mardi 27 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2205480 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | RUFFEL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 20 octobre 2022, M. B A, représenté par Me Ruffel, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 6 juillet 2022 par lequel le préfet de l'Hérault a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français et a prononcé une interdiction de retour sur ce territoire pour une durée d'un an ;
2°) d'enjoindre au préfet de l'Hérault, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ou la mention " étudiant ", sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la décision à intervenir, ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa demande de titre de séjour dans un délai d'un mois à compter de la décision à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros à verser à Me Ruffel en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et des articles 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué porte atteinte à sa présomption d'innocence ;
- il est entaché d'une erreur de fait en tant qu'il est fondé sur des copies des documents produits en août 2019 et non sur les originaux de novembre 2019 ;
- il porte une atteinte disproportionnée à sa vie privée et familiale ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de son parcours scolaire exemplaire.
Par un mémoire en défense, enregistré le 18 novembre 2022, le préfet de l'Hérault conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 20 septembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Besle, président-rapporteur ;
- et les observations de Me Ruffel, représentant M. A.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant guinéen se déclarant né le 5 mai 2003, est entré en juillet 2018 sur le territoire français, où il a sollicité sa prise en charge par l'aide sociale à l'enfance en tant que mineur non-accompagné. Compte tenu des doutes pesant sur son identité, le parquet des mineurs du tribunal judiciaire de Montpellier, saisi par le service des mineurs non-accompagnés du département de l'Hérault, a sollicité, le 7 septembre 2018, les services de la police aux frontières pour une enquête sur l'identité de l'intéressé, laquelle a conclu à sa majorité. M. A a été interpellé et placé en garde à vue le 16 décembre 2019 pour des faits d'escroquerie et de détention de faux documents administratifs. Par un arrêté du 17 décembre 2019, confirmé par le tribunal administratif de Montpellier le 22 janvier 2020 et la cour administrative d'appel de Marseille le 17 juin 2021, le préfet de l'Hérault lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai et a prononcé à son encontre une interdiction de retour pour une durée d'un an. Le 20 janvier 2021, le tribunal judiciaire de Montpellier l'a condamné à une peine de six mois d'emprisonnement avec sursis pour les mêmes faits. Il déclare avoir interjeté appel de cette condamnation. Le 19 avril 2022, M. A a sollicité son admission au séjour au titre de sa vie privée et familiale et en qualité d'étudiant. Par la présente requête, il demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 6 juillet 2022 par lequel le préfet de l'Hérault lui a refusé cette admission, l'a obligé à quitter le territoire français et a prononcé une interdiction de retour pour une durée d'un an.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. M. A ne saurait utilement invoquer une violation du principe de la présomption d'innocence à l'appui de ses conclusions dirigées contre la décision portant refus de séjour et éloignement du territoire français, qui constitue, non une sanction, mais une mesure de police administrative tendant à assurer le maintien de l'ordre public et dépourvue de caractère répressif.
3. Les décisions contestées sont notamment motivées par le fait que M. A est entré irrégulièrement sur le territoire français, qu'il a usé d'une identité non-vérifiable en qualité de mineur, qu'il a été condamné pour des faits d'escroquerie et de détention de faux documents administratifs et qu'il n'a pas déféré à l'obligation de quitter le territoire français dont il a fait l'objet le 17 décembre 2019. Si M. A a produit, à l'appui de sa nouvelle demande de titre de séjour, des documents d'identité originaux dont il soutient qu'ils présentent toutes les garanties d'authenticité, alors que l'arrêté mentionne à tort que l'authenticité de ces titres aurait été remise en cause par les services de police de Montpellier, cette erreur de fait, en la supposant établie, serait en tout état de cause sans incidence sur la légalité des décisions attaquées dès lors qu'il ressort des pièces du dossier que le préfet de l'Hérault aurait pris les mêmes décisions en s'appuyant sur les autres motifs qu'il a énoncés. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de fait doit être écarté.
4. M. A fait valoir qu'il est entré en France en 2018 et qu'il est, depuis 2019, pleinement investi dans sa scolarité, ayant obtenu un certificat d'aptitude professionnelle en menuiserie en juin 2022 et étant inscrit depuis la rentrée de septembre 2022, en classe de première professionnelle " Technicien menuisier agenceur " (TMA), au lycée professionnel Jean Mermoz de Béziers. S'il soutient être entré mineur sur le territoire français et avoir été pris en charge par l'aide sociale à l'enfance, il ressort toutefois des pièces du dossier que M. A n'a pas exécuté l'obligation de quitter le territoire français dont il a fait l'objet dès décembre 2019, à la suite de l'enquête diligentée à la demande du service des mineurs non-accompagnés du département de l'Hérault qui a conclu à sa majorité, au terme d'examens osseux, dentaire et claviculaire réalisés en avril 2019. S'il justifie, par les bulletins et attestations qu'il produit, avoir suivi sa scolarité avec sérieux et application depuis plus de trois ans en France, M. A, célibataire et sans enfant, ne justifie pas en revanche avoir noué sur le territoire français de liens suffisamment anciens, intenses et stables ni être dépourvu d'attaches personnelles et familiales dans son pays d'origine, où résident toujours les membres de sa famille. Ainsi, eu égard aux conditions de séjour en France de l'intéressé, et quelque méritoire que soit son parcours scolaire, les décisions attaquées n'ont pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux motifs pour lesquels le séjour lui a été refusé et aux buts en vue desquels la mesure d'éloignement a été prise. Le moyen tiré d'une telle atteinte ne peut dès lors qu'être écarté.
5. Pour les mêmes motifs que ceux exposés au point précédent, M. A n'est pas fondé à soutenir que le préfet de l'Hérault aurait commis une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de ces décisions sur sa situation personnelle.
6. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de M. A tendant à l'annulation de l'arrêté du préfet de l'Hérault du 6 juillet 2022 doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction sous astreinte.
Sur les frais liés au litige :
7. Les dispositions des articles 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991 font obstacle à ce qu'il soit mis à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, une somme quelconque au bénéfice du conseil de M. A au titre des frais non compris dans les dépens.
DECIDE :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, au préfet de l'Hérault et à Me Ruffel.
Délibéré à l'issue de l'audience du 13 décembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Denis Besle, président,
M. Hervé Verguet, premier conseiller,
Mme Michelle Couégnat, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 décembre 2022.
Le président-rapporteur,
D. Besle
La greffière,
A. LacazeL'assesseur le plus ancien,
H. Verguet
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 27 décembre 2022,
La greffière,
A. LacazeLs
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026