mardi 10 juin 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2205984 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | SELASU DOMINIQUE PAILLE AVOCAT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des pièces complémentaires, enregistrées le 14 novembre 2022 et le 13 décembre 2022, M. D F, représenté par Me Narboni, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté n° PC 66016 22 A0002 du 17 mai 2022 par lequel le maire de la commune de Banyuls-sur-Mer a accordé un permis de construire à M. E en vue de la création d'une extension de 19 m² sous le parking existant d'une maison d'habitation, sur un terrain situé 2 rue du Docteur A B, parcelle cadastrée section AK n° 1355, ainsi que la décision implicite de rejet de son recours gracieux du 13 juillet 2022';
2°) de mettre à la charge de la commune de Banyuls-sur-Mer la somme de 5 000 euros à lui verser en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- sa requête est recevable dès lors notamment qu'il justifie d'un intérêt à agir au regard de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme'; il est propriétaire de la parcelle mitoyenne au terrain d'assiette du projet'; de multiples travaux ont été effectués et la nouvelle vue créée par le projet sur sa parcelle entraînera une perte d'intimité';
- le permis de construire a été délivré au regard d'un dossier de demande incomplet :
* au regard des articles R. 431-5 et R. 431-6 du code de l'urbanisme faute de renseignement quant à la situation spécifique du terrain, au regard de l'incohérence entre la surface taxable et la surface de plancher renseignées et faute de faire état de la création d'une nouvelle pièce d'habitation°;
* au regard des articles R. 431-7 et R. 431-8 de ce code dès lors qu'aucune des mentions obligatoires n'apparaît dans les notices architecturales jointes au dossier de demande'; celles figurant dans les documents graphiques a induit en erreur les services instructeurs quant à l'existence d'une autorisation d'urbanisme permettant un espace de stationnement en sous-sol du parking, au caractère prétendument contraint des travaux de réalisation alors que cet espace n'était pas déclaré et à la possibilité de stationner alors qu'aucun accès n'est existant';
* au regard de l'article R. 431-9 de ce code dès lors que le plan de masse n'est pas coté dans les trois dimensions, qu'il ne fait pas apparaître l'état initial du terrain, les murs de clôture, la cuisine d'été et les différentes terrasses créées au droit de la construction ainsi que la piscine existante sur la terrasse au nord';
* au regard de l'article R. 431-10 de ce code dès lors, d'une part, que les plans des façades ne font pas état de l'ensemble des modifications existantes sur la construction autorisée précédemment et, d'autre part, que l'unique plan de coupe ne permet pas de comprendre la réalité de la construction au jour du dépôt de la demande de permis de construire ni la modification qu'emporte la nouvelle autorisation°;
- les non-conformités aux précédentes autorisations délivrées n'ont pas fait l'objet d'une régularisation de sorte que le permis de construire aurait dû porter sur l'ensemble des éléments non conformes de la construction°;
- le permis de construire méconnaît l'article UD 3 du règlement du plan local d'urbanisme et l'article R. 111 -2 du code de l'urbanisme faute pour le dossier de demande de prévoir comment les écoulements des eaux de pluie respecteront ces dispositions';
- il méconnaît l'article UD 4 de ce règlement dès lors que le terrain d'assiette du projet est entièrement imperméabilisé et qu'aucun dispositif d'écoulement des eaux et de rétention n'apparaît dans le dossier de demande';
- il méconnaît l'article UD 7 de ce règlement dès lors que le projet prévoit l'agrandissement de la construction en retrait de la limite séparative qui lui est voisine tout en ne respectant pas la distance minimale de 4 mètres';
- il méconnaît l'article UD 9 de ce règlement dès lors que l'emprise au sol excède les 40 % autorisés par cet article';
- il méconnaît l'article UD 13 de ce règlement dès lors que les stationnements en plein air ne font pas l'objet de plantations et que le terrain d'assiette du projet est entièrement imperméabilisé.
Par un mémoire en défense, enregistré le 12 janvier 2023, M. C E, représenté par Me Paillé, conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Par un mémoire en défense, enregistré le 26 novembre 2024, la commune de Banyuls-sur-Mer, représentée par Me Pons-Serradeil, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge de M. F en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable faute pour M. F d'établir que le projet concerné est susceptible de nuire aux conditions d'occupation, d'utilisation et de jouissance de son bien°;
- aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier';
Vu :
- le code de l'urbanisme';
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Didierlaurent,
- les conclusions de M. Sanson, rapporteur public,
- les observations de Me Nivet, représentant la commune de Banyuls-sur-Mer.
Considérant ce qui suit :
1. M. E a déposé le 14 février 2022 et complété le 16 mars 2022, auprès des services de la commune de Banyuls-sur-Mer, une demande de permis de construire pour la création d'une extension de 19 m² de surface de plancher, réalisée sous le parking existant d'une maison d'habitation située 2 rue du Docteur A B, parcelle cadastrée section AK n° 1355. Par un arrêté n° PC 66016 22 A0002 du 17 mai 2022, le maire de la commune de Banyuls-sur-Mer a délivré le permis de construire sollicité. Par la présente requête, M. F demande l'annulation de cet arrêté et de la décision implicite de rejet de son recours gracieux du 13 juillet 2022.
