jeudi 1 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2204545 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | CABINET LABRY & NORAY-ESPEIG |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 1er septembre 2022 et le 19 octobre 2023, M. B A, représenté par la SCP Vial Pech de Laclause Escale Knoepffler Huot Piret Joubes, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté individuel d'alignement de la voie aux limites de la parcelle cadastrée section A n° 33 pris le 5 juillet 2022 par le maire de Saint Louis et Parahou ;
2°) d'enjoindre à la commune de constater les limites de la voie communale au niveau de son ancien portail dans un délai de deux mois à compter du jugement à intervenir sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) de transmettre le dossier au parquet de Carcassonne afin que la tentative de faux et escroquerie au jugement commise par la commune soit poursuivie et jugée ;
4°) mettre à la charge de la commune les frais d'expertise en lien avec l'instance n° 1901834 ayant ordonné une expertise ;
5°) de mettre à la charge de la commune de Saint Louis et Parahou une somme de 1500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision est insuffisamment motivée ;
- l'arrêté d'alignement est irrégulier car la limite de la voie publique devrait être située au niveau de l'implantation de son ancien portail et non de l'actuel portail.
Par un mémoire en défense, enregistré le 27 décembre 2022, la commune de Saint Louis et Parahou, représentée par le cabinet Labry et Noray-Espeig, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de M. A une somme de 3 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- les conclusions relatives à la condamnation aux dépens sont irrecevables car l'instance ne permet pas de résoudre entièrement et définitivement le litige existant ;
- les conclusions tendant à la transmission du dossier au parquet sont irrecevables et aucun délit ne peut être reproché à la commune ;
- le moyen tiré du défaut de motivation est inopérant ;
- l'arrêté est conforme aux conclusions de l'expertise et aucun moyen n'est véritablement développé par le requérant.
Vu :
- l'ordonnance n° 1901834 du 30 août 2019 du Tribunal ordonnant une expertise ;
- l'ordonnance du 20 février 2020 du Tribunal taxant les frais d'expertise ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de la voirie routière ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Lesimple, première conseillère,
- les conclusions de M. Lauranson, rapporteur public,
- les observations de Me Agier, représentant M. A et celles de Me Noray-Espaig, représentant la commune de Saint Louis et Parahou.
Considérant ce qui suit :
1. M. et Mme A, propriétaires depuis le 1er mars 1984 d'une parcelle cadastrée section A n° 33 dans la commune de Saint Louis et Parahou, soutiennent qu'une portion de parcelle située sur le domaine de la commune leur appartiendrait en tout ou partie. Par ordonnance n° 1901834, le juge des référés du Tribunal a ordonné une expertise afin notamment de déterminer les limites de la propriété des époux A. Faisant suite au dépôt par l'expert de son rapport, M. A a demandé au maire de la commune de lui délivrer un arrêté d'alignement. Par la présente requête il demande l'annulation de l'arrêté du maire de la commune du 5 juillet 2022 déterminant l'alignement de la voie publique au droit de sa parcelle.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 112-1 du code de la voirie routière : " L'alignement est la détermination par l'autorité administrative de la limite du domaine public routier au droit des propriétés riveraines. Il est fixé soit par un plan d'alignement, soit par un alignement individuel. Le plan d'alignement, auquel est joint un plan parcellaire, détermine après enquête publique ouverte par l'autorité exécutive de la collectivité territoriale ou de l'établissement public de coopération intercommunale, propriétaire de la voie, et organisée conformément aux dispositions du code des relations entre le public et l'administration la limite entre voie publique et propriétés riveraines. L'alignement individuel est délivré au propriétaire conformément au plan d'alignement s'il en existe un. En l'absence d'un tel plan, il constate la limite de la voie publique au droit de la propriété riveraine ".
3. Il résulte de ces dispositions qu'en l'absence de plan d'alignement, l'alignement individuel ne peut être fixé qu'en fonction des limites actuelles de la voie communale et un arrêté d'alignement, qui se borne à constater les limites d'une voie publique en bordure des propriétés riveraines, est un acte purement déclaratif sans effet sur les droits des propriétaires riverains.
4. En premier lieu, il résulte de ce qui précède qu'un arrêté d'alignement ne constitue pas une décision individuelle défavorable qui devrait être motivée en vertu des dispositions de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration. Le moyen tiré du défaut de motivation de cette décision doit donc être écarté.
5. En second lieu, il ressort des pièces du dossier que la parcelle de M. A est longée, sur une partie de sa limite Nord, par l'impasse Jammet. L'arrêté d'alignement en litige a fixé la limite de cette voie au droit du portail de M. A qui se situe au bout de cette impasse.
