jeudi 22 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2204872 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | FORUM REFUGIES - CENTRE DE RÉTENTION ADMINISTRATIVE DE PERPIGNAN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 21 septembre 2022, M. B A, doit être regardé comme demandant au juge des référés :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) de suspendre l'exécution, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, la mesure d'éloignement prise en application de l'arrêté du 1er octobre 2021 du préfet des Bouches-du-Rhône portant obligation de quitter le territoire et interdiction de retour d'une durée de deux ans, et matérialisée par son placement en rétention administrative au CRA de Perpignan prise initialement le 25 août 2022 par le préfet des Alpes de Hautes-Provence ;
3°) d'enjoindre à l'autorité administrative de réexaminer sa situation et de lui délivrer un titre de séjour ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 et 75 de la loi 91-647 du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la décision de l'éloigner vers la Tunisie viole l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant et porte une atteinte grave au respect de son droit à sa vie privée et familiale et à sa celle de sa petite fille, âgée de 13 mois, dont la mère, en raison de son état psychiatrique, ne peut s'occuper, alors qu'il établit n'avoir pas rompu le lien avec son enfant, son éloignent vers la Tunisie risque de déclencher une procédure de délaissement parental; elle porte aussi une atteinte grave et manifeste à sa liberté d'aller et de venir ;
- la condition d'urgence est satisfaite dès lors que, placé en rétention administrative, il doit faire l'objet le 23 septembre 2022 d'une mesure d'éloignement à destination de la Tunisie et qu'en raison de l'interdiction de retour d'une durée de deux ans dont il fait l'objet, il ne pourra s'opposer à une procédure de délaissement parental qui conduirait au placement, en vue de l'adoption de sa fille, de nationalité française, âgée de 13 mois ;
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Souteyrand, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant tunisien né le 11 janvier 1985, qui déclare être entré en France en 2015, a fait l'objet le 1er octobre 2021 d'une d'obligation de quitter le territoire à destination de la Tunisie assortie d'une interdiction de retour d'une durée de 2 ans. A la suite de son placement en rétention administrative le 25 août 2022 par le préfet des Alpes de Haute-Provence, M. A saisit le juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, aux fins d'obtenir la suspension de l'exécution de la mesure d'éloignement qui doit être prise.
Sur la demande d'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ". Il y a lieu, en application de ces dispositions et compte tenu de l'urgence, d'admettre provisoirement le requérant au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions fondées sur l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
3. En vertu de l'article L. 521-2 du code de justice administrative le juge des référés peut, en cas d'urgence caractérisée, ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une autorité administrative aurait porté une atteinte grave et manifestement illégale. L'article L. 522-3 de ce code prévoit que le juge des référés peut rejeter une requête par une ordonnance motivée, sans instruction contradictoire ni audience publique, lorsqu'elle ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.
4. Il résulte des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, instituant le " référé liberté ", qu'une demande présentée au titre de la procédure particulière de cet article implique, pour qu'il y soit fait droit, qu'il soit justifié non seulement d'une situation d'urgence, mais encore d'une atteinte grave à la ou aux libertés fondamentales invoquées ainsi que de l'illégalité manifeste de cette atteinte.
5. Aux termes de l'article L. 512-1 du code l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " () II. ' L'étranger qui fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire sans délai peut, dans les quarante-huit heures suivant sa notification par voie administrative, demander au président du tribunal administratif l'annulation de cette décision, ainsi que l'annulation de la décision relative au séjour, de la décision refusant un délai de départ volontaire, de la décision mentionnant le pays de destination et de la décision d'interdiction de retour sur le territoire français ou d'interdiction de circulation sur le territoire français qui l'accompagnent le cas échéant. () Toutefois, si l'étranger est placé en rétention en application de l'article L. 551-1 ou assigné à résidence en application de l'article L. 561-2, il est statué selon la procédure et dans le délai prévus au III du présent article. () ". L'article L. 512-3 de ce code dispose : " () L'obligation de quitter le territoire français ne peut faire l'objet d'une exécution d'office ni avant l'expiration du délai de départ volontaire ou, si aucun délai n'a été accordé, avant l'expiration d'un délai de quarante-huit heures suivant sa notification par voie administrative, ni avant que le tribunal administratif n'ait statué s'il a été saisi. () ".
6. Il résulte des pouvoirs ainsi confiés au juge par les dispositions, rappelées au point précédent, du II de l'article L. 512-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, du délai qui lui est imparti pour se prononcer et des conditions de son intervention que la procédure spéciale prévue par ce code présente des garanties au moins équivalentes à celles des procédures régies par le livre V du code de justice administrative. Ces procédures particulières sont par suite exclusives de celles prévues par le livre V du code de justice administrative, au nombre desquelles figure le référé liberté. Il en va autrement, dans le cas où les modalités selon lesquelles il est procédé à l'exécution de la mesure d'éloignement emportent des effets qui, en raison de changements dans les circonstances de droit ou de fait survenus depuis l'intervention de cette mesure et après que le juge, saisi sur le fondement du II de l'article L. 512-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, a statué ou que le délai prévu pour le saisir a expiré, excèdent ceux qui s'attachent normalement à sa mise à exécution.
7. A l'appui de sa requête, M. A se prévaut de ce que la mesure d'éloignement à venir en litige consécutive, selon lui, à l'arrêté précité du 1er octobre 2021 du préfet des Bouches-du-Rhône, est de nature à rompre de façon définitive le lien parental avec sa fille de nationalité française, âgée de 13 mois, qui fait l'objet d'un placement par le service d'aide à l'enfance du département des Hautes-Alpes, dès lors que sa mère est, médicalement, dans l'incapacité de s'en occuper. Toutefois, le placement de la fille de M. A étant intervenu dès le 19 août 2021, son renouvellement le 28 février 2022, pour une durée de deux ans, ne constitue pas un " fait nouveau " postérieur à l'arrêté susmentionné du 1er octobre 2021 du préfet des Bouches-du-Rhône, au sens des dispositions précitées. Dès lors, le requérant n'est pas fondé à invoquer une atteinte grave et manifestement illégale aux droits de l'enfant ou au respect de son droit à sa vie privée et familiale et à sa celle de sa petite fille justifiant que le juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, y mette fin.
8. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée selon la procédure prévue par l'article L. 522-3 du code de justice administrative, y compris les conclusions aux fins d'injonction et celles présentées sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
O R D O N N E :
Article 1er : M. A est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Les conclusions de la requête de M. A sont rejetées pour le surplus.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A et au préfet des Alpes de Haute-Provence.
Copie pour information en sera adressée au préfet des Pyrénées-Orientales.
Fait à Montpellier, le 21 septembre 2021.
Le juge des référés,
Eric Souteyrand
La République mande et ordonne au préfet des Alpes de Haute-Provence en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 21 septembre 2021
Le greffier,
D. Martinier
N°220487
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026