jeudi 5 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2204864 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | SELARL GIL-FOURRIER & CROS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 20 septembre 2022 et le 2 mai 2023, Mme H B, M. O B, M. J L, M. M E, Mme H F, M. K F, M. P A, Mme Q D et M. I N, représentés par Arcames Avocats, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 15 avril 2022 par lequel le maire de la commune de Vias a accordé un permis de construire à la SARL Corim Associés pour la démolition des constructions existantes et la réalisation de 58 logements collectifs dont 28 logements sociaux, ensemble la décision du 7 juillet 2022 rejetant leur recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Vias la somme de 5 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent, dans le dernier état de leurs écritures, que l'arrêté :
- est entaché d'insuffisance de motivation ;
- est illégal en ce que le dossier de permis de construire était incomplet :
* quant à l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme en ce qui concerne l'insertion du projet dans son environnement et notamment quant à la hauteur des bâtiments et la largeur des voies ;
* quant à l'article R. 431-9 du code de l'urbanisme en ce qui concerne le projet architectural et plus particulièrement le raccordement électrique et réseau d'eau potable ;
* quant à l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme en ce qui concerne le document graphique ;
- méconnaît l'article 7 des dispositions générales du règlement du plan local d'urbanisme quant à l'insertion du projet par rapport aux constructions voisines ;
- méconnaît l'article 5 des dispositions générales du règlement du plan local d'urbanisme quant aux accès et voirie ;
- méconnaît l'article 7 du règlement du plan local d'urbanisme applicable aux zones UA à UD quant à l'aspect extérieur ;
- méconnaît l'article 8 du règlement du plan local d'urbanisme applicable aux zones UA à UD quant à l'atténuation visuelles des 74 places de stationnement aux places de stationnement ;
- méconnaît l'article 9 du règlement du plan local d'urbanisme applicable aux zones UA à UD quant au nombre de places de stationnement " visiteurs " dont 15 sont nécessaires pour les logements autres que sociaux ;
- méconnaît l'article 11 du règlement du plan local d'urbanisme applicable aux zones UA à UD quant à l'absence de poteaux incendie normalisés et quant au raccordement à l'eau potable ;
- méconnaît l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme quant aux nuisances engendrées par la résidence, quant aux risques incendie et quant à l'insuffisance des ressources en eau potable ;
- est illégal en raison de l'illégalité du plan local d'urbanisme en ce que la suppression de l'emplacement réservé n°11 de création d'un parc urbain est pour le moins suspecte, si bien que l'arrêté méconnaît le plan remis en vigueur.
Par un mémoire enregistré le 25 octobre 2022, la société Corim Associés, représentée par la SCP SVA, conclut :
- au rejet de la requête ;
- à titre subsidiaire, si un vice affectant la légalité du permis de construire accordé devait être retenu, à sa régularisation par la mise en œuvre de l'article L.600-5 et/ou L.600-5-1 du code de l'urbanisme;
- en tout état de cause, à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge in solidum de M. B et autres au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 16 décembre 2022 et 2 juin 2023, la commune de Vias, représentée par la Selarl Gil-Cros-Crespy conclut au rejet de la requête, au besoin en faisant application des articles L.600-5 et L. 600-5-1 du code de l'urbanisme et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge de M. B et autres au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable pour défaut de notification du recours gracieux en application de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme ;
- les conclusions à fin d'annulation du plan local d'urbanisme sont irrecevables ;
- les moyens soulevés par M. B et autres ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. C ;
- les conclusions de M. Goursaud, rapporteur public ;
- les observations de Me Becquevort, représentant M. et Mme B et autres ;
- les observations de Me Crespy, représentant la commune de Vias ;
- et les observations de Me Monflier, représentant la Sarl Corim Associés.
Une note en délibéré présentée pour M. et Mme B et autres a été enregistrée le 21 septembre 2023.
Une note en délibéré présentée pour la commune de Vias a été enregistrée le 21 septembre 2023.
