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AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2204813

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2204813

jeudi 6 juillet 2023

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2204813
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère chambre
Avocat requérantSELARL VALETTE-BERTHELSEN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 16 septembre 2022, M. A C, représenté par la SCP CGCB et Associés, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 11 mai 2022 par lequel le maire de la commune de Valflaunès a délivré à la société HP Aménagement un permis d'aménager un lotissement de 4 lots sur les parcelles cadastrées section C n° 199 et n° 200 situées rue de la Lauze, ainsi que la décision du 18 juillet 2022 rejetant son recours gracieux ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Valflaunès une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- le lotissement projeté est incompatible avec l'orientation d'aménagement et de programmation n° 1 du plan local d'urbanisme, en méconnaissance des dispositions de l'article L. 151-2 du code de l'urbanisme ;

- la zone constructible du lot n° 1 méconnaît les dispositions de l'article 2-1 § 3 du règlement de la zone UD du plan local d'urbanisme relatives à l'implantation des constructions par rapport aux voies publiques ;

- le projet litigieux, dont le dossier de demande ne localise pas les arbres remarquables isolés répertoriés sur le règlement graphique comme éléments à protéger pour motif paysager ou écologique au titre de l'article L. 151-19 du code de l'urbanisme, ne permet pas d'assurer leur préservation en méconnaissance des dispositions spécifiques retranscrites en annexe du plan ; de surcroît le permis litigieux méconnaît les dispositions de l'article R. 111-26 du code de l'urbanisme ;

- il méconnaît les dispositions de l'article 2-3 du règlement de la zone UD du plan local d'urbanisme relatif au traitement environnemental et paysager des espaces non bâtis et abords des constructions ;

- il méconnaît les dispositions de son article 3-2 § 4 relatives à la gestion et au traitement des eaux pluviales ;

- le maire a commis une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme dès lors que le projet va aggraver le ruissellement des eaux pluviales vers les parcelles du lotissement situé au Nord de l'opération.

Par un mémoire en défense, enregistré le 12 octobre 2022, la commune de Valflaunès, représentée par la SELARL Valette-Berthelsen, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de M. C une somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que les moyens soulevés par la requête ne sont pas fondés.

En réponse à la demande formulée par le tribunal sur le fondement de l'article L. 613-1-1 du code de justice administrative, M. C a produit, le 21 avril 2023, des pièces pour compléter l'instruction qui ont été communiquées.

Par courriers du 26 juin 2023, les parties ont été informées de ce que le tribunal est susceptible de surseoir à statuer, sur le fondement de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, pour permettre la régularisation des vices tenant à l'incomplétude du dossier de demande au regard de la localisation des arbres remarquables identifiés au plan de zonage, à la méconnaissance de l'annexe au règlement du plan local d'urbanisme de Valflaunès, relative aux éléments à protéger pour motif paysager, patrimonial ou écologique et à la méconnaissance des dispositions de l'article 2-3 du règlement de la zone UD du plan local d'urbanisme.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Après avoir entendu au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Goursaud, premier conseiller ;

- les conclusions de Mme Villemejeanne, rapporteure publique ;

- les observations de Me Gilliocq, représentant M. C, et celles de Me Valette, représentant la commune de Valflaunès.

Considérant ce qui suit :

1. Par arrêté du 11 mai 2022, le maire de la commune de Valflaunès a délivré à la société HP Aménagement un permis d'aménager un lotissement de 4 lots sur les parcelles cadastrées section C n° 199 et n° 200 situées rue de la Lauze. Par la présente requête, M. C demande au tribunal d'annuler cet arrêté ainsi que la décision du 18 juillet 2022 rejetant son recours gracieux.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. A titre liminaire, aux termes de l'article L. 152-1 du code de l'urbanisme : " L'exécution par toute personne publique ou privée de tous travaux, constructions, aménagements, plantations, affouillements ou exhaussements des sols, et ouverture d'installations classées appartenant aux catégories déterminées dans le plan sont conformes au règlement et à ses documents graphiques. / Ces travaux ou opérations sont, en outre, compatibles, lorsqu'elles existent, avec les orientations d'aménagement et de programmation. ".

