mercredi 17 août 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2203870 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | LABOURIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 22 juillet et 15 août 2022, Mme A C et M. F C, représentés par la SCP CGCB et Associés, demandent au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'arrêté n° PC 034 240 21 A0026 du 21 octobre 2021 par lequel le maire de la commune de Saint-Aunès a accordé au groupement foncier agricole (GFA) E - Roche un permis de construire pour la réalisation d'un bâtiment agricole avec un espace pour l'élevage, la vinification, la culture céréalière, ainsi qu'un local phytosanitaire, une station de lavage et un logement de fonction sur la parcelle cadastrée section AT n° 76 située au lieu-dit le Petit Tauran ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Saint-Aunès la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
Sur la recevabilité :
- ils justifient d'un intérêt à agir au regard de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme dès lors qu'ils se situent en co-visibilité avec le terrain d'assiette du projet en litige ; ils subiront également des nuisances sonores et olfactives ;
Sur l'urgence :
- la condition relative à l'urgence est présumée en application de l'article L. 600-3 du code de l'urbanisme ;
Sur le doute sérieux sur la légalité de la décision :
- les dispositions des articles A1 et A2 du règlement du plan local d'urbanisme ne permettent pas d'autoriser une habitation en zone A, précisément en secteur A2, et en tout état de cause, le logement de fonction ne répond à aucune nécessité alors que les pétitionnaires résident à proximité, alors en outre, que l'activité d'élevage n'implique la présence des animaux qu'un mois par an sur le site, et que de plus les consorts E ont déjà obtenu des autorisations d'urbanisme pour des hangars et habitations dans un rayon de 400 m du projet querellé ;
- le permis de construire ne respecte pas les exigences posées par l'article A3 du même règlement et l'annexe 2 du règlement départemental de défense extérieure contre l'incendie ; à titre principal, la parcelle est enclavée ou, à titre subsidiaire, les voies de desserte sont insuffisantes pour desservir la parcelle conformément au plan local d'urbanisme, comme en atteste le relevé de géomètre effectué le 16 juin 2022 ;
- il existe un risque pour la sécurité publique et le projet devait être refusé en application de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme dès lors que le chemin de desserte situé à l'Est, qui constitue le lit d'un ruisseau, est impraticable en cas d'épisode de pluie et ne présente pas les caractéristiques et les dimensions requises même en période sèche pour qu'il soit praticable par les véhicules de secours et de lutte contre l'incendie ; le chemin de vigne situé à l'Ouest ne répond pas aux exigences techniques énoncées par le guide technique relatif à l'accessibilité des véhicules de secours et de lutte contre l'incendie ;
- le projet méconnait également l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme en ce qu'il ne répond pas aux exigences en matière de salubrité publique, notamment en ce qui concerne la collecte des déchets puisque la desserte est insuffisante ;
- le permis de construire a été délivré en méconnaissance du règlement sanitaire départemental de l'Hérault, qui doit être respecté en vertu de l'article L.421-6 du code de l'urbanisme, en raison de la présence d'un cours d'eau et d'un forage à moins de 35 m, d'un élevage aquacole, en l'espèce celui de tortues de M. C, à moins de 200 m, d'une habitation existante, sur la parcelle AT 75, à moins de 50 m ;
Par un mémoire en défense, enregistré le 6 août 2022, le GFA Bianchetto-Roche, représenté par Me Labourier, conclut au rejet de la requête, à ce que soient condamnés les requérants à une amende en application de l'article R. 741-12 du code de justice administrative et à ce que soit mise à la charge des requérants une somme de 4 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que :
- le recours est irrecevable dès lors que M. et Mme C doivent être regardés comme s'étant désistés de leur requête d'annulation, en application article R. 612-5-2 du code de justice administrative.
- le recours est irrecevable en vertu de l'autorité de la chose jugée de l'ordonnance de rejet du précèdent recours en référé suspension prise le 12 avril 2022 ;
- M. et Mme C résident à plus de 150 mètres du terrain d'assiette du projet et ne justifient pas d'un intérêt à agir à l'encontre du permis de construire en litige au regard de l'article L. 600-1-2 du code de justice administrative ;
- aucun des moyens invoqués n'est propre à créer un doute sérieux sur la légalité du permis de construire attaqué.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 août 2022, la commune de Saint-Aunès, représentée par la SCP SVA, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de M. et Mme C une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- le recours est irrecevable dès lors que M. et Mme C doivent être regardés comme s'étant désistés de leur requête d'annulation, en application article R. 612-5-2 du code de justice administrative.
- les requérants ne démontrent pas leur intérêt pour agir ;
- aucun des moyens soulevés par les requérants ne sont propres à créer un doute sur la légalité de la décision.
Vu :
- la requête enregistrée le 30 mars 2022 sous le n° 2201621 par laquelle M. et Mme C demandent l'annulation de la décision susvisée ;
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Santoni, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 16 août 2022 à 11 heures:
- le rapport de M. Santoni, juge des référés,
- les observations de Me Becquevort, représentant M. et Mme C, ainsi que celles de M. F C, qui concluent aux mêmes fins par les mêmes moyens ;
- les observations de Me Gimenez, représentant la commune de Saint-Aunès, qui persiste dans ses écritures ;
- et les observations de Me Labourier, représentant le GFA E - Roche, ainsi que celles de M. D E, qui persiste dans ses écritures.
La clôture de l'instruction a été différée au 16 août 2022 à 16 heures.
Une note en délibéré, présentée par le GFA E - Roche, représenté par Me Labourier, a été enregistrée le 16 août 2022 à 15h41, avant la clôture différée de l'instruction décidée à 16 h.