Considérant ce qui suit :
1. La Sarl Corim a déposé le 29 juin 2021 une demande de permis de construire pour la démolition de constructions existantes sur les parcelles cadastrées n°BZ07, 08, 10 et 11 situés au 6 chemin du jeu de Mail à Vias (34) et la construction de deux immeubles de 58 logements dont 28 logements sociaux. Par un arrêté du 15 avril 2022, le maire de la commune a accordé le permis de construire sollicité. Le 14 juin 2022, M. et Mme B, M. L, M. E, M. et Mme F, M. A, Mme D et M. N, voisins, ont adressé un recours gracieux à la commune de Vias, qui a été rejeté par un courrier du 7 juillet 2022. Par leur requête, M. B et autres demandent l'annulation de l'arrêté du 15 avril 2022, ensemble la décision de rejet du 7 juillet 2022.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 424-3 du code de l'urbanisme : " Lorsque la décision rejette la demande (), elle doit être motivée. / Il en est de même lorsqu'elle est assortie de prescriptions () ". Aux termes de l'article R. 424-5 du même code : " Si la décision () est assortie de prescriptions (), elle doit être motivée ".
3. Il ressort des pièces du dossier que le permis de construire en litige accordé est assorti de trois prescriptions, reprenant les avis du Sictom Agde Pézenas, du service des eaux de Suez et d'Enedis, lesquels sont annexés à l'arrêté. Il ressort par ailleurs des pièces du dossier qu'aucune de ces prescriptions n'est irréalisable dès lors que l'avis d'Enedis précise seulement la nécessité de créer un poste de distribution publique sur le terrain d'assiette de l'opération (HTA/BT), que l'avis de Suez indique que la pression statique au niveau du compteur sera de 4 bars, et que le débit maximum d'eau potable au droit de la parcelle est de 120m3 à l'heure et que le Sitcom demande à ce que les emplacements des ordures ménagères soient équipés de clôture de deux mètres de hauteur. Par suite, le moyen tiré de ce que les prescriptions émises ne seraient pas motivées doit être écarté.
4. En deuxième lieu, l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme dispose que : " Le projet architectural comprend une notice précisant : 1° L'état initial du terrain et de ses abords indiquant, s'il y a lieu, les constructions, la végétation et les éléments paysagers existants ; 2° Les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement et la prise en compte des paysages faisant apparaître, en fonction des caractéristiques du projet : / a) L'aménagement du terrain, en indiquant ce qui est modifié ou supprimé ; b) L'implantation, l'organisation, la composition et le volume des constructions nouvelles, notamment par rapport aux constructions ou paysages avoisinants ; c) Le traitement des constructions, clôtures, végétations ou aménagements situés en limite de terrain ; d) Les matériaux et les couleurs des constructions ; e) Le traitement des espaces libres, notamment les plantations à conserver ou à créer ; f) L'organisation et l'aménagement des accès au terrain, aux constructions et aux aires de stationnement. ". Selon l'article R. 431-9 du même code : " Le projet architectural comprend également un plan de masse des constructions à édifier ou à modifier coté dans les trois dimensions. Ce plan de masse fait apparaître les travaux extérieurs aux constructions, les plantations maintenues, supprimées ou créées et, le cas échéant, les constructions existantes dont le maintien est prévu. Il indique également, le cas échéant, les modalités selon lesquelles les bâtiments ou ouvrages seront raccordés aux réseaux publics ou, à défaut d'équipements publics, les équipements privés prévus, notamment pour l'alimentation en eau et l'assainissement. () ". Et aux termes de l'article R. 431-10 de ce code : " Le projet architectural comprend également : () b) Un plan en coupe précisant l'implantation de la construction par rapport au profil du terrain ; lorsque les travaux ont pour effet de modifier le profil du terrain, ce plan fait apparaître l'état initial et l'état futur ; c) Un document graphique permettant d'apprécier l'insertion du projet de construction par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages, son impact visuel ainsi que le traitement des accès et du terrain ; d) Deux documents photographiques permettant de situer le terrain respectivement dans l'environnement proche et, sauf si le demandeur justifie qu'aucune photographie de loin n'est possible, dans le paysage lointain. Les points et angles de prises de vue sont reportés sur le plan de situation et le plan de masse ".