3. Il résulte de ces dispositions que les lotissements, qui constituent des opérations d'aménagement ayant pour but l'implantation de constructions, doivent respecter les règles tendant à la maîtrise de l'occupation des sols édictées par le code de l'urbanisme ou les documents locaux l'urbanisme, même s'ils n'ont pour objet ou pour effet, à un stade où il n'existe pas encore de projet concret de construction, que de permettre le détachement d'un lot d'une unité foncière. Il appartient, en conséquence, à l'autorité compétente de refuser le permis d'aménager sollicité notamment lorsque, compte tenu de ses caractéristiques telles qu'elles ressortent des pièces du dossier qui lui est soumis, un projet de lotissement permet l'implantation de constructions dont la compatibilité avec les règles d'urbanisme ne pourra être ultérieurement assurée lors de la délivrance des autorisations d'urbanisme requises.

4. En premier lieu, il résulte des dispositions citées au point 2 qu'une autorisation d'urbanisme ne peut être légalement délivrée si les travaux qu'elle prévoit sont incompatibles avec les orientations d'aménagement et de programmation d'un plan local d'urbanisme et, en particulier, en contrarient les objectifs.

5. L'orientation d'aménagement et de programmation n° 1 prévue par le plan local d'urbanisme de la commune de Valflaunès, intitulée " Renforcer le maillage du bourg-centre, Penser/Spatialiser les limites villageoises ", prévoit au titre de son schéma de principe " Maillages et Lisières " la création au Nord du terrain d'assiette du projet d'une voie à double sens de circulation doublée d'un cheminement doux ainsi qu'une aire de retournement à l'angle Nord-Ouest de la parcelle C n° 200. Il ressort du plan de composition versé au dossier de demande de permis que le projet prévoit, à l'interface Nord des parcelles composant le terrain d'assiette du projet avec le lotissement voisin de l'Hortus, une voie de desserte à double sens de circulation comportant à l'Ouest une aire de retournement ainsi qu'en parallèle un cheminement piéton. Par suite, le moyen tiré de l'incompatibilité du lotissement autorisé avec l'orientation d'aménagement et de programmation n° 1 doit être écarté.

6. En deuxième lieu, aux termes de l'article 2-1 § 3 du règlement de la zone UD du plan local d'urbanisme de Valflaunès : " Implantation des constructions par rapport aux voies et emprises publiques / a) Dispositions générales : / Les constructions seront implantées en retrait minimum de : - 20 mètres de l'axe de la RD17 ; - 10 mètres de l'axe des autres routes départementales ; () ".

7. Contrairement à ce que soutient le requérant, il ressort du plan de composition, dans sa version modifiée au 15 février 2022, que le polygone d'implantation du lot n°1 respecte un retrait minimum de 10 mètres par rapport à l'axe de la rue de la Lauze, route classée dans la voirie départementale. Il s'ensuit que le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées ne peut qu'être écarté.

