mardi 21 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2203622 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | GROUSSARD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, un bordereau de pièces et un mémoire récapitulatif enregistrés les 11, 18 juillet et 17 novembre 2022, Mme A B, représentée par Me Paget, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision en date du 14 avril 2022 par laquelle l'inspectrice du travail de l'unité de contrôle n° 2 de l'Hérault a autorisé la société anonyme Des Gazettes Associées de procéder à son licenciement pour motif économique ;
2°) de mettre respectivement à la charge de l'Etat et de la société anonyme Des Gazettes Associées la somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision en litige est insuffisamment motivée dès lors que quel que soit le motif de rupture invoqué par l'employeur, l'inspecteur du travail doit examiner notamment si la rupture envisagée est en rapport avec le mandat détenu, révélant un défaut d'examen ; en outre, elle ne mentionne pas les efforts entrepris par l'employeur en vue de son reclassement en interne ou au sein du groupe auquel appartient la société anonyme Des Gazettes Associées ;
- la véritable cause de son licenciement repose, non pas sur un motif économique, mais sur le mandat de membre titulaire au comité social et économique qu'elle exerçait ;
- l'employeur s'est abstenu d'effectuer une recherche loyale et sérieuse quant à son reclassement que ce soit en interne ou en externe ;
- les difficultés économiques de la société anonyme Des Gazettes Associées au sens de l'article L. 1233-3 du code du travail ne sont pas avérées et ne pouvaient donc pas justifier son licenciement pour motif économique ; en outre, les difficultés économiques doivent être appréciées à la date de notification du licenciement et ne pouvaient seulement être appréciées à l'aune d'une diminution du volume de la publicité entre 2020 et 2021 ; la digitalisation de l'entreprise et du poste d'assistante commerciale par l'acquisition du logiciel de gestion CRM n'est pas suffisante pour justifier son licenciement pour motif économique dès lors que ce logiciel ne peut se substituer en totalité aux diverses missions de l'assistante commerciale.
Par un mémoire enregistré le 8 novembre 2022, la Direction Régionale de l'Economie, de l'Emploi, du Travail et des Solidarités d'Occitanie déclare s'en remettre à la sagesse du tribunal sur les suites à donner au recours de Mme B.
Par un mémoire enregistré le 18 octobre 2022 la société anonyme des Gazettes Associées a transmis au tribunal le dossier de demande d'autorisation de licenciement économique de Mme B et expose que la première demande d'autorisation de licenciement a été refusée par une décision de l'inspectrice du travail du 17 janvier 2022 au motif que le délai de cinq jours ouvrables entre la date de présentation de la lettre de convocation à l'entretien préalable au licenciement le 17 septembre 2021, et la date effective de l'entretien le 22 septembre 2021 n'a pas été respecté.
Par un mémoire enregistré le 17 avril 2024, la société anonyme des Gazettes Associées, représentée par Me Groussard, conclut au rejet de la requête en faisant valoir que les moyens invoqués ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code du travail ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Rousseau, premier conseiller,
- les conclusions de M. Lafay, rapporteur public,
- et les observations de Me Paget, représentant Mme B et de Me Groussard, assistée de Me Girard, auditeur de justice, représentant la société anonyme des Gazettes Associées.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B a été recrutée par la société anonyme des Gazettes Associées (SAGA), société de presse, en qualité d'assistante commerciale publicité, à compter du mois de février 2017, dans le cadre d'un contrat de travail à durée indéterminée à temps complet. Elle y détient depuis la fin de l'année 2019 le mandat de membre titulaire au comité social et économique. Par un courrier du 15 mars 2022 la S.A Des Gazettes Associées a sollicité auprès de l'inspection du travail l'autorisation de la licencier pour motif économique. Par une décision du 14 avril 2022, l'inspectrice du travail de l'unité de contrôle n° 2 de l'Hérault a autorisé le licenciement de cette dernière. Mme B demande au tribunal d'annuler cette décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article R. 2421-5 du code du travail : " La décision de l'inspecteur du travail est motivée. () " et aux termes de l'article R. 2421-7 du même code : " L'inspecteur du travail et, en cas de recours hiérarchique, le ministre, examinent notamment si la mesure de licenciement envisagée est en rapport avec le mandat détenu, sollicité ou antérieurement exercé par l'intéressé. ".
