jeudi 11 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2203590 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | SCP COULOMBIE, GRAS, CRETIN, BECQUEVORT, ROSIER, SOLAND |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 8 juillet 2022 et 22 février 2023, Mme C et M. B N, Mme A N, Mme H et M. B I, Mme M J et M. P I, Mme K et M. D E, MM. Michel, Alexis et Grégory E et Mme O et M. L F, représentés par Me Betrom, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 11 mai 2022 par lequel le maire de la commune de Pézenas a délivré à la SCCV Land un permis de construire trois bâtiments d'habitation comportant dix logements pour une surface de plancher de 566,10 m² sur un terrain situé chemin du Pontil de Conas, parcelles cadastrées section AO n°s 648 et 651 ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Pézenas une somme de 800 euros à verser à chacun des requérants.
Ils soutiennent que :
- ils justifient d'un intérêt à agir contre le permis querellé ;
- le permis délivré méconnaît les dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme et est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- il méconnaît les dispositions de l'article UB 7 du règlement du plan local d'urbanisme.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 octobre 2022, la SCCV Land, représentée par la SCP CGCB et Associés, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge des requérants au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 27 janvier 2023, la commune de Pézenas, représentée par l'AARPI MB avocats, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge solidaire des requérants au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
La clôture de l'instruction a été fixée au 13 mars 2023 par ordonnance du même jour, en application des articles R. 611-11-1 et R. 613-1 du code de justice administrative.
Un mémoire présenté pour la commune de Pézenas, représentée par l'AARPI MB avocats, a été enregistré le 20 mars 2023, soit postérieurement à la clôture de l'instruction, et n'a pas été communiqué.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir entendu au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Goursaud, premier conseiller ;
- les conclusions de Mme Villemejeanne, rapporteure publique ;
- les observations de Me Betrom, représentant M. et Mme N et autres, celles de Me Hamidi, représentant la commune de Pézenas, et celles de Me Crétin, représentant la SCCV Land.
Considérant ce qui suit :
1. Le 29 décembre 2021, la SCCV Land a déposé une demande de permis de construire trois bâtiments d'habitation comportant dix logements pour une surface de plancher de 566,10 m² sur un terrain situé chemin du Pontil de Conas, parcelles cadastrées AO n°s 648 et 651, sur le territoire de la commune de Pézenas. Par arrêté du 11 mai 2022, le maire de Pézenas lui a délivré le permis sollicité. Par la présente requête, M. et Mme N et autres demandent l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations ".
3. Il appartient à l'autorité d'urbanisme compétente et au juge de l'excès de pouvoir, pour apprécier si les risques d'atteintes à la salubrité ou à la sécurité publique justifient un refus de permis de construire sur le fondement de ces dispositions, de tenir compte tant de la probabilité de réalisation de ces risques que de la gravité de leurs conséquences, s'ils se réalisent. Par ailleurs, en vertu de ces dispositions, lorsqu'un projet de construction est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique, le permis d'aménager ne peut être refusé que si l'autorité compétente estime, sous le contrôle du juge, qu'il n'est pas légalement possible, au vu du dossier et de l'instruction de la demande de permis, d'accorder le permis en l'assortissant de prescriptions spéciales qui, sans apporter au projet de modifications substantielles nécessitant la présentation d'une nouvelle demande, permettraient d'assurer la conformité de la construction aux dispositions législatives et réglementaires dont l'administration est chargée d'assurer le respect.
