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AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2203677

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2203677

mardi 19 juillet 2022

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2203677
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationPROCEDURES 96 H H / 48 H
Avocat requérantDELCHAMBRE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 13 et 19 juillet 2022, M. B E, actuellement retenu au centre de rétention administrative de Perpignan, représenté par Me Delchambre, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler, pour excès de pouvoir, l'arrêté du préfet de l'Hérault du 31 mai 2022, notifié le 13 juillet 2022, portant obligation de quitter le territoire français sans délai, assortie d'une interdiction de retour d'une durée de deux ans ;

3°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour et de procéder au réexamen de sa situation, de lui accorder un délai de départ volontaire de six mois dans l'hypothèse où la légalité de l'obligation de quitter le territoire français serait confirmée, et de réduire la durée de l'interdiction de retour dans l'hypothèse où la légalité de l'obligation de quitter le territoire français et de l'interdiction de retour serait confirmée ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil de la somme de 1 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l'arrêté contesté émane d'une autorité incompétente en l'absence de délégation de signature accordée à son signataire ;

- la décision énonçant l'obligation de quitter le territoire français est insuffisamment motivée ;

- l'arrêté contesté est intervenu au terme d'une procédure irrégulière, dès lors que les stipulations de l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne n'ont pas été respectées ;

- le motif tiré de ce qu'il n'est pas en possession d'un document de voyage revêtu d'un visa de court séjour est matériellement inexact ;

- il ne pouvait faire l'objet d'une obligation de quitter le territoire français en application des dispositions du 3° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- l'obligation de quitter le territoire français porte à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts poursuivis, en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le préfet a fait une inexacte application des dispositions des articles L. 612-2 et L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en refusant de lui accorder un délai de départ volontaire ;

- la décision énonçant l'interdiction de retour est insuffisamment motivée ;

- le préfet a fait une inexacte application des dispositions de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en prononçant une interdiction de retour d'une durée de deux ans ;

- la durée de l'interdiction de retour est disproportionnée ;

- l'interdiction de retour d'une durée de deux ans porte à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts poursuivis.

Par un mémoire en défense, enregistré le 19 juillet 2022, le préfet de l'Hérault conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. F ;

- et les observations de Me Delchambre, représentant M. E, assisté de M. A D.

Considérant ce qui suit :

1. M. E, ressortissant marocain né le 20 novembre 1986, entré sur le territoire national en 2011 selon ses déclarations, a fait l'objet d'une première obligation de quitter le territoire français par un arrêté du préfet de Vaucluse du 20 avril 2018, qu'il n'a pas exécutée. Par un arrêt de la Cour d'appel de Montpellier du 9 novembre 2021, M. E, écroué depuis le 13 juillet 2021 au centre pénitentiaire de Villeneuve-Lès-Maguelone, a été condamné à une peine d'emprisonnement de dix-huit mois pour des faits " d'usage illicite de stupéfiants et violence avec usage ou menace d'une arme suivie d'incapacité n'excédant pas huit jours, récidive ". M. E demande l'annulation, pour excès de pouvoir, de l'arrêté du préfet des Pyrénées-Orientales du 31 mai 2022, notifié le 13 juillet 2022, portant obligation de quitter le territoire français sans délai, assortie d'une interdiction de retour d'une durée de deux ans.

Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente () ". Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de prononcer l'admission provisoire de M. E au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne le moyen commun aux décisions contestées :

3. Par un arrêté n° 2022.03.DRCL.0174 du 16 mars 2022, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture, le préfet de l'Hérault a accordé à Mme C G, chef du bureau de l'asile, du contentieux et de l'éloignement, une délégation à l'effet de signer " tout arrêté ayant trait à une mesure d'éloignement concernant les étrangers séjournant irrégulièrement sur le territoire français ". Cette délégation de signature habilitait ainsi Mme G à signer l'arrêté portant obligation de quitter le territoire français avec délai, assortie d'une interdiction de retour d'une durée de deux ans, pris à l'encontre de M. E. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire doit être écarté.

En ce qui concerne la légalité de l'obligation de quitter le territoire français :

4. En premier lieu, l'arrêté contesté fait référence aux 1° et 5° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont il est fait application et mentionne, d'une part, qu'eu égard aux faits pour lesquels il a été condamné à une peine d'emprisonnement de dix-huit mois et au risque de récidive, le comportement personnel de M. E constitue une menace réelle, actuelle et suffisamment grave à l'encontre d'un intérêt fondamental de la société française, d'autre part, que l'intéressé ne justifie pas d'une entrée régulière sur le territoire français. L'arrêté énonce ainsi les éléments pertinents de la situation personnelle du requérant, par des mentions qui ne présentent pas un caractère stéréotypé. Ces indications ont permis au requérant de comprendre et de contester la décision énonçant l'obligation de quitter le territoire français. Cette décision est ainsi suffisamment motivée en droit et en fait. La régularité de cette motivation ne dépend pas du bien-fondé des motifs énoncés.

