligation de quitter le territoire français. Mme B épouse C demande l'annulation de cette décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, le préfet a visé les dispositions fondant sa décision et exposé les considérations de fait qui la justifie. Il a notamment fait état de la date déclarée d'entrée en France de l'intéressée, de ses attaches familiales au Maroc et de l'avis rendu par le collège de médecins de l'office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) quant à son état de santé. Alors que le préfet n'était pas tenu de relever l'ensemble des circonstances propres à la situation personnelle de l'intéressée mais uniquement celles qui fondent utilement le sens de sa décision, le fait qu'il n'ait pas précisé toutes les attaches familiales de Mme B épouse C en France alors même qu'il a souligné la présence en France de ses trois enfants, ou ses conditions d'entrée en France, n'entache pas la décision en litige d'un défaut d'examen. De la même manière, si le préfet n'a pas visé l'ensemble des pièces médicales transmises par la requérante, il a souligné qu'aucune pièce n'était de nature à remettre en cause l'avis rendu par le collège de médecins de l'OFII. Enfin, s'il est vrai que le préfet a indiqué que résident au Maroc deux de ses frères et sœurs ainsi que son mari, alors qu'en réalité seul ce dernier réside dans son pays d'origine, cette circonstance ne constitue pas une erreur de fait susceptible d'avoir une influence sur le sens de la décision finalement prise dans la mesure où le préfet fait utilement valoir que Mme B épouse C n'est pas isolée au Maroc. Dès lors, le moyen tiré de ce que la décision en litige serait entachée d'un défaut d'examen de sa situation ou d'une erreur de fait doit être écarté.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an () La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration () ".
4. La partie qui justifie de l'avis d'un collège de médecins de l'OFII qui lui est favorable doit être regardée comme apportant des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence ou l'absence d'un état de santé de nature à justifier la délivrance ou le refus d'un titre de séjour. Dans ce cas, il appartient à l'autre partie, dans le respect des règles relatives au secret médical, de produire tous éléments permettant d'apprécier l'état de santé de l'étranger et, le cas échéant, l'existence ou l'absence d'un traitement approprié et effectivement accessible dans le pays de renvoi.
5. En l'espèce, le collège de médecins de l'OFII a estimé, dans son avis du 12 mai 2022 sur lequel s'est fondé le préfet de l'Hérault, que l'état de santé de l'intéressée nécessitait une prise en charge médicale dont le défaut pouvait entrainer des conséquences d'une gravité exceptionnelle. Il a toutefois estimé qu'eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont est originaire Mme B épouse C, elle peut y bénéficier effectivement d'un traitement approprié.
6. D'une part, le fait qu'un certificat émanant d'un médecin français fasse état de la nécessité de suivre un traitement médical spécifique ne permet pas de conclure à l'indisponibilité de ce traitement ou d'un traitement équivalent adapté au Maroc. D'autre part, si la requérante conteste l'accessibilité des soins offerts dans son pays d'origine, elle n'apporte aucun élément, quant à sa situation financière notamment, permettant d'étayer ses allégations. Dans ces conditions, c'est sans méconnaître les dispositions précitées ni commettre d'erreur manifeste d'appréciation que le préfet a pu prendre l'arrêté en litige.
7. En troisième lieu, il ressort des pièces du dossier que la mère de Mme B épouse C ainsi que les trois enfants de la requérante, ressortissants marocains âgés de 26 ans, 22 ans et 16 ans, résident régulièrement en France tandis que plusieurs de ses frères et sœurs, sont de nationalité française ou résident régulièrement en France. Toutefois, elle n'établit pas avoir ses enfants à charge, ni qu'elle serait la seule à même de pouvoir porter assistance dans la vie quotidienne de sa mère alors qu'elle déclare avoir vécu au Maroc jusqu'en mars 2020, ni enfin, qu'elle entretiendrait des liens d'une particulière intensité avec les membres de sa fratrie. Par ailleurs, la requérante, qui déclare être hébergée par un de ses fils, n'établit pas l'ancienneté de son séjour sur le territoire français. Si elle fait valoir que son mari, qui réside au Maroc, est peu présent compte tenu de séjours fréquents en France, elle ne l'établit nullement alors qu'elle déclare, par ailleurs, qu'il a une activité professionnelle au Maroc. Egalement, si elle évoque une demande de naturalisation déposée par son époux, elle ne l'établit pas alors même que celle-ci n'est, en tout état de cause, pas satisfaite. Dans ces conditions, alors que Mme B épouse C a vécu la majeure partie de sa vie au Maroc, où réside son mari, ressortissant marocain, le préfet n'a pas entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation familiale et personnelle.
8. Il résulte de tout ce qui précède qu'il y a lieu de rejeter les conclusions à fin d'annulation de Mme B. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonctions ainsi que celles présentées sur le fondement des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et des articles 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique doivent également être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête présentée par Mme B épouse C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B épouse C, au préfet de l'Hérault et à Me Bonomo Fay.
Délibéré après l'audience du 15 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Eric Souteyrand, président,
M. Nicolas Huchot, premier conseiller,
Mme Audrey Lesimple, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 septembre 2022.
La rapporteure,
A. Lesimple Le président,
E. Souteyrand
La greffière,
M-A. Barthélémy
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 28 septembre 2022.
La greffière,
M-A. Barthélémy
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026