5. La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.
6. D'une part, il ressort des pièces du dossier que le dossier de permis de construire comporte un plan cadastral identifiant les parcelles BZ 7, 8, 10 et 11, permettant de localiser le projet, une vue aérienne, un plan de géomètre de la parcelle, un plan de masse faisant apparaître les parcelles proches, dont celles des requérants, des plans de coupe et des plans des façades, des représentations graphiques du projet ainsi qu'une vue aérienne en trois dimensions du projet montrant l'ensemble du quartier et des photographies des rues de dessertes sur lesquelles apparaissent les bâtiments voisins. Par ailleurs, les plans de façades indiquent les hauteurs des différents volumes des bâtiments, à savoir 16,26 mètres NGF pour la plus haute des côtes, contrairement à ce que soutiennent les requérants. Ensuite, le plan de masse, à l'échelle 1/500, permettait au service instructeur d'apprécier la largeur des voies d'accès de desserte du projet. Dans ces conditions, ce dossier permettait à la commune de Vias d'apprécier l'insertion du projet dans son environnement proche et lointain.
7. D'autre part, en ce qui concerne le raccordement et les équipements pour l'alimentation en électricité, il ressort des pièces du dossier que l'avis d'Enedis que la puissance de raccordement demandée est de 253,3 Kva triphasé pour l'alimentation notamment de 16 logements avec une puissance de 6KVA monophosé et 42 logements avec une puissance de 9 KVA. Par ailleurs, ce même avis indique la nécessité d'installer sur la parcelle un poste de distribution publique sur le terrain d'assiette, dont le plan d'implantation de ce poste est annexé. Par ailleurs, l'avis du gestionnaire du réseau d'eau potable précise que le terrain d'assiette est desservi par le réseau public au niveau de l'avenue du Général de Goys et du chemin de mail et précise que le débit maximal pouvant être fourni au droit de la parcelle est de 120m3 à l'heure. Dans ces conditions, ce dossier permettait à la commune de Vias d'apprécier la possibilité de raccordement aux réseaux publics d'eau et d'électricité.
8. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de l'incomplétude du dossier, pris en ses différentes branches, doit être écarté.
9. En troisième lieu, aux termes de l'article 7 des dispositions générales du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Vias relatif à l'implantation des constructions : " Dans les zones urbaines et à urbaniser, l'implantation des constructions doit permettre de garantir la cohérence des alignements bâtis en fonction du contexte urbain. Elle doit notamment répondre à des motifs d'urbanisme, de paysage et d'économie d'espace. () ".
10. Il ressort des pièces du dossier que le projet en litige prévoit des murs de clôtures sur toutes les longueurs de l'avenue du Général de Goys et du chemin de mail, lesquels préserveront la cohérence de l'alignement par rapport aux constructions voisines. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article précité doit en tout état de cause être écarté.
