jeudi 24 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2204922 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | RUFFEL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 23 septembre 2022 Mme A B, représentée par Me Ruffel, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 20 juin 2022 par lequel le préfet de l'Hérault lui a refusé la délivrance d'un certificat de résidence, l'a obligée à quitter le territoire français et a prononcé à son encontre une interdiction de retour d'une durée de six mois ;
2°) d'enjoindre au préfet de l'Hérault de lui délivrer le certificat de résidence sollicité portant la mention " vie privée et familiale " ou " salarié " dans le délai de deux mois à compter de la décision à intervenir sous astreinte de cent euros par jour de retard ou, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa situation dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte.
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 2 000 euros à verser à son conseil au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et des articles 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- l'arrêté est entaché d'un défaut d'examen réel et complet dès lors que le préfet fait référence au titre des attaches qu'elle détient en Algérie la présence de son ex-mari, père de ses enfants, alors que sa demande de titre était précisément motivée sur les sévices, troubles psychologiques, sexuels et physiques que ce dernier lui a fait subir ;
- l'arrêté méconnait l'article 6-5 de l'accord franco-algérien et de l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; ses enfants sont scolarisés en continue depuis 2018 et restent profondément marqués par les violences vécues en Algérie ; elle essaie, en dépit des difficultés psychologiques, de s'intégrer au mieux en France : elle suit des cours de Français depuis juin 2018, elle est bénévole au sein de l'association " familles rurales " , elle produit de nombreuses attestations du voisinage ;
- l'arrêté méconnait l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;
- l'interdiction de retour est illégale en ce que, d'une part, elle n'a jamais eu notification de la mesure d'éloignement dont elle a précédemment fait l'objet et d'autre part, elle ne constitue aucun trouble à l'ordre public français, pays où elle réside avec ses deux jeunes fils depuis près de cinq ans, où ses enfants sont scolarisés, et dans lequel elle justifie d'une insertion personnelle et professionnelle.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 octobre 2022, le préfet de l'Hérault conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.
Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 25 août 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,
- la convention internationale des droits de l'enfant,
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- le code des relations entre le public et l'administration,
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Pastor, première conseillère,
- et les observations de Me Brulé, représentant Mme B.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, ressortissante algérienne née en 1983, a sollicité le 3 mars 2022 la délivrance d'un certificat de résidence en se prévalant d'une admission exceptionnelle au séjour. Par arrêté du 20 juin 2022, le préfet de l'Hérault a refusé de lui délivrer le titre demandé, l'a obligée à quitter le territoire et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire d'une durée de six mois. Par la présente requête, elle sollicite l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Il ressort des pièces du dossier que, le 19 janvier 2022, Mme B a saisi le préfet de l'Hérault d'une demande d'admission exceptionnelle au séjour aux termes de laquelle elle a précisé les violences psychologiques, physiques et sexuelles que son ex-mari lui a fait subir et qui l'ont poussée à fuir l'Algérie avec leurs deux plus jeunes fils, l'aîné, majeur, étant resté en Algérie. Elle a détaillé et justifié également du retentissement psychologique important de ces évènements qui la conduit, ainsi que son fils cadet, à être suivie psychologiquement par un thérapeute en France. Toutefois, malgré la motivation de cette demande, accompagnée de nombreuses pièces justificatives et le contexte rappelé, le préfet de l'Hérault, qui n'était pas tenu d'évoquer tous les éléments de fait se rapportant à la situation de l'intéressée, n'a pas fait état des circonstances du départ et des difficultés évoquées en cas de retour en Algérie et a même précisé que Mme B ne serait pas dépourvue de toute attache en cas de retour dans son pays d'origine où réside, notamment, le père de ses enfants. Dans ces conditions, Mme B est fondée à soutenir que le préfet de l'Hérault n'a pas procédé à un examen réel, complet et sérieux de sa demande d'admission exceptionnelle au séjour. Par suite, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, Mme B est fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 20 juin 2022 refusant de lui délivrer un certificat de résidence. Les décisions lui faisant obligation de quitter le territoire français, fixant le pays de renvoi et lui interdisant de retourner sur le territoire français pendant six mois, sont par voie de conséquence privées de base légale.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
3. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution ".
4. Eu égard au motif de l'annulation prononcée, l'exécution du présent jugement implique seulement que le préfet procède au réexamen de la demande de certificat de résidence de Mme B. Il y a lieu de lui enjoindre d'y procéder dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement et dans l'attente de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour. En revanche, il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
5. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme globale de 1 200 euros au bénéfice du conseil de Mme B, sous réserve que ce mandataire renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État au titre de l'aide juridictionnelle, sur le fondement des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du préfet de l'Hérault du 20 juin 2022 est annulé.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de l'Hérault de procéder au réexamen de la demande présentée par Mme B dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement et dans l'attente de lui délivrer, sans délai, une autorisation provisoire de séjour.
Article 3: L'État versera la somme de 1 200 euros à Me Ruffel, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, sous réserve que Me Rufel renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État au titre de l'aide juridictionnelle.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B, au préfet de l'Hérault et à Me Ruffel.
Délibéré après l'audience du 10 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Lison Rigaud, présidente,
Mme Isabelle Pastor, première conseillère,
M. François Goursaud, premier conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 novembre 2022.
La rapporteure,
I. Pastor
La présidente,
L. RigaudLe greffier,
A. Junon
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 24 novembre 2022.
La greffière,
A. Junon
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026