vendredi 9 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2204337 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | GUYON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des pièces complémentaires, enregistrées le 22 août 2022, et les 1er et 6 septembre 2022, M. A E, représenté par Me Warocquier, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de l'arrêté n° PC 34095 21 M0058 du 17 février 2022 par lequel le maire de la commune de Fabrègues a délivré un permis de construire à Mme B pour la réalisation d'une maison individuelle en R+1 avec garage sur un terrain constituant le lot n° 3 du lotissement " Les Jardins du Pountiou ", jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Fabrègues une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
Sur la recevabilité :
- il justifie d'un intérêt à agir contre le permis de construire litigieux en sa qualité de voisin immédiat du terrain d'assiette du projet qui va créer des vues sur sa propriété et sa vie privée ;
Sur l'urgence :
- l'urgence est présumée en application de l'article L. 600-3 du code de l'urbanisme ;
- les travaux ont commencé et ne sont pas achevés ;
Sur le moyen propre à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision :
- l'arrêté de permis de construire est entaché d'un défaut de motivation à défaut de viser le règlement de lotissement ;
- son auteur n'est pas clairement identifié ;
- il est entaché d'un vice d'incompétence en l'absence de justification de l'affichage et de la publication de l'arrêté du 26 mai 2020 portant délégation de signature à son auteur ;
- il méconnaît l'article R. 424-15 du code de l'urbanisme faute d'avoir été affiché sur le terrain pendant toute la durée du chantier ; l'affichage ne mentionne pas que le projet se situe dans un lotissement, ni qu'il comporte une piscine, ni les coordonnées de l'architecte ;
- il méconnaît l'article R. 424-16 du code de l'urbanisme faute pour le pétitionnaire d'établir avec certitude que les trois exemplaires de la déclaration d'ouverture de chantier ont été effectivement remis à la mairie ;
- il n'est pas répertorié dans la base France Cadastre ;
- il a été délivré sur la base d'un dossier de demande incomplet ;
- il méconnaît l'article R. 431-4 g) du code de l'urbanisme faute pour le dossier de demande de mentionner la puissance électrique nécessaire au projet ;
- il méconnaît l'article R. 431-7 du code de l'urbanisme dès lors que la notice ne répond pas aux exigences imposées par l'article R. 431-8 de ce code ; elle ne comporte pas l'indication de l'état initial du terrain et des abords, ni les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement et la prise en compte des paysages, ni l'aménagement du terrain, en indiquant ce qui sera modifié ou supprimé, ni l'implantation, l'organisation, la composition et le volume des constructions nouvelles, notamment par rapport aux constructions ou paysages avoisinants, ni le traitement des espaces libres, ni l'organisation et l'aménagement des accès au terrain, aux constructions et aux aires de stationnement ;
- il méconnaît l'article R. 431-9 du code de l'urbanisme dès lors que le plan de masse se borne à indiquer les hauteurs sans indiquer les travaux extérieurs aux constructions, les modalités de raccordement aux réseaux publics et les caractéristiques de la servitude de passage ;
- il méconnaît l'article R. 431-10 b) du code de l'urbanisme dès lors que le plan de coupe ne matérialise pas la déclivité du terrain ;
- le dossier demande comporte des incohérences ; la terrasse végétalisée ne figure pas sur la première illustration qui correspond à un muret situé à mi-hauteur de la porte d'entrée ; le garage n'est pas positionné de la même manière sur les illustrations ; la position du muret qui figure sur le plan de façade est différente de celle figurant sur le document graphique ; les cases relatives à la terrasse et à la piscine n'ont pas été cochées dans le dossier demande, le recours à un architecte n'est pas indiqué ; les dimensions du garage et les matériaux utilisés ne sont pas indiqués ; l'existence d'un parking n'est pas indiquée dans la notice alors que le plan de masse s'y réfère en en-tête et rien ne prouve que celui-ci sera réalisé ;
- il méconnaît l'article 7.02 du règlement de lotissement et l'article 14-2-1 du règlement du plan local d'urbanisme dès lors qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que les canalisations seront souterraines ou étanches ;
- la surface imperméabilisée du bassin de rétention est inférieure à celle exigée par l'étude hydraulique ;
- il méconnaît l'article 9-2-2 du règlement du plan local d'urbanisme dès lors que la couleur de l'enduit n'est pas précisée ;
- il méconnaît l'article 9-3 du règlement du plan local d'urbanisme faute pour le dossier de demande de comporter des éléments à propos de la toiture terrasse et de faire état de l'existence de garde-corps ;
- il méconnaît l'article 9-4 du règlement du plan local d'urbanisme dès lors qu'une clôture existante comportant un mur bahut est d'une hauteur de deux mètres ; le plan de masse n'indique pas que la clôture est surmontée d'une grille à barreaudage et ne matérialise aucun élément de plantations au niveau de cette clôture ;
- il méconnaît l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme et l'article 9-1 du règlement du plan local d'urbanisme dès lors qu'il autorise la construction de deux grandes baies vitrées offrant une vue très importante sur sa propriété qui le privera de l'intimité dont il jouissait jusqu'alors ; ces deux fenêtres portent atteinte à l'intérêt des lieux avoisinants.