11. En quatrième lieu, aux termes de l'article 5 des dispositions générales du règlement du plan local d'urbanisme : " Les terrains constructibles doivent être desservis par des voies publiques ou privées dans les conditions répondant à l'importance et à la destination de l'immeuble ou de l'ensemble d'immeubles qui y sont édifiés. Les caractéristiques des voies doivent également répondre aux exigences de sécurité, de défense contre l'incendie, de protection civile et du service de collecte des déchets urbains. Les dimensions, formes et caractéristiques techniques des voies doivent être adaptées aux usages qu'elles supportent et à la topographie du site et aux opérations qu'elles doivent desservir dans le futur. La largeur des voies nouvelles ouvertes à la circulation devra être adaptée à l'ampleur du projet et conforme aux prescriptions du SDIS. Toute voie nouvelle réalisée dans le cadre d'une opération d'ensemble, y compris dans le cas d'un aménagement par tranches successives, doit bénéficier d'au moins deux débouchés conçus en cohérence avec la trame viaire existante. Toutefois, dans le cadre d'une opération d'aménagement d'ensemble de taille limitée, il pourra être dérogé à cette règle sous réserve que les éléments urbanistiques du projet, laissés à l'appréciation de la commune, le justifient pleinement. Les voies en impasse doivent être aménagées dans leur partie terminale afin de permettre aux véhicules privés et ceux des services publics (secours d'urgence, lutte contre l'incendie, enlèvement des ordures ménagères) de faire demi-tour aisément et être conçues de manière à désenclaver éventuellement les parcelles arrières. Des règles plus contraignantes peuvent être définies selon les zones ou les secteurs. () "
12. Il ressort des pièces du dossier que le projet en litige disposera de deux entrées/sorties pour les véhicules, l'une sur le chemin du jeu de mail pour un parking de 41 places, et l'autre sur l'avenue du Général de Goys pour un parking de 33 places, séparant ainsi le flux sur ces deux voies opposées. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier que l'avenue du Général de Goys est limitée à 30km/h et que sur le chemin du jeu de mail, est implanté un ralentisseur à proximité immédiate de l'entrée/sortie sur cette voie, de nature à réduire la vitesse des véhicules y circulant. Enfin, il ressort des pièces du dossier que ces voies d'accès au droit du projet sont en lignes droites et à double sens et que les entrées/sorties ne sont pas à proximité d'intersections, permettant ainsi une insertion des véhicules sans créer de gêne ou de risque tant pour les résidents du projet que pour les riverains. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 5 précité doit être écarté.
13. En cinquième lieu, aux termes de l'article 7 du règlement du plan local d'urbanisme applicable pour les zones UA, UB, UC et UD relatif à l'aspect extérieur des constructions et prescriptions particulières de protection : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si les constructions, par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou l'aspect extérieur des bâtiments ou ouvrages à édifier ou à modifier, sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales. L'aspect extérieur fera l'objet d'une attention toute particulière, et portera essentiellement sur l'intégration dans la silhouette d'ensemble, les proportions, l'utilisation rationnelle des matériaux, ainsi que la qualité dans l'aménagement des abords du projet. Les constructions doivent présenter une cohérence d'ensemble et un aspect compatible avec le caractère ou l'intérêt des lieux avoisinants, du site et du paysage. () En zones UC et UD : Façades : Le plan de la façade donne la lecture urbaine de l'implantation et de la volumétrie des constructions, mais participe également à l'image de la ville. Il présente donc une importance particulière. La bonne transition volumétrique et architecturale de la construction projetée devra prendre en compte les caractéristiques volumétriques et de composition des façades existantes et environnantes. Les couleurs des façades devront être choisies parmi le nuancier validé par la commune. () ".
14. Pour rechercher l'existence d'une atteinte de nature à fonder le refus de permis de construire ou les prescriptions spéciales accompagnant la délivrance de ce permis, il lui appartient d'apprécier, dans un premier temps, la qualité du site sur lequel la construction est projetée et d'évaluer, dans un second temps, l'impact que cette construction, compte tenu de sa nature et de ses effets, pourrait avoir sur le site. Ces dispositions excluent qu'il soit procédé, dans le second temps du raisonnement, à une balance d'intérêts divers en présence, autres que ceux qu'elles mentionnent. Pour apprécier aussi bien la qualité du site que l'impact de la construction projetée sur ce site, il appartient à l'autorité administrative, sous le contrôle du juge, de prendre en compte l'ensemble des éléments pertinents et notamment, le cas échéant, la covisibilité du projet avec des bâtiments remarquables, quelle que soit la protection dont ils bénéficient par ailleurs au titre d'autres législations.
