vendredi 23 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2203467 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | MOULIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 4 juillet 2022 et le 1er septembre 2022, M. B C, représenté par Me Moulin, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 29 mars 2022 par lequel le préfet de l'Hérault a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;
2°) d'enjoindre au préfet de l'Hérault :
- de lui délivrer un titre de séjour dans le délai d'un mois suivant la notification du jugement à intervenir ;
- à défaut, de procéder au réexamen de sa demande et dans l'attente de lui remettre une autorisation provisoire de séjour ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil de la somme de 2 000 euros au titre des dispositions des articles 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
Sur les décisions portant refus de titre de séjour et portant obligation de quitter le territoire :
- les décisions attaquées ne sont pas suffisamment motivées ;
- les décisions attaquées sont entachées d'un défaut d'examen réel et complet et d'une erreur de fait ;
- les décisions attaquées sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation.
Sur la décision implicite rejetant son recours gracieux :
- la décision attaquée est entachée d'un défaut d'examen réel et complet de sa situation ;
- la décision attaquée méconnaît les stipulations de l'article 11 de la convention franco-malienne du 26 septembre 1994 ;
- la décision attaquée est entachée d'une erreur d'appréciation au regard des dispositions des articles L. 421-1 et L. 421-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il pouvait prétendre à la délivrance d'un titre de séjour " salarié " ;
- la décision attaquée est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de l'admission exceptionnelle au séjour.
Par un mémoire en défense, enregistré le 24 août 2022, le préfet de l'Hérault conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens présentés par le requérant ne sont pas fondés.
Par une décision du 3 juin 2022, M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention franco-malienne du 26 septembre 1994 sur la circulation et le séjour des personnes ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A,
- et les observations de Me Moulin, représentant M. C.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, de nationalité malienne, est entré en France muni d'un visa étudiant, le 26 août 2017. Il demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 29 mars 2022 par lequel le préfet de l'Hérault a refusé de lui délivrer un titre de séjour " étudiant ", l'a obligé à quitter le territoire dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination ainsi que la décision implicite rejetant son recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne les décisions portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire :
2. En premier lieu, aux termes des stipulations de l'article 11 de la convention franco-malienne du 26 septembre 1994 sur la circulation et le séjour des personnes : " Après trois années de résidence régulière et non interrompue, les nationaux de chacune des Parties contractantes établis sur le territoire de l'autre Partie, peuvent obtenir un titre de séjour de dix ans, dans les conditions prévues par la législation de l'Etat d'accueil () ". Toutefois, l'article 11 de la convention précitée ne prévoit pas la délivrance automatique d'un titre de séjour aux personnes résidant sur le territoire de l'autre partie depuis plus de trois ans mais renvoie à la législation de l'Etat d'accueil.
3. D'une part, les décisions attaquées refusant de renouveler le titre de séjour " étudiant " du requérant et portant mesure d'éloignement qui visent les textes dont il est fait application, notamment L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et L. 611-1 3° de ce même code, n'avaient pas à mentionner l'article 11 de la convention franco-malienne du 26 septembre 1994 dès lors que l'article précité ne prévoit pas la délivrance automatique d'un titre de séjour et dès lors qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que l'intéressé aurait déposé une demande sur ce fondement. Il est énoncé, par ailleurs, l'ensemble des considérations de fait sur lesquelles les décisions se fondent, de manière suffisamment circonstanciée, pour mettre le requérant en mesure d'en discuter utilement les motifs. Le préfet, qui n'était pas tenu de mentionner de manière exhaustive l'ensemble des éléments relatifs à la situation personnelle de M. C, et notamment ceux relatifs à l'activité professionnelle du requérant en parallèle de ses études depuis août 2018, a ainsi suffisamment motivé la décision litigieuse. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.
4. D'autre part, les stipulations de l'article 11 de la convention de la convention franco-malienne du 26 septembre 1994 ne prévoyant pas la délivrance automatique d'un titre de séjour ainsi qu'il vient d'être exposé aux points précédents, les moyens tirés du défaut d'examen sérieux de la situation du requérant et de l'erreur de fait qui entacheraient les décisions attaquées sur ce fondement ne peuvent qu'être écartés.
5. En second lieu, alors même qu'il résiderait en France depuis cinq ans à la date de la décision contestée et qu'il travaillait en tant qu'agent de sécurité de manière continue depuis août 2018 muni d'un contrat à durée indéterminée, le préfet n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation quant aux conséquences de ses décisions sur la situation personnelle de M. C, célibataire, sans enfant et n'ayant séjourné en France que sous couvert de titres de séjour étudiant ne lui donnant pas vocation à s'y installer durablement.
En ce qui concerne une décision rejetant le recours gracieux introduit par le requérant :
6. Il ressort des termes du courrier du 30 septembre 2021 adressé par le requérant aux services de la préfecture que, bien que se présentant comme un recours gracieux contre l'arrêté litigieux, se borne à solliciter l'obtention d'une carte de résident sur le fondement de l'article 11 de la convention franco-malienne du 26 septembre 1994 ainsi qu'un changement de statut " étudiant " à " salarié " ou une admission exceptionnelle dans ce dernier cadre. Dès lors, ce recours ne constitue pas, contrairement à ce qu'il soutient, un recours gracieux dirigé contre l'arrêté litigieux du 29 mars 2022 refusant la délivrance d'un titre de séjour " étudiant " mais doit être regardé comme une nouvelle demande d'autorisation, distincte de sa demande initiale de renouvellement de son titre de séjour en qualité d'étudiant. Dans ces conditions, l'ensemble des moyens soulevés par le requérant et dirigés à l'encontre d'une soi-disant décision qui rejetterait son recours gracieux introduit à l'encontre de l'arrêté initial refusant de lui délivrer un titre de séjour étudiant doivent être écartés comme inopérants.
7. Il résulte de tout ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 29 mars 2022 par lequel le préfet de l'Hérault a refusé de lui délivrer un titre de séjour " étudiant ", l'a obligé à quitter le territoire dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination ensemble la décision implicite rejetant son recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :
8. Le présent jugement, qui rejette les conclusions aux fins d'annulation présentées par M. C n'appelle aucune mesure d'exécution au sens des dispositions des articles L. 911-1 et suivants du code de justice administrative. Ses conclusions à fin d'injonction et d'astreinte doivent par suite être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
9. L'Etat n'étant pas partie perdante dans la présente instance, les conclusions présentées au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ne peuvent qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B C, au préfet de l'Hérault et à Me Moulin.
Délibéré après l'audience du 5 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Gayrard, président,
Mme Bayada, première conseillère,
Mme Bossi, première conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 septembre 2022.
La rapporteure,
M. Bossi
Le président,
J.-Ph. Gayrard
La greffière,
B. Flaesch
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 23 septembre 2022.
La greffière,
B. Flaeschet
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026