8. En troisième lieu, d'une part, aux termes de l'article L. 151-19 du code de l'urbanisme : " Le règlement peut identifier et localiser les éléments de paysage et identifier, localiser et délimiter les quartiers, îlots, immeubles bâtis ou non bâtis, espaces publics, monuments, sites et secteurs à protéger, à conserver, à mettre en valeur ou à requalifier pour des motifs d'ordre culturel, historique ou architectural et définir, le cas échéant, les prescriptions de nature à assurer leur préservation leur conservation ou leur restauration. Lorsqu'il s'agit d'espaces boisés, il est fait application du régime d'exception prévu à l'article L. 421-4 pour les coupes et abattages d'arbres. ". Selon l'annexe au règlement du plan local d'urbanisme de Valflaunès, relative aux éléments à protéger pour motif paysager, patrimonial ou écologique : " () Description : Vingt-six arbres remarquables ont été repérés au sein de l'emprise urbaine : ils participent au cadre de vie aéré et paysager spécifique du bourg de Valflaunès. / Objectifs : Les arbres remarquables isolés identifiés au plan de zonage doivent être préservés pour leur valeur paysagère. / Prescriptions ou recommandations / Les arbres remarquables identifiés au plan de zonage doivent être préservés. A ce titre, les constructions, installations, aménagements sont interdits au sein de la surface définie par la projection du sol du houppier. Les aménagements réalisés à proximité doivent être conçus pour assurer leur préservation. Leur abattage n'est autorisé que pour l'une des conditions suivantes : - Etat phytosanitaire dégradé ou risque avéré pour la sécurité publique ; - Mise en œuvre d'une opération ayant un caractère d'intérêt général. ".

9. D'autre part, aux termes de l'article R. 441-3 du code de l'urbanisme : " Le projet d'aménagement comprend une notice précisant : 1° L'état initial du terrain et de ses abords et indiquant, s'il y a lieu, les constructions, la végétation et les éléments paysagers existants ; 2° Les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement et la prise en compte des paysages, faisant apparaître, en fonction des caractéristiques du projet : a) L'aménagement du terrain, en indiquant ce qui est modifié ou supprimé ; () ; d) Le traitement des parties du terrain situées en limite du projet ; e) Les équipements à usage collectif et notamment ceux liés à la collecte des déchets. ". En outre, selon les dispositions de l'article R. 441-4 du même code : " Le projet d'aménagement comprend également : () 2°Un plan coté dans les trois dimensions faisant apparaître la composition d'ensemble du projet et les plantations à conserver ou à créer ".

10. La circonstance que le dossier de demande de permis d'aménager ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis d'aménager qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.

11. Il ressort des pièces du dossier que le plan de zonage localise trois arbres remarquables isolés sur la parcelle C n ° 199 tandis que le plan de composition n'identifie pas spécifiquement ces trois arbres parmi ceux répertoriés sur le terrain d'assiette. Aucun autre document produit à l'appui du dossier de demande ne permet de compenser cette carence. Si la commune de Valflaunès fait valoir en défense que lesdits arbres, sans d'ailleurs préciser lesquels, ne sont pas situés dans l'emprise constructible des lots à créer du plan de composition, il ressort toutefois de la comparaison de ce plan avec le plan de zonage que leur localisation, pour au moins l'un d'entre eux, ne coïncide pas avec celle du plan de zonage. Compte tenu de ces imprécisions et incertitudes, le service instructeur n'a pas été mis à même d'apprécier la conformité du projet au regard de l'annexe au règlement du plan local d'urbanisme imposant la préservation de ces spécimens. Dans ces conditions, le moyen tiré du caractère insuffisant du dossier de demande sur ce point doit être accueilli.

12. En quatrième lieu, l'article R. 111-26 du code de l'urbanisme dispose que : " Le permis ou la décision prise sur la déclaration préalable doit respecter les préoccupations d'environnement définies aux articles L. 110-1 et L. 110-2 du code de l'environnement. Le projet peut n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si, par son importance, sa situation ou sa destination, il est de nature à avoir des conséquences dommageables pour l'environnement. ". Cet article ne permet pas à l'autorité administrative de refuser un permis, mais seulement de l'accorder sous réserve du respect de prescriptions spéciales relevant de la police de l'urbanisme, telles que celles relatives à l'implantation ou aux caractéristiques des bâtiments et de leurs abords, si le projet de construction est de nature à avoir des conséquences dommageables pour l'environnement.

13. En se bornant à soutenir qu'il n'est pas établi que les arbres remarquables identifiés sur le terrain d'assiette seront conservés, M. C ne démontre pas que le projet est de nature à avoir des conséquences dommageables pour l'environnement. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que le maire, en n'assortissant l'arrêté en litige d'aucune prescription spéciale, aurait commis une erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article R. 111-26 du code de l'urbanisme.