15. Il ressort des pièces du dossier que le lieu d'implantation du projet est un quartier pavillonnaire composé de maisons individuelles, pour certaines en R+1, sans particularité architecturale remarquable. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier que l'architecte des bâtiments de France a estimé que le projet était situé en dehors du périmètre délimité aux abords d'un monument historique et a rendu un avis favorable. De plus, les constructions existantes ne présentent pas d'homogénéité tant dans leur architecture que dans leur implantation, soit en limite d'alignement, soit en retrait. Il ressort des pièces du dossier que le projet en litige prévoit la construction de deux bâtiments distincts en R+1, et partiellement en R+2 pour des attiques, en retrait de l'alignement, présentant des volumes et des hauteurs différentes permettant de réduire l'impact visuel de ces bâtiments collectifs et d'assurer une intégration harmonieuse avec les constructions existantes. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier qu'une autre construction située à proximité comporte également une toiture à toit plat, ce que le règlement du plan local d'urbanisme n'interdit pas, et la seule circonstance que le projet en litige dispose d'un tel toit plat n'est pas de nature à considérer que l'harmonie avec les constructions avoisinantes disposant de toiture à pans recouvertes de tuiles serait rompu. Enfin, les couleurs des façades projetées, par alternance de blanc, taupe ou marron, s'intègrent aux constructions avoisinantes. Dans ces conditions, il ne ressort pas des pièces du dossier que le projet de la société Corim Associés serait de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants en méconnaissance des dispositions précitées du PLU de la commune. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 7 du règlement du plan local d'urbanisme applicable pour les zones UA, UB, UC et UD doit être écarté.
16. En sixième lieu, aux termes de l'article 8 du règlement du plan local d'urbanisme applicable pour les zones UA, UB, UC et UD relatif aux obligations imposées aux constructeurs en matière de réalisation d'espaces libres, d'aires de jeux, de loisirs et de plantations : " Les espaces libres aménagés devront être traités avec un soin particulier afin de participer à son insertion dans le site et à favoriser l'infiltration des eaux pluviales, en étant majoritairement perméables. Les aires de stationnement doivent être traitées à l'aide de techniques limitant l'imperméabilisation des sols et seront réalisées de manière à réduire l'impact visuel des véhicules dans le paysage urbain. Les plantations existantes doivent être maintenues ou remplacées dans la mesure du possible, par des plantations d'essences méditerranéennes, variées et adaptées au milieu. Toutes espèces invasives est proscrites. Selon leur nature ou leur vocation (espaces de circulation, jardins, terrasses, aires de stationnement), le traitement paysager des abords de constructions doit être approprié à leur fonction en tenant compte :• de l'organisation du bâti sur le terrain afin qu'ils ne soient pas uniquement le négatif de l'emprise des constructions mais qu'ils soient conçus comme un accompagnement ou un prolongement des constructions ;• de la composition des espaces libres voisins, afin de participer à une mise en valeur globale ;• de la topographie, la géologie et de la configuration du terrain afin que leur conception soit adaptée à la nature du terrain, notamment pour répondre à des problématiques de ruissellement ;• de l'ensoleillement, lorsqu'il s'agit d'aménagements paysagers végétalisés. ".
17. Si les requérants soutiennent que le projet ne prévoit pas de mesure de nature à limiter l'impact visuel des 74 places de stationnement projetées sur le terrain d'assiette, il ressort toutefois des pièces du dossier que le projet sera entouré de murs de clôture de deux mètres de hauteur pour le parking situé au Sud de la construction empêchant ainsi toute visibilité depuis la voie publique. Par ailleurs, pour le parking Nord, dont le mur de clôture est conservé et dont la hauteur est plus réduite, il ressort du plan de masse que des espaces végétalisés, avec quatre arbres dont trois nouvellement plantés, sont présents en limite séparative de nature à réduire la visibilité sur les dix places de stationnement les plus proches. Ensuite, ces places de stationnement seront toutes revêtues de dalles alvéolaires perméable de type " evergreen " permettant la croissance de végétation, ainsi que de réduire l'artificialisation des sols et l'impact visuel pour les riverains disposant d'une vue sur les parkings. Enfin, la circonstance qu'un plan du dossier de permis de construire mentionne la suppression de huit arbres tandis que la notice du projet indique la plantation de seulement sept arbres n'est pas de nature à considérer que le traitement paysager de nature à réduite l'impact visuel des places de stationnement serait insuffisant. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 du règlement du plan local d'urbanisme précité doit être écarté.
