mercredi 31 août 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2204436 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | PROCEDURES 96 H H / 48 H |
| Avocat requérant | BOURRET MENDEL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 26 août 2022, M. F A, représenté par Me Bourret Mendel, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 25 août 2022 par lequel le préfet de la Haute-Garonne a prononcé son transfert aux autorité autrichiennes responsables de l'examen de sa demande d'asile ;
2°) d'enjoindre au préfet de réexaminer son dossier dans un délai de deux mois à compter du jugement à intervenir et, dans l'attente, de lui délivrer une autorisation de séjour provisoire dans un délai de 48 heures à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros à verser à son conseil sur le fondement de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Il soutient que :
- la décision a été signée par une autorité incompétente faute de délégation de signature ;
- la décision est insuffisamment motivée s'agissant notamment de ses attaches en France, de son état de santé et de l'application de l'article 17 du règlement (UE) n° 604/2013 ;
- le préfet a commis une erreur de droit en ne faisant pas application de l'article 17 du règlement (UE) n° 604/2013.
Par un mémoire en défense, enregistré le 30 août 2022, le préfet de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Lesimple, première conseillère, dans les fonctions de magistrate chargée du contentieux des mesures d'éloignement.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Madame Lesimple, magistrate désignée ;
- les observations de Me Bourret Mendel, représentant M. A persistant dans ses conclusions et moyens et insistant sur le défaut de motivation de la décision.
Considérant ce qui suit :
1. Par arrêté du 25 août 2022 le préfet de la Haute-Garonne a prononcé le transfert aux autorités autrichiennes de M. A, ressortissant afghan déclarant être né en 1991, après avoir estimé ces dernières responsables de l'examen de sa demande d'asile. M. A demande l'annulation de cette décision.
2. En premier lieu, par un arrêté du 20 septembre 2021 publié au recueil administratif spécial du lendemain, produit au dossier, le préfet de la Haute-Garonne a donné délégation à Mme D C, directrice des migrations et de l'intégration et, en son absence ou en cas d'empêchement, à Mme E B, adjointe à la directrice des migrations et de l'intégration, en matière de police des étrangers et notamment d'arrêtés portant transfert d'un étranger vers les Etats membres de l'Union européenne. En l'absence de toute contestation de ces éléments, le moyen tiré de ce que l'arrêté attaqué serait entaché d'incompétence faute de délégation de compétence doit être écarté.
3. En deuxième lieu, le préfet a visé les dispositions sur lesquelles il se fonde et les circonstances de fait qui justifient sa décision. S'agissant de la situation personnelle de M. A il a notamment relevé que celui-ci ne présente pas de pathologie d'une particulière gravité et qu'il ne peut se prévaloir d'une vie privée et familiale sur le territoire. Par ailleurs, il a expressément écarté l'application des clauses dérogatoires à la détermination de l'Etat membre responsable du traitement de la demande d'asile, prévues par l'article 17 du règlement (UE) n° 604/2013, au vu de la situation personnelle de M. A et de l'absence de défaillance systémique en Autriche. Dans ces conditions, et alors au demeurant que le requérant ne précise pas les éléments que le préfet aurait omis de mentionner, le moyen tiré de l'insuffisante motivation de l'arrêté doit être écarté.
4. En troisième lieu, aux termes de l'article 17 du règlement n° 604/2013 du 26 juin 2013 susvisé : " 1. Par dérogation à l'article 3, paragraphe 1, chaque État membre peut décider d'examiner une demande de protection internationale qui lui est présentée par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans le présent règlement. / L'État membre qui décide d'examiner une demande de protection internationale en vertu du présent paragraphe devient l'État membre responsable et assume les obligations qui sont liées à cette responsabilité. () ".
5. En se bornant à soutenir que l'application de ces dispositions était justifiée par sa situation, le requérant n'établit pas que le préfet aurait commis une erreur manifeste d'appréciation de sa situation. En tout état de cause, à supposer qu'il ait entendu faire état des problèmes de santé qu'il évoque dans ses écritures, il ressort du compte rendu de radiographie thoracique qu'aucune anomalie ou lésion n'a été décelée et l'ordonnance qu'il verse aux débats ne permet pas de conclure à l'existence d'une pathologie dont la gravité n'est, au demeurant, ni alléguée ni établie. Dans ces conditions, et alors au demeurant que le requérant a déclaré être entré en France très récemment, le 3 juillet 2022, c'est sans commettre d'erreur manifeste d'appréciation que le préfet a pu décider de s'abstenir de faire application des dispositions précitées.
6. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. A doivent être rejetées. Par voie de conséquence, il y a lieu de rejeter ses conclusions à fin d'injonction ainsi que celles présentées au titre des frais liés au litige.
DECIDE
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. F A, au préfet de la Haute-Garonne et à Me Bourret Mendel.
Décision rendue publique par mise à disposition au greffe le 31 août 2022
La magistrate désignée,
A. Lesimple
Le greffier,
D. Martinier
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier le 31 août 2022.
Le greffier,
D. Martinier
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026