mardi 18 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2204839 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Magistrat VERGUET |
| Avocat requérant | SELARLFRANCK COHEN AVOCAT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 20 septembre et 17 novembre 2022,
M. A B, représenté par Me Cohen, demande au tribunal :
1°) de prononcer l'annulation de la décision référencée " 48 SI " du 8 août 2022 constatant la perte de validité de son permis de conduire et des décisions de retrait de points mentionnées dans cette décision ;
2°) d'ordonner la restitution des points de son permis de conduire ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le ministre de l'intérieur n'apporte pas la preuve que l'information préalable requise lui a été délivrée lors de la constatation des infractions constatées les 18 juin 2017, 27 juillet 2018 et 28 août 2015 ;
- en l'absence de paiement des amendes forfaitaires relatives aux infractions des 18 juin 2017 et 27 juillet 2018, la réalité de ces infractions n'est pas établie.
Par un mémoire en défense, enregistré le 19 octobre 2022, le ministre de l'intérieur et des outre-mer conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- le moyen, tiré de l'absence de notification des décisions portant retrait de points, est inopérant ;
- les autres moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapporteur public a été dispensé, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Le rapport de M. C a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B demande l'annulation de la décision référencée " 48 SI " du 8 août 2022 constatant la perte de validité de son permis de conduire et des décisions de retrait de points mentionnées dans cette décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 223-1 du code de la route : " Le permis de conduire est affecté d'un nombre de points. Celui-ci est réduit de plein droit si le titulaire du permis a commis une infraction pour laquelle cette réduction est prévue. / () / La réalité d'une infraction entraînant retrait de points est établie par le paiement d'une amende forfaitaire ou l'émission du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, l'exécution d'une composition pénale ou par une condamnation définitive ". Il résulte des dispositions combinées des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route que l'administration ne peut légalement prendre une décision retirant des points affectés à un permis de conduire, à la suite d'une infraction dont la réalité a été établie, que si l'auteur de l'infraction s'est vu préalablement délivrer par elle un document contenant les informations prévues aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route, lesquelles constituent une garantie essentielle lui permettant de contester la réalité de l'infraction et d'en mesurer les conséquences sur la validité de son permis. Il appartient à l'administration d'apporter la preuve, par tout moyen, qu'elle a satisfait à cette obligation d'information.
En ce qui concerne l'infraction du 28 août 2015 :
3. Il résulte des dispositions portant application des articles R. 49-1 et R. 49-10 du code de procédure pénale, notamment celles de son article A. 37-15, que lorsqu'une contravention soumise à la procédure de l'amende forfaitaire est relevée avec interception du véhicule mais dans des conditions ne permettant pas l'édition immédiate de l'avis de contravention, notamment en cas d'utilisation d'un appareil électronique sécurisé, il est adressé par voie postale à l'intéressé un avis de contravention, une notice de paiement et un formulaire de requête en exonération. En application de l'article A. 37-16 dudit code, l'avis de contravention comporte, notamment, une rubrique intitulée " retrait de point(s) du permis de conduire " et une information sur les droits du destinataire de cet avis et sur les modes d'exercice des recours concernant le traitement automatisé des données à caractère personnel, le droit d'accès au cliché et l'infraction elle-même. Les documents ainsi adressés à l'intéressé comportent une information suffisante au regard des exigences résultant des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. Par suite, lorsqu'il est établi que le titulaire d'un permis de conduire a payé l'amende forfaitaire prévue à l'article 529 du code de procédure pénale au titre d'une infraction constatée au moyen d'un appareil électronique sécurisé, il découle de cette seule constatation qu'il a nécessairement reçu l'avis de contravention. Eu égard aux mentions dont cet avis est réputé être revêtu, l'administration doit alors être regardée comme s'étant acquittée envers le titulaire du permis de son obligation de lui délivrer les informations requises préalablement au paiement de l'amende, à moins que l'intéressé, à qui il appartient à cette fin de produire l'avis qu'il a nécessairement reçu, ne démontre s'être vu remettre un avis inexact ou incomplet.
4. Il résulte des mentions portées sur le relevé d'information intégral relatif à la situation de M. B que l'amende forfaitaire correspondant à l'infraction commise le 28 août 2015, qui a été constatée au moyen d'un appareil électronique sécurisé et qui a entrainé le retrait de six points, a été acquittée. Ainsi, dès lors que le requérant ne démontre pas s'être vu remettre un avis de contravention inexact ou incomplet, l'administration doit être regardée comme s'étant acquittée envers M. B de son obligation de lui délivrer les informations requises préalablement au paiement de cette amende. Il s'ensuit que le moyen tiré du défaut d'information préalable au retrait de points résultant de cette infraction doit être écarté.