3. En vertu des dispositions du code du travail, les salariés légalement investis de fonctions représentatives bénéficient, dans l'intérêt de l'ensemble des salariés qu'ils représentent, d'une protection exceptionnelle ; que, lorsque le licenciement d'un de ces salariés est envisagé, ce licenciement ne doit pas être en rapport avec les fonctions représentatives normalement exercées ou l'appartenance syndicale de l'intéressé. Dans les cas où la demande d'autorisation est motivée par un motif économique, il appartient à l'inspecteur du travail et, le cas échéant, au ministre, de rechercher si la situation de l'entreprise justifie le licenciement du salarié, en tenant compte notamment de la nécessité des réductions d'effectifs envisagées et de la possibilité d'assurer le reclassement du salarié dans l'entreprise ou au sein du groupe auquel appartient cette dernière. L'autorité administrative ne peut légalement faire droit à une telle demande d'autorisation de licenciement que si l'ensemble de ces exigences sont remplies En outre, pour refuser l'autorisation sollicitée, l'autorité administrative a la faculté de retenir des motifs d'intérêt général relevant de son pouvoir d'appréciation de l'opportunité, sous réserve qu'une atteinte excessive ne soit pas portée à l'un ou l'autre des intérêts en présence.
4. S'il ressort des termes de la décision attaquée que les considérations de droit qui constituent le fondement de la décision portant autorisation de licencier Mme B pour motif économique ont bien été précisées en particulier les dispositions pertinentes des articles L. 1233-3, L. 2411-1 et L. 2411-5 et suivants du code du travail, qu'elle mentionne la situation de Mme B comme détenant le mandat de membre du comité d'établissement et qu'elle expose de façon circonstanciée les éléments d'appréciation de la réalité du motif économique allégué par la SA Des Gazettes Associées, en revanche, elle ne comporte aucune mention de l'existence ou de l'absence de lien entre la mesure de licenciement envisagée à l'encontre de Mme B et le mandat de membre du comité social et économique qu'elle détient. En l'absence de toute mention en ce sens, il n'est pas établi que l'inspectrice du travail ait exercé le contrôle qui lui incombe sur ce point. Par suite, Mme B, est fondée à soutenir que la décision en litige est insuffisamment motivée et procède d'un défaut d'examen constitutif d'une erreur de droit.
5. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu d'annuler la décision prise par l'inspectrice du travail de l'unité de contrôle n° 2 de l'Hérault du 14 avril 2022, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête dirigés contre cette décision.
Sur les frais liés au litige :
6. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Mme B la somme de 1 200 euros au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens sans qu'il y ait lieu toutefois, dans les circonstances de l'espèce, de mettre la même somme à la charge de la société anonyme des Gazettes Associées au même titre.
D E C I D E :
Article 1er : La décision de l'inspectrice du travail de l'unité de contrôle n° 2 de l'Hérault en date du 14 avril 2022, en tant qu'elle autorise l'employeur de Mme B à la licencier, est annulée.
Article 2 : L'Etat versera à Mme B la somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : La présente décision sera notifiée à Mme A B à la société anonyme des Gazettes Associées et à la ministre du travail, de la santé et des solidarités.
Copie en sera adressée à la Direction Régionale de l'Economie, de l'Emploi, du Travail et des Solidarités d'Occitanie.
Délibéré après l'audience du 7 mai 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Encontre, présidente,
Mme Teuly-Desportes, première conseillère,
M. Rousseau, premier conseiller.
Décision rendue publique par mise à disposition au greffe le 21 mai 2024.
Le rapporteur,
M. Rousseau
La présidente,
S. Encontre Le greffier,
D. Lopez
La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 21 mai 2024
Le greffier,
D. Lopez
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026