jeudi 13 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2203897 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | SCP LAFONT & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 22 juillet 2022, M. A B, représenté par Me Chaigneau, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 8 juin 2022 par lequel le préfet de l'Hérault a refusé son admission au séjour ;
2°) d'ordonner au préfet de l'Hérault de lui délivrer un titre de séjour portant la mention vie privée et familiale dans un délai d'un mois à compter de la décision à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que l'arrêté est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation au regard du 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 mai 2024, le préfet de l'Hérault conclut au rejet de la requête et fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Bayada a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, ressortissant turc né le 5 octobre 1999, déclare être entré en France le 18 février 2006 à l'âge de six ans et demi avec sa mère, Mme D E, épouse B, et ses deux frères afin d'y rejoindre son père, M. C B, lui-même entré en France en 2003. Le 2 janvier 2020, il a sollicité du préfet de l'Hérault son admission au séjour en se prévalant d'une entrée en France avant l'âge de treize ans. Par un arrêté du 12 juin 2020, le préfet de l'Hérault a rejeté sa demande. Par un jugement du 10 novembre 2021, le Tribunal a annulé cet arrêté et enjoint au préfet de l'Hérault de réexaminer la demande de M. B après avoir saisi la commission du titre de séjour. Par un arrêté du 8 juin 2022, le préfet de l'Hérault a refusé d'admettre M. B au séjour. Par sa requête, M. B en demande l'annulation pour excès de pouvoir.
2. Aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République. ".
3. Aux termes de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La délivrance d'une carte de séjour temporaire ou pluriannuelle ou d'une carte de résident peut, par une décision motivée, être refusée à tout étranger dont la présence en France constitue une menace pour l'ordre public ".
4. En premier lieu, pour refuser d'admettre M. B au séjour, le préfet de l'Hérault a relevé, d'une part, qu'il est défavorablement connu des services de police dans plusieurs procédures, notamment pour des faits de violence aggravée par deux circonstances suivie d'incapacité supérieure à huit jours, diffusion de message violent, pornographique ou contraire à la dignité accessible à un mineur et port sans motif légitime d'arme blanche le 12 novembre 2015, de vols aggravés par deux circonstances le 25 octobre 2017, de circulation d'un véhicule terrestre à moteur sans assurance, arrestation, enlèvement et séquestration ou détention arbitraire suivi d'une libération avant le 7e jour ainsi que violation de domicile, violence commise en réunion et d'extorsion par violence le 13 octobre 2018, transport et détention non autorisé de stupéfiants le 22 septembre 2019, des faits de circulation avec un véhicule terrestre à moteur sans assurance, refus d'obtempérer, de conduite d'un véhicule sans permis et détention, acquisition et transport de stupéfiants le 17 septembre 2020 et enfin des faits de recel de biens provenant d'un délit le 17 novembre 2021 et d'autre part relève qu'il a été condamné le 27 octobre 2017 à 8 mois d'emprisonnement dont 4 avec sursis pour des faits de vol aggravé par deux circonstances, détention et acquisition ainsi que transports non autorisés de stupéfiants et à une autre peine de 10 mois d'emprisonnement le 12 décembre 2019 pour des faits de détention et transports non autorisés de stupéfiants. Alors que les faits sont récents, et ne sont pas sérieusement contestés par M. B qui se borne à soutenir qu'aucune suite judiciaire n'a été donnée à ces procédures et que les seules condamnations judiciaires ont donné lieu à des peines d'emprisonnement avec sursis et pouvant bénéficier d'un aménagement, le préfet de l'Hérault n'a pas entaché sa décision d'une erreur d'appréciation de la menace à l'ordre public que le comportement du requérant constitue.
5. En deuxième lieu, M. B se prévaut de son entrée en France à l'âge de six ans et demi et de la poursuite de sa scolarité en France, où réside ses parents et fait valoir qu'il est en capacité de travailler. Toutefois, il est célibataire et sans enfant et ne fait état d'aucun projet professionnel précis ni de démarches qu'il aurait entreprises afin d'exercer une activité professionnelle. Par ailleurs, s'il se prévaut de la présence en France de ses parents et de ses frères, il n'établit pas entretenir avec ces derniers des liens d'une particulière intensité, alors qu'il est désormais majeur. La circonstance qu'il ait poursuivi sur le territoire français sa scolarité depuis son entrée ne suffit en soi à établir qu'il aurait transféré en France le centre de ses intérêts matériels et moraux. Dans ces conditions, M. B n'est pas fondé à soutenir que le préfet aurait porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels la décision a été prise. Par suite, en prenant la décision contestée, le préfet n'a pas commis d'erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.
6. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. B ne peuvent qu'être rejetées. Par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction et celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. A B et au préfet de l'Hérault.
Délibéré après l'audience du 30 mai 2024, à laquelle siégeaient :
M. Eric Souteyrand, président,
Mme Adrienne Bayada, première conseillère,
Mme Audrey Lesimple, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 juin 2024.
La rapporteure,
A. Bayada
Le président,
E. Souteyrand
La greffière,
M-A. Barthélémy
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 13 juin 2024,
La greffière,
M-A. Barthélémy
N°2203897
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026