vendredi 22 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2203799 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | MAGASSA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 20 juillet 2022, Mme D C B épouse A, représentée par Me Magassa, demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre au préfet de l'Hérault de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " avec autorisation de travail, dans un délai de 15 jours à compter de la notification de la décision à intervenir et ce, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ou, à défaut, de lui accorder un rendez-vous et de réexaminer sa demande dans ce même délai ;
2°) décider qu'en application de l'article R. 522-13 du code de justice administrative, l'ordonnance sera exécutoire dès qu'elle aura été rendue ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- elle est entrée de façon régulière en France 31 mai 2021 sous couvert d'un visa valable jusqu'au 30 mai 2022 ; elle n'a eu de cesse, ainsi que son époux, de se connecter sur le site internet de la préfecture afin de déposer son dossier de demande de titre de séjour et qu'elle n'a pas été admise à se présenter au guichet en l'absence de rendez-vous ;
- au vu de l'entier dossier qu'elle a transmis au service, elle a été informée par simples mails des 17 septembre 2021 et 2 mars 2022 qu'elle devait regagner son pays d'origine afin de demander un visa en tant que conjointe de français pour pouvoir obtenir un titre de séjour ou qu'elle devait se connecter à internet pour régulariser sa situation afin de solliciter une admission exceptionnelle au séjour ;
- il y a urgence, sans attendre le jugement du recours pour excès de pouvoir qu'elle a formé contre ces décisions, à ce qu'elle obtienne un titre de séjour puisqu'elle est en situation irrégulière sur le territoire français et peut faire l'objet d'une mesure d'éloignement ;
- il est porté une atteinte grave et manifestement illégale à son droit au respect de sa vie privée et familiale qui constitue une liberté fondamentale ;
- il n'est pas démontré que les décisions qui lui ont été adressées par mails ont été prises par des autorités compétentes ; ces décisions méconnaissent les dispositions de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration et ne sont pas motivées ;
- la commission du titre de séjour n'a pas été consultée ;
- elle remplit les conditions pour se voir délivrer un titre de séjour en qualité de conjointe de français en application de l'article L. 423-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; elle aurait dû, en outre, être admise au séjour à titre exceptionnel en tant que salariée, travailleur temporaire ou au titre de sa vie privée et familiale ;
- le refus de lui délivrer un titre de séjour est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle et méconnaît son droit au respect de sa vie privée et familiale ;
- il n'a pas été procédé à un examen réel et complet de sa demande dès lors que le service n'a pas tenu compte de l'intégralité des pièces communiquées pour l'instruction de son dossier.
Le président du tribunal a désigné Mme Encontre, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 511-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés statue par des mesures qui présentent un caractère provisoire. Il n'est pas saisi du principal et se prononce dans les meilleurs délais. ". Aux termes de son article L. 521-2 du même code : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ". Enfin, en vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.
2. Il résulte de la combinaison des dispositions des articles L. 511-1 et L. 521-2 du code de justice administrative qu'il appartient au juge des référés, lorsqu'il est saisi sur le fondement de l'article L. 521-2 et qu'il constate une atteinte grave et manifestement illégale portée par une personne morale de droit public à une liberté fondamentale, résultant de l'action ou de la carence de cette personne publique, de prescrire les mesures qui sont de nature à faire disparaître les effets de cette atteinte, dès lors qu'existe une situation d'urgence caractérisée justifiant le prononcé de mesures de sauvegarde à très bref délai. Ces mesures doivent, en principe, présenter un caractère provisoire, sauf lorsqu'aucune mesure de cette nature n'est susceptible de sauvegarder l'exercice effectif de la liberté fondamentale à laquelle il est porté atteinte. Le caractère manifestement illégal de l'atteinte doit s'apprécier notamment en tenant compte des moyens dont dispose l'autorité administrative compétente et des mesures qu'elle a déjà prises.
3. Il appartient au requérant qui saisit le juge des référés sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative de justifier des circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à très bref délai d'une mesure de la nature de celles qui peuvent être ordonnées sur le fondement de cet article. Il appartient au juge des référés d'apprécier, au vu des éléments que lui soumet le requérant comme de l'ensemble des circonstances de l'espèce, si la condition d'urgence particulière requise par l'article L. 521-2 est satisfaite, en prenant en compte la situation du requérant et les intérêts qu'il entend défendre mais aussi l'intérêt public qui s'attache à l'exécution des mesures prises par l'administration.
4. En l'espèce, Mme C B épouse A, qui est entrée en France le 31 mai 2021 sous couvert d'un visa valable jusqu'au 30 mai 2022, fait valoir qu'elle a tenté à de multiples reprises de faire enregistrer sa demande de titre de séjour en qualité de conjointe de français auprès de la préfecture de l'Hérault, sans succès, tant en se rendant sur le site internet de la préfecture pour obtenir un rendez-vous qu'en se présentant au guichet où elle n'a toutefois pas été admis faute de disposer d'un rendez-vous pris en ligne et que le service l'a informée, au regard du dossier qu'elle lui a fait parvenir par courrier, qu'elle devait retourner dans son pays d'origine pour obtenir un visa de long séjour ou régulariser sa situation en demandant son admission exceptionnelle au séjour. Toutefois, s'agissant de l'urgence, la requérante se borne à faire état de l'irrégularité de sa situation sur le territoire et d'une atteinte portée à sa vie privée et familiale, sans autre précision et sans apporter d'éléments de nature à caractériser la nécessité qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale soit prise dans les 48 heures. Elle ne justifie pas, par suite, d'une situation d'urgence au sens des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative. Il suit de là qu'il y a lieu de rejeter la requête présentée par Mme C B épouse A, dans toutes ses conclusions, selon la procédure prévue par l'article L. 522-3 du code précité.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme D C B épouse A.
Copie en sera adressée au préfet de l'Hérault.
Fait à Montpellier, le 22 juillet 2022.
La juge des référés,
S. ENCONTRE
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 22 juillet 2022.
Le greffier,
D. Martinier
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026