jeudi 8 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2203709 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | SELARL MAILLOT AVOCATS & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 14 juillet 2022, M. E F et Mme C F, représentés par Me Duhil de Benazé, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 20 septembre 2021 par lequel le maire de la commune de Bélarga a accordé à M. et Mme H un permis de construire portant création d'une maison d'habitation ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Bélarga la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que l'arrêté :
- a été pris par une autorité incompétente ;
- méconnait les articles L. 422-5 et L. 422-6 du code de l'urbanisme en l'absence d'avis conforme ;
- est illégal en l'absence d'autorisation de lotir, annulées par un jugement du 30 juin 2022, et méconnait les articles L. 442-3 et L. 421-6 du code de l'urbanisme ;
- méconnait l'article L. 111-3 du code de l'urbanisme et l'autorité de chose jugée, en ce que le terrain d'assiette se situe en dehors des parties urbanisées.
Par un mémoire en défense, enregistré le 7 septembre 2023, la commune de Bélarga, représentée par Me Maillot conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge de M. et Mme F au titre de l'article L. 761-1 code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable en raison de sa tardiveté ;
- la requête est irrecevable pour défaut d'intérêt à agir.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. D ;
- les conclusions de M. Goursaud, rapporteur public ;
- les observations de Me Duhil de Benazé, représentant M. et Mme F ;
- et les observations de Me Coelo, représentant la commune de Belarga.
Considérant ce qui suit :
1. M. et Mme H ont déposé le 20 avril 2021 une demande de permis de construire auprès des services de la commune de Bélarga pour la construction d'une maison individuelle avec garage sur un terrain relevant du lot n° 9 du lotissement " O Gré du Bonheur " sur la parcelle cadastrée section AE 439. Par un arrêté n° PC 034 029 21 0002 du 20 septembre 2021, le maire de la commune de Bélarga a délivré le permis de construire sollicité. Par la présente requête, M. et Mme F sollicitent l'annulation de l'arrêté du 20 septembre 2021, ensemble la décision implicite rejetant le recours gracieux exercé le 12 octobre 2021.
Sur la fin de non-recevoir tirée de la tardiveté de la requête :
2. Aux termes de l'article R. 600-2 du code de l'urbanisme : " Le délai de recours contentieux à l'encontre d'une décision de non-opposition à une déclaration préalable ou d'un permis de construire, d'aménager ou de démolir court à l'égard des tiers à compter du premier jour d'une période continue de deux mois d'affichage sur le terrain des pièces mentionnées à l'article R. 424-15. ". Aux termes de l'article R. 424-15 du même code : " Mention du permis explicite ou tacite ou de la déclaration préalable doit être affichée sur le terrain, de manière visible de l'extérieur, par les soins de son bénéficiaire, dès la notification de l'arrêté () ". Aux termes de l'article A. 424-16 du même code : " Le panneau prévu à l'article A. 424-15 indique le nom, la raison sociale ou la dénomination sociale du bénéficiaire, le nom de l'architecte auteur du projet architectural, la date de délivrance, le numéro du permis, la nature du projet et la superficie du terrain ainsi que l'adresse de la mairie où le dossier peut être consulté. / Il indique également, en fonction de la nature du projet : a) Si le projet prévoit des constructions, la surface de plancher autorisée ainsi que la hauteur de la ou des constructions, exprimée en mètres par rapport au sol naturel ; () ". L'article A. 424-17 du même code dispose que : " Le panneau d'affichage comprend la mention suivante : " Droit de recours : " Le délai de recours contentieux est de deux mois à compter du premier jour d'une période continue de deux mois d'affichage sur le terrain du présent panneau (art. R. 600-2 du code de l'urbanisme). () ".
3. La mention relative au droit de recours, qui doit figurer sur le panneau d'affichage du permis de construire en application de l'article A. 424-17 du code de l'urbanisme, permet aux tiers de préserver leurs droits. Toutefois, l'exercice par un tiers d'un recours administratif ou contentieux contre un permis de construire montre qu'il a connaissance de cette décision et a, en conséquence, pour effet de faire courir à son égard le délai de recours contentieux, alors même que la publicité concernant ce permis n'aurait pas satisfait aux exigences prévues par l'article A. 424- 17 du code de l'urbanisme.
4. Il ne ressort pas des pièces du dossier que le panneau prévu à l'article A. 424-15 ait été affiché d'une manière continue pendant deux mois sur le terrain d'assiette et qu'il mentionnait le droit au recours. Toutefois, M. et Mme F ont adressé un recours gracieux reçu le 12 octobre 2021 par la commune, manifestant ainsi avoir acquis la connaissance du permis de construire délivré à M. et Mme H le 20 septembre 2021 et il est constant qu'aucune réponse n'a été donné à ce recours gracieux, faisant naitre une décision implicite de rejet le 12 décembre 2021. Or, il ressort des pièces du dossier que la requête enregistrée le 14 juillet 2022 a été introduite plus de deux mois après le rejet du recours gracieux. Par suite, la fin de non-recevoir tirée de la tardiveté de la requête doit être accueillie et les conclusions à fin d'annulation rejetées pour ce motif.
Sur les frais liés au litige :
5. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la commune de Bélarga, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, verse à M. et Mme F la somme qu'ils réclament à ce titre. Par ailleurs, dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de M. et Mme F le versement à la commune de Bélarga d'une quelconque somme au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête présentée par M. et Mme F est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Bélarga au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente décision sera notifiée à M. E F, à Mme C A épouse F, à la commune de Bélarga, et à M. et Mme B H.
Délibéré après l'audience du 25 janvier 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Fabienne Corneloup, présidente,
Mme Michelle Couégnat , première conseillère,
M. Nicolas Huchot, premier conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 février 2024.
Le rapporteur,
N. D
La présidente,
F. CorneloupLa greffière,
M. G
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier le 8 février 2024,
La greffière,
M. G
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026