vendredi 5 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2205865 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | MOULIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 10 novembre 2022, M. D A, représenté par Me Moulin, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 29 juin 2022 par lequel le préfet de l'Hérault a refusé de l'admettre au séjour à titre exceptionnel et portant réadmission vers l'Italie ou décidant de l'obliger à quitter le territoire à destination du pays dans lequel il serait légalement admissible.
2°) d'ordonner au préfet de l'Hérault de lui délivrer un titre de séjour dans un délai d'un mois et, subsidiairement, de procéder à son réexamen et, en tout état de cause, de lui remettre une autorisation provisoire de séjour ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros à verser à Me Moulin en application des dispositions combinées de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sous réserve, pour cette dernière de renoncer à percevoir la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.
Il soutient que :
Sur le refus de séjour :
- la décision est insuffisamment motivée faute de mentionner la lettre explicative jointe à la demande de titre de séjour et la présence du fils de sa compagne ;
- la décision est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation personnelle dès lors qu'il ne s'est jamais prévalu de sa présence en France depuis 2015, qu'il n'a pas tenu compte de ce que sa compagne avait un fils de nationalité française et que le préfet n'a pas examiné l'intérêt supérieur des enfants ;
- le préfet a commis une erreur de droit en examinant sa situation au regard de l'article L. 426-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le préfet a commis une erreur de droit en conditionnant la délivrance d'un titre de séjour au regard de sa seule durée de présence sur le territoire français ;
- la décision de refus méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article
L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- elle méconnaît l'intérêt supérieur des enfants.
Sur la mesure d'éloignement :
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'une erreur de droit dès lors que le préfet a entendu faire une application simultanée de la procédure de réadmission et de celle d'obligation de quitter le territoire français.
Par un mémoire en défense, enregistré le 16 juin 2023, le préfet de l'Hérault conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
M. A a été admis à l'aide juridictionnelle totale par une décision du 13 septembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention internationale des droits de l'enfant ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme C,
- et les observations de Me Misslin, substituant Me Moulin, représentant M. A.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant sénégalais né le 2 janvier 1973, a sollicité le 3 mars 2022 son admission exceptionnelle au séjour en se prévalant de sa vie privée et familiale. Par sa requête, il demande l'annulation de l'arrêté du 29 juin 2022 par lequel le préfet de l'Hérault a refusé de l'admettre au séjour au regard de sa vie privée et familiale.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne le refus de séjour :
2. Aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1- Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. () ". Aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger ne vivant pas en état de polygamie, qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles
L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République ".
3. Le requérant, qui soutient sans l'établir être entré en France pour la première fois en 2015, est titulaire d'une carte de résident longue durée communauté européenne d'une durée illimitée délivrée par les autorités italiennes, renouvelée en dernier lieu le 7 octobre 2019. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier que M. A vit en concubinage avec une compatriote sénégalaise titulaire d'une carte de résident valable du 5 novembre 2018 au 4 novembre 2028, et que le couple, dont la vie commune n'est pas remise en cause par le préfet, a accueilli deux enfants nés le 29 janvier 2019 et le 5 août 2021. Par ailleurs, un enfant, né le 28 décembre 2006 issu d'une précédente union de sa concubine, réside également exclusivement au domicile familial à la suite du décès de son père biologique. Si sa concubine est également de nationalité sénégalaise, il ressort des pièces du dossier qu'elle réside en France depuis au moins le 5 novembre 2018 et que son fils, âgé de presque douze ans à la date de la décision attaquée, est scolarisé et a toujours vécu en France. Enfin, le requérant, qui précise souhaiter travailler et produit plusieurs contrats à durée déterminée et bulletins de salaires datés de l'année 2020 et 2021. Dans les circonstances particulières de l'espèce, la décision prise par le préfet de l'Hérault refusant d'admettre au droit au séjour en France M. A doit être regardée, au regard de ses conditions de séjour en France de M. A avec sa famille, comme ayant porté à son droit au respect de la vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des buts poursuivis en violation de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
4. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens de la requête, que M. A est fondé à demander l'annulation de la décision par laquelle le préfet de l'Hérault a refusé de lui délivrer un titre de séjour.
En ce qui concerne les conclusions dirigées contre l'arrêté en ce qu'il déciderait de l'éloignement de M. A :
5. Contrairement à ce que soutient le requérant, en mentionnant dans l'article 2 de l'arrêté contesté que M. A " est informé qu'en cas d'interpellation il pourra être réadmis dans le pays de l'Union européenne où il est détenteur d'un titre de séjour ou vers tout autre pays dans lequel il serait admissible ", le préfet de l'Hérault n'a fait qu'informer l'intéressé des conséquences de son éventuel maintien irrégulier sur le territoire français, mais n'a pas prononcé une mesure d'éloignement à son encontre ni sa réadmission en Italie. Par suite, les conclusions dirigées contre une décision inexistante, portant réadmission vers l'Italie, sont irrecevables et les moyens tirés de ce que cette décision serait insuffisamment motivée et entachée d'une erreur de droit ne peuvent qu'être écartés comme inopérants.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
6. La présente décision implique nécessairement que le préfet de l'Hérault délivre à M. A une carte de séjour temporaire d'une durée d'un an portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement et qu'il lui délivre dans l'attente une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler.
Sur les frais liés au litige :
7. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de l'Etat une somme à verser au conseil de la requérante en application des articles 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 29 juin 2022 par lequel le préfet de l'Hérault a refusé d'admettre
M. A au séjour est annulé.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de l'Hérault de délivrer à M. A une carte de séjour temporaire d'une durée d'un an portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai de deux mois à compter de la date de notification du présent jugement et de lui délivrer dans l'attente une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. D A, au préfet de l'Hérault et à Me Moulin.
Délibéré après l'audience du 21 juin 2024 à laquelle siégeaient :
M. Eric Souteyrand, président,
Mme Adrienne Bayada, première conseillère,
Mme Audrey Lesimple, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 juillet 2024.
La rapporteure,
A. C Le président,
E. Souteyrand
La greffière,
M. B
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 5 juillet 2024.
La greffière,
M. B
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026