5. En deuxième lieu, aux termes de l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " 1. Toute personne a le droit de voir ses affaires réglées impartialement, équitablement et dans un délai raisonnable par les institutions et organes de l'Union. / 2. Ce droit comporte notamment : / - le droit de toute personne d'être entendue avant qu'une mesure individuelle qui l'affecterait défavorablement ne soit prise à son encontre () ". Aux termes du paragraphe 1 de l'article 51 de la Charte : " Les dispositions de la présente Charte s'adressent aux institutions, organes et organismes de l'Union dans le respect du principe de subsidiarité, ainsi qu'aux Etats membres uniquement lorsqu'ils mettent en œuvre le droit de l'Union. () ".

6. Il est constant que M. E, qui s'est maintenu en situation irrégulière sur le territoire français pendant de nombreuses années, n'a effectué aucune démarche en vue de régulariser sa situation. Il ressort des pièces du dossier que, le 31 mai 2022, il a refusé de se présenter à la convocation de la police aux frontières de Sète qui souhaitait l'auditionner, avant l'édiction d'une mesure d'éloignement. Ce refus a été réitéré le 7 juin 2022. En outre, il ne ressort pas des pièces du dossier que le requérant, qui savait que la situation irrégulière dans laquelle il se trouvait l'exposait à une mesure d'éloignement dès lors qu'il a déjà fait l'objet d'une telle mesure le 20 avril 2018, disposait d'informations, tenant à sa situation personnelle, qu'il aurait été empêché de porter à la connaissance du préfet de l'Hérault avant que ne soit prise à son encontre la mesure d'éloignement qu'il conteste et qui, si elles avaient pu être communiquées à temps, auraient été de nature à faire obstacle à l'édiction de cette décision. Il s'ensuit que le moyen tiré de ce que la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français a été prise en méconnaissance du principe général du droit d'être entendu, qui est au nombre des principes fondamentaux du droit de l'Union européenne et qui est notamment énoncé à l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, doit être écarté.

7. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants :/ 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité ;/ () 5° Le comportement de l'étranger qui ne réside pas régulièrement en France depuis plus de trois mois constitue une menace pour l'ordre public ;/ () ".

8. Il ressort des pièces du dossier que M. E a été condamné à une peine d'emprisonnement de dix-huit mois pour des faits " d'usage illicite de stupéfiants et violence avec usage ou menace d'une arme suivie d'incapacité n'excédant pas huit jours, récidive ", par un arrêt de la Cour d'appel de Montpellier du 9 novembre 2021. Eu égard à la gravité de ces faits, qui ne sont pas anciens, le comportement de M. E constitue une menace pour l'ordre public. Ainsi le requérant entrait dans le cas, prévu au 5° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, où l'autorité préfectorale peut obliger un étranger à quitter le territoire français, ce qui n'est pas contesté. En admettant même que le requérant serait entré régulièrement en France le 26 janvier 2011 en étant titulaire d'un passeport revêtu d'un visa, lequel aurait été retenu par l'autorité préfectorale à la suite de l'obligation de quitter le territoire français prononcée à son encontre le 20 avril 2018, il ressort des pièces du dossier que le préfet de l'Hérault aurait pris la même décision s'il s'était fondé sur le seul motif que son comportement constitue une menace pour l'ordre public.

9. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français :/ () 3°) L'étranger qui réside régulièrement en France depuis plus de dix ans, sauf s'il a été, pendant toute cette période, titulaire d'une carte de séjour temporaire ou pluriannuelle portant la mention " étudiant " ;/ () ".

10. Il ne ressort pas des pièces du dossier que M. E aurait été titulaire de titres de séjour ou de récépissés de demande de titre de séjour pendant une période de plus de dix ans. Le requérant n'est dès lors pas fondé à soutenir qu'il ne pouvait faire l'objet d'une obligation de quitter le territoire français en application des dispositions précitées.

11. En cinquième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ". Pour l'application de ces stipulations, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France doit apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine.

