vendredi 5 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2203745 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | SANCHEZ |
Vu la procédure suivante :
I - Par une requête et des mémoires, enregistrés les 13 juillet 2022, 5 octobre 2023 et 6 octobre 2023, sous le n° 2203745, Mme B A demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du conseil départemental de l'Hérault du 13 décembre 2021 la plaçant en congé maladie sans traitement du 13 décembre 2021 au 31 janvier 2022 ;
2°) d'annuler l'avis des sommes à payer du 20 janvier 2022, ensemble la décision implicite de rejet du recours gracieux du 14 mars 2022 ;
3°) d'annuler la lettre de relance de recouvrement du 7 mars 2022 ;
4°) d'annuler l'avis de saisie administrative à tiers détenteur du 28 juin 2022.
Elle soutient que :
* s'agissant de l'arrêté du 13 décembre 2021 :
- il a été pris par une autorité incompétente ;
- il est entaché d'un vice de forme ;
- il est entaché d'une erreur de fait ;
- il est entaché d'une erreur de droit.
* s'agissant de l'avis des sommes à payer du 20 janvier 2022, ensemble la décision implicite de rejet du recours gracieux du 14 mai 2022 :
- il est illégal en raison de l'illégalité de l'arrêté du 13 décembre 2021.
* s'agissant de l'avis de saisie administrative à tiers détenteur du 28 juin 2022 :
- il a été émis antérieurement à la notification de l'arrêté du 13 décembre 2021 sur lequel il se fonde.
Par un mémoire en défense, enregistré le 12 juin 2023, le conseil départemental de l'Hérault conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- la requête est irrecevable en l'absence de lien suffisant entre les décisions attaquées ;
- la juridiction administrative est incompétente pour connaitre des conclusions dirigées contre l'avis à tiers détenteur ;
- l'arrêté du 13 décembre 2021 a été remplacé par une décision ultérieure ;
- les conclusions dirigées contre la décision implicite de rejet du 14 mai 2022 sont irrecevables en raison de leur tardiveté.
II - Par une requête et des mémoires, enregistrés les 7 octobre 2022 et 18 octobre 2022, sous le n° 2205231, Mme A demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 20 avril 2022 du conseil départemental de l'Hérault ;
2°) d'annuler l'avis des sommes à payer émis le 19 avril 2022 relatif à un trop perçu de rémunération ensemble la décision implicite de rejet du recours gracieux du 17 août 2022 ;
3°) d'ordonner le remboursement des sommes déjà saisies ;
4°) de mettre à la charge du conseil départemental de l'Hérault une somme de 500 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
* s'agissant de l'arrêté du 20 avril 2022 :
- il est signé par une autorité incompétente ;
- il est entaché d'un vice de forme ;
- il est insuffisamment motivé ;
- il est entaché d'une erreur de fait ;
- il est entaché d'erreurs de droit ;
* s'agissant de l'avis des sommes à payer du 19 avril 2022 ensemble la décision de rejet du recours gracieux :
- il est signé par une autorité incompétente ;
- il est entaché de rétroactivité illégale ;
- la créance n'est pas fondée ;
- la somme réclamée est erronée ;
- le point de départ de la créance est erroné.
Par un mémoire en défense, enregistré le 12 juin 2023, le conseil départemental de l'Hérault conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- la juridiction administrative est incompétente pour connaitre des conclusions dirigées contre l'avis à tiers détenteur.
- la requête est irrecevable en l'absence de lien suffisant entre les décisions attaquées ;
- la requête est irrecevable dès lors qu'elle est tardive ;
- les moyens soulevés par la requérante sont infondés.
Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du 19 avril 2022.
