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AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2203483

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2203483

lundi 25 juillet 2022

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2203483
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantSCP SANGUINÈDE DI FRENNA & ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 4 juillet 2022, Mme B C, représentée par Maître Cacciapaglia, avocat, demande au juge des référés :

1°) de suspendre, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, l'arrêté du 9 mai 2022 par lequel le maire de Perpignan l'a placée en position de disponibilité d'office pour raison de santé à compter du 30 avril 2022 ;

2°) d'enjoindre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard, au maire de Perpignan de la placer en congé de longue durée avec effet rétroactif au 30 avril 2021 et régularisation du traitement dans un délai de quinze jours à compter de la présente ordonnance ;

3°) de mettre à la charge de la commune de Perpignan le versement d'une somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la condition d'urgence est remplie ;

- le signataire de l'arrêté attaqué ne bénéficiait pas d'une délégation régulière ;

- l'arrêté est entaché d'un défaut de motivation en droit et en fait ;

- il méconnaît le principe général de non-rétroactivité des actes administratifs ;

- il n'a pas été précédé d'une proposition de reclassement ou d'aménagement de poste ou d'une invitation à présenter une demande de reclassement ;

- au regard de sa pathologie, imputable au service, elle devait pouvoir bénéficier d'un congé de longue durée.

Par un mémoire en défense, enregistré le 20 juillet 2022, la commune de Perpignan, représentée par la société d'avocats Sanguinede, Di Frenna et associés, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge de Mme C sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- la condition d'urgence n'est pas remplie ;

- les moyens soulevés ne sont pas propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté attaqué.

Vu :

- la requête, enregistrée le 4 juillet 2022 sous le numéro 2203482, tendant à l'annulation de l'arrêté contesté ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général de la fonction publique ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;

- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;

- le décret n° 85-1054 du 30 septembre 1985 ;

- le décret n° 87-602 du 30 juillet 1987 ;

- le décret n° 2006-1691 du 22 décembre 2006 ;

- le décret n° 2022-626 du 22 avril 2022 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Nicolas Lafon, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 21 juillet 2022 :

- le rapport de M. Lafon ;

- les observations de Maître Delépine, avocat, représentant Mme C ;

- et les observations de Maître Latapie, avocat, représentant la commune de Perpignan.

Par un mémoire, enregistré le 21 juillet 2022, la commune de Perpignan conclut aux mêmes fins que précédemment par les mêmes moyens.

La clôture de l'instruction a été fixée le 22 juillet 2022 à 10 heures.

Une note en délibéré, enregistrée le 23 juillet 2022, a été présentée pour Mme C.

Considérant ce qui suit :

1. Mme C, adjointe technique territoriale, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'arrêté du 9 mai 2022 par lequel le maire de Perpignan, après avoir constaté qu'elle avait épuisé ses droits statutaires à congé de maladie ordinaire, l'a placée en position de disponibilité d'office pour raison de santé à compter du 30 avril 2022.

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ".

3. Il ressort des pièces du dossier, en l'état de l'instruction, que l'arrêté du 9 mai 2022 avait pour objet de placer provisoirement Mme C, qui avait épuisé ses droits à congé de maladie ordinaire le 30 avril 2022, dans une position statutaire régulière, dans l'attente de l'avis du conseil médical, saisi le 11 avril 2022. Dans ces conditions, la commune de Perpignan n'avait pas à inviter Mme C à présenter de demande de reclassement ou à examiner les possibilités d'aménagement de son poste ou de reclassement avant de prendre cet arrêté provisoire, qui pouvait légalement avoir une portée rétroactive. En outre, l'arrêté attaqué a été signé par un adjoint au maire de Perpignan disposant d'une délégation régulière et ne relève d'aucune des catégories de décisions devant être motivées en application des articles L. 211-1 et suivants du code des relations entre le public et l'administration. Enfin, la requérante n'établit pas, dans le dossier de référé, que sa pathologie serait imputable au service et justifierait un nouveau placement en congé de longue durée. Dans ces conditions, les moyens soulevés par Mme C ne sont pas propres à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté du 9 mai 2022 la plaçant en position de disponibilité d'office pour raison de santé à compter du 30 avril 2022.

4. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner la condition relative à l'urgence, que la requête de Mme C doit être rejetée, ensemble les conclusions tendant au prononcé de mesures d'injonction et celles qu'elle présente sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

5. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'accorder à la commune de Perpignan le bénéfice des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.

Article 2 : Les conclusions de la commune de Perpignan présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B C et à la commune de Perpignan.

Fait à Montpellier, le 25 juillet 2022.

Le juge des référés,

N. LafonLe greffier,

D. Lopez

La République mande et ordonne au préfet des Pyrénées-Orientales en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Montpellier, le 25 juillet 202Le greffier,

D. Lopez

N°2203483

dl

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