jeudi 10 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2205783 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | PASSET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 7 novembre 2022, le syndicat CGT des personnels du conseil départemental de l'Hérault, représenté par Me Passet, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre au conseil départemental de l'Hérault de l'informer des réunions concernant le comité de suivi et leur ordre du jour, et d'être convoqué aux réunions concernant la révision du protocole d'accord du 23 mai 2022 ;
2°) de mettre à la charge du département une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- Un protocole d'accord a été signé le 23 mai 2022 entre le département et quatre organisations syndicales quant à la mise en œuvre des " 1607 heures ", prévoyant notamment un comité de suivi et d'évaluation de la mise en place de ce protocole ; une réunion de ce comité de suivi du 14 octobre 2022 a toutefois excédé sa mission et une nouvelle réunion est prévue le 14 novembre prochain ;
- L'urgence est justifiée par la date de la prochaine réunion du comité de suivi ;
- La tenue de ces réunions porte une atteinte grave et manifestement illégale au droit syndical qui constitue une liberté fondamentale, car il est évincé de négociations portant sur des sujets extérieurs au suivi de la mise en œuvre du protocole d'accord qu'il a refusé de signer (cycle hebdomadaire du travail, journée continue, prise en compte de la pénibilité), et aboutissant de fait à une révision du protocole.
Par un mémoire enregistré le 9 novembre 2022, le département de l'Hérault, représenté par la SCP d'avocats CGCB, conclut au rejet de la requête et à la mise à la charge du requérant d'une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- Il y a absence d'atteinte manifestement illégale à la liberté syndicale ;
- Les conditions d'urgence et de gravité ne sont pas remplies.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la Constitution et notamment son préambule,
- le code général de la fonction publique,
- le code de justice administrative.
Vu la décision par laquelle le président du tribunal a désigné M. Gayrard, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ayant été régulièrement convoquées à l'audience publique.
Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 10 novembre 2022 à 14 heures :
- le rapport de M. A ;
- les observations de Me Passet, représentant le syndicat requérant ;
- les observations de Me Aldigier, représentant le département de l'Hérault.
Après avoir prononcé la clôture de l'instruction à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Il résulte de l'instruction qu'en application des dispositions qui seront précisées au point 4, un protocole d'accord a été signé le 23 mai 2022 entre le département de l'Hérault et quatre organisations syndicales (CFDT, FSU, FO et SUD) quant à la mise en œuvre des " 1607 heures " au sein des services, prévoyant notamment en son article 14 un comité de suivi et d'évaluation de la mise en place de ce protocole avec des représentants de la collectivité et des syndicats signataires. Il est constant que le syndicat CGT, non signataire du protocole précité, ne participe pas à ce comité de suivi. Par sa requête, le syndicat requérant demande, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, qu'il soit enjoint au département de l'Hérault de l'informer des réunions concernant le comité de suivi et leur ordre du jour, et d'être convoqué aux réunions concernant la révision du protocole d'accord du 23 mai 2022.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ".
3. Le droit syndical, notamment reconnu par le sixième alinéa du Préambule de la Constitution du 27 octobre 1946, qui constitue une liberté fondamentale au sens de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, comprend le droit, pour toute organisation syndicale de fonctionnaires représentative, de participer à des négociations ouvertes au niveau local par une autorité territoriale.
4. Aux termes des articles L. 221-2 et L. 223-1 du code général de la fonction publique, les organisations syndicales et les autorités administrative ou territoriales compétentes peuvent conclure et signer des accords portants sur les domaines visés à l'article L. 222-3, notamment sur le temps de travail. Aux termes de l'article L. 227-1 du code précité : " Un comité de suivi est désigné pour chaque accord conclu mentionné à l'article L. 223-1. Il est composé de membres désignés par les organisations syndicales signataires de l'accord et de représentants de l'autorité administrative ou territoriale compétente. ".
5. Lorsqu'un accord mentionné à l'article L. 221-2 du code général de la fonction publique prévoit la création d'un comité de suivi réservé aux organisations syndicales signataires, ni la soumission à ce comité de l'avancement des mesures prévues par l'accord, ni la fonction qui peut lui être confiée de débattre des difficultés rencontrées dans la mise en œuvre de l'accord, ou de proposer des aménagements des mesures prévues par l'accord, ne peuvent être regardées comme ouvrant des négociations devant être poursuivies avec l'ensemble des syndicats représentatifs, notamment au sein des organismes consultatifs compétents. De tels échanges peuvent donc être régulièrement organisés au sein de ce seul comité de suivi, alors même que, en raison de sa composition limitée aux seuls signataires de l'accord, certains syndicats représentatifs des fonctionnaires concernés ne seraient pas appelés à y participer.
6. En l'état de l'instruction, contrairement à ce que soutient le syndicat requérant, il n'apparait pas que le comité de suivi ait méconnu l'étendue de sa compétence portant sur le suivi de l'exécution du protocole d'accord signé le 23 mai 2022, en examinant notamment des questions sur la durée hebdomadaire du travail des agents techniques, sur l'organisation du temps de travail ou encore sur la prise en compte de la pénibilité. Si le requérant se prévaut d'un tract de la CFDT du 17 octobre 2022 rendant compte de la réunion du comité de suivi du 14 octobre 2022, dans lequel ce syndicat a pointé certaines de ses revendications quant au cycle de travail, au choix de la journée continue ou à la prise de 45 minutes en une seule fois au titre de la pénibilité, celles-ci rentrent régulièrement dans l'ordre du jour de la réunion du 14 octobre 2022 dédié à la présentation du règlement d'application des modalités des " 1607 heures " et ses annexes, et ne sauraient être regardées comme une révision de l'accord initial. L'ordre du jour de la prochaine réunion du comité de suivi portant sur la finalisation des modalités de mise en œuvre des " 1607 heures " et sur l'ajustement des annexes et des modalités de mise en œuvre de la pénibilité reste également dans le cadre strict de l'exécution du protocole d'accord signé le 23 mai 2022.
7. Aucune atteinte grave et manifestement illégale à la liberté syndicale n'apparait, dans ces conditions, caractérisée du fait de la tenue des réunions du comité de suivi du protocole d'accord signé le 23 mai 2022. Par suite, sans qu'il soit besoin d'examiner la condition relative à l'urgence particulière s'attachant à l'application de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, il y a lieu de rejeter les conclusions présentées sur ce fondement par le syndicat CGT des personnels du conseil départemental de l'Hérault.
Sur les frais liés au litige
8. Les dispositions de l'article L761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du département, qui n'est pas partie perdante à l'instance, une somme quelconque. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du syndicat la somme que le département de l'Hérault demande au même titre.
O R D O N N E
Article 1er : La requête du syndicat des personnels du conseil départemental de l'Hérault est rejetée.
Article 2 : Les conclusions du département de l'Hérault présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée au syndicat CGT des personnels du conseil départemental de l'Hérault et au département de l'Hérault.
Fait à Montpellier, le 10 novembre 2022.
Le juge des référés
JP. A
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault, en ce qui le concerne et à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 10 novembre 2022.
Le greffier,
D. MARTINIER
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026