jeudi 13 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2203547 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | HOSSEINI NASSAB |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 8 juillet 2022, Mme B E épouse el C, représentée par Me Hosseini Nassab, demande au tribunal :
1°) l'annulation de l'arrêté du 20 avril 2022 par lequel le préfet de l'Hérault a refusé de lui délivrer un titre de séjour et a prononcé une obligation de quitter le territoire français ;
2°) d'enjoindre au préfet de l'Hérault de lui délivrer un titre de séjour dans un délai de huit jours sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros à verser à son conseil en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et des articles 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Elle soutient que :
- l'arrêté a été signé par une autorité incompétente faute de délégation de signature ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire est insuffisamment motivée au regard des conditions posées par l'article L. 251-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la décision portant refus de séjour méconnaît les dispositions de l'article L. 233-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile car son mari dispose pour sa famille de ressources suffisantes ;
- étant donné son droit au séjour, la décision portant obligation de quitter le territoire français viole l'article L. 251-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales car elle a établi en France le centre de ses intérêts privés et familiaux ;
- l'obligation de quitter le territoire français méconnaît l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant au regard de ses conséquences qu'elle a sur son enfant mineur.
Par un mémoire en défense, enregistré le 24 août 2022, le préfet de l'Hérault conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par Mme E épouse A C ne sont pas fondés.
Mme E épouse A C a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du 8 juin 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant, signée à New York le 26 janvier 1990 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer ses conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Lesimple, première conseillère,
- et les observations de Me Hosseini-Nassab, représentant Mme E épouse A C.
Considérant ce qui suit :
1. Par arrêté du 20 avril 2022, le préfet de l'Hérault a refusé de délivrer à Mme E épouse A C, ressortissante marocaine née en 1969, un titre de séjour en sa qualité de membre de famille d'un citoyen de l'Union européenne et a prononcé à son encontre une obligation de quitter le territoire français. Mme E demande l'annulation de cette décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne l'ensemble des décisions :
2. En premier lieu, la décision contestée est signée, pour le préfet de l'Hérault et par délégation, par M. Thierry Laurent, secrétaire général de la préfecture. Par un arrêté n° 2022-03-DRCL-166 du 9 mars 2022, régulièrement publié au recueil des actes administratifs n° 39 du 10 mars 2022, le préfet de l'Hérault a donné délégation à M. D " à l'effet de signer tous actes, arrêtés, décisions et circulaires relevant des attributions de l'Etat dans le département de l'Hérault () / A ce titre, cette délégation comprend donc, notamment, la signature de tous les actes administratifs et correspondances relatifs au séjour et à la police des étrangers () ". Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte attaqué doit être écarté.
En ce qui concerne la décision portant refus de séjour :
3. Aux termes de l'article L. 233-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les citoyens de l'Union européenne ont le droit de séjourner en France pour une durée supérieure à trois mois s'ils satisfont à l'une des conditions suivantes : () 2° Ils disposent pour eux et pour leurs membres de famille de ressources suffisantes afin de ne pas devenir une charge pour le système d'assistance sociale, ainsi que d'une assurance maladie ; () 4° Ils sont membres de famille accompagnant ou rejoignant un citoyen de l'Union européenne qui satisfait aux conditions énoncées aux 1° ou 2° () ". L'article R. 233-1 du même code précise que : " () Lorsqu'il est exigé, le caractère suffisant des ressources est apprécié en tenant compte de la situation personnelle de l'intéressé. En aucun cas, le montant exigé ne peut excéder le montant forfaitaire du revenu de solidarité active mentionné à l'article L. 262-2 du code de l'action sociale et des familles. La charge pour le système d'assistance sociale que peut constituer le ressortissant mentionné à l'article L. 233-1 est évaluée en prenant notamment en compte le montant des prestations sociales non contributives qui lui ont été accordées, la durée de ses difficultés et de son séjour ".
