lundi 8 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2204124 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Magistrat PATER |
| Avocat requérant | MOREAU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 5 août 2022, M. A B, représenté par Me Moreau, demande au tribunal :
1°) d'annuler :
- la décision du 6 juillet 2022 par laquelle le directeur général du centre hospitalier universitaire de Montpellier rejette son recours gracieux formé à l'encontre de la décision du 4 avril 2022 par laquelle la même autorité lui inflige un blâme à titre de sanction disciplinaire ;
- la décision de changement d'affectation à compter du 7 avril 2022.
2°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
La décision de lui infliger un blâme :
. méconnaît les dispositions de l'article 19 de la loi n°83-634 en ce qu'elle est insuffisamment motivée ;
. est entachée d'une erreur d'appréciation ;
. est entachée de disproportion.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 octobre 2022, le centre hospitalier universitaire de Montpellier conclut au rejet de la requête et à ce que soit mis à la charge de M. B le versement d'une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que les moyens soulevés à l'encontre de la décision de blâme ne sont pas fondés et qu'aucun moyen n'est soulevé à l'encontre de la décision de changement d'affectation.
Par ordonnance du 26 mars 2024, l'instruction a fait l'objet d'une clôture le même jour en application des dispositions des articles R. 611-11-1 et R. 613-1 du code de justice administrative.
Par lettre du 3 avril 2024, les parties sont informées, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, du moyen relevé d'office susceptible de fonder la décision du Tribunal tiré de l'irrecevabilité des conclusions dirigées contre la décision de changement de poste d'affectation en l'absence de moyen soulevé, conformément aux dispositions de l'article R. 411-1 du code de justice administrative.
Par mémoire du 4 avril 2024, en réponse au moyen d'ordre public soulevé, M. portales déclare " abandonner " ses conclusions tendant à l'annulation de la décision de changement d'affectation à compter du 7 avril 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n°86-633 du 9 janvier 1986
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative, désigné Mme Pater Brigitte, première conseillère, pour statuer sur les litiges visés audit article.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Pater, magistrate désignée ;
- et les conclusions de Mme Villemejeanne, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Par la présente requête, M. B demande dans le dernier état de ses écritures au tribunal d'annuler la décision du 6 juillet 2022 de rejet de son recours gracieux formé à l'encontre de la décision du 4 avril 2022 par laquelle le directeur général du centre hospitalier universitaire de Montpellier lui a infligé un blâme à titre de sanction disciplinaire.
2. L'exercice du recours gracieux n'ayant d'autre objet que d'inviter l'auteur de la décision à reconsidérer sa position, un recours contentieux consécutif au rejet d'un recours gracieux doit nécessairement être regardé comme étant dirigé, non pas tant contre le rejet du recours gracieux dont les vices propres ne peuvent être utilement contestés, que contre la décision initialement prise par l'autorité administrative. Il appartient, en conséquence, au juge administratif, s'il est saisi dans le délai de recours contentieux qui a recommencé de courir à compter de la notification du rejet du recours gracieux, de conclusions dirigées formellement contre le seul rejet du recours gracieux, d'interpréter les conclusions qui lui sont soumises comme étant aussi dirigées contre la décision administrative initiale.
3. Par décision du 4 avril 2022, M. B a fait l'objet d'une sanction de blâme. M. B a formé un recours gracieux le 18 mai 2022 auquel il était répondu par décision du 6 juillet 2022. M. B doit être regardé comme demandant au tribunal d'annuler la décision du 4 avril 2022, ensemble la décision de rejet du recours gracieux.
4. Par la décision attaquée est reproché à M. B d'avoir manqué à son devoir de servir, ce manquement étant constitué par l'absence de respect des " procédures en vigueur dans l'unité dans laquelle il est affecté, notamment celles relatives aux tournées dans les services et à la traçabilité des interventions réalisées ".
5. Il ressort des pièces du dossier, que M. B est agent d'entretien qualifié affecté dans l'unité fonctionnelle de sécurité incendie et sureté site 1 du pôle " travaux et biomédical ", et que les faits litigieux ont pour cadre les rondes de surveillance quotidiennes que M. B a pour mission d'accomplir. Ce dernier expose, sans être contesté, avoir, le 14 février 2022, remis en place un détecteur de fumée estimé décroché et le 22 février 2022, être entré dans un local dont la porte était ouverte de façon inattendue, y avoir senti une odeur et avoir, en l'absence de fumée et examen des lieux, estimé qu'il n'y avait pas de danger.
6. S'il est en premier lieu reproché à M. B de ne pas avoir respecté les règles de tournées à l'occasion de ces faits, l'administration n'évoque aucune règle en particulier. S'il est fait état de ce que M. B a agi seul, il ne ressort d'aucune pièce du dossier, l'obligation d'intervenir à plusieurs dans le cadre des missions de prévention des risques. Dès lors, en reprochant à M. B un manquement aux règles des tournées, le centre hospitalier universitaire, qui a la charge d'établir les faits reprochés, a entaché sa décision d'une erreur d'appréciation.
7. Il est en second et dernier lieu reproché à M. B de ne pas avoir respecté les règles de traçabilité des interventions réalisées. Il ressort des pièces du dossier que la fiche de poste de M. B comporte des règles de traçabilité, les premières étant la saisie de tout signalement de dysfonctionnement dans le système informatisé de gestion des opérations de maintenance du centre hospitalier universitaire (GMOA) et les secondes étant l'inscription de toute anomalie constatée sur une main courante. S'il est exact que M. B n'a consigné les faits des 14 et 22 février 2022 dans aucun de ces documents, toutefois, le centre hospitalier universitaire n'allègue ni n'établit qu'un détecteur de fumée décroché ou une odeur non caractéristique de danger seraient constitutifs d'un dysfonctionnement ou d'une anomalie au sens des mentions de la fiche de poste ou d'une réglementation précise dont M. B aurait eu connaissance. Dès lors, en reprochant à M. B un manquement aux règles de traçabilité, le centre hospitalier universitaire a entaché sa décision d'une erreur d'appréciation.
8. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens, la décision du 4 avril 2022, doit être annulée, ensemble la décision de rejet du recours gracieux.
Sur les frais du litige :
9. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du centre hospitalier universitaire de Montpellier une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. M. B n'étant pas partie perdante, les conclusions du centre hospitalier universitaire à ce titre doivent être rejetées.
DÉCIDE :
Article 1er : La décision du 4 avril 2022, ensemble la décision de rejet du recours gracieux est annulée.
Article 2 : Le centre hospitalier universitaire de Montpellier versera à M. B une somme de 1 500 euros à M. B.
Article 3 : le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au centre hospitalier universitaire de Montpellier.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 juillet 2024.
La magistrate désignée,
B. PaterLe greffier,
F. Balicki
La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 9 juillet 2024.
Le greffier,
F. Balickifb
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026