14. En cinquième lieu, aux termes de l'article 2-3 du règlement de la zone UD du plan local d'urbanisme, relatif au traitement environnemental et paysager des espaces non bâtis et abords des constructions : " Les plantations de haute tige existantes devront être préservées ou remplacées, sur la même unité foncière, par des plantations équivalentes en qualité et en quantité. / Au minimum 50 % des espaces libres des parcelles privatives doivent être laissés en pleine terre et végétalisés à raison d'un arbre de haute tige pour 50 m² d'espace de plein terre ; () Les aires de stationnement, y compris longitudinales en bord de chaussées, seront plantées à raison d'un arbre de haute tige pour 2 places de stationnement. () Les éléments de paysage et de patrimoine identifiés au titre de l'article L. 151-19 doivent être conservés. Dans les opérations d'aménagement d'ensemble, ils seront intégrés et mis en valeur dans un aménagement paysager global. ".

15. En application du principe rappelé au point 3 du présent jugement, le requérant n'est pas fondé à se prévaloir de la méconnaissance des dispositions précitées relatives à la végétalisation des espaces libres en pleine terre, lesquelles ne concernent que les parcelles privatives, ni davantage du non-remplacement des sujets situés au sein des polygones d'implantation et du non-respect de l'obligation de plantation d'un arbre pour deux places de stationnement s'agissant des huit places de stationnement privatives réparties sur chacun des lots, le respect de ces dispositions ayant vocation à s'apprécier au stade de la délivrance des différents permis de construire. En revanche, il ressort du plan de composition que l'aménageur aura la charge de la réalisation des quatre places identifiées en orange dites de " stationnement perméables " situées en dehors de l'emprise constructible des lots. Ces quatre places étant couplées, elles impliquaient la plantation de deux arbres de haute tige. Par ailleurs, il ressort du plan de composition que le tracé de la voirie interne et du cheminement piéton implique d'abattre quatre arbres de haute tige. Il est toutefois constant qu'aucune pièce du dossier de demande ne fait état de leur remplacement. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 2-3 du règlement de la zone UD du plan local d'urbanisme doit être accueilli, en tant que le projet ne prévoit pas le remplacement des quatre arbres situés sur l'emprise des équipements communs et la plantation de deux arbres de haute tige au titre des 4 places de stationnement visiteurs créées.

16. En cinquième lieu, aux termes de l'article 3.2 § 4 du règlement de la zone UD du plan local d'urbanisme : " Lorsque le réseau public d'assainissement pluvial existe, les aménagements réalisés doivent permettre de garantir l'écoulement des eaux pluviales dans ce réseau sans générer d'apports dont l'importance serait incompatible avec la capacité de l'émissaire. / En l'absence d'un réseau d'eaux pluviales, les aménagements réalisés sur tout terrain devront être tels qu'ils garantissent le stockage ou l'infiltration des eaux pluviales par des dispositifs dimensionnés selon une base minimale de 120 litres par m² imperméabilisé et leur déversement vers les exutoires appropriés. ( ) ".

17. Le requérant soutient que ces dispositions sont méconnues dès lors que le projet, alors même qu'il existe un fossé de récupération des eaux pluviales au niveau de la rue de la Lauze, ne prévoit pas la récupération des eaux pluviales vers ce fossé, mais prévoit leur rejet vers le bassin de rétention du lotissement de l'Hortus situé au Nord, lequel n'est pas dimensionné pour accueillir de nouvelles eaux pluviales. Toutefois il ressort de la notice hydraulique jointe au dossier de demande que le projet prévoit que les eaux de ruissellement seront collectées au Nord vers une noue de rétention à ciel ouvert située le long de la voirie et seront ensuite rejetées dans le fossé communal. Par suite, le moyen ne peut qu'être écarté comme manquant en fait.

