vendredi 29 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2203964 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | CYRIELLE BONOMO FAY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 28 juillet 2022, M. A B, représenté par Me Bonomo-Fay, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du préfet de l'Hérault en date du 13 juin 2022 portant refus de séjour et réadmission ;
2°) d'enjoindre au préfet de l'Hérault de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ou " salarié " ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa demande de titre de séjour ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et des articles 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la décision est insuffisamment motivée s'agissant notamment de l'ancienneté de son séjour en France et de ses attaches familiales en France ;
- la décision méconnaît les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et celles de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au vu de ses attaches et de son intégration en France ;
- la décision implique une séparation avec ses enfants et méconnaît donc l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
Par un mémoire en défense enregistré le 26 octobre 2022, le préfet de l'Hérault conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant signée à New-York le 26 janvier 1990 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer ses conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Lesimple, première conseillère, a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Par arrêté du 13 juin 2022 le préfet de l'Hérault a refusé de délivrer un titre de séjour à M. B, ressortissant marocain né en 1975. Par la présente requête M. B demande l'annulation de cette décision.
2. En premier lieu, le préfet a développé les circonstances de droit et de fait qui fondent sa décision, permettant au requérant d'utilement la contester. S'agissant de la situation personnelle de M. B, il a relevé la date alléguée de son entrée en France, son mariage avec une compatriote en situation irrégulière sur le territoire français, sa qualité de père de quatre enfants et la présentation d'un contrat de travail à durée indéterminée. Si le requérant souligne qu'il n'a pas été fait mention de la naissance en France de son dernier enfant, de la scolarisation de ses trois enfants en France, du titre de séjour que détient l'aîné de ses enfants et de l'existence d'un domicile sur le territoire, le préfet n'était pas tenu de relever l'ensemble des circonstances propres à la situation personnelle de l'intéressé, mais uniquement celles qui fondent utilement le sens de sa décision. En l'espèce, alors que le préfet a relevé que l'intéressé avait vécu la majeure partie de sa vie dans son pays d'origine, qu'il dispose, ainsi que son épouse, d'un titre de séjour espagnol renouvelé en 2018, qu'il est dépourvu de visa long séjour et qu'il a fait l'objet de quatre précédentes décisions de refus de séjour assorties d'une obligation de quitter le territoire français, le préfet a suffisamment motivé la décision par laquelle il a refusé de délivrer à M. B un titre de séjour.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République ". Par ailleurs, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". Enfin, aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ".
4. M. B, qui soutient être entré en France en 2009 ne l'établit pas et ne fait pas la preuve d'un séjour continu sur le territoire alors qu'il est titulaire d'un titre de séjour espagnol renouvelé le 18 juin 2018 mentionnant une adresse de résidence en Espagne, même s'il établit que son dernier enfant est né sur le territoire français en juillet 2012 et qu'il a été scolarisé en France de 2018 à 2022, tandis qu'un autre de ses enfants, de nationalité espagnole, a été scolarisé en classe de 5ème et 4ème entre 2020 et 2022 et un autre enfant, né en 2003 et désormais majeur, était en deuxième année de CAP pour l'année 2020 / 2021.
5. En outre, bien que le requérant produise un contrat de travail à durée indéterminée en qualité d'ouvrier agricole, en cours d'exécution depuis la fin de l'année 2021, son parcours professionnel n'apparaît pas stable ou cohérent et il ne justifie pas d'une intégration sociale particulière. Il ressort par ailleurs des pièces du dossier qu'il a fait l'objet, d'une part, de quatre précédentes décisions de refus de séjour avec obligation de quitter le territoire en 2002, 2013, 2017 et 2019 qu'il ne justifie pas avoir exécutées, et, d'autre part, de plusieurs condamnations judiciaires pour délit de fuite après accident par conducteur de véhicule, défaut d'assurance et tentative de soustraction à l'exécution d'une obligation de quitter le territoire. Par ailleurs, il a vécu la majeure partie de sa vie au Maroc, pays, dont sa femme est ressortissante, où il n'établit pas être isolé, et il a également la possibilité de rejoindre l'Espagne, pays où lui-même et son épouse bénéficient d'un titre de séjour et dont une de ses filles a la nationalité. Le fait que deux de ses enfants, nés en 2008 et 2012, soient actuellement scolarisés en France ne s'oppose pas à la reconstitution de la cellule familiale hors du territoire et l'interruption de leur scolarité ne porte pas atteinte à leur intérêt supérieur dans la mesure où celle-ci pourra, en tout état de cause, se poursuivre. Enfin, si l'ainé du requérant âgé de 24 ans a un titre de séjour pluriannuel, il ne réside pas aux côtés de ses parents et cette seule circonstance ne permet pas de conclure que le centre des intérêts privés et familiaux du requérant serait en France.
6. Dans ces conditions, c'est sans méconnaitre les dispositions et stipulations précitées, ni commettre d'erreur manifeste d'appréciation que le préfet a pu refuser de délivrer un titre de séjour à M. B.
7. Il résulte de tout ce qui précède qu'il y a lieu de rejeter les conclusions à fin d'annulation présentées par M. B à l'encontre de l'arrêté du préfet de l'Hérault en date du 13 juin 2022 portant refus de séjour avec réadmission. Par voie de conséquence, il y a lieu de rejeter également ses conclusions à fin d'injonction et d'astreinte ainsi que celles présentées au titre des frais du litige.
D E C I D E :
Article 1er : La requête présentée par M. B est rejetée.
Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. A B, au préfet de l'Hérault et à Me Bonomo-Fay.
Délibéré après l'audience du 14 décembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Eric Souteyrand, président,
Mme Adrienne Bayada, première conseillère,
Mme Audrey Lesimple, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 décembre 2023.
La rapporteure,
A. Lesimple Le président,
E. Souteyrand
La greffière,
M-A. Barthélémy
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 29 décembre 2023.
La greffière,
M-A. Barthélémy
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026