4. Mme E se prévaut de ce que son mari, ressortissant italien qui réside en France, perçoit mensuellement 942 euros en sa qualité de retraité, somme suffisante pour subvenir aux besoins de leur famille qui comprend un enfant âgé de 16 ans. Toutefois, cette somme comprend 903 euros versés au titre de l'allocation de solidarité aux personnes âgées, qui constitue une prestation sociale non contributive, ne pouvant être prise en compte, en vertu des dispositions précitées, pour évaluer les ressources de l'intéressée. Dans ces conditions, c'est sans commettre d'erreur de droit que le préfet a pu estimer que les ressources dont se prévaut la requérante ne sont pas suffisantes au sens des dispositions de l'article L. 233-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de Mme E tendant à l'annulation de la décision portant refus de séjour doivent être rejetées.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
6. En premier lieu, le préfet, qui a visé les dispositions du 1° de l'article L. 251-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en vertu desquelles une obligation de quitter le territoire français peut être prononcée à l'encontre d'un ressortissant de l'union européenne ou d'un membre de sa famille lorsque ce dernier ne justifie plus d'aucun droit au séjour, a, auparavant, précisé les raisons qui l'ont conduit à refuser la délivrance d'un titre de séjour. Par ailleurs, il a examiné les conséquences d'une mesure d'obligation de quitter le territoire français au regard des dispositions des articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation de la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être écarté.
7. En deuxième lieu, il résulte des éléments développés au point 4 du présent jugement que Mme E n'établit pas pouvoir bénéficier d'un droit au séjour sur le fondement du 4° de l'article L. 233-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Dès lors, c'est sans commettre d'erreur de droit que le préfet a pu prononcer à son encontre une obligation de quitter le territoire français sur le fondement du 1° de l'article L. 251-1 du même code.
8. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
9. Mme E, entrée en France le 10 octobre 2021, déclare y avoir rejoint celui qui est son mari depuis 2002, accompagnée de leur fils. Toutefois, alors qu'il résulte des éléments développés au point 4 du présent jugement que son mari ne dispose pas d'un droit au séjour en France, elle-même ne démontre aucune intégration sur le territoire français. Au demeurant, alors qu'elle n'apporte aucune précision quant à ses conditions précédentes de résidence ou à l'ancienneté de la communauté de vie avec son époux, elle n'établit ni même n'allègue que la cellule familiale ne pourrait pas se reconstituer au Maroc, pays dont elle est originaire et où lui a été délivré son visa d'entrée en France, ou le cas échéant, en Italie, pays dont son mari et son fils ont également la nationalité. Dès lors, c'est sans méconnaître les dispositions précitées que le préfet a pu prononcer à son encontre une obligation de quitter le territoire français.
10. En troisième lieu, aux termes de l'article 3 de la convention relative aux droits de l'enfant, signée à New-York le 26 janvier 1990 : " 1. Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale. () ".
11. S'il est constant que le fils de la requérante a été scolarisé, au titre de l'année 2021/2022, en France en classe de seconde générale, cette circonstance ne suffit pas à justifier qu'il aurait établi le centre de ses intérêts privés et familiaux en France. Alors qu'en outre la décision en litige n'a pas pour effet de séparer cet enfant de ses parents, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées doit donc être écarté.
12. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de Mme E tendant à l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français doivent être rejetées.
13. Il résulte de tout ce qui précède qu'il y a lieu de rejeter les conclusions à fin d'annulation de Mme E. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonctions ainsi que celles présentées sur le fondement des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et des articles 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique doivent également être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête présentée par Mme E épouse A C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B E épouse A C, au préfet de l'Hérault et à Me Hosseini Nassab.
Délibéré après l'audience du 28 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Eric Souteyrand, président,
M. Nicolas Huchot, premier conseiller,
Mme Audrey Lesimple, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 octobre 2022.
La rapporteure,
A. Lesimple Le président,
E. Souteyrand
La greffière,
M-A Barthélémy
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 13 octobre 2022.
La greffière,
M-A Barthélémy
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026