jeudi 24 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2204925 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | CABINET D'AVOCATS MAZAS - ETCHEVERRIGARAY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 23 septembre 2022, M. A B, représenté par Me Mazas, avocate, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 4 août 2022 par lequel le préfet de l'Hérault lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour et l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours ;
2°) d'enjoindre au préfet de l'Hérault de lui délivrer un titre de séjour étudiant ou, à défaut, de procéder au réexamen de sa situation dans un délai de deux mois suivant la notification du jugement à intervenir et, dans l'attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler dans un délai de huit jours à compter du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 2 000 euros à verser à son conseil au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et des articles 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- les décisions sont insuffisamment motivées en fait ;
- la décision de refus de séjour méconnait l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de sa situation scolaire dès lors qu'en lui notifiant cette décision le 25 août 2022, le préfet ne lui pas permis de profiter de ses vacances scolaires pour rentrer dans son pays chercher un visa ;
- la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des conséquences sur sa vie personnelle.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 octobre 2022, le préfet de l'Hérault conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des autres moyens de la requête n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir entendu au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme C ;
- et les observations de Me Mazas, représentant M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant marocain né le 30 juillet 2004, est entré en France mineur, le 23 janvier 2019, accompagné de ses parents dans le cadre d'une visite familiale sous couvert d'un visa de court séjour de 15 jours valable du 20 janvier 2019 au 19 février 2019. Le requérant sollicite, le 9 décembre 2021, son admission au séjour au titre de sa vie privée et familiale. Par arrêté du 4 août 2022, dont il demande l'annulation, le préfet de l'Hérault a refusé de lui délivrer le titre de séjour sollicité et l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours.
2. En premier lieu, aux termes des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration, les mesures de police, telles que les décisions prises en matière de séjour des étrangers en France, doivent être motivées et " comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ". Aux termes de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. / Dans le cas prévu au 3° de l'article L. 611-1, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'a pas à faire l'objet d'une motivation distincte de celle de la décision relative au séjour. () ".
3. Pour refuser l'admission au séjour de M. B et assortir ce refus d'une obligation de quitter le territoire français, le préfet de l'Hérault, qui n'est pas tenu de rappeler l'ensemble des circonstances de fait mais uniquement les motifs qui constituent le fondement de sa décision, a fait mention des éléments de la situation du requérant qui en constituaient la motivation. Il a ainsi d'abord rappelé les conditions d'entrée et de maintien sur le territoire français de M. B ainsi que sa situation familiale, en rappelant que ses parents étaient démunis de titre de séjour et qu'il était célibataire et sans charge de famille, pour statuer sur le droit au séjour de l'intéressé sur le fondement de sa vie privée et familiale, puis a indiqué les raisons, au vu de sa scolarité, pour lesquelles il considérait que M. B ne remplissait pas les conditions pour se voir délivrer un titre de séjour en qualité d'étudiant, notamment au regard de l'absence de visa de long séjour. Par ailleurs, M. B ne peut utilement soutenir que la décision en litige, qui lui a été notifiée le 25 août 2022, aurait dû lui préciser comment, dans un court délai, rentrer dans son pays afin d'obtenir un visa long séjour avant la rentrée scolaire. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation des décisions attaquées ne peut qu'être écarté.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui établit qu'il suit un enseignement en France ou qu'il y fait des études et qui justifie disposer de moyens d'existence suffisants se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " d'une durée inférieure ou égale à un an. (). ". Aux termes de l'article L. 412-1 de ce code : " Sous réserve des engagements internationaux de la France et des exceptions prévues aux articles L. 412-2 et L. 412-3, la première délivrance d'une carte de séjour temporaire ou d'une carte de séjour pluriannuelle est subordonnée à la production par l'étranger du visa de long séjour mentionné aux 1° ou 2° de l'article L. 411-1. ".
5. Pour refuser de délivrer à M. B un titre de séjour en qualité d'étudiant, le préfet de l'Hérault a estimé que l'intéressé qui produit, à l'appui de sa demande de titre de séjour, des certificats de scolarité depuis le mois de février 2019 et une inscription en classe de terminale pour la rentrée scolaire 2022/2023, ne justifie pas poursuivre des études supérieures et disposer de moyens d'existence suffisants tels que prévus à l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour pouvoir prétendre à la délivrance de la carte de séjour en qualité d'étudiant, ne remplissant pas les conditions pour être exempté de la présentation du visa de long séjour conformément aux dispositions de cet article et qu'il n'est pas établi qu'il ne puisse poursuivre sa scolarité au Maroc et y passer son baccalauréat. Il est constant que M. B ne détient pas de visa long séjour requis pour la délivrance du titre de séjour " étudiant " par l'article L. 412-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile précité. Etant scolarisé depuis le mois de février 2019 en classe de 4ème puis 3ème au collège Henri IV à Béziers puis au lycée professionnel Jean Mermoz en classe de seconde, pour l'année 2020/2021, puis en classe de première, pour l'année 2021/2022, et devant s'inscrire en classe de terminale à la rentrée scolaire 2022 en vue de l'obtention du bac professionnel " maintenance nautique ", il ne peut être regardé comme poursuivant des études supérieures au sens du deuxième alinéa de l'article L. 422-1 précité du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et ne peut ainsi être dispensé de l'obligation de présenter un visa de long séjour. La circonstance que le préfet ne l'ait pas mis en mesure de profiter de ses vacances scolaires pour obtenir un visa dans son pays d'origine, alors que nul n'est censé ignorer la loi, est sans incidence sur la légalité de la décision. Ainsi, M. B ne remplissait pas effectivement l'ensemble des conditions de procédure et de fond auquel est subordonnée la délivrance d'une carte temporaire de séjour en qualité d'étudiant. Dès lors, c'est sans méconnaitre l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ni commettre d'erreur manifeste d'appréciation de la situation de M. B au regard de ses études, que le préfet a pu prendre la décision en litige.
6. En troisième et dernier lieu, le requérant, qui est entré récemment en France, ne démontre pas qu'il aurait, du fait de sa seule scolarité en France durant quatre années, transféré sur le territoire ses intérêts privés et familiaux alors qu'il n'est pas dans l'impossibilité de poursuivre ses études dans son pays d'origine, ses parents étant en situation irrégulière sur le territoire et la cellule familiale ayant donc vocation à être reconstituée au Maroc. La circonstance qu'il ait obtenu de bons résultats scolaires et qu'il soit investi dans l'association sportive du lycée en qualité d'entraîneur de l'équipe " Sport Partagé " ainsi que dans l'association d'éducation populaire " Aden-s " n'est pas de nature à révéler que le préfet de l'Hérault aurait entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur la situation personnelle du requérant. Par suite, un tel moyen doit être écarté.
7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la requête doivent être rejetées, ainsi que par voie de conséquence les conclusions à fin d'injonction et celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, au préfet de l'Hérault et à Me Mazas.
Délibéré après l'audience du 10 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Lison Rigaud, présidente,
Mme Isabelle Pastor, première conseillère,
M. François Goursaud, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 novembre 202La Présidente-rapporteure,
L. C
L'assesseure la plus ancienne,
I. Pastor
La greffière
A. Junon
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 24 novembre 202La greffière,
A. Junon
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026