Par un mémoire et des pièces complémentaires, enregistrés les 6 et 7 septembre 2022, la commune de Fabrègues, représenté par la SCP Territoire avocats, agissant par Me d'Albenas, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de M. E une somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- le requérant n'établit pas l'existence d'un intérêt à agir contre la décision attaquée ;
- la condition relative à l'urgence n'est pas établie ;
- aucun des moyens soulevés par la requête n'est de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.
Par un mémoire, enregistré le 7 septembre 2022, Mme B, représentée par Me Guyon, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge de M. E en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête en référé est irrecevable à défaut, pour M. E, de produire une copie de la requête au fond, conformément à l'article R. 522-1 du code de justice administrative ;
- elle est également irrecevable en raison de sa tardiveté, le recours gracieux ne lui ayant pas été notifié dans les formes prévues par l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme ;
- elle, en outre, irrecevable, en l'absence d'intérêt pour agir du requérant ;
- elle est irrecevable compte tenu de l'absence d'explicitation des pièces annexes en violation de l'article R. 412-2 du code de justice administrative ;
- la condition relative à l'urgence au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative n'est pas remplie ;
- aucun des moyens soulevés par la requête n'est de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.
Vu :
- la requête enregistrée le 22 août 2022 sous le n° 2204336 par laquelle M. E demande l'annulation de la décision attaquée ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Rigaud, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 7 septembre 2022 à 14 heures :
- le rapport de Mme Rigaud, juge des référés,
- les observations de Me Ben Farhat, pour M. E, qui développe les moyens exposés dans la requête et insiste sur le fait que la commune de Fabrègues et Mme B ont produits leurs écritures en défense tardivement, mais indique ne pas solliciter, malgré la demande du juge des référés, que la clôture de l'instruction soit différée ;
- celles de Me d'Audigier, représentant la commune de Fabrègues, qui persiste dans ses écritures ;
- et celles de Me Guyon, représentant Mme B, qui persiste également dans ses écritures.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B a déposé le 29 novembre 2021 auprès des services de la commune de Fabrègues une demande de permis de construire pour la réalisation d'une maison individuelle en R+1 avec garage sur un terrain constituant le lot n° 3 du lotissement " Les Jardins du Pountiou ". Par un arrêté n° PC 34095 21 M0058 du 17 février 2022, le maire de la commune de Fabrègues a délivré le permis de construire sollicité. Par la présente requête, M. E sollicite la suspension de ce permis de construire.
Sur les conclusions aux fins de suspension :
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
3. En l'état de l'instruction, aucun des moyens de la requête présentée par M. E, tels que visés et analysés dans les visas de la présente ordonnance, n'est propre à créer un doute sérieux sur la légalité du permis de construire attaqué.
4. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer la recevabilité de la requête, ni de statuer sur la condition relative à l'urgence, que M. E n'est pas fondé à demander la suspension du permis de construire délivré le 17 février 2022 par le maire de la commune de Fabrègues à Mme B.
Sur les frais liés au litige :
5. En application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, il y a lieu de laisser à chacune des parties la charge des frais qu'elles ont pu exposer et qui ne sont pas compris dans les dépens.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête présentée par M. E est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Fabrègues et Mme B sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A E, à la commune de Fabrègues et à Mme C B.
Fait à Montpellier, le 9 septembre 2022.
Le juge des référés,
L. Rigaud
La greffière,
M. D
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 9 septembre 2022.
La greffière,
M. D
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026