12. M. E soutient résider habituellement en France depuis le 26 janvier 2011. Il est vrai que les pièces qu'il verse au dossier permettent d'attester de l'ancienneté de son séjour sur le territoire français. Toutefois, l'intéressé est célibataire, sans enfant. Il a vécu jusqu'à l'âge de vingt-quatre ans au Maroc, où il ne justifie pas être dépourvu d'attaches familiales, alors qu'il ne dispose pas d'attaches familiales proches en France. M. E, qui n'a jamais sollicité la délivrance d'un titre de séjour, est demeuré dans la clandestinité pendant de très nombreuses années. Il s'est maintenu sur le territoire français en dépit de l'obligation de quitter le territoire français prononcée à son encontre le 20 avril 2018, qu'il n'a pas exécutée. En outre, eu égard à la nature et à la gravité des faits pour lesquels il a été condamné à une peine d'emprisonnement de dix-huit mois par un arrêt de la Cour d'appel de Montpellier du 9 novembre 2021, son comportement constitue une menace pour l'ordre public. Ainsi dans les circonstances de l'espèce, l'obligation de quitter le territoire français n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts poursuivis. Il s'ensuit que le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

13. Eu égard à l'objet de l'arrêté contesté, qui prononce une obligation de quitter le territoire français, le requérant ne peut utilement invoquer la méconnaissance des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, relatives à la délivrance d'une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale ".

En ce qui concerne la légalité de la décision refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire :

14. Aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants :/ () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ". Aux termes de l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants :/ () 5° L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement ;/ () ".

15. Il est constant que M. E n'a pas exécuté l'obligation de quitter le territoire français prise à son encontre par un arrêté du préfet de Vaucluse du 20 avril 2018. Pour ce seul motif, le risque qu'il se soustraie à l'obligation de quitter le territoire français en litige est établi. Cette circonstance était de nature à justifier le refus d'octroi d'un délai de départ volontaire. Dès lors, le préfet de l'Hérault n'a pas fait une inexacte application des dispositions précitées du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

En ce qui concerne la légalité de l'interdiction de retour :

16. En premier lieu, la décision d'interdiction de retour doit comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, de sorte que son destinataire puisse à sa seule lecture en connaître les motifs. Cette motivation doit attester de la prise en compte par l'autorité compétente, au vu de la situation de l'intéressé, de l'ensemble des critères prévus par la loi. Il incombe ainsi à l'autorité compétente qui prend une décision d'interdiction de retour d'indiquer dans quel cas susceptible de justifier une telle mesure se trouve l'étranger. Elle doit par ailleurs faire état des éléments de la situation de l'intéressé au vu desquels elle a arrêté, dans son principe et dans sa durée, sa décision, eu égard notamment à la durée de la présence de l'étranger sur le territoire français, à la nature et à l'ancienneté de ses liens avec la France et, le cas échéant, aux précédentes mesures d'éloignement dont il a fait l'objet.

17. Le préfet a relevé que M. E a déclaré être présent sur le territoire français depuis l'année 2011, qu'il est célibataire sans enfant et ne justifie pas avoir établi le centre de ses intérêts privés et familiaux en France, qu'il déjà fait l'objet d'une mesure d'éloignement et que son comportement constitue une menace pour l'ordre public. Contrairement à ce qui est soutenu, cette motivation, qui atteste de la prise en compte par le préfet de l'ensemble des critères prévus par la loi, est suffisante.

18. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. ". Selon l'article L. 612-10 du même code, pour fixer la durée de l'interdiction de retour, " l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français ".

19. M. E ne se prévaut d'aucun motif humanitaire de nature à justifier qu'aucune interdiction de retour ne soit prononcée à son encontre. Célibataire sans enfant, il n'a pas d'attaches familiales proches en France. Il ressort des pièces du dossier qu'il a déjà fait l'objet, le 20 avril 2018, d'une obligation de quitter le territoire français. Ainsi qu'il l'a été exposé au point 8, sa présence en France représente une menace pour l'ordre public. Nonobstant la durée de sa présence sur le territoire national, l'ensemble des circonstances propres à sa situation personnelle est de nature à justifier légalement dans son principe et sa durée la décision d'interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans, qui n'est pas en l'espèce disproportionnée.

20. En troisième lieu, eu égard aux éléments relatifs à la situation personnelle exposés au point précédent, M. E n'est pas fondé à soutenir que l'interdiction de retour d'une durée de deux ans porte une atteinte à son droit au respect de sa vie privée et familiale disproportionnée aux buts poursuivis, en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

21. Il résulte de tout ce qui précède que M. E n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du préfet de l'Hérault du 31 mai 2022.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

22. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté contesté, n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions de M. E à fin d'injonction de délivrance d'une autorisation provisoire de séjour et de réexamen de sa situation doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

23. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, une somme quelconque au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

DECIDE :

Article 1er : M. E est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. E est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B E, au préfet de l'Hérault et à Me Delchambre.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 juillet 2022.

Le magistrat désigné,

Signé :

H. FLe greffier,

Signé :

D. Martinier

La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Montpellier, le 19 juillet 202Le greffier,

D. Martinier

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