jeudi 22 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2205435 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | SCP RECHE - GUILLE MEGHABBAR |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 18 octobre 2022, M. C A B, représenté par la SCP d'avocats Reche - Guille Meghabbar, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 19 septembre 2022 par lequel le préfet de l'Aude lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour et l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours ;
2°) d'enjoindre au préfet de l'Aude de réexaminer sa situation dans le délai d'un mois à compter de la date de notification du jugement à intervenir, et sans délai de saisir la commission du titre de séjour ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté est entaché d'un vice de procédure en l'absence de saisine préalable de la commission de titre de séjour en méconnaissance de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; il produit des documents permettant d'établir sa résidence en France depuis 20 ans ;
- il méconnait l'article " L. 313-14 " du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- il est entaché d'erreur de droit car le préfet devait apprécier l'opportunité d'une régularisation de la situation au regard de la vie privée et familiale.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement du royaume du Maroc en matière de séjour et d'emploi du 9 octobre 1987 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Pastor, première conseillère,
- et les observations de Me Reche, représentant M. A B.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, ressortissant marocain né en 1964, a sollicité le 25 novembre 2011 la délivrance d'un titre de séjour, sur le fondement de l'article L. 453-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par arrêté du 19 septembre 2022, le préfet de l'Aude a refusé de lui délivrer le titre demandé et l'a obligé à quitter le territoire dans le délai de trente jours. Par la présente requête, M. A B sollicite l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. D'une part, l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose que : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. Lorsqu'elle envisage de refuser la demande d'admission exceptionnelle au séjour formée par un étranger qui justifie par tout moyen résider habituellement en France depuis plus de dix ans, l'autorité administrative est tenue de soumettre cette demande pour avis à la commission du titre de séjour prévue à l'article L. 432-14. "
3. D'autre part, aux termes de l'article 9 de l'accord entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement du royaume du Maroc en matière de séjour et d'emploi du 9 octobre 1987 : " Les dispositions du présent accord ne font pas obstacle à l'application de la législation des deux Etats sur le séjour des étrangers sur tous les points non traités par l'accord () ". L'article 3 du même accord stipule que : " Les ressortissants marocains désireux d'exercer une activité professionnelle salariée en France, pour une durée d'un an au minimum, et qui ne relèvent pas des dispositions de l'article 1er du présent accord, reçoivent après contrôle médical et sur présentation d'un contrat de travail visé par les autorités compétentes, un titre de séjour valable un an renouvelable et portant la mention ''salarié'' () ". Aux termes de l'article L. 412 1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Sous réserve des engagements internationaux de la France et des exceptions prévues aux articles L. 412-2 et L. 412-3, la première délivrance d'une carte de séjour temporaire ou d'une carte de séjour pluriannuelle est subordonnée à la production par l'étranger du visa de long séjour mentionné aux 1° ou 2° de l'article L. 411-1. ".
4. Portant sur la délivrance des catégories de cartes de séjour temporaires prévues par les dispositions auxquelles il renvoie, l'article L. 435-1 n'institue pas une catégorie de titres de séjour distincte, mais est relatif aux conditions dans lesquelles les étrangers peuvent être admis à séjourner en France, soit au titre de la vie privée et familiale, soit au titre d'une activité salariée. Dès lors que l'article 3 de l'accord franco-marocain prévoit la délivrance de titres de séjour au titre d'une activité salariée, un ressortissant marocain souhaitant obtenir un titre de séjour au titre d'une telle activité ne peut utilement invoquer les dispositions de l'article L. 435-1 à l'appui d'une demande d'admission au séjour sur le territoire national, s'agissant d'un point déjà traité par l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987, au sens de l'article 9 de cet accord. Par suite, le préfet de l'Hérault n'a pas commis d'erreur de droit sur ce point.
5. Toutefois, les stipulations de l'accord Franco-marocain n'interdisent pas au préfet, dans l'exercice du pouvoir discrétionnaire dont il dispose sur ce point, d'apprécier, en fonction de l'ensemble des éléments de la situation personnelle de l'intéressé, l'opportunité d'une mesure de régularisation à un ressortissant marocain qui ne remplirait pas les conditions auxquelles est subordonnée la délivrance de plein droit d'un titre de séjour en qualité de salarié.