18. En sixième et dernier lieu, aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé où n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations ".

19. Si M. C soutient que le projet est de nature à générer un risque pour la sécurité publique compte tenu de l'importante imperméabilisation du terrain d'assiette du projet et de l'insuffisance du dispositif de rétention prévu, alors que compte tenu de la pente naturelle son terrain est irrégulièrement inondé lors d'intempéries, il ressort toutefois de la notice hydraulique que le dispositif de rétention prévu permettra, lors d'une pluie importante, décennale ou centennale, de générer des débits de pointe légèrement inférieurs à ceux produits avant travaux par une pluie biennale, améliorant ainsi le risque inondation à l'échelle du bassin versant. Par suite, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions précitées de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme doit être écarté.

Sur l'application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme :

20. Aux termes de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme : " Sans préjudice de la mise en œuvre de l'article L. 600-5, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager ou contre une décision de non- opposition à déclaration préalable estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice entraînant l'illégalité de cet acte est susceptible d'être régularisé, sursoit à statuer, après avoir invité les parties à présenter leurs observations, jusqu'à l'expiration du délai qu'il fixe pour cette régularisation, même après l'achèvement des travaux. Si une mesure de régularisation est notifiée dans ce délai au juge, celui-ci statue après avoir invité les parties à présenter leurs observations. Le refus par le juge de faire droit à une demande de sursis à statuer est motivé. ".

21. Il résulte de ces dispositions que lorsque le ou les vices affectant la légalité de l'autorisation d'urbanisme dont l'annulation est demandée, sont susceptibles d'être régularisés, le juge doit surseoir à statuer sur les conclusions dont il est saisi contre cette autorisation. Il invite au préalable les parties à présenter leurs observations sur la possibilité de régulariser le ou les vices affectant la légalité de l'autorisation d'urbanisme. Un vice entachant le bien-fondé de l'autorisation d'urbanisme est susceptible d'être régularisé, même si cette régularisation implique de revoir l'économie générale du projet en cause, dès lors que les règles d'urbanisme en vigueur à la date à laquelle le juge statue permettent une mesure de régularisation qui n'implique pas d'apporter à ce projet un bouleversement tel qu'il en changerait la nature même.

22. La régularisation des vices affectant la légalité du permis d'aménager litigieux, relevés aux points 11 et 15 du présent jugement et tirés de l'insuffisance du dossier de demande au regard de la localisation des arbres remarquables et de la méconnaissance des dispositions de l'article 2-3 du règlement de la zone UD du plan local d'urbanisme, n'impliquent pas d'apporter au projet de lotissement un bouleversement tel qu'il en changerait la nature même. Ils peuvent donc faire l'objet d'une mesure de régularisation en application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme. Par suite, il y a lieu de surseoir à statuer sur les conclusions de la requête dirigées contre le permis d'aménager délivré le 11 mai 2022 à la société HP Aménagement et d'impartir à la société pétitionnaire un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement aux fins de justifier de la régularisation de ces vices.

D E C I D E :

Article 1er : Il est sursis à statuer sur la requête de M. C jusqu'à l'expiration d'un délai de trois mois, à compter de la notification du présent jugement, imparti à la société HP Aménagement pour justifier auprès du tribunal de la régularisation des vices retenus aux points 11 et 15 du présent jugement du présent jugement.

Article 2 : Tous droits et moyens des parties sur lesquels il n'est pas expressément statué par le présent jugement sont réservés jusqu'en fin d'instance.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A C, à la commune de Valflaunès et à la société HP Aménagement.

Délibéré après l'audience du 29 juin 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Lison Rigaud, présidente,

Mme Sophie Crampe, première conseillère,

M. François Goursaud, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 juillet 2023.

Le rapporteur,

F. Goursaud

La présidente,

L. Rigaud

La greffière,

M. B

La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

La greffière,

M. B00

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