Par courrier du 4 juin 2024, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité des conclusions à fin d'annulation de la lettre de relance de recouvrement du 7 mars 2022 dès lors que cette décision ne constitue pas un acte faisant grief.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n°83-634 du 13 juillet 1983 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Gayrard, président-rapporteur,
- les conclusions de Mme Delon, rapporteure publique,
- et les observations de Mme A.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A a été recrutée par le conseil départemental de l'Hérault par le biais d'un contrat à durée déterminée du 1er mai 2021 au 30 avril 2022 pour exercer les fonctions de chef de projet SI-Portefeuille Data services. Par un arrêté du 13 décembre 2021, le conseil départemental de l'Hérault a octroyé à Mme A une période de congé de maladie du 13 décembre 2021 au 31 janvier 2022. Le 20 janvier 2022, un avis des sommes à payer a été notifié à la requérante au titre d'un trop perçu de rémunération sur la période de décembre 2021. Elle s'est ensuite vu notifier une lettre de relance le 7 mars 2022. Par un courrier du 14 mars 2022, reçu le même jour par le conseil départemental de l'Hérault, Mme A a formé un recours gracieux à l'encontre de l'avis des sommes à payer émis le 20 janvier 2022, lequel a fait naitre une décision implicite de rejet. Elle s'est, par la suite, vu notifier un avis de saisie administrative à tiers détenteur le 28 juin 2022. Par la requête, Mme A demande au tribunal l'annulation de l'arrêté du 13 décembre 2021, de l'avis des sommes à payer du 20 janvier 2022 ensemble la décision implicite de rejet du recours gracieux, de la lettre de relance du 7 mars 2022 et de l'avis de saisie administrative à tiers détenteur du 28 juin 2022. Les requêtes susvisées nos 2203745 et 2205231 concernent la situation d'un même agent et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a donc lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
Sur l'exception d'incompétence soulevée en défense pour les conclusions dirigées contre l'avis de saisie administrative à tiers détenteur :
2. Bien que les conclusions soient dirigées contre un acte de saisie à tiers détenteur, Mme A ne conteste pas la régularité formelle de l'acte de poursuite décerné à son encontre pour permettre le recouvrement forcé d'un indu de traitement mais doit être regardé comme ayant entendu contester l'exigibilité de cette créance de nature administrative dont il procède. Par suite, le présent litige relève de la compétence de la juridiction administrative. L'exception d'incompétence présentée par le conseil départemental de l'Hérault doit être rejetée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
Sur la fin de non-recevoir opposée en défense :
3. Contrairement à ce que soutient le département, les arrêtés attaqués, les titres exécutoires en découlant, et les actes de poursuite présentent un lien de connexité suffisant pour qu'il soit statué sur l'ensemble de ces décisions. La fin de non-recevoir opposée en défense ne peut ainsi être accueillie.
En ce qui concerne les arrêtés du conseil départemental de l'Hérault du 13 décembre 2021 et du 20 avril 2022 :
4. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée () ". Lorsqu'une décision administrative faisant l'objet d'un recours contentieux est retirée en cours d'instance pour être remplacée par une décision ayant la même portée, le recours doit être regardé comme tendant également à l'annulation de la nouvelle décision. Lorsque le retrait a acquis un caractère définitif, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions dirigées contre la décision initiale, qui ont perdu leur objet ; que le juge doit, en revanche, statuer sur les conclusions dirigées contre la nouvelle décision.
5. D'une part, il ressort des pièces du dossier, et notamment du cachet du service postal que l'arrêté du 20 avril 2022 a été notifié à Mme A le 22 avril 2022 et que cette notification comportait l'indication des voies et délais de recours ouverts contre cet arrêté. Mme A n'a présenté des conclusions tendant à l'annulation de cet arrêté que dans son mémoire du 18 octobre 2022, soit après l'expiration du délai de recours contentieux de deux mois fixé par les dispositions précitées. La fin de non-recevoir tirée de la tardiveté de la requête opposée par le conseil départemental de l'Hérault doit, par suite, être accueillie. Il s'ensuit que les conclusions à fin d'annulation présentée par Mme A à l'encontre de l'arrêté du 20 avril 2022 sont tardives et doivent être rejetées comme étant irrecevables.
6. D'autre part, il ressort des pièces du dossier que l'arrêté du département de l'Hérault du 13 décembre 2021 qui plaçait Mme A en congé de maladie ordinaire sans traitement du 13 décembre 2021 au 31 janvier 2022, acte non créateur de droits pour l'agent public, a été implicitement mais nécessairement retiré par l'arrêté précité du 20 avril 2022, notifié le 22 avril suivant, qui la place en congé pour accident de travail sans traitement pour la même période du 13 décembre 2021 au 31 janvier 2022 et alors même que l'arrêté du 13 décembre 2021 aurait été notifié tardivement à Mme A le 3 juin 2022. Dans ces conditions, le département est fondé à soutenir qu'il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions dirigées contre l'arrêté du 13 décembre 2021 du fait de son retrait par une décision devenue définitive au vu de ce qui a été dit au point précédent.