6. Si le requérant soutient qu'en l'absence de tableau de classement des voiries la limite entre sa propriété et la voie devrait être fixée au niveau des traces d'un ancien portail en amont de la limite arrêtée dans la décision contestée, il n'établit pas que la portion de terrain située entre ce point et son portail actuel lui appartiendrait alors que son ouverture actuelle au public ressort des pièces du dossier, quand bien même elle ne desservirait que sa propriété. Par ailleurs, si l'expertise diligentée à la demande du tribunal a pu conclure à des erreurs du cadastre actuel, elle relève également que l'impasse Jammet avait, en 1962, une longueur similaire à celle actuelle, élément qui vient contredire les allégations du requérant selon lesquelles un portail existait en amont du portail actuel lorsqu'il a acquis sa propriété en 1984. Enfin, si le requérant se prévaut de l'absence d'entretien par la commune de la voie dont il s'agit, il ressort des photographies versées au débat que la portion en litige est revêtue d'un enrobement goudronné et son argument doit, en tout état de cause, être écarté.
7. Dans ces conditions, M. A n'établit pas l'irrégularité de l'arrêté d'alignement en litige qui s'est borné à constater les limites actuelles de l'emprise de la voie publique. Ses conclusions tendant à l'annulation de cet arrêté doivent donc être écartées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
8. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté d'alignement pris le 5 juillet 2022 n'implique pas qu'il soit enjoint à la commune de délivrer à M. A un nouvel arrêté d'alignement. Dès lors, les conclusions présentées en ce sens doivent être rejetées.
9. Par ailleurs, les conclusions du requérant tendant à la transmission du " dossier " au parquet de Carcassonne afin que la tentative de faux et escroquerie au jugement commise par la commune soit poursuivie et jugée ne peuvent qu'être rejetées en l'absence de toute faute imputable à la commune au vu du présent jugement, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée en défense.
Sur les dépens :
10. L'article R 621-13 du code de justice administrative prévoit que : " Lorsque l'expertise a été ordonnée sur le fondement du titre III du livre V, le président du tribunal ou de la cour, après consultation, le cas échéant, du magistrat délégué, ou, au Conseil d'Etat, le président de la section du contentieux en fixe les frais et honoraires par une ordonnance prise conformément aux dispositions des articles R. 621-11 et R. 761-4. Ces frais et honoraires sont, en principe, mis à la charge de la partie qui a demandé le prononcé de la mesure d'expertise (). Dans le cas où les frais d'expertise mentionnés à l'alinéa précédent sont compris dans les dépens d'une instance principale, la formation de jugement statuant sur cette instance peut décider que la charge définitive de ces frais incombe à une partie autre que celle qui a été désignée par l'ordonnance mentionnée à l'alinéa précédent ou par le jugement rendu sur un recours dirigé contre cette ordonnance () ".
11. L'article R. 761-1 du même code prévoit par ailleurs que : " Les dépens comprennent les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'Etat. Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties ".
12. D'une part, la seule circonstance que les propriétaires privés, voisins de M. A, parties à l'expertise, ne soient pas parties de la présente instance ne s'oppose pas à ce que les frais d'expertise mis à la charge de M. A dans l'instance n° 1901834 soient inclus dans les dépens de la présente instance. D'autre part, si la commune fait valoir que le contentieux relatif à la légalité de l'arrêté d'alignement n'a pas pour objet de résoudre le litige l'opposant à M. A sur la délimitation de la propriété publique au droit de sa parcelle, les conclusions de l'expertise ont néanmoins été utiles à la résolution du présent litige, seul introduit jusqu'alors par M. A. Dès lors, la fin de non-recevoir opposée aux conclusions tendant à la liquidation des dépens doit être écartée.
13. Il y a lieu de laisser les frais d'expertises, taxés à la somme de 5 577,72 euros toutes taxes comprises, à la charge de M. A.
Sur les frais liés du litige :
14. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Saint Louis et Parahou, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme demandée par M. A au titre des frais exposés par lui en défense et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, en revanche, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. A la somme demandée par la commune de Saint Louis et Parahou sur le fondement de ces mêmes dispositions au titre des frais du litige.
D E C I D E :
Article 1er : La requête présentée par M. A est rejetée.
Article 2 : Les frais d'expertise de l'instance n° 1901834 taxés à la somme de 5 577,72 euros toutes taxes comprises par l'ordonnance du tribunal du 20 février 2020 sont mis à la charge de M. A.
Article 3 : Les conclusions présentées par la commune de Saint Louis et Parahou sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : La présente décision sera notifiée à M. B A et à la commune de Saint Louis et Parahou.
Délibéré après l'audience du 18 janvier 2024, à laquelle siégeaient :
M. Eric Souteyrand, président,
Mme Adrienne Bayada, première conseillère,
Mme Audrey Lesimple, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er février 2024.
La rapporteure,
A. Lesimple Le président,
E. Souteyrand
La greffière,
M-A. Barthélémy
La République mande et ordonne au préfet de l'Aude en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 1er février 2024.
La greffière,
M-A. Barthélémy
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026