mercredi 9 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2204102 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | BONNET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 4 août 20202, M. C et Mme B, représentées par Me Joubes, demandent au tribunal :
1°) d'enjoindre à la commune d'Ayguatebia-Talau de réaliser des travaux afin de permettre l'accès à la parcelle AB 153 dans un délai à déterminer et sous astreinte ;
3°) de mettre à la charge de la commune d'Ayguatebia-Talau la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il y a urgence à prononcer les mesures sollicitées, dès lors que l'expert a constaté, le 28 février 2015, l'enclavement de la parcelle AB 153, alors qu'en vertu des articles 682 et suivants du code civil, tout propriétaire a droit de bénéficier d'un accès suffisant à ses parcelles et qu'ils subissent une atteinte grave et immédiate à leur droit de propriété ;
- en l'absence de contestations sérieuses, les mesures sollicitées sont dès lors utiles puisqu'elles permettront le désenclavement ;
Par un mémoire en défense, enregistré le 5 septembre 2022, la commune d'Ayguatebia-Talau, représentée par Me Bonnet, conclut au rejet de la requête et demande de mettre à la charge des requérants la somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la juridiction administrative est incompétente pour connaître de la demande par laquelle les requérants sollicitent l'instauration d'une servitude de passage sur un fonds communal, à la faveur de la réalisation des travaux publics, sans avoir saisi la juridiction civile ;
- il n'y a aucune urgence au prononcé des mesures sollicitées, la situation de la parcelle n'ayant, selon les propres dires des requérants, pas changé depuis le dépôt du rapport d'expertise le 28 février 2015, d'autant plus que le terrain n'est pas enclavé, puisqu'il est déjà desservi par un cheminement piéton, par la partie haute ;
- les mesures de travaux publics sollicitées, à peine esquissées par l'expert dans son rapport d'expertise, outre leur caractère extrêmement onéreux, surtout eu égard au budget d'une petite commune, n'apporteront aucune plus-value car le terrain serait au final desservi par un autre chemin piéton, plus long, et cette fois-ci depuis le bas de la parcelle ;
- la demande se heurte à l'existence d'une décision de refus préexistante, à laquelle le juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, est tenu de ne pas faire obstacle ;
- les mesures sollicitées ne présentent aucune utilité.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision ". Si le juge des référés, saisi sur le fondement de l'article précité, peut prescrire en cas d'urgence, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures, autres que celles régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2 du même code, notamment sous forme d'injonctions adressées tant à des personnes privées que, le cas échéant, à l'administration, c'est à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse et sous réserve qu'elles ne fassent pas obstacle à l'exécution d'une décision administrative.
2. L'utilité d'enjoindre à la commune d'Ayguatebia-Talau de réaliser des travaux afin de permettre l'accès à la parcelle AB 153 dont M. C et Mme B, qui en sont respectivement l'usufruitier et la propriétaire, sollicitent du juge des référés le prononcé, n'est pas établie dès lors que, d'une part, le terrain n'est pas enclavé, puisqu'il résulte de l'instruction qu'il est déjà desservi par un cheminement piéton et que, d'autre part, les travaux préconisés, présentent un caractère onéreux eu égard aux capacités budgétaires de la commune. Par suite, il y a lieu de rejeter la présente requête.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
3. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ". Il n'y a pas lieu de condamner la commune d'Ayguatebia-Talau, qui n'est pas la partie perdante, à verser aux requérants une somme au titre de ces dispositions. En revanche, il y a lieu de mettre à la charge des requérants la somme de 2 000 euros à verser à la commune d'Ayguatebia-Talau en application des mêmes dispositions.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. C et de Mme B est rejetée.
Article 2 : M. C et de Mme B verseront la somme de 2 000 euros à la commune d'Ayguatebia-Talau en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A C et Mme D B ainsi qu'à la commune d'Ayguatebia-Talau.
Le président
E. Souteyrand
La République mande au préfet des Pyrénées-Orientales en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance
Pour expédition conforme,
Montpellier le 10 novembre 202Le greffier,
A. Farell
2204102
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026