En ce qui concerne l'avis des sommes à payer du 20 janvier 2022 :
7. Si Mme A soutient que le titre exécutoire est irrégulier dès lors qu'il se fonde sur l'arrêté du 13 septembre 2011 qui n'est entré en vigueur que lors de sa notification le 3 juin 2022, une telle exception d'illégalité est inopérante dès lors qu'ainsi qu'il a été indiqué au point précédent, l'arrêté du 13 décembre 2021 a été retiré par l'arrêté du 20 avril 2022 qui s'est substitué comme base légale de l'avis de sommes à payer contesté.
8. Il s'ensuit que, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée par le département de l'Hérault, les conclusions dirigées contre l'avis de sommes à payer du 20 janvier 2022 doivent être rejetées.
En ce qui concerne la lettre de relance du 7 mars 2022 :
9. Une lettre de relance faite par un comptable public en vue de recouvrer une créance ne constitue, ni un acte de poursuite, ni un acte faisant grief. Par suite, les conclusions tendant à l'annulation de la lettre de relance du 7 mars 2022 sont dès lors irrecevables et doivent être rejetées.
En ce qui concerne l'avis de saisie administrative à tiers détenteur du 28 juin 2022 :
10. Il découle de ce qui a été dit au point 6 que l'exception d'illégalité fondé sur l'arrêté du 13 décembre 2021 est inopérante pour venir au soutien des conclusions dirigées contre l'avis à tiers détenteur du 28 juin 2022 qui doivent, dès lors, être rejetées.
En ce qui concerne l'avis des sommes à payer émis le 19 avril 2022 :
11. Mme A fait valoir que la somme réclamée au titre du trop-perçu de rémunération des mois d'octobre et novembre est supérieure à la somme des montants effectivement perçus au titre desdits mois ainsi que cela résulte des bulletins de paie produits. En se bornant à faire valoir que Mme A avait déjà bénéficié d'une période de congé et ne pouvait plus bénéficier d'un plein traitement, au titre des mois d'octobre et novembre, le conseil départemental de l'Hérault, à qui incombe la charge de la preuve n'établit pas le bien-fondé de la créance sollicitée par l'avis des sommes à payer.
12. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que Mme A est fondée à demander l'annulation de l'avis des sommes à payer émis le 19 avril 2022 ensemble la décision de rejet de son recours gracieux du 17 août 2022.
Sur les conclusions à fin de remboursement des sommes déjà réglées :
13. Si Mme A fait valoir qu'elle a fait l'objet d'avis à tiers détenteur le 3 octobre 2022 aux fins de percevoir le trop-perçu découlant des mois d'octobre et novembre 2021, elle n'apporte aucun justificatif démontrant que les sommes correspondantes aient été saisies par le département de l'Hérault alors qu'elle bénéfice en principe de la suspension des poursuites du fait de sa présente requête. Dès lors, ses conclusions à fin d'injonction tendant au remboursement des sommes déjà saisies par le département doivent être rejetées.
Sur les frais de litige :
14. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions de Mme A présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E:
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions dirigées contre l'arrêté du 13 décembre 2021.
Article 2 : L'avis de sommes à payer émis le 19 avril 2022, ensemble la décision de rejet du recours gracieux, sont annulés.
Article 3 : Le surplus des conclusions des requêtes est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme A et au conseil départemental de l'Hérault.
Délibéré après l'audience du 19 juin 2024, à laquelle siégeaient :
M. Gayrard, président,
Mme Pastor, première conseillère,
M. Lauranson, premier conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 juillet 2024.
Le président-rapporteur,
JP. Gayrard
L'assesseur le plus ancien,
M. Lauranson.
La greffière,
E. Tournier
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 5 juillet 2024
La greffière,
E. Tournier
No 2203745 - 2205231
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026