Deux notes en délibéré, non analysées et non communiquées, présentées par Mme A C et M. F C, représentés par la SCP CGCB et Associés, ont été enregistrées les 16 août 2022 à 16h18 et 17 août 2022 à 9h55.
Considérant ce qui suit :
1. Le GFA Bianchetto-Roche a déposé le 10 juin 2021 auprès des services de la commune de Saint-Aunès une demande de permis de construire portant sur un bâtiment agricole et un logement de fonction sur la parcelle cadastrée AT n°76 située le Petit Tauran. Il a été fait droit à cette demande par un arrêté n° PC 034 240 21 A0026 du maire de la commune en date du 21 octobre 2021. Par une première requête en référé, M. et Mme C ont demandé la suspension du permis de construire en litige. Cette requête a fait l'objet d'un rejet pour absence de doute sérieux sur la légalité du permis, par une ordonnance du 12 avril 2022. Par la présente requête en référé, M. et Mme C demandent la suspension de cette autorisation d'urbanisme.
Sur les conclusions à fin de suspension :
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
En ce qui concerne les fins de non-recevoir opposées en défense :
3. En premier lieu, dès lors qu'il ne résulte pas de l'instruction que la notification de l'ordonnance du 12 avril 2022 ait été accompagnée des mentions de l'article R. 612-5-2 du code de justice administrative, le GFA Bianchetto-Roche n'est pas fondé à soutenir que M. et Mme C doivent être regardés comme s'étant désistés de leur recours en excès de pouvoir dirigé contre le permis en litige et que la présente requête en référé est irrecevable.
4. En deuxième lieu, si les ordonnances par lesquelles le juge des référés fait usage de ses pouvoirs de juge de l'urgence sont exécutoires et, en vertu de l'autorité qui s'attache aux décisions de justice, obligatoires, elles sont, compte tenu de leur caractère provisoire, dépourvues de l'autorité de chose jugée. Il en résulte que la circonstance que le juge des référés a rejeté une première demande de suspension présentée sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative ne fait pas obstacle à ce que la même partie saisisse ce juge d'une nouvelle demande ayant le même objet, notamment en soulevant des moyens ou en faisant valoir des éléments nouveaux, alors même qu'ils auraient pu lui être soumis dès sa première saisine. Une telle demande trouve son fondement non dans les dispositions de l'article L. 521-4, qui ne sauraient être utilement invoquées lorsque le juge des référés a rejeté purement et simplement une demande aux fins de suspension, mais dans celles de l'article L. 521-1, sur lesquelles, en l'espèce, s'est prononcé le juge des référés dans son ordonnance du 12 avril 2022. Par suite, le GFA Bianchetto-Roche n'est pas fondé à soutenir que le recours est irrecevable en vertu de l'autorité de la chose jugée de l'ordonnance de rejet du précèdent recours en référé suspension prise le 12 avril 2022.
5. En troisième lieu, eu égard à la situation de la parcelle du requérant sur laquelle est présente sa maison d'habitation et à l'importance de la construction autorisée, le GFA Bianchetto-Roche n'est pas fondé à soutenir que M. et Mme C seraient dénués d'intérêt à agir contre le permis en litige.
6. En dernier lieu, eu égard à l'état d'avancement des travaux entrepris par les pétitionnaires à la suite de la délivrance du permis contesté, tel que décrit par le constat d'huissier qu'il verse aux débats, le GFA Bianchetto-Roche n'est pas fondé à soutenir que la condition d'urgence ne serait pas remplie.
En ce qui concerne les moyens de la requête :
7. Si les dispositions applicables à la zone A, notamment les articles A1 et A2 du règlement du plan local d'urbanisme communal, permettent la présence d'habitation en zone A, précisément en secteur A2, c'est à la condition que le logement soit directement lié et nécessaire à l'exploitation agricole.
8. Or, il ne résulte pas de l'instruction que les membres du GFA Bianchetto-Roche aient une compétence ou une expérience particulière en matière d'élevage des ovins, ni que ce projet d'élevage soit suffisamment abouti pour faire présumer de sa réalité, eu égard notamment aux dossiers de demande de permis de construire, et aux documents comptables prévisionnels, y compris sa version du 4 juin 2021, qui se bornent à évoquer cette activité, sans même l'inclure dans les tableaux comptables pour les années 2021 à 2023. Il ne résulte pas davantage de l'instruction, que les seules activités liées à la vigne et aux céréales pourraient suffire à justifier un tel logement.
9. Par suite, en l'état de l'instruction, le seul moyen tiré de ce que les dispositions des articles A1 et A2 du règlement du plan local d'urbanisme seraient méconnues, est de nature à créer un doute sérieux sur la légalité du permis de construire délivré par le maire de la commune de Saint-Aunès au GFA Bianchetto-Roche.
10. Il résulte de tout ce qui vient d'être dit que M. et Mme C sont fondés à demander la suspension du permis de construire en litige, en tant seulement qu'il autorise un logement d'habitation.
Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article R. 741-12 du code de l'urbanisme :
11. La faculté d'infliger à un requérant une amende pour recours abusif sur le fondement des dispositions de l'article R. 741-12 du code de justice administrative constitue un pouvoir propre du juge. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu d'infliger à M. et Mme C une amende pour recours abusif ainsi que le demande le GFA Bianchetto-Roche en défense.
Sur les frais liés au litige :
12. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de rejeter les conclusions de toutes les parties présentées au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : L'arrêté n° PC 034 240 21 A0026 du 21 octobre 2021 est suspendu en tant qu'il autorise un logement d'habitation.
Article 2 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A et M. F C, à la commune de Saint-Aunès et au groupement foncier agricole Bianchetto-Roche.
Fait à Montpellier, le 17 août 2022.
Le juge des référés,
J-L. Santoni
La greffière,
M. B
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 17 août 2022.
La greffière,
M. B
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026