4. D'une part, les requérants soutiennent que l'accès au terrain d'assiette par le chemin du Pontil de Conas, voie à double sens de circulation dépourvue de trottoirs, présente un risque pour la sécurité publique compte tenu de son étroitesse, de son caractère inondable et du flux de circulation supplémentaire que va engendrer le projet. Toutefois il ne ressort pas des pièces du dossier que cette voie de desserte serait inadaptée au regard de la configuration des lieux et du flux de véhicules, alors en outre que le caractère accidentogène de ce secteur de la commune n'est jamais démontré. Il ressort notamment des procès-verbaux de constats d'huissier versés au débat qu'elle présente sur l'ensemble de sa longueur une largeur totale, bande de roulement et bas-côtés carrossables compris, supérieure à 5 mètres permettant le croisement de deux véhicules et le passage des engins de défense et de lutte contre l'incendie, ainsi que des accotements permettant la circulation des piétons. Au demeurant, le service départemental d'incendie et de secours de l'Hérault a rendu le 23 mars 2022 un avis favorable au projet en considérant que " l'accessibilité existante et prévue est suffisamment dimensionnée ". Cette voie est rectiligne et, contrairement à ce que soutiennent les requérants, permet un accès sécurisé au terrain d'assiette dans des conditions de visibilité satisfaisantes ne nécessitant pas la pose d'un miroir de visibilité. En outre, alors que le permis de construire ne saurait être refusé pour des motifs tenant à des difficultés générales de circulation ou de stationnement dans le secteur d'implantation du projet mais seulement au regard des conditions dans lesquelles le projet doit être desservi, M. et Mme N et autres ne sauraient utilement se prévaloir du stationnement anarchique constaté le long du chemin du Pontil de Conas. Enfin la seule circonstance que ce chemin soit régulièrement inondé lors d'épisodes pluvieux n'est pas, en elle-même, de nature à révéler l'existence d'un risque pour la sécurité publique.
5. D'autre part, l'existence d'une servitude consentie par le département de l'Hérault au bénéfice d'ENEDIS pour une ligne électrique souterraine située au droit du chemin du Pontil de Conas ne prive pas d'effet l'avis favorable rendu par le service Pôles route et aménagement du territoire du département prévoyant que le carrefour de la Paix, situé en dehors de l'emprise de cette servitude, " devra être aménagé en organisant les régimes de priorité et l'insertion sur la départementale ".
6. Il résulte de ce qui précède que la délivrance du permis de construire contesté n'est pas entachée d'erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions précitées de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme.
7. En deuxième lieu, les requérants ne sauraient utilement se prévaloir de la méconnaissance du règlement départemental de défense extérieure contre l'incendie (RDDECI) de l'Hérault, lequel relève d'une législation distincte de celle de l'urbanisme, et n'est pas directement opposable aux demandes de permis de construire.
8. En troisième lieu, aux termes de l'article UB 7 du règlement du plan local d'urbanisme : " () Il est exigé : - Pour les constructions et aménagements à usage d'habitation, deux places de stationnement par logement () ". Et aux termes du II de l'article 3 de l'arrêté du 24 décembre 2015 relatif à l'accessibilité aux personnes handicapées des bâtiments d'habitation collectifs et des maisons individuelles lors de leur construction : " 1° Nombre : Dans les bâtiments d'habitation collectifs, les places adaptées destinées à l'usage des occupants doivent représenter au minimum 5 % du nombre total de places prévues pour les occupants. () ".
9. En l'espèce dix logements sont prévus dans le permis de construire ce qui impose de prévoir vingt places de stationnement. Il ressort des pièces du dossier, notamment du plan de masse, que vingt places de stationnement extérieur sont prévues dont une place pour les personnes à mobilité réduite devant le bâtiment 1, conformément aux dispositions précitées. Par suite, et dès lors que l'article UB 7 n'exige pas la création d'une place de stationnement pour les personnes à mobilité réduite en sus de celles dédiées à l'habitation, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UB 7 ne peut qu'être écarté.
10. Il résulte de tout ce qui précède que les requérants ne sont pas fondés à demander l'annulation du permis de construire attaqué.
Sur les frais liés au litige :
11. En vertu des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, le tribunal ne peut pas faire bénéficier la partie tenue aux dépens ou la partie perdante du paiement par l'autre partie des frais qu'elle a exposés à l'occasion du litige soumis au juge. Les conclusions présentées à ce titre par M. et Mme N et autres doivent, dès lors, être rejetées. En revanche, il y a lieu en application de ces dispositions, de mettre à la charge solidaire de M. et Mme N et autres le versement d'une somme de 1 000 euros à la commune de Pézenas et d'une somme de 1 000 euros à la SCCV Land au titre des frais exposés par elles et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. et Mme N et autres est rejetée.
Article 2 : M. et Mme N et autres verseront solidairement à la commune de Pézenas une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : M. et Mme N et autres verseront solidairement à la SCCV Land une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme C N, première dénommée, à la commune de Pézenas et à la SCCV Land.
Délibéré après l'audience du 13 avril 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Lison Rigaud, présidente,
Mme Isabelle Pastor, première conseillère,
M. François Goursaud, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 mai 2023.
Le rapporteur,
F. Goursaud
La présidente,
L. Rigaud
La greffière,
M. G
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,
M. G00aj
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026