En ce qui concerne l'infraction du 18 juin 2017 :
5. L'administration n'apporte pas la preuve de la délivrance de l'information préalable requise, par la production d'un procès-verbal électronique sur lequel M. B n'a pas apposé sa signature et qui ne comporte pas la mention de ce qu'il aurait refusé de le signer. Toutefois, il résulte de ce qui a été dit au point précédent qu'il en avait reçu communication lors de la constatation de l'infraction du 28 août 2015, commise moins de deux ans auparavant. Dans ces conditions, le moyen tiré du défaut d'information préalable doit être écarté.
En ce qui concerne l'infraction du 27 juillet 2018 :
6. L'administration n'apporte pas la preuve de la délivrance de l'information préalable requise. Elle n'est pas fondée à soutenir que M. B en avait reçu communication lors de la constatation de l'infraction commise le 20 janvier 2008, soit plus de dix ans auparavant. Dès lors, le requérant est fondé à soutenir qu'il a été privé de la garantie prévue aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. Par suite, sans qu'il soit besoin d'examiner le moyen tiré de ce que la réalité de cette infraction n'est pas établie, le requérant est fondé à demander l'annulation de la décision procédant au retrait d'un point.
7. En second lieu, il résulte des dispositions combinées des articles 529 et suivants du code de procédure pénale et de l'article L. 225-1 du code de la route que le mode d'enregistrement et de contrôle des informations relatives aux infractions au code de la route conduit à considérer que la réalité de l'infraction est établie dans les conditions prévues à l'article L. 223-1 de ce code dès lors qu'est inscrite, dans le système national des permis de conduire, la mention du paiement de l'amende forfaitaire ou de l'émission du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, sauf si l'intéressé justifie avoir présenté une requête en exonération dans les quarante-cinq jours de la constatation de l'infraction ou de l'envoi de l'avis de contravention ou formé, dans le délai prévu à l'article 530 du code de procédure pénale, une réclamation ayant entraîné l'annulation du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée. Quand de telles mentions figurent au relevé d'information intégral relatif à la situation de son permis de conduire, extrait du système national du permis de conduire, l'intéressé ne peut, dès lors, utilement les contredire en se bornant à affirmer qu'il n'a pas payé une amende forfaitaire enregistrée comme payée ou à soutenir que l'administration n'apporte pas la preuve que la réalité de l'infraction a été établie dans les conditions requises par les dispositions précitées.
8. Il résulte du relevé d'information intégral relatif à la situation de M. B qu'un titre exécutoire d'amende forfaitaire majorée a été émis pour l'infraction relevée à son encontre le 18 juin 2017. En l'absence de tout élément avancé par l'intéressé de nature à mettre en doute l'exactitude de ces mentions, la réalité de cette infraction est dès lors établie dans les conditions prévues à l'article L. 223-1 du code de la route.
9. En raison de l'illégalité de la décision de retrait d'un point consécutive à l'infraction relevée le 27 juillet 2018, le solde de point du permis de conduire de M. B n'était pas nul à la date de la décision attaquée. Ainsi, le ministre de l'intérieur et des outre-mer n'a pu légalement, à cette date, constater la perte de validité pour solde de point nul de son permis de conduire. La décision du ministre de l'intérieur portant invalidation du permis de conduire de M. B doit, par suite, être annulée.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
10. Le présent jugement, qui annule la décision constatant la perte de validité du permis de conduire de M. B au motif que la décision de retrait d'un point consécutivement à l'infraction commise le 27 juillet 2018 est entachée d'illégalité, implique nécessairement que le ministre de l'intérieur et des outre-mer rétablisse le bénéfice de ce point sur le permis de conduire de M. B. Il y a lieu d'enjoindre au ministre de l'intérieur et des outre-mer d'y procéder dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais liés au litige :
11. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées par M. trigo au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
DECIDE :
Article 1er : La décision du ministre de l'intérieur et des outre-mer portant retrait d'un point consécutivement à l'infraction commise le 27 juillet 2018 et la décision " 48 SI " du 8 août 2022 sont annulées.
Article 2 : Il est enjoint au ministre de l'intérieur et des outre-mer, dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, de rétablir sur le permis de conduire de M. B le bénéfice d'un point retiré à la suite de l'infraction mentionnée à l'article 1er et de reconstituer en conséquence le capital de points affectés à ce permis.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 juillet 2023.
Le magistrat désigné,
Signé :
H. CLa greffière,
Signé :
L. Salsmann
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 18 juillet 2023.
La greffière,
L. Salsmann
Ls
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026