18. En septième lieu, aux termes de l'article 9 du règlement du plan local d'urbanisme applicable pour les zones UA, UB, UC et UD relatif aux obligations imposées aux constructeurs en matière de réalisation d'aires de stationnement : " En zones UC et UD : Pour la réalisation de places de stationnement " visiteurs " :Dans le cadre d'opérations d'ensemble, il est exigé la création :• d'une demi-place de stationnement par logement envisagé. Pour la réalisation de places de stationnement privatives :Dans le cadre de permis de construire, il est exigé la création à l'intérieur de la propriété :• pour les constructions nouvelles à usage d'habitation individuelle, deux places de stationnement par logement, dont au minimum 1 place ouverte sur la voie publique ;• pour les constructions nouvelles à usage d'habitation collective, une place de stationnement par tranche de 60m² de surface de plancher ;• pour tout nouveau logement créé par changement de destination d'un bâtiment existant, une place de stationnement par logement,• pour la réhabilitation de logements existants : pas d'obligation de stationnement. ".
19. Il ressort des pièces du dossier que le projet en litige prévoit, la démolition de diverses constructions et la création de 3 693 m2 de surface de plancher pour la réalisation de 58 logements, dont 28 logements sociaux. En l'absence de définition d'une " opération d'ensemble " dans le plan local d'urbanisme, le projet en litige eu égard à sa taille et à sa faible importance ne constitue pas une " opération d'ensemble ", si bien que le projet n'était pas contraint de prévoir des places dites " visiteurs ". Dans ces conditions, il résulte des dispositions précitées que la création de 3 693 m2 de surface de plancher implique la création minimale de 62 places de stationnement. Le projet en litige qui prévoit 74 places de stationnement respecte ainsi les dispositions précitées. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 9 du règlement du plan local d'urbanisme applicable aux zone UA à UD doit être écarté.
20. En huitième lieu, aux termes de l'article 11 du règlement du plan local d'urbanisme applicable pour les zones UA, UB, UC et UD relatif aux conditions de desserte des terrains et par les réseaux : " Eau potable : L'alimentation en eau potable doit respecter la réglementation sanitaire en vigueur et notamment le code de la santé publique. Les constructions, changements de destination, extensions de bâtiments à destination d'habitation, de commerce et activité de service, d'entrepôt et de bureau, doivent être obligatoirement raccordés par des canalisations souterraines au réseau public de distribution d'eau potable de caractéristiques adaptées et alimentés en quantité suffisante par une ressource conforme à la réglementation en vigueur. Défense incendie : La défense incendie doit être assurée par des poteaux normalisés de manière à ce que le débit soit adapté à l'importance de l'opération. () "
21. D'une part, il était annexé au dossier de permis de construire un rapport de l'organisme Qualiconsult de sécurité incendie bâtiments d'habitation classés en 2e famille collectif précisant les mesures prises pour la lutte contre les incendies et il ressort des pièces du dossier qu'une bouche incendie d'un débit de 111 m3 à l'heure est présente à l'angle de rue de Montmorency et du boulevard Gambetta, située à moins de deux cent mètres du projet en litige. D'autre part, il ressort des pièces du dossier que le gestionnaire du réseau d'eau potable à émis un avis favorable quant au raccordement au réseau public en indiquant toutefois que le débit maximal pouvant être fourni au droit de la parcelle était de 120 m3 à l'heure si bien que la ressource a été estimé suffisante pour cette nouvelle construction en l'état actuel du réseau et de la ressource en eau. Si la commune admet des difficultés quant à l'approvisionnement en eau potable depuis la nappe astienne, seule ressource actuelle, il ressort des pièces des dossiers que des travaux étaient programmés, dès la date de l'arrêté en litige, par le Syndicat du Bas Languedoc (SBL) auquel la commune de Vias a adhéré, pour diversifier l'approvisionnement de la commune de Vias. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 11 du règlement du plan local d'urbanisme précité, pris en ses deux branches, doit être écarté.