Sur la fin de non-recevoir opposée par la commune de Banyuls-sur-Mer :
2. Aux termes de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme : "'Une personne autre que l'État, les collectivités territoriales ou leurs groupements ou une association n'est recevable à former un recours pour excès de pouvoir contre une décision relative à l'occupation ou à l'utilisation du sol régie par le présent code que si la construction, l'aménagement ou le projet autorisé sont de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien qu'elle détient ou occupe régulièrement ou pour lequel elle bénéficie d'une promesse de vente, de bail, ou d'un contrat préliminaire mentionné à l'article L. 261-15 du code de la construction et de l'habitation. Le présent article n'est pas applicable aux décisions contestées par le pétitionnaire'".
3. Il résulte de ces dispositions qu'il appartient, en particulier, à tout requérant qui saisit le juge administratif d'un recours pour excès de pouvoir tendant à l'annulation d'un permis de construire, de démolir ou d'aménager, de préciser l'atteinte qu'il invoque pour justifier d'un intérêt lui donnant qualité pour agir, en faisant état de tous éléments suffisamment précis et étayés de nature à établir que cette atteinte est susceptible d'affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de son bien. Il appartient au défendeur, s'il entend contester l'intérêt à agir du requérant, d'apporter tous éléments de nature à établir que les atteintes alléguées sont dépourvues de réalité. Le juge de l'excès de pouvoir apprécie la recevabilité de la requête au vu des éléments ainsi versés au dossier par les parties, en écartant le cas échéant les allégations qu'il jugerait insuffisamment étayées, mais sans pour autant exiger de l'auteur du recours qu'il apporte la preuve du caractère certain des atteintes qu'il invoque au soutien de la recevabilité de celui-ci. Eu égard à sa situation particulière, le voisin immédiat justifie, en principe, d'un intérêt à agir lorsqu'il fait état devant le juge, qui statue au vu de l'ensemble des pièces du dossier, d'éléments relatifs à la nature, à l'importance ou à la localisation du projet de construction.
4. Il ressort des pièces du dossier que M. F est propriétaire d'une maison d'habitation sur la parcelle cadastrée section AK n° 1356 qui jouxte au Nord le terrain d'assiette du projet et doit par suite être regardé comme voisin immédiat du projet.
5. Toutefois, d'une part, il ressort des écritures mêmes du requérant que les travaux dont il fait état ont trait à trois arrêtés de déclaration préalable des 20 et 23 juillet 2021 par lesquels le maire de la commune de Banyuls-sur-Mer ne s'est pas opposé à l'édification d'une clôture et à la réalisation de deux extensions de 23,40 et 15,20 m² et il ressort des pièces du dossier que le tribunal administratif, par un jugement nos 2200089, 2200090 et 2200091 du 19 mars 2024, a rejeté le recours présenté par M. F contre ces arrêtés.
6. D'autre part, il ressort des pièces du dossier que l'arrêté en litige se borne à autoriser des travaux sur construction existante, consistant en la création d'une extension de 19 m² sous un parking et que l'unique ouverture du local ainsi créé est constituée d'une fenêtre de dimensions réduites à 1 mètre par 40 centimètres, donnant exclusivement sur une cour intérieure de la propriété du pétitionnaire. Il résulte en outre de la lecture du plan de masse et des plans de façade joints au dossier de demande que cette fenêtre est orientée de telle sorte qu'aucune vue n'est possible en direction de la propriété du requérant dès lors qu'elle s'ouvre sur la cour intérieure avec une vue sur la propre maison du pétitionnaire et que les deux propriétés sont séparées par un mur de clôture qui fait écran entre le projet et le bien du requérant.
7. Compte tenu de ces éléments, notamment de la localisation de l'extension en sous-sol, de la taille réduite de l'unique fenêtre et de son orientation vers l'intérieur de la propriété du pétitionnaire, il ne ressort pas des pièces du dossier que le requérant subirait, du fait du projet et compte tenu de sa nature, de son l'importance et de sa localisation, un préjudice de vue susceptible d'affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de son bien. En se bornant à faire état de considérations générales sur les travaux réalisés et l'existence d'une nouvelle vue qui serait créée sur sa propriété, sans démontrer en quoi le projet litigieux porterait concrètement atteinte à ses conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de son bien, M. F ne justifie pas, eu égard à la modestie du projet et à la configuration des lieux, d'un intérêt à agir suffisant pour contester l'arrêté attaqué. Dans ces conditions, la commune de Banyuls-sur-Mer est fondée à soutenir que M. F ne dispose pas d'un intérêt à agir pour contester les décisions en litige.
8. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. F doit être rejetée.
Sur les frais liés au litige :
9. La commune de Banyuls-sur-Mer n'étant pas, dans la présente instance, la partie perdante, il n'y a pas lieu de mettre à sa charge la somme sollicitée par M. F au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
10. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. F une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par la commune de Banyuls-sur-Mer et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. F est rejetée.
Article 2 : M. F versera à la commune de Banyuls-sur-Mer la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. D F, à la commune de Banyuls-sur-Mer et à M. C E.
Délibéré après l'audience du 27 mai 2025, à laquelle siégeaient :
Mme Encontre, présidente,
M. Meekel, premier conseiller,
M. Didierlaurent, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 juin 2025.
Le rapporteur,
M. Didierlaurent La présidente,
S. Encontre
La greffière,
C. Arce
La République mande et ordonne au préfet des Pyrénées-Orientales en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 10 juin 2025.
La greffière,
C. Arce
lr
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026