6. Pour refuser de régulariser sur ce fondement M. A B le préfet de l'Aude a relevé que l'ancienneté de son séjour en France n'était pas démontrée, qu'il s'y maintient irrégulièrement et que la seule circonstance qu'il travaille, sans y être autorisé, ne constitue pas un motif exceptionnel ni ne relève de considérations humanitaires.
7. Il ressort des pièces du dossier que pour établir sa présence en France depuis 2011, le requérant produit des cartes professionnelles de la chambre des métiers et de l'artisanat du Gard pour les années 2011, 2012, 2013, des relevés de comptes éparses pour les mois de janvier et mars 2011, juin 2012 , mars 2013, un contrat de location d'un appartement sur Nîmes en juin 2012, pour lequel il produit quelques quittances de loyer, un autre à compter du 23 septembre 2014 puis un contrat de location signé en décembre 2021, cette fois sur la commune de Carcassonne, et des factures d'électricité de 2014, 2015, 2016 de plusieurs mois en 2017. Pour refuser de le régulariser compte tenu de l'ancienneté de son séjour en France de plus de dix ans, le préfet de l'Aude lui a opposé le caractère peu probant des éléments produits pour établir sa présence en 2017, 2018 et 2019. S'il est vrai que le requérant produit pour les années 2017 et 2018 deux contrats de travail à durée indéterminée en qualité de boucher, sur Limoux en 2017, et sur Carcassonne en 2018, la réalité de l'exécution de ces contrats de travail n'est pas établie alors qu'il produit pour les mêmes périodes des factures d'électricité pour un appartement sur Lunel, des contrats de bail d'appartements dans le Gard, d'abord à Nîmes puis à Lunel, et soutient, en même temps, avoir été hébergé au domicile d'un ami à Carcassonne de 2017 à 2021. Ces éléments contradictoires rendent peu lisible sa situation pendant ces années, malgré ses explications. En outre, il ressort des pièces du dossier que pour l'année 2019 il produit un récépissé de demande de titre de séjour faite à Nîmes et une promesse d'embauche sur Arles alors que selon ses propres déclarations il travaillait à Carcassonne et y était hébergé. Dans ces conditions, il ne démontre pas, par les pièces produites, sa présence en France depuis dix ans, et le préfet pouvait, sans méconnaitre les dispositions précitées, lui refuser la délivrance d'un titre de séjour sur ce fondement.
8. Si M. A B soutient que le préfet aurait dû saisir la commission du titre de séjour, dès lors qu'il réside en France depuis plus de dix ans, les pièces versées, ainsi qu'il a été dit au point précédent, ne permettent pas d'établir une présence continue ou même habituelle sur le territoire depuis plus de dix ans à la date du refus de titre de séjour. Dans ces conditions, le préfet de l'Aude n'était pas tenu de saisir la commission du titre de séjour et le moyen tiré du vice de procédure doit être écarté.
9. M. A B soutient résider en France depuis près de 20 ans et y avoir déplacé le centre de ses intérêt privés et professionnels. Toutefois, il ne démontre pas par les pièces produites la continuité de son séjour en France pendant toutes ces années. En outre, s'il se prévaut de la présence en France de sa compagne, il n'apporte aucun élément sur la situation de cette dernière. Enfin, il ne démontre pas être dépourvu de tout lien avec le Maroc dans lequel il a vécu la majeure partie de sa vie. Par suite, et alors que toutes ces considérations ne constituent pas des motifs exceptionnels ni ne relèvent de considérations humanitaires, c'est sans erreur manifeste d'appréciation ou erreur de droit que le préfet de l'Aude a pu refuser de procéder à la régularisation exceptionnelle de sa situation au regard tant de sa vie privée et familiale que de son insertion par le travail.
10. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A B doit être rejetée, y compris les conclusions à fin d'injonction et celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet de l'Aude.
Délibéré après l'audience du 8 décembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Lison Rigaud, présidente,
Mme Isabelle Pastor, première conseillère,
M. François Goursaud, premier conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 décembre 2022.
La rapporteure,
I. Pastor
La présidente,
L. RigaudLe greffier,
A. Junon
La République mande et ordonne au préfet de l'Aude en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 22 décembre 2022.
Le greffier,
A. Junon.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026