22. En neuvième lieu, aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations. "
23. Il résulte de ce qui a été dit aux points précédents que les accès et les places de stationnement de la résidence ne présentent pas de dangerosité particulière, que la défense contre les incendies est assurée et que l'alimentation en eau potable est suffisante. Par ailleurs, il ne ressort pas des pièces du dossier que ces habitats collectifs sont de nature à entraîner des nuisances sonores et olfactives liées aux gaz d'échappement des véhicules telles qu'elles présentent une atteinte à la salubrité publique au sens des dispositions précitées,. Par suite, le moyen tiré de ce que le maire aurait entaché l'arrêté attaqué d'une erreur manifeste d'appréciation au titre de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme doit être écarté.
24. En dernier lieu, les requérants soutiennent que le plan local d'urbanisme de la commune de Vias est illégal en ce que l'emplacement réservé n°11, destiné à la création d'un parc urbain, grevant les parcelles objet de l'assiette du projet a été supprimé par une modification simplifiée du plan local d'urbanisme intervenue par une délibération du 17 mars 2022. S'ils considèrent que cette suppression " est pour le moins suspecte ", il ressort toutefois des pièces du dossier que la commune a renoncé à ce projet en raison du prix demandé par le propriétaire des parcelles, lequel était inadapté pour la création de parking et d'un parc urbain et en raison de l'offre suffisante de stationnement. Il ressort notamment des pièces du dossier que l'étude Mobilités en cours de réalisation menée par le bureau d'étude Horizon Conseil indique que l'offre de stationnement était suffisante pour la ville, été comme hiver, avec 835 places, mis à part à certaines heures des mercredis en période estivale. Enfin, si les requérants soutiennent que cette modification avait pour seul but de permettre le projet en litige, ils n'étayent leur allégation par aucune pièce probante alors que la suppression de cette réserve a été prise pour la raison financière objective énoncée précédemment. Enfin, la circonstance que l'emplacement réservé aurait été ponctuellement rétabli le 26 mai 2022 avant d'être de nouveau supprimé à une date indéterminée, alors au surplus que cet emplacement réservé apparaît toujours supprimé dans la liste des emplacements réservés annexé au plan local d'urbanisme de la commune, n'est pas de nature à établir que la suppression de l'emplacement réservé n°11 serait intervenue pour un motif étranger aux attributions de la commune en matière d'aménagement et d'urbanisme. Par suite, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation pour avoir supprimer l'emplacement réservé n°11 doit être écarté.
25. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la requête doivent être rejetées, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée par la commune de Vias.
Sur les frais liés au litige :
26. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la société Corim Associés et la commune de Vias, qui n'ont pas la qualité de partie perdante, versent à M. B et autres la somme qu'ils réclament au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. En revanche, dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge in solidum de M. B et autres le versement tant à la société Corim Associés qu'à la commune de Vias d'une somme de 1 500 euros sur le fondement de ces mêmes dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B et autres est rejetée.
Article 2 : M. et Mme B, M. L, M. E, M. et Mme F, M. A, Mme D et M. N verseront in solidum la somme de 1 500 euros à la société Corim Associés au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : M. et Mme B, M. L, M. E, M. et Mme F, M. A, Mme D et M. N verseront in solidum la somme de 1 500 euros à la commune de Vias au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : La présente décision sera notifiée à Mme H B, M. O B, M. J L, M. M E, Mme H F, M. K F, M. P A, Mme Q D et M. I N, à la commune de Vias et à la société Corim Associés.
Délibéré après l'audience du 21 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Fabienne Corneloup, présidente,
Mme Michelle Couégnat, première conseillère,
M. Nicolas Huchot, premier conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 octobre 2023.
Le rapporteur,
N. C
La présidente,
F. CorneloupLa greffière,
M. G
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier le 5 octobre 2023.
La greffière,
M. G
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026