jeudi 13 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2203891 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | SCP LAFONT & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 22 juillet 2022, M. A B, représenté par Me Chaigneau, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 8 juin 2022 par lequel le préfet de l'Hérault a refusé son admission au séjour ;
2°) d'ordonner au préfet de l'Hérault de lui délivrer un titre de séjour portant la mention vie privée et familiale dans un délai d'un mois à compter de la décision à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté méconnaît les dispositions des articles L. 312-2 et L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- l'arrêté est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation au regard du 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 mai 2024, le préfet de l'Hérault conclut au rejet de la requête et fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Bayada,
- et les observations de M. A B. lui ou son avocat ' Vérifier avec la fiche d'audience
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, ressortissant turc né le 1er novembre 2000, déclare être entré en France le 18 février 2006 à l'âge de cinq ans et demi avec sa mère, Mme D E, épouse B, et ses deux frères afin d'y rejoindre son père, M. C B, lui-même entré en France en 2003. Le 2 janvier 2020, il a sollicité du préfet de l'Hérault son admission au séjour en se prévalant d'une entrée en France avant l'âge de treize ans. Par un arrêté du 12 juin 2020, le préfet de l'Hérault a rejeté sa demande. Par un jugement du 10 novembre 2021, le Tribunal a annulé cet arrêté et enjoint au préfet de l'Hérault de réexaminer la demande de M. B après avoir saisi la commission du titre de séjour. Par un arrêté du 8 juin 2022, le préfet de l'Hérault a refusé d'admettre M. B au séjour. Par sa requête, M. B en demande l'annulation pour excès de pouvoir.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, si le requérant reproche au préfet de ne pas avoir fait application des dispositions du 2° de l'article L. 313-11-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, devenu l'article L. 423-21 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il ressort des termes mêmes de l'arrêté contesté que le refus de séjour qui a été opposé à M. B l'a été, non en raison de ce qu'il n'avait pas déposé sa demande de titre de séjour dans l'année suivant son dix-huitième anniversaire, mais en raison de la menace à l'ordre public que son comportement constitue. En tout état de cause, le requérant, qui a déposé sa demande de titre de séjour le 2 janvier 2020 à l'âge de dix-neuf ans, alors qu'il aurait dû le faire dans l'année qui suit son dix-huitième anniversaire, n'apporte aucun élément quant aux difficultés qu'il aurait rencontrées pour obtenir un rendez-vous en préfecture. Il s'ensuit que le requérant ne remplit pas les conditions pour obtenir de plein droit un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 423-21 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et le moyen tiré de la méconnaissance par l'autorité préfectorale de cette disposition doit être écarté.
4. Aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République. ". Aux termes de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La délivrance d'une carte de séjour temporaire ou pluriannuelle ou d'une carte de résident peut, par une décision motivée, être refusée à tout étranger dont la présence en France constitue une menace pour l'ordre public ".
5. Pour refuser d'admettre M. B au séjour, le préfet de l'Hérault a relevé, d'une part, qu'il est défavorablement connu des services de police pour des faits de violence dans un établissement d'enseignement ou d'éducation ou aux abords de cet établissement suivi d'incapacité n'excédant pas huit jours le 9 septembre 2016, de violences aggravées par trois circonstances suivies d'incapacité n'excédant pas huit jours le 4 janvier 2018, de vol et conduite d'un véhicule sans permis le 16 octobre 2019, ainsi que d'autres faits similaires le 16 mai 2021 et 23 juillet 2021 et, d'autre part, qu'il a été condamné le 9 mars 2020 à une peine de 200 euros d'amende pour des faits de recel de bien provenant d'un vol et conduite d'un véhicule avec un permis de conduire d'une catégorie n'autorisant pas sa conduite. Enfin, le préfet précise en défense que le requérant a fait l'objet de deux condamnations récentes, le 19 mai 2021 et le 6 septembre 2021, par le tribunal correctionnel de Montpellier, à une peine de six mois d'emprisonnement avec sursis pour violence suivie d'incapacité n'excédant pas huit jours par une personne étant ou ayant été conjoint, concubin ou partenaire lié à la victime par un PACS commis le 28 février 2021 et à une seconde peine de 18 mois d'emprisonnement avec sursis probatoire pendant 2 ans pour des faits de violence sur concubin et vol commis chacun en récidive le 23 juillet 2021. Alors que les faits sont récents, et ne sont pas sérieusement contestés par M. B qui se borne à soutenir qu'aucune suite judiciaire n'a été donnée à certaines de ces procédures et à se prévaloir du caractère isolé et indulgent de la première condamnation judiciaire, le préfet n'a pas entaché sa décision d'une erreur d'appréciation de la menace à l'ordre public que le comportement du requérant constitue.
6. Aux termes de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. () " Pour l'application de ces stipulations, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France doit apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine.
7. M. B se prévaut de son entrée en France à l'âge de huit ans et de la poursuite de sa scolarité en France, où réside ses parents et fait valoir qu'il est en capacité de travailler. Toutefois, il s'est déclaré célibataire et sans enfants et ne fait état d'aucun projet professionnel précis ni de démarches qu'il aurait entreprises afin d'exercer une activité professionnelle. Par ailleurs, s'il se prévaut de la présence en France de ses parents et de ses frères, il n'établit pas entretenir avec ces derniers des liens d'une particulière intensité, alors qu'il est désormais majeur. La circonstance qu'il ait poursuivi sur le territoire français sa scolarité depuis son entrée ne suffit en soi à établir qu'il aurait transféré en France le centre de ses intérêts matériels et moraux. Dans ces conditions, M. B n'est pas fondé à soutenir que le préfet aurait porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels la décision a été prise. Par suite, le moyen tiré de la violation des stipulations et dispositions précitées doit être écarté.
8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. B ne peuvent qu'être rejetées. Par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction et celles présentées au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
DECIDE :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée
Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. A B et au préfet de l'Hérault.
Délibéré après l'audience du 30 mai 2024, à laquelle siégeaient :
M. Eric Souteyrand, président,
Mme Adrienne Bayada, première conseillère,
Mme Audrey Lesimple, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 juin 2024.
La rapporteure,
A. Bayada
Le président,
E. Souteyrand
La greffière,
M-A. Barthélémy
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier le 30 mai 2024,
La greffière,
M.-A Barthélémy
N°2203891
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026