jeudi 16 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2204728 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | BAZIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et deux mémoires enregistrés le 13 septembre 2022, le 8 mars 2024 et le 20 mars 2024, M. B A, représenté par Me Bazin, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du préfet de l'Hérault en date du 13 juin 2022 portant refus de délivrance d'un titre de séjour ;
2°) d'enjoindre, à titre principal, au préfet de l'Hérault de lui délivrer une carte de séjour dans un délai de 15 jours à compter de la décision à intervenir ou, subsidiairement, enjoindre au réexamen de sa situation dans ce même délai ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 800 euros à verser à son conseil au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et des articles 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Il soutient que :
- la décision est entachée d'un défaut de motivation et d'un examen incomplet de sa situation ;
- le préfet a méconnu l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et commis une erreur manifeste d'appréciation car il ne peut pas bénéficier de soins adaptés à son état de santé dans son pays d'origine ;
- la décision méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales car le centre de sa vie privée et familiale est en France ;
- il a finalement subi une greffe et son état de santé justifie son maintien en France.
Par un mémoire en défense enregistré le 20 décembre 2023, le préfet de l'Hérault conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
La clôture de l'instruction est intervenue trois jours francs avant l'audience en application de l'article R.613-2 du code de justice administrative.
Un mémoire présenté par M. A, représenté par Me Bazin, qui a été enregistré le 24 avril 2024, n'a pas été communiqué.
M. A a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du 25 août 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer ses conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Lesimple, première conseillère,
- et les observations de Me Bazin, représentant M. A.
Une note en délibéré, présentée par M. A, représenté par Me Bazin, a été enregistrée le 25 avril 2024.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant géorgien né en 1992, soutient être entré en France en novembre 2021. Par une décision du 27 avril 2022, l'office français de protection des réfugiés et apatrides a rejeté sa demande d'asile et le recours de l'intéressé contre cette décision a été rejeté par la Cour nationale du droit d'asile le 3 février 2023. Parallèlement à cette procédure, le préfet de l'Hérault a examiné sa demande de titre de séjour en qualité d'étranger malade et lui a opposé un refus de délivrance de ce titre par arrêté du 13 juin 2022. Enfin, par arrêté du 9 août 2022, le préfet a obligé M. A à quitter le territoire français. Le recours de l'intéressé contre cette dernière décision a été rejeté par un jugement du Tribunal du 27 octobre 2022. Par la présente requête, M. A demande l'annulation de la décision refusant son admission au séjour en qualité d'étranger malade.
2. En premier lieu, le préfet a précisé les circonstances de droit et de faits qui fondent le sens de sa décision permettant au requérant d'utilement la contester. Si le requérant souligne qu'il n'a pas été fait mention de la scolarisation de ses enfants en France et de la circonstance que sa compagne est enceinte, le préfet n'était pas tenu de relever l'ensemble des circonstances propres à la situation personnelle de l'intéressé mais uniquement celles qui fondent utilement le sens de sa décision. Alors que le préfet a souligné que la conjointe du requérant, également géorgienne, était démunie de titre de séjour et que le séjour de l'intéressé sur le territoire était très récent, le préfet n'a pas entaché sa décision d'une insuffisante motivation.
3. En second lieu, aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat () ".
4. Par ailleurs, la partie qui justifie d'un avis du collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) venant au soutien de ses dires doit être regardée comme apportant des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence ou l'absence d'un état de santé de nature à justifier la délivrance ou le refus d'un titre de séjour. Dans ce cas, il appartient à l'autre partie, dans le respect des règles relatives au secret médical, de produire tous éléments permettant d'apprécier l'état de santé de l'étranger et, le cas échéant, l'existence ou l'absence d'un traitement approprié dans le pays de renvoi. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si l'état de santé d'un étranger justifie la délivrance d'un titre de séjour dans les conditions ci-dessus rappelées, se détermine au vu de ces échanges contradictoires.
5. En l'espèce, par un avis du 7 juin 2022, le collège de médecins de l'OFII a estimé que si l'état de santé de M. A nécessitait des soins dont l'absence peut entrainer des conséquences d'une exceptionnelle gravité, il a également considéré que ce dernier pouvait recevoir un traitement approprié dans son pays d'origine.
6. M. A est atteint d'une insuffisance rénale chronique et astreint à trois séances hebdomadaires d'hémodialyse itérative en centre. Il ressort des pièces du dossier que par décision du 6 février 2023, l'indication d'une greffe de rein a été donnée par l'équipe médicale en charge de son suivi et celle-ci a été effectuée le 12 mars 2024, révélant la gravité de son état de santé. Toutefois, bien qu'il ait été pris en charge lors de son séjour en France, le requérant n'établit pas qu'il ne pouvait disposer en Géorgie d'un traitement approprié. Ainsi, si M. A soutient que la transplantation rénale est faiblement pratiquée en Géorgie et que seul le don d'organes entre membres d'une même famille est possible, les pièces qu'il produit, au demeurant non traduites malgré la demande en ce sens du Tribunal, ne suffisent pas à établir qu'aucun membre de sa famille ne serait un donneur compatible. Par suite, aucun élément n'est de nature à remettre en cause l'avis précité et le préfet n'a pas fait une inexacte application des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en refusant de délivrer un titre de séjour à M. A. Pour les mêmes motifs, l'autorité préfectorale n'a pas entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation quant aux conséquences qu'elle emporte sur la situation personnelle du requérant.
7. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
8. A supposer que M. A soit arrivé en France en novembre 2021, ainsi qu'il l'allègue, son entrée sur le territoire français demeure récente. Par ailleurs, il a fait l'objet, ainsi que son épouse, d'une obligation de quitter le territoire français, par arrêté du 9 août 2022, à la suite du rejet de sa demande d'asile. La seule circonstance que ses enfants soient scolarisés en France et que son épouse soit enceinte ne suffisent pas à établir qu'il aurait transféré en France le centre de ses intérêts privés et familiaux. Dès lors c'est sans méconnaître les stipulations précitées que le préfet a pu refuser de lui délivrer un titre de séjour.
9. Il résulte de tout ce qui précède qu'il y a lieu de rejeter les conclusions à fin d'annulation présentées par M. A à l'encontre de la décision du 13 juin 2022 par laquelle le préfet de l'Hérault lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour. Par voie de conséquence, il y a lieu de rejeter également ses conclusions à fin d'injonction et d'astreinte, sans que cette circonstance ne fasse obstacle à ce que M. A présente une nouvelle demande de titre de séjour au vu de l'évolution de son état de santé et du nouveau suivi médical auquel il est astreint depuis la greffe dont il a fait l'objet.
10. Eu égard au rejet des conclusions principales de M. A, il y a lieu de rejeter ses conclusions présentées au titre des frais du litige.
D E C I D E :
Article 1er : La requête présentée par M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, au préfet de l'Hérault et à Me Bazin.
Délibéré après l'audience du 25 avril 2024, à laquelle siégeaient :
M. Eric Souteyrand, président,
Mme Adrienne Bayada, première conseillère,
Mme Audrey Lesimple, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 mai 2024.
La rapporteure,
A. Lesimple Le président,
E. Souteyrand
La greffière,
M-A. Barthélémy
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 16 mai 2024.
La greffière,
M-A. Barthélémy
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026